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Evènements

  • Benjamin Franklin - ambassadeur des Etats-Unis - et ses frères de Carcassonne.

    Le nom de Benjamin Franklin (1705-1790) est passé à la postérité grâce à son invention du paratonnerre. On peut regretter que le grand public ne l’identifie pas davantage comme le diplomate américain qui lutta avec force pour l’abolition de l’esclavage. Franklin participa à la rédaction de la déclaration d’indépendance des Etats-Unis et sa Constitution ; il fut à ce titre le premier ambassadeur de ce pays en France de septembre 1778 à mai 1785.

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    L'un des pères fondateurs de la Constitution des Etats-Unis

    Dans les nombreux courriers de Benjamin Franklin conservés au National Archives, on observe que les Carcassonnais entretenaient des relations amicales avec le diplomate. Ces liens s’étaient noués grâce à la Franc-maçonnerie pour laquelle Benjamin Franklin avait été initié en 1731 à la loge Saint-John. Depuis son installation en France comme ambassadeur, il avait été admis à la loge « Les neuf sœurs », installée dans un ancien établissement du noviciat des Jésuites de Paris. Franklin en fut même le Vénérable par deux fois et y reçut Voltaire comme apprenti franc-maçon. Il est fort probable qu’en son sein M. l’Ambassadeur ait connu Pierre Thoron de Lamée, au service du comte d’Artois et affilié à la loge « Les trois frères Unis » à l’Orient de Versailles. Thoron de Lamée, de retour à Carcassonne, deviendra le secrétaire de la loge « Les commandeurs du Temple » de Carcassonne. Ceci expliquerait la relation privilégiée de cette loge avec Benjamin Franklin et les services que le diplomate consentit à accorder à ses nombreuses sollicitations.

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    Benjamin Frankin et Georges Washington

    Les relations avec les Carcassonnais débutèrent avant même sa nomination au poste d’Ambassadeur de France, si l’on en juge par le courrier que lui adressa Cusson aîné, marchand -fabricant de draps et membre de la loge « La parfaite vérité »,  le 17 mai 1777 :

    "Je fabrique des textiles et des draps pour l’Amérique. Un certain nombre de négociants français les ont demandés et, je le sais, les ont vendus avec profit aux américains, que je voudrais voir bénéficier directement de mes produits bon marché. Mon offre aurait un meilleur accueil si elle relevait de vos auspices. Je poins une liste de prix."

    Une annotation de la main de Franklin mentionne son approbation avec ces mots : « Proposition sur les tissus ». Cusson aîné avait repris la direction Manufacture royale de Pennautier après la mort de son père Paul, survenue le 10 août 1775.

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    Autre exemple, celui du baron de la Courtette - Hôtel St-Martin, rue froidmanteau à Paris -  qui sollicite une audience en 1781 auprès de Monsieur l’ambassadeur. Il s’agit selon toute vraisemblance du sieur d’Uston, lui-même franc-maçon et fabricant de draps - propriétaire du château de la Courtette près de Limoux. La Courtète s’écrit désormais sans la double consonne. Il était le représentant des Commandeurs du temple. Lorsque les Commandeurs du temple acceptèrent la direction du Grand Orient en 1783, ils choisirent La Courtette comme député. « M. Franklin est à la maison tous les matins, sauf les mardis, et sera prêt à recevoir le Barton de la Courtette dès qu’il lui fera l’honneur de l’invoquer. »

    En 1780, le sieur Andrieu écrit à Franklin une lettre dans laquelle il expose son désarroi vis-à-vis de la situation de sa famille. Malgré sa respectabilité, il a enduré « des malheurs marqués » et il lui a été conseillé de tenter sa chance à Paris. Mais sa misère étant plus forte que jamais, son dernier espoir serait d’émigrer en Amérique où ses talents lui permettraient de survivre. Toutefois, n’ayant pas l’argent pour s’y rendre il demande à Benjamin Franklin de bien vouloir l’aider. La recommandation des Commandeurs du temple va accélérer le traitement de la demande d’Andrieu le 18 septembre 1780 :

    Très cher frère,

    Nous n’avons pas douté un seul instant, de vous voir sensible au malheur de la famille que nous vous recommandions, son état était un titre infaillible auprès de vous ; mais nous n’osions nous flatter de vous voir porter votre attention, jusques à nous offrir de faire passer vous-même nos lettres à M. Le chevalier de la Luzerne. Une grande âme ne sait pas faire le bien à demi ; vous nous l’avez prouvé plus que jamais en nous fesant une offre dont nous n’userons pas parce que la famille Andrieu, avait déjà écrit à Monsieur l’Ambassadeur avant votre réponse. Nous ne laisserons pas perdre cependant le fruit de votre bonté, et nous vous supplierons, de vouloir bien vous rappeler les promesses que vous nous avez faites d’écrire en Amérique. Vous mettrez le comble à vos bienfaits, si vous voulez vous intéresser auprès de M. De la Luzerne. Recevez en attendant pour tant de soins nos remerciements. Les éloges les plus pompeux les suivraient, si votre modestie ne nous imposait le plus profond silence […] Notre bonheur sera parfait si nous pouvons avoir le bonheur de vous voir affilié à notre temple, et figurer dignement à côté des hommes illustres que nous possédons déjà. Signé Roques, vénérable en exercice.

    Après plusieurs sollicitations d’affiliation à la loge Carcassonnaise, Franklin finit par lui envoyer un courrier le 1er mai 1783 dans lequel il accepte l’honneur qui lui est fait. Il est adressé à David de Lafajole : 

    "Chers frères, J’ai reçu votre lettre fraternelle du 21 et je suis extrêmement sensible à vos aimables félicitations et à l’honneur que vous proposez de me faire par un acte d’affiliation dans votre très respectable loge. J’accepte l’offre avec une grande satisfaction. Et en vous souhaitant toutes sortes de félicité, en particulier que votre pouvoir de faire le bien soit toujours égal à votre inclination, je reste, votre très affectueux frère."

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    Benjamin Franklin est vénérable d'honneur des Commandeurs du temple de Carcassonne.

    Le 24 juin 1783, les Commandeurs du temple par la plume de Vidal de Saint-Martial, vénérable en exercice, et mandement de Thoron de Lamée, secrétaire, répondent à Benjamin Franklin :

    Au très digne très vertueux et très respectable frère Docteur Franklin, Ministre plénipotentiaire des Etats-Unis de l’Amérique auprès de la Cour de France à l’Orient de Paris,

    A la réception de votre planche, la loge fut extraordinairement assemblée ; à peine eûmes-nous fait lecture de ce que nous vous faites la faveur de nous écrire, que vôtre admission fut célébrée avec tous les transports de la joye la plus vive. Il était impossible de contenir nos frères. Les applaudissements et les vivats les plus redoublés retentissaient de l’Orient à l’Occident. Cependant, voulant à vôtre agrégation tout l’éclat dont elle est susceptible, le fête sollemnelle en fut envoyée à la St-Jean. Nous ne vous en donnâmes pas avis parce que nous respectons trop vos préoccupations. Ce jour est enfin venu après avoir été bien désiré, vous trouverez cy joint le détail de nos travaux mais vous n’y verrez pas quoique on aye pu dire. Cette joye et ces transports dont nous étions pénétrés, enviant tenterait-on de les peindre.

    Le comte de Caux [NDLR : Louis Gaspard de Roger de Cahuzac (1736-1827), chevalier de Saint-Louis] absent n’a point eu l’honneur de vous représenter et vous lavez fait vous-même. Un peintre italien et maçon a copié votre portrait d’après Veilles peintre en migmature sur l’émail à Paris. Ceux qui ont eu le bonheur de vous voir ne peuvent se méprendre à ses traits. C’est cette image qui a été apportée en triomphe le jour de votre affiliation. Une délibération de la Loge ordonne quelle restera perpétuellement dans notre temple.

    Quoique éloigné de nous par ce moyen, vous serez toujours présent à nos assemblées. C’est cela que vous recevrez nos hommages et que vous serez témoin de ces vœux ardents que nous formons pour la conservation des jours d’un homme d’un sage et d’un savant qui n’a pas dédaigné de s’unir plus étroitement à nous. [Note : Les francs-maçons de Carcassonne. 24 juin 1783]

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    Le médaillon en émail qui se trouvait dans le temple de Carcassonne. Il est l'ouvre de Jean-Baptiste Weyler (1747-1791

    Sources

    Nous satisferons les demandes en nous écrivant à l'adresse de ce blog

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  • Le maire démissionne pour avoir voulu sonner la tinette d'alarme !

    © Le hussard sur le toit / Hans SILVESTER - Getty

    L’épidémie de choléra (5e pandémie) qui va toucher la France à partir du 22 juin 1884 est d’abord signalée par un premier foyer infectieux à Toulon, transporté à bord du navire « La Sarthe » en provenance de Saïgon. Peu-à-peu la maladie s’étend vers Arles et Marseille où l’on déplore 1777 victimes. A Carcassonne, le maire et docteur en médecine Abel Petit prend un arrêté municipal six jours après dans lequel « il est enjoint à tous les propriétaires ou gérants d’hôtels, d’auberges ou de maisons garnies de signaler quotidiennement au commissariat central de police toutes les personnes en provenance de Toulon qui viendront prendre logement chez eux, afin que ces personnes puissent être l’objet de visites sanitaires. » On fait également désinfecter les rues dans lesquelles se vident le soir et le matin, les vases contenant les matières fécales des habitants. Au moment de l’épidémie de 1854, afin de supprimer la fâcheuse habitude du jet au ruisseau, un système de vidange se faisait au moyen de tonneaux moulés sur roues. Il passait dans les rues et les habitants venaient y déverser les déjections humaines. Malheureusement cette pratique présentait de sérieux inconvénients et l’on revint aux anciennes habitudes.

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    © Mémoire d'Allauch

    Vidangeur dans les années 1960

    La pandémie de Choléra de 1884 causa la mort de 576 personnes dans l’Aude, dont 162 à Carcassonne. Le 4 décembre, Abel Petit signe un nouvel arrêté obligeant les propriétaires à installer à leurs frais des tinettes dans leurs logements : « Le jet des matières fécales au ruisseau est interdit d’une manière absolue. Il est enjoint à tout propriétaire de faire établir avant le 1er mars prochain, une ou plusieurs fosses d’aisance fixes ou mobiles. » Cette décision s’accompagne d’éventuelles mesures coercitives à l’encontre des contrevenants, qui seraient pris en flagrant délit de dépôt d’ordures dans les rues. Au mois de février 1885, soixante-huit propriétaires comparaissent devant le juge de paix ; une trentaine sont condamnés pour avoir refusé d’employer l’appareil destiné à remplacer les fosses fixes. L’article 11 de l’arrêté stipule que « les fosses mobiles ou tinettes que les entrepreneurs seront assujettis à fournir aux propriétaires des maisons dépourvues de fosses d’aisances fixes seront en métal peint, dont un modèle est déposé en mairie. » L’entreprise de salubrité publique Sarda ayant obtenu le marché, elle est tenue d’installer les tinettes chez les propriétaires. Elle percevra 15 francs par an pour les tinettes remplacées une fois par semaine, 20 francs pour celles remplacées deux fois et 25 francs pour celles remplacées trois fois.

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    Tinette

    L’opposition à cette obligation sanitaire grandit au sein de la population, en même temps que sont dressées les contraventions. Dans sa séance du 14 avril 1885, le tribunal de simple police a procédé à cent condamnations de 1 à 6 francs pour infraction à l’arrêté. Certaines personnes prétendent ne pas avoir les moyens financiers ; d’autres, que la place leur manque. Tous les  arguments sont avancés pour tenter de s’affranchir de cet arrêté. « Où voulez-vous que je la mette votre tinette, s’exclame une femme ? Sous la table où nous mangeons ? Est-ce que Monsieur le maire qui nous pousse ainsi a fait placer la sienne de tinette dans sa salle à manger ? » Le mécontentement gronde… Une pétition signée par 85 personnes demandant l’abrogation de l’arrêté sur les tinettes se retrouve sur le bureau du préfet et l’affaire enfle.

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    © Ministère de la culture

    Une vieille rue dans les lices de la Cité

    Au cours du conseil municipal du 4 mai 1885, la question de la pétition est évoquée et son devenir doit être tranché. Ce jour-là une foule nombreuse et déchaînée s’est massée dans le lieu des délibérations municipales. Le maire tente bien de rappeler l’utilité sanitaire des mesures qu’il a été contraint de prendre pour le bien être de tous, mais il se fait interrompre par des cris : « C’est faux ! Démissionnez, démissionnez ». Le docteur Petit use de la sonnette pour ramener le calme ; il menace d’user de son pouvoir de police pour faire évacuer la salle. Lorsqu’il peut enfin placer deux mots, il évoque la République préoccupée par l’école et l’hygiène. « Vous voulez ruiner l’ouvrier, lui lance t-on ! » Alors en désespoir de cause, le maire rappelle cette fièvre typhoïde qui emporte toujours en ville 20 à 30% des personnes qui en sont atteintes. Comme médecin, il a devoir de prendre toutes les mesures qui prescrit une bonne hygiène.

    Aucune solution ne semble permettre au maire de sortir de l’impasse impopulaire de son arrêté. Les propriétaires ne veulent pas s’y soumettre pour le bien de leurs locataires, ni plus largement pour l’assainissement des rues de Carcassonne. La proposition adoptée par le conseil municipal visant à réduite le tarif de la tinette en fonction des ressources de chacun, ne désamorce pas la crise de défiance. Non ! Ils ne veulent pas du progrès. Il faudra attendre les années 1930 pour qu’un autre médecin, devenu maire lui aussi, fasse poser un système d’égout dans la ville. Aujourd’hui, il a un nom de rue. Tout le monde a oublié le Dr Abel Petit, voué aux gémonies, et contraint à la démission pour s’être soucié de la santé de ses administrés.

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  • L'aventure EINSTEIN, Exposciences régionale à Carcassonne de 1988 à 2000

    Dès 1981, Guy Anduze fonde avec quelques amis passionnés le Club d’astronomie de la M.J.C de Carcassonne « Alpha Centauri ». Ce dernier dispose toujours d’un observatoire astronomique performant doté d’un télescope de 400 millimètres de diamètre installé d’abord à Malras puis à Cailhavel. C’est ainsi que débuta la conquête spatiale à Carcassonne à travers diverses manifestations scientifiques organisées par la Maison des Jeunes et de la Culture, comme les Rencontres sur les techniques de détection optique en astronomie amateur au mois de septembre 1984. Cet évènement organisé à six reprises, d’abord dans les locaux de la MJC puis à la Salle du Dôme, réussit à drainer 1350 congressistes de neuf pays différents.

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    Jeffrey Hoffman corrige en 1993 le télescope Hubble dans l'espace

    Après avoir été à l’origine du collectif inter-associatif qui l’organisait, Guy Anduze eut l’idée d’organiser sur le modèle des exposciences du Québec, la première Exposciences Régionale EINSTEIN à la Salle du Dôme de Carcassonne en 1988. Nées au Québec dans les années 1960, les exposciences se développèrent en France à partir de 1985. Cette année-là, à l’initiative de l’ANSTJ (Association Nationale Sciences Techniques Jeunesse), les plus grandes associations françaises de jeunesse et déduction populaire, regroupées au sein du CIRASTI, réunirent à Toulouse 830 jeunes provenant de 34 pays  à l’occasion du Premier rendez-vous mondial des sciences et de la jeunesse. Dans la foulée, les premières exposciences régionales françaises virent le jour en Midi-Pyrénées, Bretagne et Rhône-Alpes. C’est ainsi que Carcassonne accueillit cette première manifestation en Languedoc-Roussillon du 25 au 29 mai 1988.

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    EINSTEIN, acronyme de Exposition Inter-associative Sciences Techniques Et Industries, devint donc la référence régionale en matière scientifique. Tous les deux ans, avec un budget de 500 000 francs alloué par divers partenaires : ville, département, région, ministère de la recherche, DRAC, Jeunesse et sports, rectorat, ANVAR, EDF-GDF, etc. Jusqu’en 2000, ce sont 5000 jeunes qui ont exposé 500 projets scientifiques et techniques dont beaucoup furent primés et représentèrent Carcassonne dans des exposciences à l’international organisées par le MILSET : USA, Canada, Tunisie, Maroc, Koweit, Portugal, Afrique du Sud, etc.

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    La nébuleuse de l'Aigle

    En 1994, Guy Anduze organisa une grande exposition dans la Tour Narbonnaise à la cité pour commémorer les 25 ans des premiers pas de l’homme sur la lune. EINSTEIN avait accueilli cette année-là plusieurs milliers de scolaires lors de visites commentées, au milieu de 70 photos grand format de la NASA. Serge Chevrel - astronome à l’observatoire de Midi-Pyrénées - était allé sélectionner spécialement ces clichés à Houston aux Etats-Unis, une maquette à l’échelle du site d’alunissage d’Apollo 11, des vidéos des missions lunaires, des échantillons de sol lunaire et le drapeau français qui avaient fait le voyage aller-retour vers la lune en 1969.

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    Jeffrey Hoffman en 1993

    L’idée était également de faire venir à Carcassonne de prestigieux invités pour valoriser les projets exposés pendant EINSTEIN par des milliers de jeunes. A ce titre, trois Prix Nobel de physique français se déplacèrent à Carcassonne pour donner des conférences au théâtre municipal : Pierre-Gilles de Gennes, Georges Charpak et Claude Cohen-Tannoudji.

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    Jeffrey Hoffman à la Salle du dôme en 2000

    En 2000, dans le cadre parallèle des « Rencontres Jules Verne pour ouvrir le XXIe siècle », trois grands chercheurs et explorateurs vinrent à la rencontre des 800 jeunes exposants : le mathématicien Christophe Yoccoz, le paléoanthropologue Henry de Lumley (découvreur de l’homme de Tautavel en 1971) et l’astronaute américain Jeffrey Hoffman. Guy Anduze raconte comment il réussit à faire venir le grand spationaute :

    Je savais que Jeffrey Hoffman, retiré du corps des astronautes actifs de la NASA après ses cinq fabuleux vols spatiaux, était basé à Paris dans les locaux de l’ambassade américaine puisqu’il était en 2000 le représentant de la NASA en Europe. Je lui avais donc envoyé une invitation écrite à l’ambassade et n’ayant pas reçu de réponse, j’avais plusieurs fois téléphoné à sa secrétaire sans succès. Entre noël 1999 et le nouvel an, j’ai retenté ma chance sans trop y croire et là, miracle, sa secrétaire étant en vacances, il a lui-même décroché le téléphone ! Je lui ai parlé longuement des objectifs d’EINSTEIN que j’organisais depuis douze ans à Carcassonne. Je lui ai aussi signalé que tous les prestigieux chercheurs qui l’avaient visité dans le passé y étaient intervenus gracieusement sans aucune rétribution. Il a été immédiatement enthousiasmé par l’idée et nous avons convenu d’une date. Il parlait un français parfait et la Cité médiévale qu’il ne connaissait pas, m’a beaucoup aidé dans les négociations. Je suis allé le chercher à Salvaza et il a gentiment accepté de passer avec moi à l’Astronaute au Viguier, où Jean-Christophe Garino avait réalisé une gigantesque fresque murale sur le thème de Jules Verne et de la conquête spatiale. Jeffrey Hoffman l’a signée à la peinture blanche : « Jeffrey Hoffman - NASA - 30 mai 2000 »

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    Jeffrey Hoffman fit 795 fois le tour de la terre lors de cinq vols de navettes spatiales (Discovery, Columbia, Atlantis, Endeavour, Columbia) et corrigea la myopie du télescope spatial Hubble en 1993 après 22 heures d’acrobaties lors de la navette spatiale Endeavour. Il anima durant l’exposcience EINSTEIN de Carcassonne, une conférence-débat animée par Bernard Chabbert au Conseil général (Salle des 500) sur le thème « Vivre et travailler dans l’espace »

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    L’astronaute répondit aux questions sans orgueil démesuré : « Je suis très fier d’être l’homme qui a réparé le télescope Hubble, en apesanteur, relié par un simple câble d’acier à la navette spatiale. » Cela vous tenterait-il, un nouveau vol dans l’espace ? « Non, on m’a proposé un sixième vol, mais j’ai tourné la page. Mon poste à Paris m’intéresse. Ce sont les enfants de leur âge qui seront les premiers colons de l’espace. »

    A l’invitation du lycée Jules Fil, le mathématicien Jean-Christophe Yoccoz se plia également à l’exercice de la conférence-débat le 27 mai dans la salle Gaston Defferre au milieu des lycéens.

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    Le passage de la comète de Hale-Bopp au-dessus de la Cité en 1997, photographié par Guy Anduze depuis l'arborétum de Pech-Mary.

    A l’occasion de ce 7e exposciences, le grand public se déplaça en nombre à Carcassonne tout comme les scolaires, venus en autocars de toute la région. Cette affluence fut à mette à l’actif d’une communication ambitieuse : Ida pour créer le logo, mise à disposition du Conseil général et de la ville des affichoirs Decaux, 24 articles dans les trois quotidiens locaux. Une synergie qui s’est perdue lorsque Guy Anduze sollicita davantage de moyens tels au Festival Scientifique comme l’est celui de la BD à Angoulème. Hélas, les batailles politiques - comme il est de coutume dans l’Aude - eurent raison de l’énergie du fondateur qui rendit son tablier et passa la main. 

    Sources

    Archives Guy Anduze que je remercie

    La dépêche du midi / Mai 2000

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