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Ecrivains

  • François-Paul Alibert (1973-1953), poète et auteur dramatique carcassonnais.

    François-Paul Alibert naît à Carcassonne le 16 mars 1873 au n°8 du faubourg d’Iéna. Plus exactement, dans une maison de l’actuelle place Davilla. Son père Charles est originaire d’Arzens ; il exerce la profession de négociant en vins. Sa mère, Anne Fabre s’occupe des affaires du ménage. Le couple a déjà un enfant. Prosper Alibert – de huit ans plus âgé que son cadet – s’établit à Paris après son mariage à Carcassonne avec Hortense Estèbe. François Paul n’a alors que seize ans. Deux années plus tôt, il avait déjà perdu son pauvre père. Après de sérieuses études à l’ancien collège de l’Esquile de Toulouse transformé en petit séminaire, François-Paul Alibert doit rentrer à Carcassonne au lycée Paul Sabatier. Dans l’incapacité physique de servir sous les drapeaux, il occupe précocement un poste d’agent communal, avant d’être promu en 1908 secrétaire général de mairie à Carcassonne. Cette place lui permet de s’adonner à l’art de la poésie qu’il pratique depuis son enfance. De ses écrits de jeunesse, nous n’en savons qu’une chose ; il les brûla tous à l’âge de trente ans, les jugeant sans intérêt. Dès lors, le poète se remet à l’ouvrage à partir d’une feuille blanche. En 1907, il publie à compte-d’auteur chez Servières et Patau, L’arbre qui saigne ; un recueil dans lequel il s’adresse notamment au père qu’il a perdu.

    Si l’heure est incertaine encore

    Où, les genoux rigides et les yeux clos,

    J’entrerai dans la maison souterraine

    Que tu as fait bâtir pour toi et pour tes proches

    Dis-moi si j’ai reçu ce que tu attendais

    De l’enfant qui se cachait dans ta poitrine

    Et pour qui tu rêvais un merveilleux destin.

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    Dans la revue L’occident d’Adrien Mithouard, il fait ses premiers pas. C’est dans cette même édition que paraît Le buisson ardent en 1912. L’influence de Moréas s’y affirmait, mais aussi la syntaxe Mallaméenne. Suivent ensuite plusieurs ouvrages dont Terre d’Aude, La complainte du cyprès blessé. La Nouvelle Revue Française accueille ses écrits ; il fait le voyage à Paris mais ne se livre pas au premier venu. Alibert est un être un peu bourru qui ne donne pas grand chose de lui-même à ses contemporains. « Un des très rares, dira Gide, qui ne se soit point laissé séduire ni intimider. » André Gide – dont l’amitié remonte à 1907 – qu’il rencontrera d’abord à Arles, à Aigues-mortes, au Grau-du-roi, à Avignon, puis à Nîmes. Ce compagnon, dont il fut probablement l’amant, vient le visiter à plusieurs reprises à Carcassonne. Au passage, dans la chambre de Joe Bousquet, Alibert amène un Gide pas très apprécié par le poète de la rue de Verdun. Dans cet entre-deux guerres, André Thérive et Jean Schlumberger figurent parmi ses amis. Loin des salons parisiens, Alibert demeure à Carcassonne en tenant à distance les obséquieuses cérémonies et les salamalecs. En 1928, il fonde avec Bousquet, Nelli et Estève la revue « Chantiers ». Il goûte pour un temps au surréalisme, sans passion. Il s’en écarte. Il a encore à écrire une cinquantaine d’ouvrages. Parmi eux, pas seulement des poésies ; des essais, des pièces de théâtre en vers. Michel Maurette raconte qu’il ne les vend pas, il les donne à ses amis. Alors, lorsqu’il a besoin d’argent pour payer l’imprimeur, il vend la maison paternelle de Grèzes et un lopin de terre. Les tragédie de cet ami de Paul Valéry sont représentées. Notons, Le deuil des muses le 1er août 1921 au Théâtre antique d’Orange et Les bacchantes, créé au Théâtre de plein air du Comminges en juillet 1934.

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    La troupe du Roi d'Ys le 14 juillet 1932

    C’est précisément parce qu’il aime profondément le théâtre que la municipalité de Carcassonne lui accorde la concession du Théâtre de la Cité le 1er juillet 1930. Dans le journal La démocratie où il avait écrit des articles sous le pseudonyme de Jean de la lune, il expose sa vision programmatique. Le théâtre de la Cité s’étant trop écarté à son goût des représentations lyriques, il entend donner sa place aux opéras. On entendra par exemple les Erynnies de Massenet, Orphée de Glück, le roi d’Ys de Lalo. Britannicus, avec Marie Bell dans le rôle titre, renoue avec les grandes heures de la tragédie classique à la Cité.

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    Emporté par sa passion pour l’art, Alibert doit mettre la main au porte-monnaie. Pour résorber le déficit engendré par sa programmation, il hypothèque sa maison de la rue Andrieu, près des bords de l’Aude. Il prend sa retraite de fonctionnaire peu avant la déclaration de guerre, se recroqueville chez lui et ne reçoit presque plus personne. Notons tout de même les visites de Jean Rousselot et de Raymond Dumay. On croyait le poète riche à Carcassonne, il l’était surtout de l’esprit. Il doitt se résoudre à vendre les lettres de Gide pour subvenir à des besoins conservés par une assistante sociale à son chevet. Au milieu de ses deux chiens, François-Paul Alibert mène une vie de solitude désargentée.

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    Aux dernières heures de sa vie, Le figaro littéraire lui consacre un bel article, à l’occasion du Grand prix de poésie Petitdidier qu’on lui décerne pour l’ensemble de son oeuvre. Le 23 juin 1953, François-Paul Alibert succombe à la vieillesse. Devant l’entrée de son tombeau, Jean Lebeau et Michel Maurette firent la lecture de son oraison funèbre. Chaque année, les amis du poète vinrent se recueillir dans le petit cimetière de Grèzes. Une plaque en bronze demeure gravée avec ses mots : 

    Qu’importe si ta barque aborde une autre rive

    Ta mémoire terrestre à ce monde nouveau ?

    Et si tu dois finir dès le seuil du tombeau

    Qu’importe, moins encore, que ton nom te survive ?

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    Sources

    L'indépendant, 24 juin 1953

    Michel Maurette - 2J806 / Archives de l'Aude

    Etat-civil de Carcassonne

    Délibération du conseil municipal de Carcassonne - 22 mars 1930

    Joë BOUSQUET d'une mort à l'autre, Paul Giro, 2026

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    Tous droits réservés / Musique et patrimoine / 2026

  • Le vélocimane de Joë Bousquet retrouvé !

    Il dort dans un grenier poussiéreux depuis la mort de son propriétaire. C'était il y a soixante-seize ans. Émouvante découverte que celle que je viens de faire. Qui s'en soucie ? Molière a son fauteuil à la Comédie française, nous, nous avons celui du plus illustre de nos poètes dans un grenier. Oublié, ce vélocimane fut fabriqué par Monet-Goyon à Mâcon pour les mutilés de la Grand guerre. Joë Bousquet était ceux-là depuis qu'une balle l'avait rendu paralysé. L'intérêt de conserver cet objet est donc double. Il associe l'image de Bousquet conservée dans de vieilles photographies, à celle de tous les poilus blessés de guerre.

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    Jöe Bousquet et son vélocimane

    J'ai quand même posé la question au détenteur de cette relique : "N'avez-vous pas proposé au Centre de la mémoire Joë Bousquet" à Carcassonne, de venir chercher ce fauteuil pour l'exposer ?" Il m'a répondu qu'il l'avait fait, mais qu'on lui avait répondu qu'il faudrait dégager un budget pour le nettoyer. Donc, le vélocimane est demeuré dans le grenier. Bien qu'il soit dans son jus, je vous assure qu'il se trouve en parfait état de conservation. On dirait que Joë Bousquet ne l'a pas quitté depuis longtemps.

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    Carcassonne Agglo construit actuellement une grande médiathèque. Il aurait toute sa place dans le hall d'entrée du bâtiment, exposé et protégé sous un Plexiglas. Ne comptez pas que je vous révèle son emplacement actuel. Toutefois, je puis vous affirmer qu'il s'agit bien de celui de Bousquet.

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  • Paule Verdier (1922-2019), une vie audoise consacrée à la poésie

    "Longtemps, longtemps, après que les poètes ont disparu, leurs chansons courent encore dans les rues..." À Carcassonne, la mort de la dernière figure de la poésie audoise a sans doute sonné le glas d'une époque, où cette ville rendait hommage à l'âme des poètes. Il n'était pas une inauguration, un évènement sans lequel Raymond Chesa  ne faisait pas appel au talent de la fondatrice de La belle Aude poétique. Issue d'une longue lignée de poètes audois qui l'avaient précédée, Paule Verdier vit le jour à Blomac le 30 mars 1922. 

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    Toute sa vie fut consacrée à l'écriture ainsi qu'à la promotion de la poésie, à travers le Grand prix de la Belle Aude poétique qu'elle créa en 1979. C'était juste après l'obtention du Prix Hérédia décerné par l'Académie française en 1979 pour son recueil "30 mars". C'est encore à ce jour la seule audoise à le détenir. On doit également à Paule Verdier la réussite à Carcassonne du Printemps des Poètes, initié par le Ministère de la culture. Grâce son amie Marie-Josée Eychenne, la bibliothèque municipale fut l'épicentre de cette manifestation au cours de laquelle, ateliers d'écriture et lectures d'auteurs locaux purent s'exprimer.

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    Le peintre Jean Camberoque illustra à de nombreuses reprises ses publications.

    Le souvenir de Paule Verdier, décédée à Carcassonne à l'âge de 97 ans le 25 juin 2019, s'estompe. Voilà une femme qui mériterait un nom de rue dans notre ville pour l'ensemble de son oeuvre.

    Essai bibliographique

    Poèmes (1971), 30 mars (1978), 7 miroirs (1979), Les dix glaneuses (1982), Cléonze (1984), Imagine l'imaginaire (2002)

    Distinctions

    Prix de l'Académie française

    Chevalier des Arts et des Lettres

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