Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

Sport

  • Le Tour de France des indépendants à Carcassonne le 23 août 1910

    Totalement oublié, le Tour de France des indépendants, est une course cycliste dont la première édition a lieu du 7 août au 4 septembre 1910. Divisée en quatorze étapes dantesques de plusieurs centaines de kilomètres, elle réunit au départ de Paris 652 coureurs et n’en compta que 316 à l’arrivée, un mois plus tard. On appelle également cet évènement sportif Le tour de France Peugeot-Wolber, du nom des deux sponsors à l’origine de la course. Il était d’ailleurs mis en jeu pour le vainqueur du classement général une voiturette Lion fabriquée par Peugeot, d’une valeur de 6000 francs (18 000 €). A chaque étape, le premier à l’arrivée remportait une moto Peugeot équipée de pneus Wolber.

    Capture d’écran 2022-05-10 à 18.22.11.png

    Le départ à Montpellier le 23 août 1910

    Le 23 août 1910, la huitième étape s’élança à 7 heures du matin de Montpellier pour rallier Toulouse, neuf heures plus tard… A Carcassonne, l’unique garage-contrôle de l’étape avait été installé dans le Jardin des plantes, actuel Square Chénier. Devant une foule enthousiaste et la musique de la ville, les premiers coureurs à passer furent Garec, Valloton, Guénot et Dezy.

    Capture d’écran 2022-05-10 à 18.43.04.png

    Le garage-contrôle au Jardin des plantes

    « Un monde fou se pressait ce matin aux abords du parc fermé de notre ville, contrôle fixe de la huitième étape du Tour de France indépendants. Le parc fermé était installé grâce à l’autorisation de la municipalité sportive de Carcassonne sur le Jardin des plantes, et le contrôle était en face du Café Continental. Le contrôle fixe était tenu par MM. Allary, chef délégué de l’UVF, assisté de MM. Gélérat, chef consul de l’UVF ; Bajouet, délégué ; Semba, sous-délégué de l’UVF ; Pacou, Président de l’Union cycliste Lion ; Rettmeyer, Président de l’ASC ; Calvet, représentant la marque Peugeot.

    A partir de 12h30, on attend les coureurs. Mais, retardés par un vent violent qui les gens jusque’à Castelnaudary, le premier peloton, emmené par Valloton, n’arrive qu’à 1h08. Il comprend en outre, Guénot, Sadi-Bricout, Pélissier, Julien Loisel, etc. Le Carcassonnais Lagarde arrive à 1h20. Notre autre concitoyen Icher, passe à 1h27. Le service du parc fermé, assuré par le commissaire adjoint Emile Comaille, fonctionna à la perfection, de même que le service de ravitaillement assuré par Barthélémy, Ott et Cotten. Grand succès pour la marque Peugeot à Carcassonne. »

    Carcassonne était représenté par cinq coureurs : Pierre Lagarde, Médéric Fraissinet, Léopold Icher, Antonin Dupin et A. Roy. Antonin Dupin, né le 29 février 1892 à Carcassonne exerçait la profession de mécanicien de cycles et de motos. Résidant 57, route de Toulouse, il possédait ses ateliers, 7 rue Barbès. Médéric Fraissinet participa ensuite comme professionnel au Tour de France en 1912, puis à Paris-Tours l’année suivante. 

    Capture d’écran 2022-05-11 à 09.23.22.png

    Quant à Léopold Icher, il réalisa une très belle performance durant ce Tour de France indépendants en terminant 42e au classement général. Il se classa neuvième de la 1ère étape, cinquième de la 6e et treizième de la 11e. Né à Pomas le 11 avril 1890, constructeur de cycles de son état au 61 de la rue de la mairie (rue Aimé Ramond), Icher occupera des fonctions au sein de l’ASC cycliste en 1935.

    Capture d’écran 2022-05-10 à 18.19.39.png

    Guénot, le vainqueur de l'épreuve à Paris

  • Louis Domairon (1908-1949) a donné son nom à un Stade de Carcassonne

    Tombé dans l'oubli, le nom de Louis Domairon ne figure même plus sur le panneau d'entrée de ce stade, situé près de l'avenue F. Roosevelt. On ne l'appelle plus que "Stade de Domairon". Tout le monde pensait jusqu'ici, moi le premier, qu'il s'agissait d'un lieu-dit ou bien de ne je ne sais quel ancien domaine viticole. Il n'en est rien ! Quand on se penche sur ce que fut la courte existence de Louis Domairon, on regrette qu'il ne soit honoré comme il se doit.

    Stade.jpg

    La vraie appellation votée par délibération municipale en date du 4 juillet 1957 est "Stade Louis Domairon"

    Louis Marie Eugène François Domairon naît le 3 décembre 1908 à Lézignan-Corbières. Au lycée de Carcassonne, il se révèle être un brillant élève. Il pratique le rugby et devient international scolaire durant la saison 1925-1926. Au poste de demi de mêlée, Domairon fait des prouesses chaque dimanche au sein de l'épique première de l'ASC. Ses exploits sont relatés dans la presse spécialisée entre 1927 et 1931. A cette époque, l'AS Carcassonne joue à XV. A ses côtés, on retrouve les noms de Rajol, Dimur, Mas, Bedos, Cadenat, Raynaud, Séguier, Gayraud, Cazelle, Barrens, Faure, Dardier, Domec et Renaud.

    A Toulouse, Louis Domairon entreprend des études de médecine. Il exerce ensuite son office dans les troupes coloniales avec le grade de capitaine. Politiquement opposé au régime de Vichy, il est frappé par celui-ci d'une mesure disciplinaire et réformé en 1941. Louis Domairon entre alors dans la Résistance. Le 27 mars 1947, il reçoit la médaille de la Résistance française (Ordre de la Libération), alors qu'il se trouve engagé en Indochine. C'est au sein de l'unité des Forces côtières qu'il porte assistance et secours à ses camarades de combat. Mortellement blessé au cours de la bataille de Mong Kay le 24 mars 1949, son corps est déposé dans la Nécropole militaire de Fréjus.

    Hôpital Domairon.jpg

    © Album du service de santé des Forces terrestres du Nord Vietnam

    Centre hospitalier Domairon à Dô Son (Haïphong / Vietnam) en 1951

    En souvenir du Lieutenant-colonel Louis Domairon, la France donne son nom au nouvel hôpital de Dô Son. Sur la photographie ci-dessus il est encours de construction en 1951.

    Hôpital Do Son.jpg

    L'ancien hôpital Domairon

    Après l'indépendance, gagnée sur le terrain par les troupes communistes du Viet Minh, le nom de Domairon disparaît du bâtiment en 1954. Cet hôpital fonctionne encore de nos jours. Il est très difficile d'en obtenir une photographie en raison du régime politique gouvernant le Vietnam.

    Louis Domairon mérite donc que son nom figure désormais en intégralité sur le panneau d'entrée du stade.

    _______________________________________

    © Tous droits réservés / Musique et patrimoine / 2022

  • L'histoire du rugby à Carcassonne de 1934 à 1960 (2)

    Champions de France Juniors en 1943-1944

    Combettes, Riccio, Carrère, Py, Ponsinet, Malrieu, Gacia, Vinges

    Sartous, Albert, Bertrand, Labazuy, Guilhem, Lachet, Gimenez

    Sur le plan national, après de nombreuses vexations, le mécontentement grondait dans les grands clubs et une dissidence se fit sous l’égide de l’UFRA, réunissant avec l’A.S.C, plus de quinze des meilleurs formations françaises. Cela ne dura guère étal Fédération Française de Rugby accueillit le retour des enfants prodigues dans son giron avec le plus grand plaisir.

    En 1934-1935, l’A.S.C enleva le titre de Champion du Languedoc. Ce comité était à ce moment-là, le plus fort de France et ses équipes étaient redoutées sur tous les terrains. Avoir atteint ce titre était déjà un exploit. Cette même saison, le Quart de finale du Championnat de France qui opposait à l’A.S.C les troupes de l’A.S Montferrandaise de Franquenelle, fut une rencontre magnifique. L’A.S.C avait l’avantage à la marque, lorsqu’en fin de match, une erreur permit aux hommes de Cognet de les coiffer sur le poteau et d’enlever la victoire par 21 à 19.

    Capture d’écran 2021-07-19 à 10.11.42.png

    Champions du Languedoc 1934-1935

    Dimur, Caruesco, J. Raynaud, Galou, Castet, Combes, Larruy, Depaule

    Altemaire, Fraisse, Sylvain Bès, Dardier, Pujol, Fau, Raynaud.

    Le tournant dans l’histoire de l’A.S.C

    Sous l’impulsion de Gallia, le rugby à XIII fit l’apparition dans le Sud de la France. Carcassonne, mécontente d’avoir été lésé lors q’une rencontre avec Biarritz et après avoir déposé une réclamation en bonne et due forme, décida de pratiquer le rugby à XIII et de quitter la FFR. Cette décision fit l’effet d’une bombe dans le Landerneau quinziste. Un certain Legay avait joué sous un faux nom dans l’équipe biarrote et la Fédération rejeta l’opposition de l’A.S.C. 

    Cette cruelle vexation s’ajoutait aux nombreuses brimades dont la Fédération avait accablé depuis quelques temps les clubs ayant participé au schisme de l’UFRA. Une réunion mouvementée se tint au café Not (place Carnot). A l’unanimité moins une voix - celle de M. Vitalis-Brun - l’A.S.C passa à la dissidence ; la Fédération Française de Rugby à XIII l’accueillit à bras ouverts. M. Ramond restait à la barre. Dirigeants et joueurs l’assurèrent de leur fidélité : Jean Duhau, Emile Fabre, Anglade, Vallès. Mais c’était alors le règne de Roanne, Villeneuve, Albi, Bordeaux et Perpignan. Les Canaris ne purent mieux faire que de disputer une demi-finale de la Coupe Lord-Derby en 1938 et de terminer quatrième du Championnat de division nationale l’année suivante. 

    Avec le déclenchement des hostiles en 1939, les matchs furent interrompus, le rugby à XIII fut interdit par le gouvernement de Vichy et l’A.S.C reprit sa place parmi les clubs de rugby de la FFR.

    En 1944-1945, une équipe de jeunes formés dans les minimes de l’A.S.C remportait le titre de Champion de France Junior. Certains de ce jeunes joueurs devaient par la suite illustrer le rugby carcassonnais et français : Labazuy, Guilhem, Py, Bertrand, Consigny, Malrieu, Vinges, Ponsinet, Combettes, Albert, Carrère, Riccio, etc. En 1946, la Fédération Française de Jeu à XIII (l’appellation rugby à XIII avait été retirée sous la pression des quinzistes) reprenait ses activités et l’A.S.C devenait treiziste.

    Capture d’écran 2021-07-19 à 10.12.01.png

    Champion de France d'Honneur 1949-1950

    Rigal, Montsarrat, Doumeng, Paredes, Bezombes, Rancoule, Durand

    Bernat, Montagné, Conté, Astrugue, Corbarieu, Chauvet, Lacroix, Lapeyre

    Cependant, le rugby à XV continuait d’être défendu dans la ville par une poignée de sportifs : Vitalis, Andrieu, Martignole qui, sous le nom de Stade, ensuite sous celui du 1er Club de 1900, l’Union Sportive, rassemblèrent les bonnes volontés pour continuer l’ancienne tradition. Les efforts furent récompensés en 1950 par le titre de Champion de France Honneur Promotion. Devenue en 1952 l’Union Sportive Cheminots, ses dévoués dirigeants, faute de moyens financiers suffisants, ont réservé toute leur sollicitude à la formation des jeunes qui défendent avec courage les couleurs de la Cité dans le Championnat junior. Ce club a formé de grands joueurs : Lucien Mias, Henri Rancoule, Antoine Labazuy, Espanol, Médus, etc. Pendant cette période, les couleurs de Carcassonne ont défendues dans le Championnat Scolaire par le lycée et l’Ecole Normale. Enfin, en série plus modeste, le Sport Olympique Carcassonnais essaya, sous l’impulsion de Nadal, d’intéresser les jeunes au rugby. 

    L’A.S.C XIII, après la Libération, allait pendant connaître pendant huit ans d’innombrables jours de gloire. Sur tous les stades d’ovale, les canaris affirmèrent leur suprématie. Ils furent Champions de France en 1945, 1946, 1950, 1952, 1953 ; finalistes en 1947, 1948, 1949. Vainqueurs de la coupe en 1946, 1947, 1951, 1952 et tombèrent en finale en 1945, 1948 et 1949. Quel autre club carcassonnais peut s’enorgueillir d’un tel palmarès, encore aujourd’hui ?

    Capture d’écran 2021-07-19 à 10.12.18.png

    La réputation de la famille Taillefer passa les monts et les mers. L’A.S.C se produisit en Grande-Bretagne et reçut au stade de la Pépinière (A. Domec), devenue La Mecque du XIII, les meilleurs clubs anglais (Wigan, Warrington, Hull, Hallifax…). Au cours de leurs tournées en Europe, les Kangourous et les Kiwis ne manquait jamais de se mesurer avec les canaris. Dans le même temps, les sélectionneurs puisaient à pleines mains dans le grand club audois. Et le Treize de France d’alors, à ossature carcassonnaise, remportait d’indiscutables et retentissants succès. La liste de nos internationaux est impressionnante. Contenons-nous de citer ceux qui, en 1951, aux Antipodes, furent sacrés champions du monde : Puig-Aubert, Ponsinet, Mazon, Martin. Quand ces jours d’exception eurent émigrés sous d’autres cieux, l’A.S.C fit confiance aux éléments issus de l’école des Juniors : Guilhem, Benausse, Tesseire, Delpoux et Jamme notamment, qui participèrent en mai-août 1955 à la deuxième tournée victorieuse en Australie. Carcassonne disputa trois finales du Championnat de France : 1955, 1956 et 1958.

    Capture d’écran 2021-07-19 à 10.12.30.png

    L'ASC XIII en 1957-1958

    A. Gayraud, Vaslin, Brial, Escourrou, Dedieu, Savary, Mano, Nicodème

    Nedorezof, Alberti, Poletti, Guilhem, Delpoux, Teisseire, Marty, Bergèse.

    Entre-temps, MM. Ramond, Nouvel, Seigné et Cougnenc avaient demandé et obtenu l’honorariat, après avoir passé le flambeau à MM. Reynès, Debat, Luguel, toujours avec l’éternel M. Lafosse. En 1960, c’est Félix Bergèze qui entraînait les Canaris du XIII. Il reste encore son café sur la place Carnot tenu par ses petits-enfants.

    ____________________________________

    Tous droits réservés / Musique et patrimoine / 2021