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Léa Singer (8 ans) n'a pas pu venir Mercredi au square Chénier aux côtés des élus du Rassemblement national. Elle aurait peut-être aimé assister à l'hommage rendu aux siens à Carcassonne, mais des messieurs français d'extrême droite appartenant à la police de Pétain sont venus la prendre avec ses parents et son frère Michel à Pennautier le 26 août 1942. Ces méchants l'ont ensuite fait voyager vers Drancy puis vers le camp d'extermination d'Auschwitz. Elle a ensuite été asphyxiée par un gaz mortel avec son papa, sa maman et son frère.
Léa Singer avait 8 ans. Elle fréquentait l'école de Pennautier.
Monsieur Carayol, maire de Pennautier, a tenté d'obtenir sa libération en écrivant au préfet de l'Aude mais celui-ci, ayant juré fidélité à Pétain, l'a refusée. Abraham, son papa, avait portant supplié dans cette lettre du 23 décembre 1940 à M. L’instituteur et secrétaire de mairie de Penautier, Pierre Péloffi :
Monsieur,
Me trouvant dans la pire situation de ma vie que je n’aurais jamais imaginée, j’ose m’adresser à votre bienveillance avec la prière de m’aider. Je vous supplie seulement pour ma famille en me souvenant de la bonté que vous m’avez témoignée lors de mon seul séjour dans votre beau village et ensuite à ma famille. Vous connaissez les évènements des derniers mois ; je n’ai donc pas besoin de les citer en détail.
J’étais interné seul depuis la fin de juin dernier et j’ai espéré être libéré. Mais je n’ai pas fait de demandes pour ne déranger trop les autorités. J’ai souffert en silence étant reconnaissant pour le bienfait qui s’est manifesté dans la libération de ma famille. J’étais satisfait qu’elle vive dans une maison et que mes enfants – j’ose dire de bons et beaux enfants – aillent à l’école comme leurs camarades. Maintenant, cela a changé. Mes enfants sont aussi internés dans des baraques qui sont appropriées pour un séjour d’hiver ; ils couchent sur la terre, tremblant de froid et restent sans de l’enseignement. Je suis informé que dans le département de l’Aude, comme dans beaucoup d’autres départements, des réfugiés comme moi sont restés en liberté et touchent même une allocation. On vient à en conclure que beaucoup ou presque, tout dépend de la mairie. J’ose dire que ma famille a observé rigoureusement les devoirs d’un étranger loyal et reconnaissant de l’asile reçu. Elle a eu ces relations avec les habitants qui s’imposent de ce point de vue et, je crois, que les autorités et les habitants étaient contents de sa conduite.
Je me permets donc de vous prier de vouloir bien faire une demande près de la préfecture, de libérer ma famille du camp et lui
permettre de retourner à votre village. Ce serait une oeuvre humaine digne d’un français et digne d’un instituteur qui ne peut être qu’un homme de coeur.
Je fais tout mon possible pour abréger notre séjour en France et j’espère de recevoir bientôt des moyens pour vivre sans de l’allocation. Si non, je suis prêt à vendre mes derniers objets de valeur afin que ma famille vive dans une petite chambre, au moins pendant l’hiver, et que mes enfants aillent à l’école.
Tout dépend de votre bonté et j’espère que vous sauverez mes enfants innocents. Je suis prêts à rester au camp. Malheureusement, je ne peux pas faire de plan pour ma pauvre famille. Je me permets de vous souhaiter de beaux jours de Noël et un heureux nouvel an.
J’espère que vous donnerez une suite favorable à ma sollicitation et qu’en tout cas, vous me ferez savoir ce qui me reste à faire à ce sujet. Je ne peux que vous en remercier d’avance – aussi au nom de mes enfants – et je vous prie Monsieur d’agréer l’expression de ma plus haute considération.
Abraham Singer. Camp n°8, baraque A16. Argelès sur mer.
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Christophe Barthès pose contre la stèle - (Théo Combes) Le Monde.
L'orchestre national du Capitole de Toulouse, placé sous la direction de Benjamin Perry Wenzelberg, jouera le 1er mouvement de la Symphonie op.34 de Paul Lacombe. Le concert aura lieu dans la Halle aux grains de Toulouse le 26 novembre prochain à 20 heures. Il sera présenté par Jean-François Zygel à l'occasion du trentième anniversaire de l'inscription du Canal du midi à l'UNESCO. C'est la récompense de plusieurs années d'efforts afin de réhabiliter non seulement la mémoire du compositeur carcassonnais, mais surtout sa musique. Pensez donc ! Voilà une occasion inespérée d'entendre cette symphonie en direct après plus d'un siècle de silence. On ne pouvait rêver meilleur anniversaire – même avec de l'avance - car l'an prochain, nous devrions commémorer les 100 ans de la mort de Paul Lacombe.
Cet été, j'avais rencontré J-F Zygel à Carcassonne lors de son concert au festival de la Cité. Je devais lui raconter l'histoire de Carcassonne afin qu'il s'en inspire pour ses improvisations du soir. Au cours de nos échanges, j'ai évidemment évoqué Paul Lacombe dont il ne connaissait que peu de choses, avant de lui remettre mon livre sur le compositeur. Il y a trois semaines, J-F Zygel me téléphona pour me féliciter de la qualité de mon ouvrage. Il me fit alors une proposition ; celle de mettre au programme la symphonie op.34 d'un concert qu'il allait animer. Je me mis alors en quête de retrouver les partitions de l'orchestre que j'avais numérisées il y a longtemps. C'est de cette manière que le chef de l'orchestre du capitole s'enthousiasma pour cette oeuvre.
La symphonie de Paul Lacombe figure au programme du concert avec Smetana, Lully et Debussy. Qu'espérer de mieux ? Vous pouvez réserver votre place en cliquant sur le lien ci-dessous
En 2013, j'avais prédit que la destruction programmée de la villa de la gestapo, 67 avenue Roosevelt, plongerait le lieu dans l'oubli. A l'époque, les associations d'anciens combattants n'avaient pas levé le petit doigt pour la défendre. L'élue en charge de l'urbanisme s'était évertuée à indiquer que l'on conserverait le portail d'entrée, afin d'y mettre une plaque historique. Chaque année, une gerbe y serait déposée. Malgré toute mon énergie, la villa fut rasée en 2015. Une fois la résidence HLM bâtie, la première année, les associations d'anciens combattants se réveillèrent. Tambour, trompette, drapeaux et Marseillaise. Discours larmoyants et gerbe patriotique. Ce ronflant tintamarre ne dura qu'une année, après laquelle seule l'ANCVR y déposa un bouquet de fleurs. La pratique se perdit... Ce 21 août 2026, j'ai déposé un bouquet de fleurs à titre personnel sous cette plaque. J'ai largement médiatisé mon action sur les réseaux sociaux, en espérant que l'on n'oublie pas les victimes de la barbarie nazie. Serai-je entendu pour l'an prochain ?