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Souvenirs de carcassonnais

  • Les concours de pêche à ligne à Carcassonne au XXe siècle

    Si les concours de pêche à la ligne ont pratiquement disparu autour de Carcassonne, n’oublions pas qu’ils étaient autrefois régulièrement organisés sur les bords de Canal du midi. Nous possédons quelques photographies prises le long de la route minervoise témoignant du succès de ces évènements.

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    Quelques noms de lieux en rapport avec la pêche ravivent encore les souvenirs de ces moments de détente passés à taquiner le goujon. C’est le cas par exemple de la guinguette « Au grougnou » située au Pont rouge près de l’écluse du Fresquel. Qu’es-aco le Grougnou ? C’est le nom occitan du goujon, ce poisson de rivière qui ne vit que dans les eaux claires et non polluées. Si l’on aperçoit encore à proximité de ce lieu sur le mur d’une bâtisse, une publicité pour la marque de l’apéritif « Suze », c’est parce qu’elle sponsorisait les concours de pêche.

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    "Au Grougnou", près de l'écluse du Fresquel

    Ces évènements étaient très nombreux à Carcassonne après la guerre. Il y avait le concours du pont-vieux, le concours de la ville au Païchérou. Ce dernier s’étendait depuis la piscine jusqu’à Patte d’oie. Robert Prottes, ancien des Capucins, nous explique que les berges de l’Aude n’étaient pas aménagées et qu’aucune route goudronnée n’existait pour monter sur la Patte d’oie où l’école des filles était aménagée dans un bâtiment préfabriqué. Le grand concours du 14 juillet  se passait sur les bords du Canal du midi à la Minervoise.

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    Georges Marty (debout à droite), vainqueur du concours national de pêche en 1965. M. Cigoyenetche (assis à droite), champion de l'Aude 1963.

    Tous ces pêcheurs formaient une famille et se réunissait au café Calmet au sein de l’Amicale des pêcheurs de concours. Cet établissement, bien connu des anciens, se trouvait sur l’actuelle place Gaston Jourdanne.

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    Henri Lutger

    Dans les souvenirs de Robert Prottes dont l’oncle Henri Lutger, décédé en 2007 à Carcassonne, avait remporté un grand nombre concours locaux et nationaux, les classements étaient établis à la pesée. Cinq points par poisson, un point par gramme : « On attrapait des cabots, des goujons, des gardons. » On se fournissait chez Artozoul en hameçons, rue de la gare.

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    Concours de pêche à Carcassonne, près du Quai Riquet

    Quand le café Calmet fut rasé, la pesée s’effectua au Grand café Glacier de Félix Miailhe, boulevard du commandant Roumens. Une coupe était remise au vainqueur et les lots se retrouvaient partagés entre les autres concurrents. Tout se terminait par un chaleureux apéritif entre le pastis et la Suze, marque officielle du concours.

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    Le Championnat de l’Aude - remporté en 1960 et 1961 par Henri Lutger - qualifiait le vainqueur pour le championnat de France qui se déroulait sur les berges du canal de l’Ourcq à Paris. Robert Prottes révèle que son oncle était parti de Toulouse en train pour Paris-Austerlizt. Arrivé dans la capitale avec d’autres pêcheurs, il traversa la ville en métro avec cannes à pêche, garbuste et épuisette. Une autre époque pour tous les pescofis de notre département, car les concours se passaient également à Canet d’Aude, Villepinte, Pennautier, Preixan, Marseillette, Luc-sur-Orbieu, Grèzes-Herminis, etc.

    Merci à Robert Prottes pour ses souvenirs qui feront sans doute beaucoup de bien à nos lecteurs

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    © Tous droits réservés / Musique et patrimoine / 2020

  • Les petits métiers Carcassonnais : Les camelots

    Un nombre important de marchandises des quatre saisons présentaient leurs étalages. Les restaurants ambulants de  Mesdames Alaux et Chaubet n'offraient les dimanches matin que des cafés ou des casse-croûtes. En semaine, les marmites ronflaient sur le feu de charbon de bois : tripes, haricots à l'huile ou daube. Le marché du dimanche matin était très pittoresque, on y croisait des camelots. Le vendeur de pastilles du père Antonio, grand barbu vêtu d'une longue blouse blanche, expliquant les bienfaits de ses bonbons à l'aide d'une planche anatomique. Il y avait là, "Lé bossut" et "la seigne", colporteurs avec leurs étalages de lacets, savonnettes, cigares et brillantines. Ajoutons, le marchand de poissons d'eau douce qu'on appelait le "cagarot" (L'escragot).

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    Jeu de bonneteau à Paris en 1954

    On y rencontrait Canil et son jeu de bonneteau, avec tours de prestidigitation. Il se jouait avec trois cartes pliées dans le sens de la longueur. Celui qui officiait faisait passer rapidement les cartes sous les yeux des badauds. Il fallait deviner où se trouvait la carte. Tous les samedis et les jours de foire, il se tenait au Portail des Jacobins ou sur la place Carnot. Le public nombreux tentait sa chance. Celui qui gagnait remportait une pièce de vingt ou quarante sous. 

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    L'avaleur de grenouilles tenait son stand, certains samedis sur la place Carnot. Sur une table de bois blanc trônait un aquarium où nageaient de minuscules grenouilles. Deux bouteilles remplies d'eau complétaient l'équipement. Le baladin, sous les regards médusés de la foule, ingurgitait deux litres d'eau et, ensuite, introduisait dans sa bouche les petites rainettes. Après quelques minutes, l'homme rejetait liquide et grenouilles qu'il s'empressaient de remettre dans l'aquarium. Après les applaudissements de circonstance, l'homme faisait la quête autour de lui. 

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    © Tous droits réservés / Musique et patrimoine / 2018

  • Les petits métiers Carcassonnais : Les fiacres

    Plusieurs cochers offraient leurs services en plusieurs points de la ville : A la gare, place Carnot, au Terminus et au Portail des Jacobins. Leurs fiacres, traînés par de dociles mules, étaient familiers aux Carcassonnais. Ces voitures avaient deux aspects. L'hiver, une capote de moleskine protégeait les clients du froid et de la bise. L'été, un baldaquin blanc à franges remplaçait l'hivernale capote. En période estivale, la couverture qui recouvrait qui recouvrait les bêtes en hiver, était remplacée par un filet à longues franges ; une protection illusoire destinée à chasser les mouches. Les oreilles des mules s'ornaient d'un bonnet blanc afin d'écarter les insectes de leurs longs appendices. Deux fois par jour les cochers, entre deux courses, suspendaient au cou des bêtes, une bourse en toile écrue, remplie d'avoine. Les mules prenaient des forces pour leur travail. Quant aux cochers, ils se restauraient avec un casse-croûte. Ceux de la place Carnot allaient se désaltérer au Comptoir National (Café Sarta), occupé de nos jours par "Le Carnot".

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    Commissionnaire à la campagne

    A Carcassonne ils étaient deux... Marius possédait un âne, traînant une charrette grinçante. Ensemble, ils apprenaient les rues de la ville accompagnés par le tintement d'une clochette. Ce commissionnaire rendait de multiples services : un colis à la gare, porter des paniers sur la place Carnot, effectuer un déménagement.

    "Un jour nous eûmes recours à lui pour transporter un piano droit, de la place Carnot à la rue Littré. Après avoir arrimé l'instrument, le convoi se mit en marche. Je marchais à côté en queue de l'équipage. Marius nous ayant bien recommandé : "Té cal béni. Butarats dins la rue de Verdun. L'asé coumentço de se faïre biel !" (Tu dois venir. L'âne commence à se faire vieux !" Et nous voilà parti. Au beau milieu du parcours, l'âne inonda copieusement la chaussée pavée avec de multiples coups de sabots. Et l'animal refusa de repartir ! "Buto, macarel", m'ordonna Marius ! Tous deux, nous redoublâmes d'efforts stériles. L'asé semblait cloué au sol. Alors Marius eut une idée géniale : "Tire lui la queue tant que tu peux. Moi, je vais le tirer par le licol et le mors !" Nous réalisâmes ce curieux manège et l'âne, pris entre deux feux, décida de reprendre sa route en nous gratifiant d'un large pêt ! "Animal de bestio", jura Marius ! "Es testut, que nos y faïre !" (Il est têtu que veux tu faire !) Douce philosophie de ce brave homme. Il l'aimait sa bête. "L'asé et le carretou" (L'âne et la charrette) n'étaient-ils pas son fond de commerce ?" (Souvenirs de M-Y Toulzet)

    Les aides commis-voyageurs officiaient entre les deux hôtels Bernard et du Commerce. Ces hommes voyageaient par le train ayant mis aux bagages, leurs imposantes malles contenant les collections de vêtements à présenter à leurs clients. Ces encombrants objets étaient volumineux. Tous ces échantillons prenaient place en de gigantesques coffres, fabriqués dans un bois fort lourd. Avant leur arrivée, les commis-voyageurs écrivaient aux hôtels pour retenir les services de ces aides qui, à l'heure dite, munis de longs charriots à plateau, attendaient le représentant, prenaient en charge à la gare les encombrants bagages et accompagnaient le vendeur aux diverses adresses de ses clients : Chapellerie Blain, Arnal, Alexandra, Lordat, d'Espezel, Canavy, Cancel, Nouvelles Galeries, Gastilleur... Après leur travail, ces commis-voyageurs regagnaient leurs hôtels après avoir rétribué leurs aides. Ainsi, allait la vie économique de Carcassonne dans les années 1930...

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