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Musique et patrimoine de Carcassonne

  • Transformations et restaurations à la cathédrale Saint-Michel en 1949

    Jusqu’au début des années 1950, la cathédrale Saint-Michel était entourée d’un mur de clôture au Nord et au Sud de celle-ci. On accédait de la rue Voltaire au boulevard Barbès et vice-versa en passant par la rue de la lune devant l’entrée de la cathédrale, en longeant ensuite l’enclos d’un jardin désaffecté. Tout projet de démolition de ces murs s’était heurté, depuis que Viollet-le-duc avait achevé le plus gros œuvre de restauration de Saint-Michel, aux désaccords entre les Beaux-arts, la ville et la préfecture. La cathédrale privée de parvis et d’une porte monumentale digne de son prestige, n’avait pas réussi à s’émanciper de tout ce qui la défigurait.

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    La rue de la lune et l'enclos en 1945

    Le 12 avril 1949, l’architecte en chef des Monuments historiques M. Naudet avait visité la cathédrale et estimé fondées les observations faites sur son état. M. Bourély dressa un rapport à la Commission des travaux du conseil municipal qui reçut un avis favorable. La ville décidait que les baraques contre le mur du boulevard seraient détruites dès que l’on pourrait reloger les personnes qui les occupent.

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    Le 22 juin 1949, sonna l’heure du changement. Le maire Philippe Soum donna le premier coup de pioche symbolique aux murs de Saint-Michel, en présence de Mgr l’évêque, de Mgr Rivière et du préfet de l’Aude. Après le rappel historique de Pierre Embry, le maire rappelle qu’une telle action lui aurait valu autrefois d’être excommunié, au moment la cathédrale va être consacrée. Plusieurs personnes se rendent ensuite dans la sacristie avec Mgr l’évêque et M. Bourely qui a porté un plan du futur square. Où trouver l’argent ? Mgr Rivière voudrait faire transporter les piliers qui sont sur la rue Voltaire comme amorce de la porte de l’Ouest. Le chanoine Sarraute fait observer qu’ils n’ont pas de valeur artistique et que la pierre s’effrite. De plus, ils obligeront à faire une porte démesurée que personne n’a les moyens financiers de bâtir. L’idée de Mgr Rivière consiste à réaliser une porte comme à Saint-Vincent, mais d’abandonner l’ouverture d’une porte au Nord. Il donne volontiers sa sacristie pour y faire les toilettes à la place de celles qui doivent être démolies.

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    Nous apercevons les piliers sculptés dont parlait Mgr Rivière

    En fait, la cathédrale n’a pas de porte. Elle était placée initialement au Nord (rue Voltaire) pour éviter le vent de Cers, mais a été murée par le chapitre au début du XIXe siècle. La petite porte du côté de l’ancienne tour près du commissariat n’était pas suffisante pour les cérémonies comme les sépultures. Quant à celle percée par Viollet-le-duc en attendant un porche fastueux, certains la comparent à l’entrée d’un garage automobile.

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    L'intérieur après le déplacement de la chaire pour permettre l'ouverture de la porte Nord

    La direction des Beaux-arts approuve la réouverture de la porte Nord, avec le déplacement de la chaire, conséquence de  l’aménagement de la Sainte table et la construction à l’Ouest d’une porte digne de la cathédrale. Toutefois, elle ne financera rien car débordée par la reconstruction de nombreux édifices sinistrés par la guerre. Elle promet simplement de rétablir à ses frais, le vitrail des Anges en même temps que les vitraux de Saint-Nazaire à la Cité.

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    © Ministère de la culture

    Détail du vitrail des Anges

    Au mois de septembre, M. Bourély présente le plan d’une porte plus modeste dont le prix n’excède pas 500 000 francs ; le vitrail des Anges est replacé à la fin du mois après avoir retiré trois millimètres de crasse à l’intérieur. Au début du mois d’octobre, la sainte table est déposée et le marbrier commence à daller le sanctuaire. Le roi Carol de Roumanie en visite à la Cité, assiste le 9 octobre 1949 à la messe dans une cathédrale en chantier. Le lendemain, débutent les travaux de la porte et la démolition de la réserve des diacres et des toilettes du chapitre. La porte ne sera pas achevée à temps pour la consécration de la cathédrale le 7 novembre. 

    "Les reliques (St-Nazaire et Celle, St-Paul de Narbonne et Ste-Thérèse) dans un reliquaire entre quatre cierges allumés. L’évêque de Perpignan arrive pour le début de la cérémonie. Un peu de pluie pendant que nous tournions autour de la cathédrale. Moment émouvant : l’onction de la croix à droite du portail qui arrive à hauteur d’homme. La procession des reliques se fait en silence. Monseigneur notre évêque fait la consécration de l’autel. Pendant l’onction de la croix, Mgr fait le geste large d’Urbain II dans la toile de Rivalz. La messe qui suit devait être basse, mais sur la protestation du chapitre elle est chantée, puis sonnent les cloches. Le peuple rapproche du sanctuaire, communions nombreuses. Il est 11h30 ; cela finit en beauté. […] Le soir cérémonie trop grandiose. Avec Monseigneur, les évêques de Perpignan à Montpellier, l’archevêque de Marseille. Torrents de lumière, orgue, trompettes. Le préfet, le maire, les adjoints, onze conseillers municipaux, le colonel, etc. Sermon de Mgr Bernard."

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    La cathédrale après les travaux

    Il faudra attendre le 18 décembre 1949 pour enfin voir la porte de la cathédrale achevée. Six jours plus tard, les portes en bois sont placées avec les ferrures. Quant au futur square (actuel parvis), sa construction sera décidée en conseil municipal le 3 novembre 1950. C’est le 17 janvier 1951 qu’est abattu le mur d’enceinte de Saint-Michel du côté du boulevard ; les travaux du nouveau square débuteront au mois de mars. Le chanoine Sarraute recommande aux ouvriers de mettre de côté toute pierre un tant soit peu moulée. Parmi les vestiges trouvés dans le mur, un chapiteau. Le chanoine Sarraute raconte que le 12 avril :

    « L’électricien qui fait des travaux devant Saint-Michel vient me signaler qu’un bénitier de marbre rouge retrouvé dans les fouilles est en danger. Je le fais savoir à M. Bourély qui ordonne de le mettre de côté. J’y vais moi-même. Ce bénitier a été mis dans le passage au pied de l’église. A midi et demi, M. Bourély vient me voir. Un autre bénitier a été enlevé… par un conseiller municipal. Une pierre portant des armoiries a été mise le long de la rue Voltaire et a disparu ! »

    Ceci témoigne des conditions dans lesquelles furent entreprises les fouilles sur ce secteur à cette époque. Et plus tragiquement, ce qu'il en est advenu...

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    La porte Ouest construite en 1949

    Sources

    Le Républicain / 25 octobre 1949

    Archives manuscrites du Chanoine Sarraute

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  • Jean Cau (1925-1993), le seul Audois a avoir eu le Prix Goncourt !

    Pouvait-on prêter à Claude Lanzmann des idées de la droite nationaliste, lorsqu’il déclara à Laure Adler sur France culture le 28 décembre 2005, que Jean Cau était oublié à tort et que son talent était extrême ? Lorsque le réalisateur de Shoah ne tarit pas d’éloges, celui qui fut écarté des cercles dit « vertueux » des intellectuels parisien après avoir pris ses distances avec la gauche marxiste, c’est sans doute pour d’autres raisons. Des raisons pour dénoncer peut-être l’injustice d’un ostracisme politique, visant à cataloguer une excellente plume en pamphlétaire misogyne et nationaliste. Quel autre totalitarisme idéologique que celui qui sévit encore dans bon nombre de partis, où la brebis au bercail devient une bête féroce lorsqu’il le quitte ! On oublie à dessein le talent et l’on fustige en procès d’intention réactionnaires, la réputation de celui qui a repris avec sa liberté, l’inventaire idéologique de son ancienne chapelle. Jean Cau fit le grand saut…

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    © Jean Loup Sieff

    Né le 8 juillet 1925 à Bram d’un père ouvrier agricole (Etienne) et d’une mère (Rose) femme de ménage, le jeune Cau mène néanmoins l’existence heureuse d’un gamin de sa génération. Chez cette famille laborieuse, on écoute religieusement les discours politiques en faveur de la victoire du prolétariat, relayés par la tante Gilberte Rocca-Cau, député communiste du Gard. Etienne amène son fils dans les meetings de soutien à la cause des républicains espagnols, émigrés dans l’Aude à cause de la guerre civile. A l’école primaire, l’instituteur M. Castel décèle chez Jean Cau de grandes facultés intellectuelles ; il pense que son élève doit poursuivre ses études au lycée et décide d’en parler à son père. « Au lycée ? Cela va me coûter des sous. Il pourrait aller jusqu’à être instituteur mais à part ça, je ne pourrai pas faire l’effort, dit-il. » L’instituteur cherchant à le convaincre, lui fait entrevoir la possibilité d’obtenir des bourses et d’apprendre le latin. « Le latin ? C’est pour devenir curé, renchérit-il. » Finalement, Jean Cau ira au lycée de Carcassonne. Il y fait la connaissance de jeunes de son âge qui deviendront ses amis, comme le futur bâtonnier Clément Cartier.

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    Clément Cartier et Jean Cau, rue de la gare

    Après une licence de philosophie, il monte à Paris et prépare l’Ecole Normale Supérieure au lycée Louis-le-Grand. C’est là que Claude Lanzmann fit la connaissance de Jean Cau qui était, d’après lui, persuadé que pour réussir dans le monde littéraire et intellectuel parisien, il fallait être le secrétaire d’un grand auteur. Alors qu’ils se trouvent tous les deux dans la salle d’étude de Khâgne, Cau écrit devant lui à Camus, Benda, Paulhan, Genet, Cocteau et Sartre. Ce dernier fut le seul à lui répondre ; il lui donna rendez-vous au café de Flore à Saint-Germain-des-près. Sartre sortit un paquet de papiers de sa poche et dit à Cau : « Débrouillez-vous avec ça. » Pendant neuf années (1947-1956), Jean Cau restera au service de Sartre et lui servira bien de souvent de nègre. On pourra lire le portrait délicieux qu’il dresse de l’auteur de Huis clos, dans « Croquis de mémoire » paru en 1985. Au milieu des intellectuels de gauche de ce Saint-Germain-des-près, Jean Cau se trouve un peu décontenancé :

    « Je découvre que tous ces intellectuels étaient tous d’origine bourgeoise, mais qu’ils adoraient le peuple et qu’ils adoraient la gauche. Ils n’ont jamais vu un ouvrier de leur vie, ils ont des domestiques, ils ont des bonnes, mais ils sont de gauche. Ils allaient au peuple parce qu’ils n’en sortaient pas. »

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    Jean-Paul Sartre

    Après avoir quitté Sartre, Jean Cau se désolidarisera progressivement de la gauche. Pas parce qu’elle était archaïque, mais car elle avait trahi ses origines. Il entre dans le journalisme à l’Express aux côtés de Servan-Schreiber et François Giroud où il rédige avec talents des articles sur l’actualité. En 1961, il dénonce les violences contre les manifestants algériens ordonnées par le préfet Maurice Papon, dont on sait aujourd’hui quel fut son rôle dans la déportation des juifs Bordelais. L’année suivante, son enquête sur « L’OAS au lycée » choque une partie des lecteurs. En février 1962, il écrit que les manifestants du métro Charonne sont morts pour rien ; quelques mois plus tard, il signe un papier dans lequel il indique que l’Algérie est ruinée. Cela lui vaudra les désaccords venant de la gauche. Ce sens de la vérité et de la franchise, que selon lui les politiques n’ont pas, il va le payer bientôt. Auparavant, il obtient le Prix Goncourt en 1961 pour son roman « La pitié de Dieu » - écrit en Andalousie - au troisième tour de scrutin à six voix contre deux à Jean-Pierre Chabrol.

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    « La pitié de Dieu ressemblait fort un Huis clos. Jusqu’à l’angoisse qui y prenait la forme toute sartrienne d’une araignée dans le plexus. Le soir, je me souviens, Cau était gai comme rarement. La revanche était belle. Il n’était pas que farouche, évidemment. Ni aussi misogyne que l’ont cru les féministes, qu’il s’ingéniait à irriter. Il poussait le plaisir de déplaire jusqu’à la joie de se faire détester. Ce fut particulièrement vrai avec les intellectuels de gauche, empressés de classer à l’extrême droite fascinante ce traitre qui ne trahissait rien que les mensonges et les ridicules du moment. […] On ne nait pas impunément à quelques kilomètres de la frontière espagnole. Cau est un des grands écrivains andalous de langue française, à la suite de Mérimée, Gautier, Barrès, Montherlant. Il l’a prouvé avec Sévillanes, ses nombreux écrits sur la tauromachie et un de ses derniers livres publiés, Le roman de Carmen. » (Le Monde / 20 juin 1993)

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    Nous l’avons dit, Jean Cau prend ses distances avec la gauche au début des années 1960. Toutefois, le divorce semble vraiment prononcé lors de l’élection présidentielle de 1965 au cours de laquelle il soutient ouvertement le général de Gaulle contre Mitterrand. L’homme du 18 juin le fascinait ; il dressera un portrait de lui dans Croquis de mémoire : « Il m’a plu parce qu’il disait : quand vous avez des problèmes, montez vers les sommets. » On s’aperçoit quand même qu’il ne s’agit pas du refus des idées de la gauche, mais de ceux qui les incarnent car, si Mendès-France avait été candidat de la gauche, il avoue qu’il aurait voté pour lui :

    « Car j’aurais su que je donnais ma voix à un homme qui, avant d’être le candidat de cette gauche, aurait exigé de celle-ci non point des embrassades démagogiques, mais des engagements catégoriques. Je vois l’ombre de Guy Mollet se profiler derrière Mitterrand comme celle d’une vieille sorcière de Goya derrière la mantille de la jeune fiancée. (Le Monde / 4 décembre 1965)

    Jean Cau ne donne absolument pas sa confiance à François Mitterrand « le candidat de la onzième heure rapetassé avec du sparadrap » ou encore dans Lettres ouvertes aux têtes de chiens : « De Gaulle n’aurait pas fait le coup de l’Observatoire »

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    En cette année 1965 sort « Le meurtre d’un enfant ». Cau y évoque un souvenir de l’Occupation ; il y décrit un jeune tankiste SS beurrant sa tartine avec un poignard. La critique aussitôt lui reproche une fascination suspecte. C’est précisément l’époque où le romancier s’est complément affranchi de son passé idéologique : « Il y a des gens qui me demandent si je suis de gauche ou de droite. Je leur réponds que je suis en liberté. Je ne suis pas un militant, mais un aventurier, un voltigeur, un flanc-garde. » En quittant la gauche, Cau était sensé avoir perdu son talent… Peut-être le renvoyait-on à ses origines modestes issu de la province, quand ce Paris parfois se fait plus intelligent qu’il ne l’est au fond de ses bistrots : « Mes ancêtres sont paysans depuis la nuit des temps, et c’est la noblesse de ma lignée et de ma race que nous n’ayons jamais rien acheté et rien vendu. » Il persiste à en vouloir à ses anciens amis de n’avoir pas voulu ouvrir les yeux sur ce qui se passait en Union soviétique : « Je crois que, vraiment, le socialisme et le communisme, de même que le renard la rage, véhiculent le totalitarisme et véhiculent la terreur. » Le divorce allait-il tourner à l’affrontement sur fond de droit d’inventaire ?

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    Marie Bell et Alain Delon dans "Les yeux crevés"

    A la fin de 1967, les représentations de sa pièce de théâtre « Les yeux crevés » qui devait être jouée au théâtre du gymnase doivent être annulée. La comédienne Marie Bell venait de se fracturer le fémur. Elles seront finalement données au mois d’avril 1968 avant que les évènements de mai n’y mettent définitivement fin. Outre Marie Bell et Jacques Dacqmine, son ami Alain Delon faisait aussi partie de la distribution. Dans cette pièce, un ancien pilote de course allemand tue son petit ami italien parce qu’il n’ose pas supprimer avec une drogue, la vieille milliardaire à qui ils servent pour vivre de mari platonique et d’amant œdipien. « Dans les yeux crevés, je dégorge une de mes obsessions de fond et que je suis à la trace dans tout ce que j’ai écrit, que ce soit Les oreilles et la queue, le Meurtre d’un enfant ou le Spectre de l’amour : c’est l’exaltation du rapport entre hommes, face à cette merveille et à ce démon qu’est la femme. C’est l’amitié face à l’amour. L’amitié entre hommes avec tout ce que cela implique de liberté, de richesse de cœur, d’adolescence perdue, de tendresse virile et de cruauté, de fidélité qui, lorsqu’elle est trahie, fait s’écrouler le monde. » Dans Le monde, les critiques de Bertrand Poirot-Delpech se font de plus en plus acerbes à chaque production littéraire de Jean Cau, qui à partir de 1970 se lance des écrits pamphlétaires.

    https://www.youtube.com/watch?v=H44YLQTwcaE

    C’est aussi le moment où il commence à collaborer avec Paris-Match et à s’approcher du G.R.E.C.E ; un mouvement jugé nationaliste dans le style du club de l’horloge mais où l’on rencontre des personnes venues d’univers politiques différents. A partir de cette époque, la pensée de Jean Cau combat l’égalitarisme, qui est responsable, selon lui, du nivellement vers le bas et contraire aux lois de la nature. Pour avoir étudié les archives de la Seconde guerre mondiale, on retrouve exactement cette pensée dans les documents de propagande insufflés aux Franc-gardes de la Milice. Les idées de la Révolution française sont responsables des maux du monde contemporain et de sa décadence. Le Discours de la décadence de Jean Cau sort en librairie en 1978 ; une contradiction à une année près… Une passion pour Che Guevara sort l’année suivante. Cau avait rompu depuis longtemps avec les idées de Sartre et proclamait son admiration à Ernesto Guevara, révolutionnaire marxiste. Son livre se fit immédiatement découper par la critique.

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    « Voir le chantre des bien-pensants s’éprendre du Che Guevara, c’est un peu imaginer Maurras internationaliste ou le pape phonographique. (Le Matin / Christian Deschamps)

    «  Jean Cau aime Che Guevara à sa manière : celle d’un violeur de tombeaux, profanateur de sépultures. (Benoît Rayski / France soir)

    « Jean Cau a voulu rendre le sacrifice du Che acceptable pour un anti-révolutionnaire en le dépouillant de ses intentions et de sa signification politiques, au profit de ses seuls aspects humains. (Poirot-Delpech / Le monde) »

    Poussé par ses amis, Jean Cau entrepris en 1989 de briguer le fauteuil d’Edgar Faure à l’Académie française. A contre emploi, son aventure est racontée dans Le candidat, un ouvrage posthume préfacé par Alain Delon. C’est Michel Serres qui fut élu le 29 mars 1990 ; Jean Cau s’était certainement fait suffisamment d’ennemis pour ne pas être autorisé à entrer sous la coupole. A commencer sans doute dans les alcôves par le président Mitterrand et plus certainement par Bertrand Poirot-Delpech, le journaliste du Monde devenu académicien en 1986.

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    La tombe de Jean Cau à Carcassonne

    Le vendredi 18 juin 1993, Jean Cau s’éteignit à Paris des suites d’un cancer. A ses obsèques à la cathédrale Saint-Michel de Carcassonne, on comptait une cinquantaine de personnes dont le maire Raymond Chésa. Il fut ensuite inhumé au cimetière de La conte, où il repose depuis maintenant vingt-sept ans. Le 30 juin 1994, le conseil municipal donnait son nom à l’emplacement de l’ancien abattoir, où Raymond Chésa comptait bien construire des arènes. Aujourd’hui, l’espace Jean Cau accueille notamment les spectacles taurins auxquels le romancier vouait une grande passion.

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    Dernièrement Fabrice Lucchini reprenait des textes de Jean Cau dans son spectacle Des écrivains parlent d'argent. Un monologue arrêté par la crise sanitaire actuelle. Dans l'Aude, Jean Cau reste une bête immonde qu'il faut tenir absolument à l'abri des lectures. Ce fils de paysan audois ramena pourtant le seul prix Goncourt du département, mais de cela on n'en a cure ici.

    On pourra entendre ci-dessous Jean-Pierre Daroussin

    https://www.lairedu.fr/media/video/conference/extrait-dun-portrait-de-de-gaulle-par-jean-cau-lu-par-jean-pierre-darroussin/

    Distinctions

    Prix Goncourt 1961 / La pitié de Dieu

    Prix de l'Académie 1980 / Nouvelles du paradis

    Prix Gustave Le Métais-Larivière 1985 / Croquis de mémoire

    Sources

    A voix nue / France culture / 28 décembre 2005

    Alain de Benoist / Ce que penser veut dire / Ed. du Rocher

    Archives du journal Le Monde

    Ina / Radioscopie / Jacques Chancel

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  • La fabuleuse collection de la famille d'André Chénier, léguée à la ville de Carcassonne

    Les ancêtres du poète André Chénier étaient originaire de Carcassonne, au moins depuis le milieu du XVIIe siècle. Sur ce point, nous avons voulu augmenter la recherche généalogique qui avait déjà été réalisée, notamment par Henri Sivade. Cette présentation permettra au lecteur de mesurer l'étendue et l'importance de la collection léguée à la ville de Carcassonne par cette illustre famille.

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    © Musée des Beaux-arts de Carcassonne

    André Chénier

    Pierre Chénier, s’est fixé à Carcassonne avant 1668. Son fils Guillaume (1684-1747), Carcassonnais par sa mère et par sa naissance, épouse vers 1720 Catherine Garrigue de Limoux. Le ménage va alors résider à Montfort-sur-Boulzane dans l’Aude. De cette union, naîtront Germain et Louis, qui sera un jour le fils du poète bien connu.

    Acte de Germain Chénier, frère aîné de Louis : "L’an 1721 et le vingt-sixième du mois de février ait baptisé un enfant de Monsieur Guilhaume Chénier, natif de Carcassonne, et de demoiselle Catherine Garrigue, native de Limoux, mariés, né le vingt-deuxième jour dudit mois."

    Acte de Louis Chénier, père d’André : "L’an 1722 et le quatrième jour du mois de juin, ai baptisé un enfant de Monsieur Guilhaume Chénier et de demoiselle Garrigue, mariés, né le troisième jour dudit mois. On lui a donné le nom Louis."

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    Montfort-sur-Boulzane (Aude)

    Guilhaume Chénier, père de Germain et de Louis, l’était aussi d’une fille, Marie (†1800) qui épousa André Béraud. C’est chez sa tante, rue Pinel à Carcassonne, que le jeune André Chénier passera au moins six ans de sa vie à prendre les leçons du sieur Jean-Pierre Cyrille Sélariès. Ce fait est attesté par les recherches entreprises par Achille Rouquet pour retrouver la demeure exacte.

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    La plaque au-dessus de la maison, rue Pinel

    Guillaume Chénier avait une sœur, Marie-Anne, qui épousa Pierre Vallon, marchand drapier à Carcassonne ; elle mourut à Montpellier le 23 décembre 1749. Par son testament, du 17 juillet 1747, elle s’exprima ainsi : « J’ay réfléchi et veux que si je décède à la ville de Carcassonne, mon corps soit enseveli dans la paroisse de Saint-Michel et dans la sépulture de feu mon père. » Ce père de Marie-Anne et Guilhaume, grand-père de Louis et arrière-grand-père d’André, se nommait Pierre Chénier. Il avait épousé le 14 mai 1668 à Carcassonne, Marie Ricardou, fille d’un marchand de cette ville. Il y mourut le 30 janvier 1702 et y fut inhumé ainsi qu’il résulte du testament précité, au cimetière Saint-Michel, sur l’emplacement duquel s’étend aujourd’hui le boulevard Barbès. Il serait né dans le Poitou.

    La preuve de ce que nous avançons se trouve dans deux actes. Le premier, dressé le 17 février 1727 par maître Bélichon à Carcassonne, révèle que M. Vallon reconnaît avoir reçu de son épouse, Marie-Anne Chénier, la somme de 1200 livres, provenant de la succession de Ricardou Marie, sa mère, veuve de Pierre Chénier. Le second, un testament de Marie-Anne Chénier, contient le passage suivant : « Je donne et lègue à Guillaume de Chénier, mon frère unique, la somme de 500 livres… » Ceci prouve bien que Marie-Anne et Guillaume étaient les enfants de Pierre Chénier et de Marie Ricardou.

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    © Musée des Beaux-arts de Carcassonne

    Portrait d'André Chénier par Cazes fils / 1773

    Après la mort de son mari Louis Joseph Gabriel de Chénier (1800-1880), neveu d’André Chénier, son épouse Adélaïde Frémaux désire prendre des dispositions testamentaires afin de léguer une grande partie des œuvres d’art, objets, livres et archives de la famille à la ville de Carcassonne.  Tout ceci à condition qu’elle puisse en conserver une partie jusqu’à sa mort. Les intentions sont annoncées dans un courrier par M. Mazières, habitant à Bagnoles dans l’Aude au Conseil municipal le 14 mai 1880.

    Monsieur le maire,

    La famille Chénier ou de Chénier, avec ou sans particule (car l’aïeul Pierre Chénier, décédé à Carcassonne le 30 janvier 1702, est qualifié d’Ecuyer (en latin : Sentifer), qui était un titre de noblesse, dans tous les actes de l’état civil le concernant. La famille de Chénier, dis-je, se regardais et doit être regardée comme appartenant au département de l’Aude. Cette famille vient de s’éteindre en la personne de Gabriel de Chénier, chef de bureau de la justice militaire en retraite, neveu d’André et de Marie-Joseph, décédé à Jouy-en-Josas, près de Versailles, dans 80e année laissant une veuve, Madame de Chénier, au nom de laquelle j’ai l’honneur de vous écrire.

    Madame de Chénier, pour accomplir le vœu de son mari, désirerait faire don à la ville de Carcassonne de la bibliothèque de famille, comprenant les livres d’André que la famille conservait comme des reliques, des livres de Marie-Joseph, des livres de leur père et les livres de son mari. Le nombre de ces volumes est de 1400 à 1500.

    Monsieur de Chénier, aurait désiré que la ville voulut accepter en même temps de faire place dans son musée aux portraits des derniers membres de sa famille. M. de Chénier pensait qu’en faveur du don de la bibliothèque, la ville accepterait les portraits. Madame de Chénier m’écrit qu’elle fait faire l’inventaire de tout ce qu’elle veut donner à la ville et sur lequel elle indiquera ce qui appartenait soit à André, soir à Marie-Joseph, soit à leur père, à leur mère, la grand-mère de M. Thiers et au frère de leur mère, soit à son mari. Mais il y a du volume et objets dont elle ne peut pas se séparer tant qu’elle vivra et qui n’entreront en possession de la ville qu’après sa mort. Tout sera catalogué y compris les livres et objets ci-dessus, leur désignation sera marquée d’une croix. Ce qui n’y portera pas cette marque entrera immédiatement en possession de la ville ; le reste y rentrera, comme je l’ai dit, à la mort de la donatrice.

    J’ai l’honneur de vous prier de bien vouloir consulter le Conseil municipal au sujet de ce don. 

    Je suis un parent éloigné de la famille de Chénier, au même degré qu’il en existe à Carcassonne ; seulement j’ai eu l’occasion de me trouver en relation avec Madame de Chénier à cause d’objets que le père d’André et de Marie Joseph avait mis en dépôt dans notre maison maternelle, quand il fut se fixer à Paris pour l’éducation de ses enfants.

    Le 7 juin 1880, le conseil municipal fait savoir qu’il accepte la proposition de Madame Chénier. Un inventaire est dressé et la ville entre en possession immédiatement des objets envoyés par la donatrice le 24 juin 1880. D’autres livraisons, notamment de tableaux, devaient rejoindre Carcassonne mais les tribulations politiques du conseil municipal en retardèrent la réception. A cette époque, la gestion de la ville avait été confiée à Jean-Pierre Calvet en raison de des démêlés judiciaires de Gaston Jourdanne pour fraude électorale. Tant que Calvet ferait office de maire, ils n’accepteraient pas la donation :

    Monsieur,

    Le maire de Carcassonne a proposé au Conseil municipal, à deux reprises différentes, d’accepter trois tableaux que la famille Chénier offre à la ville. La majorité du Conseil municipal connaît trop bien la gloire littéraire que le grand André Chénier a laissé dans les annales de la Révolution française pour ne pas être profondément touché de ce don. Elle sera très heureuse de l’accepter ; malheureusement des circonstances particulières l’obligent à refuser tout ce qui est proposé par l’intermédiaire du maire actuel.

    Dans ces conditions elle s’est vue obligée de refuser provisoirement l’offre qui lui est faite. Elle prie la famille Chénier d’agréer ses remerciements les plus sincères, et lui demande de vouloir bine attendre, pour l’acceptation des tableaux, que la crise municipale ait pris fin. Elle sera fière alors de rendre à notre immortel compatriote et à sa famille la place qui lui est due dans la ville de Carcassonne. 

    Le testament déposé le 22 janvier 1886 chez Me François Ernest Merlin à Paris désigne Charles Picard comme légataire universel. Au moment du décès d’Adélaïde Chénier née Frémaux le 2 avril 1892, la mairie de Carcassonne prend connaissance du legs dont la commune va bénéficier.

    Je lègue à la bibliothèque de la ville de Carcassonne (Aude) tous les livres de la bibliothèque qui me restent de mon mari et que je me suis réservés jusqu’à ma mort dans la donation que j’ai faite de mon mari, Louis Joseph Gabriel de Chénier, de la plus grande partie dont se composait sa dite bibliothèque et que j’envoyai à la ville de Carcassonne.

    Je lègue au Musée de la dite ville, outre les portraits de la famille de Chénier et les objets qui lui appartiennent et qui ont déjà envoyés en même temps que les livres, à la suite ci-dessus indiquée (24 juin 1880), le portrait peint à l’huile de Marie Joseph de Chénier ; le portrait aux crayon rouge et noir d’une jeune grecque amie intime de Louise de Chénier, ce portrait en pied représente la jeune femme de profil, couchée sur un divan et lisant. Et pour que la ville de Carcassonne conserve les images des derniers représentants de la famille Chénier, je lègue au Musée de la dite ville le portrait en pied de M. Gabriel de Chénier dans son costume de chef de bureau de la justice militaire, qui a été photographié au commencement de l’année 1864, et celui de notre cher fils unique : Paul Emile de Chénier, également photographié en pied et qui fait pendant à celui de son père ; puis les deux petits portraits de mon mari, le représentant lisant, et qui furent photographiés au commencement de l’année 1876. Enfin, pour accomplir un désir de mari qu’il avait exprimé, de ne pas séparer mon portrait de jeune femme des leurs, dans le don que nous ferions de nos images (nos amis intimes nous appelaient autrefois le trio inséparable), je lègue donc aussi au musée de Carcassonne, le dit portrait peint à l’huile, composé et exécuté par moi, mais retouché par mon vénérable maître.

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    © Musée des Beaux-arts de Carcassonne

    Adélaïde Elisa Chénier, née Frémaux par elle-même

    Je joins à ce don la copie que j’ai faite au Louvre des Noces de Cana, d’après le tableau de Paul Véronèse. Je lègue encore au musée le petit contenu de couteau de chasse de M. Louis de Chénier, sur la lame duquel sont gravées des constellations dorées ; puis la ceinture grecque de M. Louis de Chénier, sur cette ceinture en satin blanc est brodée une branche de grenadier avec ses fleurs.

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    © Musée des Beaux-arts de Carcassonne

    Je veux que les décorations de mon mari avec les brevets soient aussi envoyées au musée de Carcassonne, ainsi que les décorations de son père, Sauveur de Chénier.

    La collection donnée par Madame veuve de Chénier comprend 1650 volumes ; elle renferme de nombreux ouvrage de jurisprudence, un ensemble remarquable de classiques grecs et latins, édités et annotés par les soins des savants les plus affirmés, des œuvres imprimées des membres célèbres de la famille Chénier : Tacite (Elzévir de 1762) en 2 volumes ; le Virgile (Jacques Hack à Leyde et Abraham Wolfgang en 1680) en 3 volumes ; le Tite-Live (Elzévir de 1679) en 3 volumes ; le Stace (Jacques Hack, 1671). Ce dernier porte une note manuscrite d’André Chénier à la page 301. Le Télémaque en édition stéréotype de Didot (ANVII de la République), que Marie-Joseph offrit à André à l’âge de dix ans pour le récompenser de ses bonnes notes au collège.

    71 volumes ont appartenu à Marie-Joseph de Chénier ; ils sont remarquables.

    33 volumes proviennent de bibliothèques célèbres, où sont illustrés de précieux ex-dono.

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    © Feue la Bibliothèque munici pâle de Carcassonne

    Lettre d'André Chénier à son père depuis Londres

    René Descadeillas - ancien conservateur - dans son ouvrage « La bibliothèque municipale de Carcassonne » publié en 1970 écrit : « Il n’existe par le monde qu’un très petit nombre d’écrits autographes d’André Chénier. La bibliothèque municipale de Carcassonne en possède 15.

    4 lettres adressées de Londres par André à son père Louis Chénier, à Paris, datées des 21 avril 1789, 19 janvier 1790, 29 janvier 1790, 5 mars 1790.

    5 lettres de Rouen, également adressées à Louis Chénier, datées de l’année 1792 : 13 septembre, 15 septembre, 29 septembre, 2 octobre et 10 octobre. Il s'agit de lettres adressées à son père, au moment où André Chénier risque d'être inquiété.

    1 lettre datée de Paris, le 28 octobre 1792. Il s'agit d'un courrier à J.L Brodelet

    1 billet daté « ce lundy », qu’on rapporte à l’année 1793

    1 lettre datée de Versailles le 1er octobre 1793

    1 note dont le quart inférieur droit a disparu

    2 notes de lecture qui avaient été fixées aux pages dans le Properce d’André Chénier.

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    © Feue la Bibliothèque municipale de Carcassonne

    Billet de Voltaire à Madame de Chénier provenant du legs Chénier qui était conservée dans feue la Bibliothèque municipale de Carcassonne, transféré certainement à l'Agglo.

    Dans un journal de 1892, il nous est précisé 2 autographes de Daunou et une copie d’Œdipse à Colonne, de Ducis, écrite par l’auteur lui-même. Une description faite par André Chénier de la prison de Saint-Lazare, des autographes de Lavater, des autographes de Florian, de Niemcewitz, poète polonais, du comte et de la comtesse Alfiéri, de Stanislas roi de Pologne, correspondance des principaux membres de la Convention nationale, un portrait de Mirabeau d’après un masque du tribun, lettre de Louis de Chénier à Pierre Vallon (Octobre 1746), etc.

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    © Musée des Beaux-arts de Carcassonne

    Madame de Chénier en costume grec

    Madame Louis Chénier née Saint-Lhomaca (1729-1808).jpg

    © Musée des Beaux-arts de Carcassonne

    Madame Louis de Chénier, née Lhomaca

    A tous ces dons indiqués dans le testament et qui ont enrichi le musée des Beaux-arts de Carcassonne, Madame de Chénier également adressé à la ville :  Un médaillon d’André et un buste de Marie-Joseph, plâtres bronzés, donnés à M. Gabriel de Chénier par David d’Angers, auteur de ces œuvres ; une gravure, souvenir d’un voyage en Suisse fait par André ; deux tableaux peints par Cornélis de Vos en 1601 (Combat de Grecs et de Turcs) et une tête d’étude sans nom d’auteur, rapportés d’Italie par Louis Sauveur de Chénier.

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    © Musée des Beaux-arts de Carcassonne

    Louis Sauveur Chénier

    Un tableau de J. Ribéra (1588-1656) nommé « Saint-Pierre », deux gravures coloriées, don national de la République Helvétique à Marie-Joseph ; petit couteau de chasse de Louis Chénier ; l’épée de cérémonie d’André Chénier achetée à Londres ; le sabre de son oncle, J-B L’Homaca, 1er drogman à Alexandrie, lors de l’expédition d’Egypte.

    Sabre Ottoman de JB Lhomaca.jpg

    © Musée des Beaux-arts de Carcassonne

    Sabre Ottoman de J-B Lhomaca, oncle d'André Chénier

    Dans cet article, nous avons tenté de synthétiser le mieux possible les informations que nous avons recueillies depuis 1880 jusqu'à aujourd'hui. Des objets recensés en 1892 ont pu disparaître quand le Musée des Beaux-arts était ouvert aux quatre vents juste après l'Occupation, ou bien lors du désastreux désherbage de 2010 de la bibliothèque. Il appartient aux conservateurs actuels de vérifier. Comme vous le savez, ces legs avaient été faits pour la ville de Carcassonne car rassemblés dans un même lieu ; à savoir le musée et la bibliothèque municipale. Depuis 2010, la ville a laissé la compétence de son ancienne bibliothèque entre les mains de la Communauté d'Agglomération qui voulait créer une médiathèque digne de ce nom. On a supprimé les salles de la bibliothèque pour agrandir le musée en fond contemporain. Aujourd'hui, nous n'avons ni médiathèque à Carcassonne, ni fond contemporain. Les vœux des anciens donateurs à la Bibliothèque municipale provenant de legs adressés à la Société des Arts et des Sciences ne sont plus respectés. Pire, certains de leurs ouvrages signés de leurs noms ont été déposés dans une benne dans la rue de Verdun. Récupérés par la foule, certains se vendent encore sur internet chez des bouquinistes. Les élus responsables de cela en 2010 passeront à la postérité, mais pas dans le sens que nous l'aurions souhaité.

    Sources

    René Descadeillas / La bibliothèque municipale de Carcassonne / 1970

    Catalogue du Musée des Beaux-arts / 1894

    Du portrait au 19e siècle / Musée des Beaux-arts

    Poètes audois dans la tourmente / Musée des Beaux-arts

    Le courrier de l'Aude, Comœdia

    Délibérations du CM / ADA 11

    Etat-civil / ADA 11

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