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Peintres et sculpteurs

  • L'histoire mouvementée de la fontaine de la Place Carnot

    © A. Pignon

    En 1744, le Conseil de la Communauté de Carcassonne conçut la pensée d’utiliser les eaux de l’Aude pour les besoins de la ville. L’exécution ne se fit pas attendre ; et bientôt après, le bassin de l’Origine et son aqueduc amenaient dans nos murs une grande quantité d’eau. Là, où il ne suffisait que autre à dix litres par jour et par individu, ce progrès en achemina cinquante litres. Il en coûta plus de deux cents mille livres au trésor municipal, somme énorme pour cette époque. Après la réalisation de cette œuvre capitale, les administrateurs de la Communauté voulurent consacrer leur précieuse conquête par une fontaine monumentale, qui, tout en l’utilisant, devint l’un des plus beaux monuments de la ville. Il y eut dès l’abord beaucoup d’hésitation sur les plans et dessins à adopter, sur la nature des matériaux qu’il convenait d’employer. Nous en trouvons la trace dans les nombreuses délibérations municipales.

    Le premier dessin fut envoyé de Paris à l’évêque de Carcassonne, par Monseigneur Lenain, alors Intendant de la province du Languedoc. Ce magistrat en prescrivit l’exécution par son ordonnance du 19 août 1750. La fontaine devait être en pierre de Voisins, ce qui flattait médiocrement le goût des Carcassonnais. Aussi, M. Lenain ayant été remplacé par le vicomte de Saint-Priest, le Conseil de la Communauté fut convoqué, le 22 juillet 1751, par M. François-Antoine Roudil, Ecuyer Conseiller du Roi, Maire perpétuel. Cet homme lui exposa : « Qu’il avait eu l’honneur de parler plusieurs fois à M. Le vicomte de Saint-Priest du projet imposé par son prédécesseur, qu’il avait même fait faire un petit modèle en terre qui avait l’approbation de ce Seigneur ; que le modèle a été trop fragile pour supporter le transport, et qu’il se trouve obligé de ne présenter à l’assemblée qu’un simple dessin, en la priant de délibérer sur les ouvrages à faire à la dite fontaine, ainsi qu’il en a été chargé par ledit Seigneur Intendant. Rien n’est aujourd’hui plus pressant. Il est nécessaire de déterminer, si en exécutant ledit dessin il convient mieux d’employer le marbre que la pierre de Voisins ; qu’il croit devoir observer à l’assemblée, que vu la proximité des carrières de Caunes, la différence du prix de l’un à l’autre ne saurait être considérable ; que tous les sculpteurs trouvent indifférent de travailler l’un ou l’autre et le feront au même prix ; qu’en employant du marbre, on peut en varier les couleurs et les nuances, soit dans le bassin coquille, dauphins, etc. »

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    Le Conseil accueillit cette proposition, décida que la fontaine serait faite en marbre, conformément au dessin qui lui était présenté, « sauf les quatre lions, qui devaient être placés aux encoignures, qui seraient supprimés, parce qu’étant trop rapprochés du public, on serait dans le risque de les voir bientôt mutilés. »

    Cette délibération est signée par le maire perpétuel, et MM. Jean-François de Besaucèle, conseiller du roi, lieutenant principal de la sénéchaussée, lieutenant de maire perpétuel ; Bernard Galibert, Jean-Jacques Saintagne, Louis Bouichère, Fulcrand Carles, consuls ; Jean Pont, conseiller procureur du roi ; Gabriel Maurel, magistrat présidial ; Olivier Alibert, Bernard Estribaud, Antoine Rolland, Philippe Dalas, bourgeois ; Jean Astoin, médecin, et Jean Cessou, syndic des habitants forains, tous conseiller politiques de la Communauté.

    L’Intendant approuva cette décision, et la construction de la fontaine en marbre avec son bassin, fut adjugée le 25 avril 1752 pour la somme de 11 800 livres, au sieur Isidore Barata, sculpteur italien, de résidence à Montpellier, sous le cautionnement du sieur Farissinet, négociant de la même ville. Il fut convenu que les paiements seraient fractionnés et faits au fur et à mesures des ouvrages.

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    Le 1er décembre suivant, le Conseil s’étant assemblé de nouveau, M. Saintagne, second consul, lui exposa que le sculpteur Barata avait représenté l’Intendant, que les diverses parties de la fontaine qui devaient pitre exécutées en marbre de Caunes seraient plus belles, plus élégantes, plus nobles et plus solides, s’il l’on employait du marbre d’Italie, offrant de l’établir dans ces nouvelles conditions au moyen d’un augmentation de 1200 livres sur le prix de son bail ; que Mgr l’Intendant n’ayant rien voulu statuer par lui-même, avait ordonné qu’il en fut référé au conseil. Sur quoi, il fut délibéré : « Qu’on s’en remettait à ce qu’il plairait à Mgr l’Intendant de décider, persuadé d’avance qu’il en résulterait le bien et l’avantage de la Communauté, étant néanmoins nécessaire de représenter à mon dit Seigneur Intendant que les marbres de Caunes sont solides, et une sont pas aussi cassants que l’annonce le sieur Barata ; que ceux d’Italie ont à la vérité le grain plus fin et sont plus doux au travail, mais aussi ceux de Caunes ont plus grand état et conviennent infiniment dans les ouvrages publics, surtout quand ils sont employés avec partie de ceux d’Italie, parce que les différents marbres se relèvent les uns les autres, et forment une vérité de couleurs qui flatte beaucoup la vue. Les marbres de Caunes sont estimés en Italie puisqu’on en tire chaque années une quantité considérable, et le sieur Barata ignore sans doute que les carrières de Caunes fournissent des pièces d’une pesanteur et d’une grandeur énormes, puisqu’actuellement on en lève pour la ville de Toulouse du poids de deux cents quintaux et au-dessus, destinées à la façade du Capitole ; et des gens du métier osent avancer que les carrières d’Italie n’en fourniraient pas d’un si grand poids. Enfin, il est constant que les marbres de Caunes, par leurs qualités et la vivacité de leurs couleurs, résistent plus longtemps aux injures de l’air que ceux d’Italie. »

    Ce chaleureux plaidoyer en faveur des marbres de Caunes fit rejeter la proposition de Barata, et la fontaine dut être construite conformément au plan adopté le 25 avril 1752. Un local dépendant des casernes fut mis à la disposition de l’artiste, qui dut commencer immédiatement son œuvre. Malheureusement, il ne put ou ne voulut pas tenir ses engagements, et lorsqu’après une longue attente, après qu’on lui eût compté, sur les assurances qu’il donnait des progrès de son travail une somme de 5297 livres, on voulut vérifier ce qu’il avait fait. L’estimation des ouvrages finis ne se porta qu’à 1590 livres, en sort que la ville se trouva en face d’un découvert de 3707 livres, et de quelques pièces de marbres ébauchées que Barata n’avait pu emporter dans sa fuite. Dans cette situation, le conseil se décida après sept ans de patience le 14 septembre 1759, à diriger des poursuites en folle enchère et en restitution de la somme perçue, contra Barat et Fraissinet, sa caution. 

    Le procès fut interrompu par la mort de tous les deux. Le sculpteur ne laissait pour tout bien que les 35 pièces de marbre abandonnées, évaluées à 1699 livres. Ses enfants avaient renoncé à sa succession. Fraissinet laissait des héritiers vis-à-vis desquels l’instance fut reprise, et l’adjudication à la fille enchère de la fontaine put être enfin ordonnée le 18 octobre 1763, par-devant Maître de Murat, subdélégué de l’Intendant. Or, les plans et les dessins primitifs avaient été égarés, on ne les retrouva qu’en 1766. Mais alors un un seul des enfants de Fraissinet vivait ; il était sans ressources et faisait proposer la résiliation du traité offrant d’abandonner les blocs délaissés par Barata, les cent livres dues par le tracteur de Caunes, et le paiement de la somme qui serait arbitrée pour l’indemnité de la folle enchère, priant la ville d’observer « que son père n’avait rien reçu sur les 5297 livres comptées au sculpteur et que les facultés de la succession étaient bien minces. »

    Le conseil eut égard à sa demande, et comme un Sieur Prémont de Caunes se présentait pour exécuter la fontaine moyennant 9301 livres, on trouva juste de mettre à la charge de Fraissinet fils, une somme de 2798 livres, qui avec les 6503 livres que la ville avait encore en main, formaient le total du prix réclamé par Prémont. Cette délibération prise le 30 juin 1788 resta encore inexécutée. Fraissinet n’ayant pas voulu s’y soumettre, étant d’ailleurs dans l’impuissance de payer l’indemnité stipulée.

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    © Viinz

    Carrière de marbre incarnat de Caunes-Minervois

    La ville jouait vraiment de malheur ; l’exécution de la fontaine semblait impossible ; les lenteurs déjà subies avaient paru dégoûter le public du projet primitif. Une réaction s’était faite contre le marbre de Caunes, si vanté le premier décembre 1752. 

    Au commencement d’avril 1767, M. Paul Siman, premier consul, représentait au conseil : « que le dessin convenu par Barata père ne plaisait guère au goût, et que selon l’avis de tous les architectes, cette fontaine construite en marbre de Caunes eut été fort vilaine, parce que ce marbre n’est pas propre pour être exposé en plain air, à l’eau, à la pluie et à la gelée. »

    On était dans cet embarras lorsque Jean Barata, fils aîné, désirant finir un ouvrage commencé par son père, bien qu’il eût répudié sa succession, offrit par soumission au greffe, d’entreprendre la construction sur un nouveau dessin qu’il présenta, et de la faire en marbre blanc veiné d’Italie, qui est celui qu’on emploie pour les ouvrages exposés à l’air, sauf le grand bassin qui demeurerait en marbre de Caunes incarnat. Il demandait pour cela :

    1. Qu’on lui payât les 6503 livres qui restaient dues sur le bail consenti à son père
    2. 4200 livres en plus
    3. La cession des 35 pièces de marbre
    4. La renonciation à tous recours contre les héritiers Fraissinet

    Avant d’agréer définitivement cette proposition, le conseil voulut qu’une commission composée des consuls, du procureur du Roi de l’hôtel de ville, de MM. Astruc, avocat, Dominique Ramel, François Galibert, bourgeois ; Germain Pinet aîné, négociant ; Mathieu Dufoure, chevalier, Rollin et Dolbeau, ces trois ingénieurs architectes, se prononcent sur le choix à faire entre les plans du père et du fils, et sur le prix réclamé par le nouvel entrepreneur.

    L’avis de cette commission ayant été favorable, le traité primitif fut annulé le 9 avril 1767 et une nouvelle convention conclue avec Jean Barata, qui s’obligea à exécuter, dans le délai de deux ans, la fontaine en marbre d’Italie, savoir : les figures en marbre statuaire, et le reste en marbre blanc veiné, pour 10 500 livres. Le 5 mai suivant, l’intendant donna son approbation et le sculpteur se mit à l’œuvre. Le délai imparti ne put lui suffire, et sans mentionner les diverses délibérations qui intervinrent sur ces réclamations, disons que le 15 octobre 1770, on s’aperçut qu’il convenait de placer la fontaine sur une terrasse proportionnée à la grandeur de la place ; que la construction en fut adjugée en janvier 1771, au sieur Albarède, pour 3351, et que la fontaine ne fut terminée qu’au mois de mai suivant. 

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    Neptune, roi des eaux

    Le 13 de ce mois, le conseil nomma le sieur Duffourc, ingénieur ; Parent, sculpteur, pour conjointement avec le sieur Bertrand fils, maître serrurier, choisi par Jean Barata, être procédé à la vérification de la fontaine. Ces experts constatèrent : « que l’artiste avait non seulement exécuté l’ouvrage conformément au plan et autraité, mais encore qu’il les avait outre-passés, pour donner à certaines parties plus d’agrément : que les écussons du roi laissaient seuls quelque chose à désirer. » Sur ce rapport et malgré cette légère imperfection, le conseil délibéra le 3 juin de la même année qu’il y avait lieu de compter à Barata le solde du prix convenu, et de plus une indemnité de 700 livres pour frais imprévus, vu « que les citoyens témoignent beaucoup de satisfaction de cet ouvrage. Le surlendemain Barata fut payé et donna sa quittance définitive. La fontaine coûta donc à la ville une somme totale de 19938 livres, ainsi décomposée : 5297 livres payées à Barata père, 11200 à Barata fils, 3351 à Albarède pour la terrasse.

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    © Aude Pays Cathare

    La tradition populaire nous apprend que de grandes fêtes eurent lieu non seulement à cette occasion, mais encore à l’arrivée des principales pièces. Toute la population se rendit à l’écluse de Foucaud, et il fallut même démolir la porte de Toulouse pour introduire le bloc d’où est sortie la coquille ; mais ces faits n’ont pas laissé de trace dans les registres officiels.

    Anno Domini MDCCCLXXI

    Antonio Thoron ; Joanne Pont ;

    Arnaldo Mauzot ; Ludovico Bernard ;

    Procuratore Regio

    Joanne Francisco Besaucèle

     

    Grata Tuus, Carcasso, ferte dûm

    Munera Lanæ

    Agnus ; opes variæ, fonts ut unda, fluent.

     

    Quas tulit anmis

    Atax pulcherrina nympha decoræ

    Sedis amans, querulo murmure,

    mæsta fugit.

     

    Marmora temus edens,

    edet hæc insigna Regis.

    Temporis invidiam vincet amore pater.

     

    Ut fugit unda fluens,

    Fugient sic ludicra cæcæ

    Munera fortuna ; nec manet usque favens.

    Ingratitude des hommes ! Le marbre porte à la postérité le nom des consuls de Carcassonne, et pas un ne sait le nom du créateur de la fontaine, et il faut soulever la poussière de nos vieux registres pour apprendre que nous devons ce monument à l’habile ciseau de Jean Barata de Massa-Carrara, dans les états du duc de Modène.

    Sources

    Eugène Birotteau,

    ancien maire de Carcassonne

    15 septembre 1849 

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  • Claude et Charlotte Julian, deux artistes de grand talent

    Dimanche matin, le téléphone sonne… "Allo ! C’est Charlotte Julian. Oh ! Comme c’est aimable à vous de me rappeler, lui dis-je. Cela fait un moment que j’essaie de vous contacter afin que vous me parliez de votre frère, Claude. Certains de mes amis Carcassonnais m’ont souvent parlé de lui, sans qu’il me soit possible de retrouver sa trace." Ainsi s’enchaîne une conversation de près d’une heure avec Charlotte Julian, artiste dans tous les sens du terme : Chanteuse, actrice et depuis plusieurs années, peintre. Celle qui avait quitté Perpignan dans sa jeunesse pour monter à la capitale vit aujourd’hui à Cannes, où elle peint de belles toiles d’art naïf désormais cotées chez Drouot. « La petite fleur de province » n’a rien perdu de sa gentillesse, ni de son humilité et lorsqu’on cherche à parler de son frère, on ressent une grande admiration pour lui. "C’est un pur, affirme t-elle. Ni l’argent, ni la gloire ne le préoccupent ; s’il a de quoi vivre cela lui suffit pourvu qu’un chevalet se dresse avec sujet à peintre. Le soucis du détail, de la couleur et surtout de la perfection. Jamais il ne cèdera une de ses toiles, s’il la juge non achevée, dit-elle."

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    © enchères-occitanes.fr

    Les parasols (1976)

    De quinze ans son aîné, Claude Julian voit le jour le 8 août 1935 à Perpignan dans une famille nombreuse au sein de laquelle il n’y a pas le sou, mais beaucoup d’amour parental. A l’école des Beaux-arts de la capitale catalane où sa sœur Charlotte suivra ses pas, le jeune homme démontre de grandes capacités pour le dessin. "Mon frère, c’est avant tout un extraordinaire portraitiste, proclame Charlotte. A mes débuts dans la chanson, il a réalisé mon portrait que je garde précieusement chez moi."

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    Charlotte Julian par son frère

    En 1964, Claude Julian illustre le célèbre roman d’Alain Fournier Le grand Meaulnes, aux éditions de la Source : In folio en feuilles, illustré de 19 aquarelles originales (dont 2 à pleine page) peintes sur chaque exemplaire. Un exemplaire de ce livre d’art estimé à 500€ s’est récemment vendu aux enchères à Bordeaux.

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    © Charlotte Julian

    Aquarelle de Claude Julian

    A Saint-Paul-de-Vence, à l’époque où le peintre Marc Chagall habite le village et où le couple Montand-Signoret vient s’y détendre, Claude Julian obtient le Premier grand prix de peinture dans la série Compositions. S’ensuit de nombreuses sollicitations afin que l’artiste catalan expose dans de célèbres galeries helvétiques.

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    © Charlotte Julian

    Toile de Claude Julian

    A Carcassonne où il vient s’établir dans les années 1970, il rencontre un vivier d’amateurs d’art investis dans la culture locale. Parmi ses grands admirateurs, nous citerons le docteur Emile Delteil. Le patron de la clinique du Bastion garde en son domaine du Majou près de Montréal d’Aude, une villégiature où Claude Julian est régulièrement invité. Le Dr Delteil comme tout collectionneur avisé sait dénicher les talents de demain ; ceux dont la cote sera promise à un bel avenir. Après la disparition du médecin, de nombreuses toiles de Julian iront garnir le salon de la maison du directeur, héritier de la clinique. Claude Julian avait également trouvé en Georges Glardon, célèbre galériste installé dans la rue Aimé Ramond, un soutien de poids et de nombreux acquéreurs parmi les plus fortunés de la ville. Etaient-ils tous poussés par leur enthousiasme, ou bien par un bon placement ? L’incompris c’est souvent l’artiste… Souvenons-nous d’Alain Clinard.

    Reportage sur Collioure en 2012 où figure Claude Julian à la fin

    Revenu dans son pays catalan, Claude Julian s’installe dans le village des peintres à Collioure, puis à Port-Vendres. C’est là qu’aujourd’hui, on peut le trouver face au port en train d’achever l’une de ses toiles. A 85 ans, l’artiste passionné vit ainsi dans un quasi anonymat. Toutefois, si son nom ne parle à personne là-bas, il n’est pas un touriste amateur d’art qui ne perçoit son extraordinaire talent. Hélas ! Comme le précise avec tristesse sa sœur Charlotte, "les experts ne s’intéressent pas à la peinture de mon frère parce que ses toiles ne sont pas sur internet." Espérons que cet article donnera une visibilité à l’oeuvre de cet extraordinaire coloriste.

    Je remercie vivement Charlotte Julian pour sa disponibilité et sa gentillesse. 

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  • Le peintre Raymond Moretti au Musée des Beaux-arts de Carcassonne

    Le 30 juin 1982, la ville de Carcassonne accueillit pendant tout l'été les œuvres du peintre Raymond Moretti à l'intérieur des nouvelles salles du Syndicat d'initiatives. A cette époque, le Musée des Beaux-arts n'occupait que le premier étage de ce bâtiment situé en face du square Gambetta.

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    Inauguration officielle par M. Ancely, maire de Carcassonne, en présence de l'artiste

    Né à Nice le 23 juillet 1931 d'un couple d'émigrés italiens ayant fui le fascisme, Raymond Moretti s'est initié très tôt au dessin et à la bande dessinée. A 16 ans, il illustre pour un éditeur d'art "l'art d'aimer" d'Ovide et "le bateau ivre" de Rimbaud. Un an plus tard, sur un drap de lit dérobé à sa mère, il dessine "Moïse brisant les tables de la loi". De sa collaboration avec Jean Cocteau naîtront une série de plâtres sur "l'âge du Verseau". Son œuvre maîtresse reste "le monstre", ainsi baptisé par Joseph Kessel. Cette pièce gigantesque fait appel à trois techniques : peinture, sculpture et cybernétique. D'abord installé aux Halles, cette œuvre d'art imposante se trouve aujourd'hui à La Défense. On lui doit également le dessin de la "Kallista" ; la montre la plus chère du monde. Créée à la demande de l'horloger Vacheron, ce bijou est sculpté dans un bloc d'or "Kallista", serti de 118 diamants d'un poids de 130 carats. Un profil féminin et un profil masculin, étroitement assemblés, ornent le dos du boitier sur un pavage de brillants. Plus de 6000 heures de travail...

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    La Kallista signée Moretti

    Très près de chez nous à Toulouse, on peut admirer 29 tableaux de Moretti dans la galerie des arcades du Capitole. Réalisées en 1997, elles illustrent l'histoire de la ville rose sur deux millénaires. Il serait trop long ici d'évoquer les nombreuses réalisations de ce peintre hors de pairs qui disparut à l'âge de 73 ans, le 2 juin 2005.

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    L'exposition Carcassonnaise permit d'admirer tout l'univers de Moretti : sa première tapisserie, son unique sculpture, son amour pour le jazz, son chemin initiatique, ses illuminations...

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    Sur la gauche, nous apercevons Raymond Chésa - conseiller général du canton centre - qui  sera maire de Carcassonne l'année suivante.

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    Monsieur Fernand Ancely et son épouse

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    Raymond Moretti en dédicace de ses lithographies

    Nous remercions M. Guy Anduze pour avoir mis l'ensemble de ses diapositives à notre disposition.

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