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Musique et patrimoine de Carcassonne - Page 186

  • Un mort qui ne l'était pas, sauf pour les services de l'Etat-civil

    Voici une affaire qui n'est pas le fruit d'une usurpation d'identité à des fins malhonnêtes mais l'erreur de services administratifs. Aussi incroyable que cela puisse paraître, là où certains sont jugés pour "Phobie administrative" hantés par le sketch du percepteur de Raymond Devos, d'autres se retrouvent morts alors qu'ils n'ont jamais quitté ce bas monde. C'est en substance qui arriva à mon oncle Pierre Alay en 1961.

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    A cette époque, Pierre Alay dirige un orchestre de bal dont la renommée dépasse le département de l'Aude. Fiancé depuis peu de temps, il envisage même dans les prochains mois de se marier. Sa sœur, qui  vit elle aussi à Carcassonne, reçoit les condoléances d'une collègue de travail. "Quelle tristesse de mourir si jeune", lui dit avec des mots de compassion cette connaissance. Comment, il est mort ? Ajoute, sa sœur fort surprise. Mais, je viens de le quitter voilà à peine une heure ! La rumeur enfle et se répand en ville, où le nom de Pierre Alay est connu. Un homme affirme même être allé à son enterrement !

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    Titre de la presse locale

    Pierre Alay n'est pas mort physiquement. C'est pire que cela ! Il l'est devenu administrativement. L'état-civil de la mairie de Carcassonne a rédigé un acte de décès, après que la ville de Toulouse a transféré pour une raison inconnue, un bulletin de transcription après décès à son nom. Comme Lazare dans son tombeau, il fallait bien que Pierre Alay ressuscitât. L'administration ne l'entendit pas de cette oreille et le pauvre trépassé dut prouver sa bonne foi. Ce ne fut pas avant six mois qu'il put espérer un jugement du tribunal lui rendant la vie. En attendant, il erra dans la ville comme un fantôme avec les âmes du purgatoire administratif. A 89 ans, ceux qui voulaient enterrer Pierre Alay sont morts avant lui. 

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    © Tous droits réservés / Musique et patrimoine / 2018

  • Que faire de l'ancienne droguerie Gazaniol ?

    En 2007, la ville de Carcassonne administrée par Gérard Larrat achète l'ancienne droguerie Gazaniol située dans la rue Chartrand. Le maire a un projet pour cet ancien commerce dont le propriétaire vient de prendre la retraite. Il souhaite regrouper à cet endroit, au cœur de la ville, tous les services culturels avec pour point d'ancrage, les anciennes halles à volaille. 

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    © Martial Andrieu

    Dans un article du journal "La dépêche", son adjointe à la culture, Madame Broussy explique en février 2009 que "Tous les services devraient y être regroupés, du patrimoine au pôle culturel (locataire de ses locaux actuels rue de la République) en passant par les billetteries (théâtre, Dôme, Chapeau Rouge, auditorium…). En outre, ce nouveau centre accueillera les « chargés » des futurs centres d'affaires et de congrès." La ville souhaitait transformer les Halles en interface de service public. Un projet innovant puisque une borne "drive-in" aurait permis de prendre les billets pour le festival sans avoir à se garer. Il était même question de créer là une espèce d'auditorium muni d'un écran qui, avec un fond sonore, proposerait une découverte des deux cités, bien sûr, et de la ville en général.

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    © Martial Andrieu

    Les Halles pourraient devenir un local destiné aux jeunes avec un pôle multimédia par exemple. Pour conforter sa vocation de services "tout public", la structure devait accueillir des toilettes publiques, une nursery pour éviter aux jeunes mamans et papas de langer leurs enfants dans les toilettes des bars, mais aussi un espace de « consignes » où touristes et locaux pourraient déposer bagages ou commissions. Enfin, une sorte d'annexe de la bibliothèque municipale devrait être créée afin que tout un chacun puisse lire son bouquin ou son journal préféré en bonne compagnie. Sans précisément chiffrer, le coût de l'opération se montait à 4 millions d'euros.

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    © Chroniques de Carcassonne

    Gérard Larrat a bien son idée derrière la tête, car son équipe vient de réaliser la transformation des halles, côté rue de Verdun. Cet endroit devient en 2008 un lieu d'expositions. Il est inauguré avec les collections des sculpteurs Yvonne Gisclard-Cau et Paul Manaut, puis d'Olivier Parayre. Le projet Larrat n'ira pas à son terme, car une nouvelle municipalité fut élue en septembre 2009. Le nouveau maire et son conseil municipal ne donna pas de suite à cette réalisation. Le lieu d'exposition accueilla une petite médiathèque avec accès internet. Le Pôle culturel alla s'établir dans la Salle du Dôme, puis dans des bureaux mitoyens.

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    L'ancienne droguerie servit d'exposition pour les commerçants du coin. On y mit un papier collé sur la vitrine avec de la publicité touristique de la ville. Quelle destination demain pour ces locaux ? Voilà une question que nous soulevons...

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  • Y avait-il une villa romaine dans le quartier de la Trivalle ?

    Au mois de mars 1968, Antoine Labarre fait une découverte peu ordinaire dans un terrain situé en bordure de la montée Combéléran, de la rue Gustave Nadaud et de la rue Trivalle. C'est précisément à cet endroit que se trouve actuellement un des parkings goudronnés de la Cité, construit au début des années 1970. Monsieur Labarre, archéologue amateur et membre de la Société d'Etudes Scientifiques de l'Aude, passa sa retraite à signaler des lieux de fouilles et à tenter de sauver ce qui pouvait l'être. Ces faits d'armes furent relatés dans la presse locale, dans laquelle il tenait régulièrement une chronique. Qu'avait t-il découvert en ce mois de mars 1968, après que que les pelles mécaniques ont sorti des excavations, du terrain de Mme Bousquet ?

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    Ci-dessus le terrain de Mme Bousquet, rue Trivalle

    A cet endroit, Antoine Labarre trouva un nombre considérable de tegulae avec imbrices. Il s'agit de tuiles creuses servant dans l'Antiquité romaine à couvrir les toits. Avec ses tegulae se trouvaient également des  fragments d'amphores et de la poterie. Celle-ci provenait du site de Graufesenque près de Millau (Aveyron) qui fut au 1er siècle le site le plus important de production de céramique.

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    Évocation depuis le sud-est de la villa des Alleux à son apogée.
    © G. Le Cloirec – Inrap

    Ces tegulae désignent l'emplacement d'une ancienne villa romaine, et la Graufesenque, permet de dater cette agglomération. Elles montrent également que le passage de l'antique "Via Aquitania", devenue beaucoup plus tard "Voie royale", était route de Berriac (avenue Jean Moulin). Elle traversait l'actuelle avenue du général Leclerc (qui n'existait pas), suivait la Trivalle et franchissait la rivière Aude.

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    L'ancienne route de Berriac à Carcassonne

    Il est rapporté qu'un Carcassonnais vit dans son enfance d'immenses dalles pavant certains passages de la route de Berriac et qui sont aujourd'hui recouvertes de goudron. La logique veut qu'un antique Villa n'ait pu être située qu'au bout d'une voie de communication. Or, une Villa romaine était une agglomération autarcique. Habitée généralement par plus de 500 personnes, elle était l'unité cellulaire de l'empire romaine en Gaule. 

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    A pied de ce terrain, désormais en bordure de la rue Trivalle, se trouve cette espèce de borne. Pour beaucoup de Carcassonnais, elle reste une énigme de l'histoire.

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