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Musique et patrimoine de Carcassonne

  • Henri Sanchez, maraîcher à Puichéric, disparu en déportation.

    Henri Sanchez était né à Puichéric le 29 mars 1906 et père de trois enfants : André (12 ans), Louis (8 ans) et Marie-Thérèse (7 ans). Ce maraîcher sans histoires avait été requis de force par la préfecture de l’Aude à la demande des Allemands, comme garde-voie. Afin de prévenir les attentats contre les voies ferrées, les autorités d’occupation exigeaient que des français soient mobilisés pour les garder la nuit. Si pour une raison quelconque, un acte de sabotage devait survenir, les requis en seraient tenus pour responsables et désignés immédiatement comme otage. Dans la nuit du 20 au 21 février 1944, les guérilleros font sauter la voie de chemin de fer au niveau du pont de Cabriac situé entre Douzens et Moux. Désignés comme responsables, les requis Henri Sanchez et Constantin Denat, tous les deux de Puichéric, sont arrêtés par la Feldgendarmerie et conduits à Carcassonne. 

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    Interrogé dans les locaux de ce service du contre-espionnage allemand, Henri Sanchez est mis en détention pendant plusieurs jours avant d’être transféré à Marseille. Son camarade est à priori relâché ; il ne sera pas déporté. Quelques semaines plus tard, le maraîcher de Puichéric se retrouve au camp de Compiègne. Il part en déportation le 4 juin 1944 dans un convoi de 2064 hommes en direction de Hambourg. La chaleur est accablante dans le wagon à bestiaux. Les déportés voyageront sans eau avant leur arrivée trois jours plus tard au camp de Neuengamme. Il est avéré qu’Henri Sanchez fut envoyé dans un kommando de travail forcé pour l’industrie de guerre nazie. La dernière fois que l’un de ses camarades le vit, c’était le 25 janvier 1945.

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    Depuis cette date, on ne sait pas ce qu’il est devenu. Toutes les recherches de sa femme ont été vaines. Henri Sanchez est probablement décédé d’épuisement lors de l’une des marches de la mort avant la libération du camp. Son nom figure sur le monument au morts de Puichéric. Officiellement, Mort pour la France, il est déclaré comme disparu.

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  • Baudrigue : "Je n'irai pas".

    Je n'irai pas cette année aux commémorations du massacre de Baudrigue, le 19 août prochain près de Roullens. Les valeurs que défendaient les victimes sont incompatibles, selon moi, avec la présence officielle de certains élus de la ville de Carcassonne, auprès desquels je ne souhaite pas me montrer. Il y avait notamment des syndicalistes parmi les victimes ; elles travaillaient à la mine de Salsigne. Elles avaient été capturées le 8 août 1944 à Trassanel par les nazis. Elles luttaient pour la liberté syndicale, interdite par le gouvernement de Pétain depuis le 16 août 1940. Je ne représente rien, à part deux livres publiés sur Baudrigue et Jean Bringer. Personne n'en a s'en émouvoir ; c'est une démarche morale personnelle. Cela ne m'empêchera pas de me recueillir à Baudrigue, seul et sans tra la la, à un autre moment.

  • Le petit buveur d'Augustin Moreau-Vauthier a été volé.

    Dans le Jardin Pierre Sire, situé au pied du Pont vieux, se trouvait une sculpture en bronze d’Augustin Moreau-Vauthier (1831-1893). L’Etat en avait fait don au Musée des beaux-arts de Carcassonne en 1874. Lors de la création de ce jardin en 1953, on l’avait sorti des réserves afin de la placer près d’une niche en pierres reconstituées. À une date que l’on peut situer au début des années 2000, l’oeuvre a disparu. Le ministère de la culture a déposé une plainte pour vol en 2005, sans qu’à ce jour on sache toujours pas ce qu’elle est devenue.

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    Au fond du jardin, la niche orpheline de sa sculpture.

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    Augustin Moreau-Vauthier entra à l'Ecole des Beaux-arts de Paris dans l'atelier d'Armand Toussaint. Présenté au salon de 1865, Le petit buveur est d'abord une oeuvre en bronze fondue dans l'atelier de Ferdinand Barbedienne. L'Etat en fit l'acquisition lors de l'Exposition universelle de 1867 pour 3500 francs.

    Dans l'Illustration, Théophile Gautier en donne la description suivante : On s'arrête avec plaisir devant Le petit buveur de M. Moreau-Vauthier, un enfant qui pourrait donner une leçon de superflu à Diogène et lui faire jeter sa coupe d'argile. Accroupi au bord d'un ruisseau, il se désaltère dans le creux de sa main avec un mouvement d'une naïveté parfaite. Le petit buveur a cet âge de dix ou douze ans qui prête par sa maigreur juvénile à de fins détails anatomiques. M. Moreau-Vauthier a traité sans sécheresse ce petit corps fluet comme un Saint-Jean du Donatello. Son Zampognaro, modelé sans doute d'après un de ces petits italiens de la Calabre qu'on rencontre par troupes dans les rues, jouant leurs cantilènes sauvages, est d'une vérité frappante. Il semble qu'on entend les sons aigres s'échappant de l'outre gonflée placée sous le bras du musicien errant.

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    L'artiste a également réalisé postérieurement un modèle en marbre. Présenté au salon de 1869, il fut acquis par Napoléon III et placé dans le parc du château de Compiègne. Il se retrouva ensuite dans les collections du Musée du Luxembourg. 

    Sources

    L'univers des bronzes et fontes ornementales - Yves Devaux - 1978

    Livret illustré du Musée du Luxembourg - 1884

    Dictionnaire des sculpteurs de l'école française au XIXe siècle - Stanislas Lami

    Crédit photo

    Centre national des arts plastiques.

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