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Portraits de carcassonnais

  • Chim Boum Boum (1881-1944) : "L'aganta-gos"

    C'est le 13 février 1881 que naît Joseph Justo au n°9 de la rue des Rames (quartier des Capucins) dans une famille de pauvres ouvriers espagnols. Son père Joachim natif de Monzón dans la province de Huesca avait émigré en France pour y chercher une vie meilleure ; il était employé comme terrassier. D'un premier mariage, était né François en 1870 de l'autre côté des Pyrénées. Ce dernier était donc le demi-frère de Joseph, que les Carcassonnais affubleront amicalement du sobriquet de "Chim Boum Boum".

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    Chim Boum Boum par Dantoine

    A cela, permettez-moi d'avancer plusieurs hypothèses... Le prénom de notre héros a pu être déformé en Jim, qui par l'accent s'est vite transformé en Tchim. C'est ainsi que cela se prononçait, même si à l'écrit cela donne Chim. Autre hypothèse, l'onomatopée qui désigne un tapage musical. On la retrouve quelques fois dans certains récits : "Ils ont fait leur Chim Boum Boum toute la nuit !" Avouez que cela sonne comme un accompagnement de batterie sur une mouvement de valse ou de Java. Accentuez Chim et relâchez Boum Boum, vous voilà dans une mesure à trois temps. Notre Chim Boum Boum alias Joseph Justo, s'était marginalisé avec le temps et vivait de petits boulots. C'était l'Aganta-gos de Carcassonne ! Qu'es aquò ? Le verbe "agantar" en occitan signifie attraper, empoigner. Un "gos" est un chien. C'est donc un attrape-chien, en français. Cette expression propre à notre Midi s'est aujourd'hui perdue, mais elle matérialisait les gens qui se saisissaient des chiens errants en les remettant à la fourrière municipale. Muni d'une sorte de lasso-fouet, il était habile pour mettre la main au collet des quadrupèdes abandonnés. Un agent de police assistait à l'opération tandis qu'un autre tirait la charrette à deux étages où se lamentaient à travers les grilles, les pauvres bêtes égarées. Il arrivait que les enfants ayant déjoué la surveillance des adultes, libèrent les chiens de leur cage. C'était là l'occupation principale de "Chim Boum Boum".

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    La cabane de Chim Boum Boum

    Joseph Justo avait élu domicile dans une cabane de lavandière située au bord du Canal du Midi, face à l'avenue du maréchal Foch, côté gare SNCF. Elles y rangeaient leurs battoirs, après avoir lavé leur linge. 

    Les exploits 

    Un cheval attelé à une lourde charrette chargée de fûts de vins, stationnait face à la gare. Le propriétaire de l'animal et de la cargaison parlementait avec le patron d'une péniche. L'accident survint. Le frein rudimentaire de l'attelage céda tandis que le cheval, charrette et chargement plongeaient dans le bassin du canal. La pauvre bête était presque totalement immergée dans les eaux. Chim Boum Boum survint alors. A plusieurs reprises, il plongea de longues minutes, détela le percheron, qui après de longs efforts regagna la berge, sain et sauf. Le propriétaire de l'animal congratula notre héros et royalement lui offrit cinq francs. Notre homme prit la pièce en main, la regarda avec un certain mépris teinté d'amertume et la lança dans les eaux du canal. A cette époque, on pouvait acheter un lapin aux halles avec cette somme. Ceci se fit sous les applaudissements des badauds.

    En juillet 1936, tous les sportifs Carcassonnais étaient passionnés par le Tour de France. Un magasin de la place Carnot , le "Paris-Carcassonne" actuellement "Carrefour City", avait réalisé une présentation des cycles Thomas ou Alcyon. Vêtu d'une culotte de cycliste et le torse moulé dans un rutilant maillot jaune, "Chim" figé comme un mannequin, régnait au milieu de l'étalage, la main droite appuyée au guidon de l'une des bicyclettes. Rompant la pause, il buvait de temps en temps à l'un des deux bidons fixés au cadre.

    Joseph Justo était connu et respecté de tout Carcassonne. Le maire Albert Tomey et ses adjoints ne manquaient pas de le saluer. Il était d'un dévouement infini et portait assistance aux sapeurs pompiers dans leurs missions. Nageur émérite, pouvant rester sous l'eau des minutes entières et par tous les temps, Chim Boum Boum sauvait des vies. Que ce soit dans le canal ou au Païchérou, au milieu des "Enfers". Les Carcassonnais prétendaient qu'il avait le cœur à droite pour réaliser ces exploits.

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    Monument aux victimes du Quai Riquet

    Le 20 août 1944, une horde de fanatiques teutons passa au Quai Riquet. Elle brûla les maisons et massacra la population du quartier, faisant plus de vingt victimes civiles. Ce jour-là, Chim Boum Boum se tenait dans la cabane des lavandières. Lorsqu'il en sortit, les fridolins du Führer tirèrent en direction de notre héros qui périt sous les balles de l'intolérance. Joseph Justo fut élevé au rang de martyr. La ville de Carcassonne l'enterra au cimetière Saint-Michel et lui offrit une concession à perpétuité. A ce jour, Joseph Justo n'a toujours pas obtenu la mention "Mort pour la France". Sa famille étant inconnue, elle seule pouvait en faire la demande.

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  • Louis de Cadalvène (1756-1847)

    Voici un Carcassonnais dont personne ne s'est semble t-il intéressé dans notre ville ... Louis Cadalven naît à Versailles le 18 décembre 1756. A 17 ans, il occupe la fonction de valet puis de Huissier de la chambre de Monsieur, le frère du roi et Comte de Provence. Au moment de la tourmente révolutionnaire sous le régime de la Terreur, Cadalven réussit à s’échapper des Tuileries grâce au savant Monge, Ministre de la Marine en 1792. Ce dernier le nomme alors Commissaire des guerres du département de l’Aude. A Carcassonne, Cadalven organise et structure les établissements militaires de la capitale audoise et de Narbonne ; il effectue également la levée de masse de l’Aude. Il rencontre sa future épouse Jacquette Pauline Thoron, fille d’un négociant résidant dans l’ancienne paroisse Saint-Michel (Section de l’Égalité). Caldaven habite, lui, dans la Section de la Fraternité.

    Au mois de septembre 1793, le Commissaire des guerres est affecté à l’armée des Pyrénées sous les ordres de Dugommier, afin de reprendre la main sur les Espagnols. Le 18 nivôse An II, Caldaven devient Commissaire ordonnateur en chef de la division de Mont Louis, mais ne résiste pas aux turpitudes hivernales qui font cruellement souffrir sa santé. Il réintègre Carcassonne où tout le monde le réclame, de la municipalité jusqu’au préfet. Sans compter, sa promise dont il est éloigné depuis plusieurs mois. Après un bref séjour à Narbonne, il s’établit dans la capitale audoise et s’y marie le 12 décembre 1797. De cette union naissent quatre enfants à Carcassonne dont :

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    © Généanet

    Jules Charles Antoine de Cadalvène (1798-1852), Directeur de la poste française.

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    © Généanet

    Edouard Pierre Marie (1799-1852), historien et égyptologue.

    En juillet 1808, Napoléon qui est en guerre avec l’Espagne a prélevé le personnel militaire de la région afin de constituer un corps d’observation. Cadalven est affecté au 3e corps d’observation des Pyrénées-Orientales, commandé par le général Reille. Le 21 juillet, blessé à la main gauche et le 14 août, demande à rentrer à Carcassonne étant d’en l’impossibilité de poursuivre sa mission. Le 19 août, le Baron Trouvé, Préfet du département de l’Aude, demande au Ministre que M. de Cadalven dont le poste est resté vacant à Carcassonne y revienne : "Il est passé pour mort, il n'est que blessé, sa santé était déjà très faible quand il partit à l'armée, elle a été complètement délabrée par la fatigue de la journée où il a été blessé, il sera longtemps hors d'état de faire du service actif, dans la montagne surtout."

    En demandant l'envoi d'un Commissaire des Guerres à Carcassonne, il demande de préférence M. Cadalven: "Les bonnes intentions qui animent ce militaire, le zèle qu'il apporte dans l'exercice de ses fonctions, l'harmonie qui a toujours régné dans nos relations sont pour moi de puissants motifs de le désirer. Signé: Trouvé. » Satisfaction fut donnée au Préfet de l'Aude et au Commissaire Cadalven qui est de nouveau affecté à Carcassonne.

    Cependant, les nécessités de la guerre d'Espagne vont obliger à envoyer encore une fois le commissaire Cadalven à Narbonne. Aussitôt des démarches sont faites pour le faire rester à Carcassonne: c'est la Municipalité, Dejean frère du Ministre, le Général Guillet, commandant le département de l'Aude, Lacuée, conseiller d'Etat, le Préfet Barante, etc... si bien que, par décision du 12 avril 1810, le Ministre fait rentrer le Commissaire Cadalven de Narbonne à Carcassonne qu'il ne quittera plus avant la fin de sa carrière militaire. Bonaparte 1er Consul, nomme Cadalven par arrêté du 18 vendémiaire An X, à l'une des 204 places de Commissaire des guerres.

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    Louis XVIII, frère de feu "Louis Capet".

    Le retour au pouvoir des Bourbons donne à Cadalven la possibilité de tirer partie de sa position passée comme huissier de la chambre du frère du Roi, futur Louis XVIII. Il obtient plusieurs charges pour ses fils, est maintenu comme Commissaire des guerres. Surtout, la médaille de Chevalier de Saint-Louis lui est octroyée. 

    Les Cent jours et le retour de Napoléon sont un désastre pour ce militaire dénoncé le 21 avril 1815 par le général Chartrand auprès du Ministre comme : « Royaliste distingué, qui depuis 20 ans exerce les mêmes fonctions à Carcassonne, ses dépravations ont fait beaucoup de mal à Sa Majesté, il y a lieu de le remplacer. » Jean Hyacinthe Chartrand, né à Carcassonne, commandant du département de l'Aude pendant les Cent jours, sera fusillé en 1816. Inhumé à Lille, une rue porte son nom dans notre ville près de la place Carnot.

    Cadalven fait alors des pieds et des mains pour rester auprès de sa famille à Carcassonne et fait intervenir le Comte Maurice Mathieu. L’exil de Napoléon à Sainte-Hélène fait à nouveau son bonheur et Caldaven réclame la Légion d’honneur et son retour chez lui. Louis Cadalven est anobli par Sa Majesté Louis XVIII le 15 février avec titre d’écuyer.

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    © Visseaux.org

    Armoiries de Louis de Cadalvène

    D'argent au chevron de gueules, accompagné en chef de deux chênes arrachés de sinople et en pointe d'un lévrier courant de sable collecté d'azur bouclé d'or, au chef abaissé et ondé d'azur chargé de trois mollettes d’or.

    Dans les années qui suivirent, il parviendra à faire modifier son patronyme en Louis de Caldavène, en expliquant que l’orthographe est erronée. Ce militaire qui - comme beaucoup à cette époque - parviendra à survivre à tous les régimes après la Révolution, s’éteindra à l’âge de 90 ans à Paris en janvier 1847. 

    Sources

    Un Commissaire des guerres sous la Révolution et l'Empire / 1934

    Journal militaire / XIIIe année / An X

    Visseaux.org

    ADA 11 / Etat-Civil

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  • Le Carcassonnais Etienne Laborde, officier de l'Empereur Napoléon 1er

    Etienne Laborde naît à Carcassonne le 3 décembre 1782 et est baptisé le lendemain dans la paroisse Saint-Sernin. Son père, Jean Laborde, occupe les fonctions de greffier à l’Hôtel de ville et sa mère, Jeanne Marie Menot, ne travaille pas. 

    Le 3 octobre 1793, le très jeune Laborde rejoint le 2e régiment de ligne dans lequel il occupe successivement les fonctions de caporal, fourrier, sergent et sergent-major. Le 7 juin 1809, il est en Espagne lorsqu’il reçoit son brevet de sous-lieutenant. Le 14 octobre 1811, le lieutenant Laborde suit son régiment en Allemagne, fait la campagne de Russie et passe Capitaine le 8 avril 1813 au moment d’entrer en Saxe.

    « M. Laborde s’est constamment distingué par son zèle pour le service, sa bonne conduite et sa bravoure, notamment au combat de Soltonanska en Russie le 23 juillet 1812, où cet officier, alors lieutenant de grenadiers au 85e de ligne, a sauvé la vie au grenadier Dranet, qui était de la même compagnie, tué de sa main un soldat russe, et blessé grièvement deux autres au moment où ces trois soldats russes allaient massacrer le grenadier Dranet, qui était tombé en leur pouvoir : c’est en récompense de cette action qu’il a été décoré de la Croix de la Légion d’honneur ! »

    Pendant le combat, il avait été blessé d’un coup de feu à la joue. Le 17 novembre suivant à Viasma, c’est au genou qu’il fut frappé. Parmi les actions courageuses de notre Carcasosnnais, ajoutons la note suivante : « Le 12 janvier 1814, M. Laborde reçut l’ordre de M. le général de Cambronne de partir à onze heures du soir de Langres (Haute-Marne) avec 150 hommes pour se réunir à un détachement de 600 hommes, commandé par le lieutenant-colonel Albert, du deuxième régiment de grenadiers, à l’effet d’aller attaquer 1200 Autrichiens qui s’étaient établis dans un village à une lieue et demie de Langres. M. Laborde, qui était placé avec 150 hommes à la sortie du village par où l’ennemi a cherché à se sauver, lui a fait beaucoup de mal, en a blessé plusieurs de sa main et a fait un grand nombre de prisonniers : c’est en récompense de cette action qu’il a été fait officier de la Légion d’honneur. » Ceci lui valut d’être élevé au grade d’Officier de la Légion d’honneur le 21 février 1814.

    Lorsque l’Empereur est exilé à l’île d’Elbe, ce dernier le choisit pour l’accompagner au sein du Bataillon-Napoléon avec grade de Capitaine adjudant-major, le 13 avril. Cette présentation avait été faite sur proposition du général Cambronne. Etienne Laborde eut l’occasion de rencontrer un autre Carcassonnais célèbre, le Baron Peyrusse, payeur de la couronne. Ce dernier se tenait à Orléans lorsque Laborde, gardien du trésor de l’Empereur garni de quarante-deux millions, s’y rendit afin de déposer le dernier fourgon contenant huit millions. Notons que les hommes qui accompagnaient l’Empereur portaient tous la cocarde tricolore jusqu’à l’embarquement. Cet embarquement d’évasion pour lequel il fut le premier averti le 26 février 1815. Le 1er mars pour Cent Jours, Napoléon remettait le pied en France et reprenait son pouvoir. La fidélité de Laborde sera récompensée par le grade de Chef de bataillon des chasseurs à pied de la Garde impériale.

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    La bataille de Waterloo

    Lors de la bataille de Waterloo, il se tient aux côtés du maréchal Ney. Sous la Seconde Restauration, il est rétrogradé au rang de capitaine et passe dans la Légion de l’Aude. Il reçoit la Croix de Saint-Louis le 25 mai 1825. Après 1830, on lui octroi les fonctions de Commandant de la place de Cambrai. Dix ans plus tard, alors que l’ancien officier profite de sa modeste retraite à Paris, il se rend à Londres et rencontre le prince Louis-Napoléon pour lequel il n’est pas inconnu. Avec dix-sept autres conjurés, il prépare une action à Boulogne-sur-mer contre le pouvoir de Louis-Philippe 1er, Roi des Français.

    Dans la nuit du 5 au 6 août 1840, Louis-Napoléon Bonaparte débarque avec une cinquantaine de conjurés près de Boulogne-sur-Mer. Prendre la ville, la sous-préfecture et la mairie nécessiterait trop d’effectifs. Les conjurés décident de se rendre à la caserne du 40ème régiment d’infanterie pour que celui-ci apporte les renforts nécessaires. La tentative est un échec. Contraint de fuir, Louis-Napoléon et quelques complices montent dans un canot pour rejoindre leur bateau. Des coups de feu éclatent, le prince est blessé, le canot chavire et les fugitifs sont recueillis. Arrêtés, ils sont traduits devant la justice royale.

    Le procureur général du Roi près de la Cour des Pairs, Franck Carré, les rend coupables « le 6 août 1840 d’un attentat dont le but était de détruire, soit de changer le gouvernement, soit d’exciter les citoyens ou habitants à s’armer contre l’autorité royale, soit d’exciter la guerre civile, en armant ou en portant les citoyens ou habitants à s’armer les uns contre les autres. » Etienne Laborde fera deux ans de prison à Chaillot dans la maison du docteur Pinel.

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    Signature d'Etienne Laborde

    Après la Révolution de 1848, Louis-Napoléon se présente à l’élection présidentielle - la première au suffrage universel. Il est élu et laisse son siège de député de la Charente-Inférieure à Etienne Laborde qui siègera à l’Assemblée du 13 mai 1849 au 2 décembre 1851. Ce bonapartiste se retrouve à droite dans l’hémicycle. Après le Coup d’état du Prince Président devenu Napoléon III, Il est nommé comme Gouverneur du Palais du Luxembourg où siège actuellement le Sénat.

    Etienne Laborde meurt à Paris (VIe arrondissement) le 31 juillet 1865 à 82 ans ; un très bel âge pour l’époque. Son unique fille Gabrielle mourra 18 ans avant lui à l’âge de 29 ans à Carcassonne chez le sieur Borrel, 6 rue Pinel alors qu’elle visitait cet apprêteur de draps.

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    Ouvrage d'Etienne Laborde / 1840

    Sources

    Recherches / Synthèse et rédaction / Martial Andrieu

    Le plutarque de 1847 / Biographie des hommes du jour

    ADA 11 / Etat-Civil

    Cour des Pairs / Procès-Verbal / 1841

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