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Vieux quartiers

  • Le faubourg du Tivoli, d'hier à aujourd'hui (Inédit)

    Le faubourg du Tivoli était autrefois compris entre la gare, le square Chénier, la route minervoise et l’actuel boulevard Omer Sarraut. Jusqu’en 1891, la partie allant de la rue Chénier en passant par le début de la route minervoise et remontant jusqu’à l’hôtel Saint-Jean Baptiste (aujourd’hui, Grand hôtel terminus) était un terrain appelé la prairie du Tivoli appartenant à Eugène Sorel. Sur cette emprise, seul existait le coquet Pavillon du Tivoli élevé au XVIIIe siècle, que les Carcassonnais ont connu pour avoir été le centre radiologique du Dr Marty. Ce dernier se trouve actuellement à la clinique de Montréal et porte le même nom.

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    © ADA 11

    Le carrefour de la Minervoise, vers 1900

    Eugène Sorel, possédait également dans la Grand rue (rue de Verdun) un grand magasin de nouveautés qui communiquait avec la place Carnot. A son décès, les héritiers le vendirent à Lordat-Cassignol. C’est aujourd’hui l’agence bancaire du CIC et de l’autre côté, la boutique New-Man. Eugène Aliquot, son héritier, se sépara en même temps de la prairie du Tivoli, de son pavillon donnant sur la route nationale 113 et d’une maison attenante à l’hôtel Saint-Jean Baptiste. L’ensemble de la succession fut divisé en lots à acquérir comprenant plusieurs terrains à bâtir.

    faubourg tivoli

    La vente s’effectua le 23 juillet 1891 au profit de François Puel, négociant à Carcassonne, qui réalisa de nombreuses acquisitions foncières dans la ville avec Ourmet.

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    Le Pavillon du Tivoli avec sa terrasse de 37 mètres de long

    Afin d’élever plusieurs maisons sur les terrains qu’il venait d’acheter, François Puel sollicita l’alignement auprès de la municipalité. Ceci sur une longueur de 70 mètres entre le carrefour de la Minervoise et le pavillon du Tivoli. Le long de la route nationale 113, la compétence revenait à l’Etat. Le préfet s’en remit au service des Ponts-et-chaussées et la ville engagea une consultation auprès des riverains et du voyer municipal. Fallait-il agrandir la voie de circulation à cet endroit et faire reculer les terrains de François Puel afin d’avoir des trottoirs plus larges ? La question fut vite tranchée par le maire Jules Sauzède… La ville dont le budget est en déficit ne peut pas le creuser davantage en achetant des mètres carrés de terrain. Le propriétaire n’étant pas d’accord, il faudrait l’exproprier et engager une procédure risquant d’être bien plus couteuse. Considérant que la largeur de la voie de 16,85 comme suffisante, la mairie accorda l’alignement le 6 novembre 1891, à condition de raccorder le carrefour de la Minervoise aux bancs du Jardin des plantes (square Chénier). La ville avait déjà aligné le carrefour à la rue des jardins (Antoine Marty) suite à l’acquisition en 1875 par Léon Farge d’un terrain sur l’ancien bureau de l’Octroi Tourtel. A cette époque, passait au milieu le ruisseau Tourtel qui, plus tard donnera le nom à la rue voisine.

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    Au centre, se trouvait l'octroi de Tourtel acquit par Léon Farge

    François Puel fit construire trois immeubles sur ses terrains le long de la route nationale 113 (Bd Sarraut) jusqu’au pavillon Tivoli. Les premières constructions comme celle du Jean Oustric, marchand de charbon, furent achevées au cours du premier trimestre 1892. Depuis le carrefour jusqu’au pavillon Tivoli, aujourd’hui : Ancienne maison du Dr Buscail, Oustric (Ducellier), puis l’Etude d’architecte de Tamara Rivel. L’ensemble de ces immeubles datent de cette époque. Au mois d’octobre 1892, François Puel obtint l’autorisation de faire abattre à ses frais les sept platanes qui longeaient ses terrains sur 70 mètres.

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    Les immeubles édifiés par François Puel en 1892

    En 1912, l’hôtel Saint-Jean Baptiste sera détruit. Deux ans plus tard, le Grand Hôtel Terminus prendra sa place et nous aurons le faubourg du Tivoli dans sa configuration actuelle.

    Sources

    Anciens journaux locaux

    Débibérations du Conseil municipal

    Recensement de la population

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  • L'immeuble Fabre, une ténébreuse affaire de favoritisme municipal

    Voilà une affaire communale qui défraya la chronique locale pendant quatre années et qui finalement, aboutit à la condamnation de la ville à verser 10 000 francs de dommages et intérêts aux plaignants. Elle alimenta également les débats municipaux de vifs échanges par communiqués de presse entre les socialistes, aux affaires de la mairie, et leurs opposants radicaux. La droite, pendant ce temps, se contenta de compter les points en misant sur le désordre républicain pour tenter d’en tirer un bénéfice électoral. L’affaire de la Maison Fabre ainsi dénommée, mit en accusation le conseil municipal d’avoir fait bénéficier l’un de ses anciens adjoints, de quelques mètres carrés de terrain communal à un prix attractif. Ses voisins immédiats se sentant lésés finirent par revendiquer le même traitement, mais la contrainte fut telle qu’ils demandèrent réparation du préjudice auprès des tribunaux.

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    © Google maps

    L'immeuble Fabre, Square Gambetta

    Le 29 octobre 1875, le sieur Guillaume Fabre, maréchal-ferrant de son état, envoya un courrier à la mairie afin de solliciter l’autorisation de démolir et de rebâtir une vieille masure à l’entrée de la rue du Pont-vieux. A l’endroit même où se tenait le café Sainte-Cécile, faisant face au square du même nom, le propriétaire demandait l’alignement à la ville pour refaire la façade et agrandir. La délibération du Conseil municipal en date du 3 février 1876 l’y autorisa suivant le prescription de la commission chargée de l’étude se conformant au plan d’alignement de 1869. La ville soucieuse d’embellir les pourtours du nouveau square Sainte-Cécile consenti 3,35 m2 de terrain dont 2,25 m2 gratuitement et le reste au prix de 15 francs le m2. Tout ceci, à la condition qu’il cède à la ville dans le futur, une partie de l’alignement contigüe à l’ancien café Delpech lui appartenant de l’autre côté de la rue. L’histoire devait en rester là, mais Guillaume Fabre cassa sa pipe et ne réalisa pas les travaux.

    Le fils Fabre Jean né en 1850, surnommé Casimir, après ses études de vétérinaire à Toulouse entra au Conseil municipal comme adjoint de son oncle François Teisseire, disciple de Marcou. Deux ans après la démission de Teisseire suite à l’affaire du Congrès des instituteurs dont nous avons parlé dans une chronique précédente, Casimir Fabre quitte la mairie. L’Inspecteur des viandes à l’abattoir déjà fragilisé par une fonction jugée arbitraire par l’opposition car octroyée par son oncle Teisseire, va se retrouver au centre d’une nouvelle tourmente.

    Le vétérinaire entendit poursuivre l’œuvre de démolition et de reconstruction que feu son père n’avait pas pu entreprendre. Le 6 avril 1886, le Conseil municipal autorise Casimir Fabre à reconstruite suivant le plan de façade conçu par l’architecte Bertrand et à se conformer à l’alignement moyennant l’acquisition d’une partie de terrain appartenant à la commune. Là où le bât blesse, c’est sur le prix de vente consenti que certains jugeront comme du favoritisme. La façade du nouvel immeuble devra être parallèle au boulevard du musée (Camille Pelletan) et les extrémités dans l’alignement du square et de la rue du Pont vieux.

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    Défaut d'alignement, rue du Pont vieux

    Les sieurs Tardieu et Roger, respectivement taillandier et Cordier, voisins de Fabre aux numéros 50 et 52 montèrent aux créneaux. La construction de l’immeuble les positionnait désormais en recul de la rue, dans un angle où ils estimaient ne pouvoir jouir convenablement de leurs biens. A leur tour, ils saisirent la ville souhaitant reconstruire leurs maisons et obtenir l’alignement au prix du terrain consenti à Fabre. La réponse de la mairie fut celle-ci : « La commission invite Tardieu et Roger à refaire leur façade en élevant leurs maisons à la hauteur de l’immeuble Fabre. » C’est à cette condition qu’ils bénéficieraient du tarif qu’ils espèrent. Les deux hommes déclinèrent la proposition et se sentant lésés portèrent l’affaire en justice, aidés dans leur tâche par l’opportunisme politique de Sarraut. Au bout du compte, la mairie qui avait changé de maire en 1889 fut condamné par la Cour d’appel de Montpellier.

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    © Académie d'architecture

    Emile Gustave Bertrand

    L’immeuble Fabre parmi les plus beaux du quartier fut édifié selon les plans d’Emile Gustave Bertrand (1856-1913) en 1886. Cet architecte né à La Redorte dans l’Aude auquel nous consacrerons une chronique conçut les plans de la salle des fêtes du Jardin d’acclimatation à Paris où s’était établi avec sa famille. A Carcassonne, il réalisa le Groupe scolaire Jean Jaurès qui fut achevé par Paul Enderlin et son fils, Jean Bertrand (1887-1941). Emile Bertrand fut élément le beau-père d’Henri de Monfreid. Quant à l’immeuble Fabre dont nous ne savions rien de son architecte jusqu’à cet article, il fut occupé par le grand magasin de vêtements « Universel Magasin » jusqu’en 1893. La pharmacie actuelle n’en possédait qu’une moitié au début du XXI siècle, l’autre partie étant prise par la station service Choy. 

    Sources

    Le courrier de l'Aude, Le Rappel, La Fraternité

    Délibérations du Conseil municipal 

    Archives de l'Etat-civil

    Photo en Une / Nathalie Amen-Vals

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  • L'énigme de l'origine de la rue Teysseire est enfin levée !

    Nous venons de lever, non sans mal, une énigme concernant le nom de la rue Teysseire, ainsi dénommée dans le quartier de la caserne Laperrine. Jusque-là, les historiens locaux s’interrogeaient afin de savoir quel pouvait être ce Teysseire dont ils n’avaient que le patronyme comme seule indication. En effet, l’ouvrage de Léon Riba sur les rues de Carcassonne édité en 1951, auquel tout ce monde se réfère, ne donne que la date de la délibération du Conseil municipal au cours de laquelle, la rue de la Tannerie Massé devint rue Teysseire. C’est-à-dire, le 15 mai 1901. Notre enquête nous a naturellement amené à fouiller dans les archives de la presse départementale. Le courrier de l’Aude dans son édition du mois de mai 1901 informe ainsi ses lecteurs : « Rue Tannerie Massé, portera le nom de rue Teysseire, ancien maire ». La délibération du conseil municipal officialise également les noms de nouvelles artères comme les rues de Seville, d’Isly, Ourliac et les changements pour d’autres à l’instar de la place Hoche (Place Marcou), de la rue des Halles (rue Chartran).

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    Les deux indications mal orthographiées de façon différentes

    Retournant à notre recherche, nous venions de trouver l’heureux élu en qualité d’ancien maire de la ville. Naïvement, il nous avait été permis de penser que notre affaire serait entendue puisqu’il ne resterait qu’à trouver dans la liste des premiers magistrats, celui qui portait le nom de Teysseire. Or, notre quête se compliqua lorsque nous découvrîmes que Carcassonne avait eu par le passé deux maires portant ce nom-là, mais orthographié « Teisseire ». Comme si cela ne suffisait pas, ils se prénommèrent tout deux Joseph. Le doute n’était plus permis, l’administration municipale avait autrefois mal retranscrit le nom et, d’ailleurs, le journal local ne l’avait pas corrigé.

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    Le Courrier de l'Aude

    Maintenant que nous étions convaincu de la bonne orthographe, il nous fallait obtenir la certitude d’avoir le bon pour cette rue. Rose Joseph Teisseire (1793-1858) avait été élu député-maire de la ville en 1830, mais il semblait très improbable que la municipalité très Républicaine de 1901, ait attribué un tel hommage un député de la Monarchie de Juillet. Il ne pouvait donc s’agir que de l’autre, prénommé lui aussi Joseph. Comme se serait évident si ce dernier, pouvait être le fils ou un proche parent de l’illustre député. Eh ! bien, non… Rose Joseph Teisseire a eu dix enfants parmi lesquels, deux d’entre-eux portaient le prénom de Joseph mais décédés très jeunes. Il nous fallait donc chercher ailleurs… Mais, où ? Personne n’a jamais rien écrit ce sur Joseph Teisseire dont le mandat de maire n’a duré que 2 ans et 9 mois. 

    Nous avons fouillé dans les archives de la presse dans laquelle certains indices, nous ont mis sur plusieurs voies. D’abord, Joseph Teisseire vivait à Carcassonne mais possédait une propriété à Azille. Aucun des sites de généalogie auquel nous sommes abonnés, ne fait référence au bon Joseph Teisseire né dans la période à Carcassonne ou Azille. Prenant les listes de recensement de la population d’Azille, nous avons fini par y trouver un Joseph âgé de 64 ans en 1891. Pouvait-il correspondre au nôtre ? Relevant les tables décennales de l’Etat-civil, le nom de Fortuné-Joseph Teisseire né le 11 janvier 1827 à Azille de Guillaume et Rose Fourès, nous est apparu. Poussant nos recherches, Fortuné-Joseph Teisseire a bien été Officier de l’Instruction publique, délégué cantonal d’Azille en 1888, après son mandat de maire de Carcassonne. Nous le tenions !

    Fortuné-Joseph Teisseire

    Ce fils de serrurier d’Azille développa sans aucun doute de grandes facultés intellectuelles, puisqu’il enseigna le français à l’Institution Montès à Carcassonne. Cette école fondée par M. Montès puis dirigée par M. Chosset, préparait les élèves aux écoles spéciales. Pour exemple, le capitaine Danjou bien connu à Castelnaudary entra à Saint-Cyr après son passage à l’institution Montès, rue de la Grille (Coste-Reboulh) à Carcassonne. Joseph Teisseire obtient un licence es-lettres de la Faculté de Montpellier en 1858, puis fait un cours séjour comme sous-préfet de Provins en Seine-et-Marne.

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    © Assemblée Nationale

    T. Marcou, député-Maire de Carcassonne

    Au sein du conseil municipal de Carcassonne, il se fait d’abord élire sur la liste Démocratique de T. Marcou en août 1870. L’année suivante, il entre au Conseil départemental après les élections du mois d’octobre où il devient Conseiller général du canton de Carcassonne Est, puis Vice-président de l’assemblée. Fidèle parmi les fidèles de Marcou, Teisseire gravit les échelons jusqu’à devenir mairie lorsque son mentor démissionne de son mandat municipal le 4 décembre 1879. Dix jours plus tard, Joseph Teisseire est investi avec Antoine Marty et le Dr Petit, respectivement premier et deuxième adjoint.

    Pendant les deux ans et neuf mois de son mandat, la municipalité Teisseire détruit l’ancien Bastion de la Figuère, construit l’abattoir et le Petit lycée, achemine l’eau dans les hauts quartiers de la ville. Sur un plan plus sociétal, elle conduit une politique de laïcisation à travers l’école publique et s’efforce de contrer l’action des congrégations religieuses. Teisseire fait enlever les crucifix des classes, mais pas seulement. Elle lutte contre les processions et fait déboulonner le Christ au centre de la place Davilla, à charge pour les paroissiens de lui trouver un autre endroit. C’est-à-dire dans le jardin d’une maison qui deviendra ensuite le Couvent des Sœurs Marie-Auxilliatrices, à l’angle du boulevard Marcou. Parmi toutes actions, un fait marquant est aujourd’hui oublié de la mémoire collective et même historique de notre ville. C’est pourtant ce qui va provoquer la chute de Joseph Teisseire.

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    Au printemps 1882, Monseigneur Billard effectue une tournée pastorale dans les villages de l’Aude. Le 28 avril, alors que l’évêque de Carcassonne se trouve dans l’église de Lagrasse, ce dernier demande aux enfants si à l’école ils n’apprennent pas les catéchisme, s’ils font leurs prières, etc. Les réponses négatives amènent Mgr Billard à fustiger les écoles sans Dieu, les maîtres sans religion. Ses dires sont immédiatement portés sur la place publique :

    « Parents chrétiens qui m’écoutez, il est de mon devoir de vous le dire, ceux qui sont chargés ici d’élever vos enfants, les pervertissent (sic). Vos enfants confiés à de telles mains feront un jour le désespoir et le malheur de vos familles, car « qui sème le vent récolte la tempête ».

    Les instituteurs du département s’élèvent alors contre les paroles de l’évêque. On promet une enquête et si Mgr Billard est reconnu coupable d’avoir insulté les lois de la République, il sera sanctionné, dit-on. Le 28 mai 1882, un Congrès des instituteurs réuni, sans l’aval du ministère de l’instruction publique, organise une riposte à la loge l’Egalité en présence de cent enseignants. Lors de cette réunion publique, l’instituteur Bernard du village de Montlaur prend la parole en fin de séance. Il propose de

    "s’associer à la protestation faite à Carcassonne et dans plusieurs cantons pour flétrir les fureurs de ce fonctionnaire mitré et truffé qui semble n’être payé par la République que pour vilipender le corps enseignant. »

    Les paroles retranscrites dans les journaux ne furent pas si tôt imprimées qu’elles firent l’effet d’une bombe au sein de l’évêché. Celui-ci saisit immédiatement le préfet afin de faire sanctionner l’instituteur et M. Dominque-Henry Bossu - au nom prédestiné - courba l’échine et obtint de Jules Ferry la suspension pour six mois du fonctionnaire, accompagné de mille francs d’amende.

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    Jules Ferry

    Le Cercle Républicain de Carcassonne avec à sa tête le maire Teisseire et l’adjoint Petit, réunit en conclave laïc le 27 juillet, soutint l’enseignant tant moralement que financièrement et demanda « la révocation du préfet et le retrait des mesures ordonnées par l’administration. » L’affaire fut portée au ministère où Jules Ferry, au centre de la mêlée, préféra botter en touche. Le préfet Bossu eut le dernier mot et révoqua le maire et son adjoint par ordre du Ministre de l’Intérieur. Ils devinrent inéligibles pour une année. L’affaire en resta là, mais pas les ressentiments… Ne n’étions qu’à vingt-cinq ans de la loi de séparation de l’église et de l’Etat. Pour le moment, ce dernier payait les salaires des ecclésiastiques.

    Au mois de septembre de cette année, Joseph Teisseire, maire révoqué fut réélu par ses conseillers. Il remercia vivement ses collègues pour leur confiance en signe de résistance, mais jugea qu’il était inutile de faire de la provocation et que cela compromettrait les intérêts de la ville. Aussitôt, il démissionna. Ainsi, Antoine Marty qui était Premier adjoint fut élu à l’unanimité. Gaston Fédou devint 1er adjoint et le neveu de Teisseire, le vétérinaire Casimir Fabre occupa le poste de 2e adjoint. Tout en conservant son mandant de Vice-Président du Conseil départemental, Joseph Teisseire resta ensuite pendant plusieurs années au conseil municipal de Carcassonne. Il décéda certainement avant 1901 à une date que nous ne pouvons pas préciser pour le moment.

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    Désormais, il faudra changer les panneaux

    Rue Fortuné-Joseph Teisseire 

    Maire de Carcassonne

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