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Actualités

  • Qu'a voulu cacher la Résistance de Carcassonne ?

    Cela fait plusieurs mois maintenant que je mène un travail d'enquête sur les conditions de dénonciation, d'arrestation et d'exécution de Jean Bringer, chef de la Résistance audoise. Sa veuve a toujours clamé qu'on l'avait vendu pour de l'argent suite à la disparition d'un parachutage d'Alger pour lequel il s'était mis en tête de retrouver les coupables. Après sa disparition Madame Bringer tentera de mener sa propre enquête, jusqu'à ce que M. Pastour, Procureur de la République de Carcassonne, ne lui conseille d'arrêter car selon lui, elle risquait de mettre sa vie en danger : "Vous tombez dans un panier de crabes, lui dit-il".

    Que de cadavres retrouvés assassinés dans des conditions suspectes... Et maintenant que de dossiers importants disparus ! Des auditions du procès de René Bach, l'agent de la Gestapo, on a expurgé les dossiers les plus compromettants. Ceux qui sans doute mettaient en cause des responsables de la Résistance Carcassonnaise et du maquis de Villebazy. Qu'importe ! J'ai retrouvé des copies à 500 km de Carcassonne dans un autre service d'archives. Lors du meurtre du capitaine Charpentier dans la clinique Delteil, la sûreté militaire s'est saisie d'enquêter. On lui a fait obstacle, car des hauts responsables locaux parmi lesquels MM. Morguleff, Sablé et Amiel auraient avoué s'être rendus à Montpellier auprès du colonel Leroy. Les dossiers d'enquêtes furent alors brûlés. Ce que ne voulaient pas ces chefs c'est que l'on salisse l'honneur de la Résistance, même si pour cela il fallait faire entrave à la justice et protéger les crapules. Que de contradictions dans les auditions, d'une année à l'autre !

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    Au mois de mai dernier, je fais une demande de dérogation auprès du Ministère de la culture, afin de pouvoir consulter le registre d'écrou de la Maison d'arrêt de Carcassonne entre avril et novembre 1944. Etant indexé et consultable dans la série W (préfecture) des archives de l'Aude, j'espère enfin pouvoir constater les noms et le nombre de prisonniers internés par les Allemands avant la Libération et déterminer ceux qui furent relâchés de ceux qu'on exécuta le 19 août 44 à Baudrigues. On ne peut tout de même pas inscrire ces noms sur la seule foi d'une liste rédigée par le Dr Delteil à sa sortie. D'autant plus qu'il aurait dû logiquement mourir avec Ramond et Bringer...

    L'autorisation m'arriva par courrier à la fin du mois d'août. Lundi, je me rends aux archives de l'Aude avec le précieux sésame. On me présente donc le registre d'écrou suivant la côte que j'avais demandée, mentionnant Maison d'arrêt de Carcassonne.
    Je l'ouvre... Oh ! surprise et déception, il s'agit de celui de Limoux. Evidement point de résistants, mais que des voleurs de poules.
    Je rends compte à l'archiviste de service de cette erreur très inhabituelle pour ne pas dire impossible. L'heure est grave, car je viens de découvrir une énorme lacune. La nouvelle directrice des archives de l'Aude me fait la faveur de descendre me voir. Une personne charmante et dévouée à ma cause, signalons-le. Tout comme d'ailleurs l'ensemble du personnel des archives.
    Pourquoi donc a t-on remplacé sous une fausse côte le registre de la Maison d'arrêt de Carcassonne par celui de Limoux ? Bizarre... Les autres registres classés par ordre chronologique dans la série sont bien de Carcassonne, seul celui pour la période Juillet-Août 44 manque.
    A t-on interverti les registres ? Non, après vérifications.
    Mais où est donc passé ce registre ?
    Je me souviens alors avoir lu dans un document d'archive daté de 1945 (il ne se trouve pas à Carcassonne) sur l'enquête de la mort du Capitaine Charpentier, occis dans la clinique Delteil qu'en 1945, ce registre avait disparu. Puis, on l'aurait retrouvé à Montpellier. Puis, il serait revenu à Carcassonne.
    Sans être formel, je peux dire qu'il y a des gens dans cette ville qui ont eu intérêt à faire disparaître des documents avec la complicité de l'administration, afin de protéger les intérêts de certains à une époque où cela chauffait pour eux.
    Mon enquête se poursuit...

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  • Le chic gourmand remplace l'ancien Hôtel des voyageurs sur l'allée d'Iéna

     L'hôtel des voyageurs, situé allée d'Iéna en face de la place Davilla, avait été vendu aux enchères avec l'ensemble de son mobilier en 2010. Sa plaque en émail n'était plus là et seul le nom subsistait encore. La société Eyraud qui le gérait depuis 1988 restait le dernier propriétaire de cet établissement. L'allée d'Iéna était autrefois la zone industrielle de Carcassonne. Des usines, des fonderies avec leur cheminées donnaient à ce quartier un aspect industriel qui a aujourd'hui complètement disparu. L'hôtel des voyageurs avait son utilité tant que les représentants ou industriels de passage cherchaient dans le coin, un endroit pour passer la nuit.

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    Au numéro 37, l'hôtel des voyageurs vers 1930 propriété de P. Quellos

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    L'hôtel des voyageurs en 2010 après sa fermeture

    Il était resté dans cet état pendant huit ans, sans repreneurs... Depuis quelques semaines, le restaurant "Le chic gourmand" vient de s'implanter dans les anciens locaux de l'hôtel. 

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    Comme vous pouvez le voir sur cette photographie, la façade n'a pas été beaucoup modifiée. Elle a même subi une belle cure de rajeunissement et donne un peu de lustre à cette artère si encombrée de voitures.

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    L'intérieur du nouveau restaurant 

    Le chic gourmand

    41, allée d'Iéna

    https://www.lechicgourmand.com

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  • Le monument funéraire du compositeur Jacques Charpentier à Carcassonne

    Il y a maintenant un an et presque deux mois, disparaissait le compositeur Jacques Charpentier (1933-2017). Cet homme d'une grande valeur intellectuelle et musicale avait choisi de résider à Carcassonne où il s'était établi au cours des années 1960. Au n°5 de la rue Trencavel, il composa la majeure partie de ses œuvres, dont son opéra en langue occitane : "Beatris de Planissolas". Délaissant l'infernale Cité médiévale et son flot de touristes, il avait pris pour asile un appartement situé à proximité de la place Carnot. C'est là qu'il finit ses jours après avoir consacré toute sa vie à la musique.

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    Jacques Charpentier repose au cimetière "La conte" à Carcassonne (Carré 32B, Emplacement 152). Depuis quelques jours, un monument funéraire digne de ce qu'il fut, rappelle son souvenir. 

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    Ce buste fut taillé par Robert Zilch de Reichenstein alors que le musicien n'avait que dix-huit ans. Pour l'anecdote, le célèbre sculpteur et le père de Jacques Charpentier s'étaient trouvés ensemble dans un camp de prisonniers durant la Seconde guerre mondiale. L'artiste à qui l'on doit trois des quatorze médaillons de la Faculté de médecine de Paris, promit de faire le buste de Jacques, si son père et lui revenaient vivants d'Allemagne. Cette sculpture resta longtemps dans le jardin du n°5 de la rue Trencavel, mais aujourd'hui elle a trouvé sa juste place au-dessus de son modèle.

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    © Christophe Guibbaud / ABACAPRESS

    Jacques Charpentier devant le Palais Royal à Paris

    Dans notre ville où l'on célèbre plus facilement la mémoire des joueurs de rugby que celle des musiciens,  espérons que le choix d'être inhumé à Carcassonne ne sera pas pour cette illustre personne, un enterrement de seconde classe pour sa musique. Le cas de Paul Lacombe est sur ce point assez éloquent...

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