Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

Sport

  • Pierre Brésoles (1929-2018), 1er athlète carcassonnais transgenre

    Nous sommes en 1948, une jeune femme va changer de sexe. Soixante-quatorze ans plus tard, les personnes transgenres sont toujours regardées comme des bêtes de foire, persécutées et mise au banc de la société dans certains états pourtant reconnus comme civilisés. Ce n’est pas en cassant le thermomètre que l’on fera tomber la température. En attendant, des humains souffrent d’être nés dans un corps qui ne leur ressemble pas. 

    Capture d’écran 2025-03-18 à 08.51.14.png

    Claire Brésoles

    Claire Brésoles, née à Narbonne le 10 novembre 1929, est la fille de Bernard Brésoles et de Angèle Cathary. Issue par sa mère d’une famille Carcassonnaise, elle vit avec ses parents dans un appartement de la rue Courtejaire.  Élève très brillante à l’école, Claire songe à devenir professeur. Si elle joue remarquablement bien du piano, son véritable talent c’est l’athlétisme qu’elle pratique sur le terrain d’entraînement du stade Albert Domec. Son coach - comme l’on dirait aujourd’hui - n’est autre qu’Henri Combes qui élève son pur sang au sein de l’ASC.

    Capture d’écran 2025-03-18 à 08.54.51.png

    À 14 ans, Claire Brésoles a déjà enregistré les meilleurs performances françaises cadettes. Elle réalise le 150 m en 20’’ et 2 dixièmes, le 300 m en 44’’ et 4 dixièmes, le 500 m en 1’ 2’’ et 1 dixième. Elle lance le poids sur 12 m et 37 cm , le saut en longueur sur 4 m 88 et compte 2915 points au triathlon. À 16 ans, la fédération d’athlétisme refusa son engagement sur 400 m au championnat du monde, dont le record était détenu par la suédoise Anna Larsson en 1’ 2’’ et 9 dixièmes. Distance trop prolongée pour une cadette, prétexta par deux fois la fédération. Cela n’empêcha pas Claire Brésoles de battre ce record à Saint-Gaudens en 1’ 1’’ 9 dixièmes. L’année suivante,  elle remporta une médaille d’argent au championnat d’Europe à Oslo en relais 4 x 100 m.

    Capture d’écran 2025-03-18 à 08.52.14.png

    Claire Brésoles à Carcassonne en 1945 lors d'une course cycliste

    Titulaire de deux baccalauréats, fort bien constituée dans sa tête comme dans son corps, Claire décide d’opérer une mutation sexuelle à partir de 1948. Elle troque ses jupes pour le costume avec une facilité déconcertante pour l’époque. Après deux interventions à la clinique Velpeau de Paris et 15 000 francs pour obtenir un certificat du tribunal de Narbonne, Claire devient Pierre Brésoles à l’État-civil. Il passe sans aucun soucis son conseil de révision, effectue son entrée à l’université des sciences de Toulouse avant de remplir ses obligations militaires. Côté coeur, il fréquente Monique Pibre, institutrice de son état, avec laquelle il songe à se marier. Les parents tarderont à donner leur consentement à cause du « Qu’en dira-t-on ». Il finit par épouser sa bien-aimée le 4 juillet 1952 et aura deux enfants : Denis et Daniel.

    Spécialiste en botanique, docteur en science à l’Université de Clermont-Ferrand, professeur à l’Ecole normale de Perpignan, proviseur au collège de Rochechouart dans la Haute-Vienne, que dire la carrière de cet éminent Carcassonnais ? Dans les années 1970, Pierre Brésoles s’installa dans le petit village d’Eus, situé près de Prades dans les Pyrénées-Orientales. C’est là qu’il termina ses jours et qu’il est inhumé depuis 2018. Il avait alors 88 ans.

    ______________________________

    © Tous droits réservés / Musique et patrimoine / 2025

  • Charles Henri Combes (1912-2002), fondateur de l'ASC Athlétisme

    Détronant l'Atacienne et l'Avenir, les deux sociétés Carcassonnaises ancestrales, Charles Henri Combes fonda en 1934 l'Association Sportive Carcassonnaise d'Athlétisme. L'accouchement ne se fit pas sans mal, puisqu'il s'agit d'une scission de licenciés à l'Atacienne désirant voler de leurs propres ailes. Né le 18 juillet 1912 à Carcassonne, Combes s'entoura de quelques uns comme Blaché, Julien Gros et René Rauly afin de mener à bien son projet. Le 22 juillet 1934, l'Atacienne porta réclamation devant la Fédération Française d'Athlétisme et de Basket-Ball. Le motif ? Combes fut accusé d'avoir commis un faux pour obtenir la dissolution de l'Atacienne et, comme conséquence, la mutation des athlètes en faisant partie pour l'AS Carcassonnaise. Le bureau de la FFA proposa la radiation de Charles Henri Combes. Seize athlètes mutés irrégulièrement à l'ASC auront leurs licences annulées et devront être engagés d'office pour l'Atacienne avec Camille Renard, André Wrobel, Marcel Fraysse, Edouard Cassignol, Louis Blaché, Jean Murgui, Julien Thibon et Pierre Cormary. Les hérétiques désignés pour le bucher étaient Marcel Vila, Edouard Constancio, René Lafitte, René Rauly et Julien Gros. 

    AS

    Championnat de France par équipes à Carcassonne en juillet 1941

    On n'entendit bientôt plus parler de l'Atacienne. Combes entraîna les athlètes du sprint et de la hauteur, avec succès. En 1962, l'ASC revint victorieuse des Championnats de France par équipes et remporta le droit d'évoluer en division nationale avec le Racing Club de France. Jean-Pierre Boccardo devint Champion de France du 100 mètres et fut sélectionné pour les J.O de Tokyo. Il se qualifia pour le 400 mètres en quart de finale en 46''34. Que ne dirions nous pas sur Patrick Malrieu qui courut avec Guy Drut ? Son palmarès : 8 fois champion de France du 110 mètres haies et 3e des Championnats du monde en 1970.

    AS

    Charles Henri Combes entra au Comité directeur de la FFA et assura la présidence de la ligue Languedoc-Roussillon entre 1978 et 1983. Il est décédé à Carcassonne le 19 décembre 2002. Une plaque a été installée au stade Albert Domec en son souvenir.

    AS

    ________________________________________________________

    © Tous droits réservés / Musique et patrimoine / 2023

  • Le Tour de France des indépendants à Carcassonne le 23 août 1910

    Totalement oublié, le Tour de France des indépendants, est une course cycliste dont la première édition a lieu du 7 août au 4 septembre 1910. Divisée en quatorze étapes dantesques de plusieurs centaines de kilomètres, elle réunit au départ de Paris 652 coureurs et n’en compta que 316 à l’arrivée, un mois plus tard. On appelle également cet évènement sportif Le tour de France Peugeot-Wolber, du nom des deux sponsors à l’origine de la course. Il était d’ailleurs mis en jeu pour le vainqueur du classement général une voiturette Lion fabriquée par Peugeot, d’une valeur de 6000 francs (18 000 €). A chaque étape, le premier à l’arrivée remportait une moto Peugeot équipée de pneus Wolber.

    Capture d’écran 2022-05-10 à 18.22.11.png

    Le départ à Montpellier le 23 août 1910

    Le 23 août 1910, la huitième étape s’élança à 7 heures du matin de Montpellier pour rallier Toulouse, neuf heures plus tard… A Carcassonne, l’unique garage-contrôle de l’étape avait été installé dans le Jardin des plantes, actuel Square Chénier. Devant une foule enthousiaste et la musique de la ville, les premiers coureurs à passer furent Garec, Valloton, Guénot et Dezy.

    Capture d’écran 2022-05-10 à 18.43.04.png

    Le garage-contrôle au Jardin des plantes

    « Un monde fou se pressait ce matin aux abords du parc fermé de notre ville, contrôle fixe de la huitième étape du Tour de France indépendants. Le parc fermé était installé grâce à l’autorisation de la municipalité sportive de Carcassonne sur le Jardin des plantes, et le contrôle était en face du Café Continental. Le contrôle fixe était tenu par MM. Allary, chef délégué de l’UVF, assisté de MM. Gélérat, chef consul de l’UVF ; Bajouet, délégué ; Semba, sous-délégué de l’UVF ; Pacou, Président de l’Union cycliste Lion ; Rettmeyer, Président de l’ASC ; Calvet, représentant la marque Peugeot.

    A partir de 12h30, on attend les coureurs. Mais, retardés par un vent violent qui les gens jusque’à Castelnaudary, le premier peloton, emmené par Valloton, n’arrive qu’à 1h08. Il comprend en outre, Guénot, Sadi-Bricout, Pélissier, Julien Loisel, etc. Le Carcassonnais Lagarde arrive à 1h20. Notre autre concitoyen Icher, passe à 1h27. Le service du parc fermé, assuré par le commissaire adjoint Emile Comaille, fonctionna à la perfection, de même que le service de ravitaillement assuré par Barthélémy, Ott et Cotten. Grand succès pour la marque Peugeot à Carcassonne. »

    Carcassonne était représenté par cinq coureurs : Pierre Lagarde, Médéric Fraissinet, Léopold Icher, Antonin Dupin et A. Roy. Antonin Dupin, né le 29 février 1892 à Carcassonne exerçait la profession de mécanicien de cycles et de motos. Résidant 57, route de Toulouse, il possédait ses ateliers, 7 rue Barbès. Médéric Fraissinet participa ensuite comme professionnel au Tour de France en 1912, puis à Paris-Tours l’année suivante. 

    Capture d’écran 2022-05-11 à 09.23.22.png

    Quant à Léopold Icher, il réalisa une très belle performance durant ce Tour de France indépendants en terminant 42e au classement général. Il se classa neuvième de la 1ère étape, cinquième de la 6e et treizième de la 11e. Né à Pomas le 11 avril 1890, constructeur de cycles de son état au 61 de la rue de la mairie (rue Aimé Ramond), Icher occupera des fonctions au sein de l’ASC cycliste en 1935.

    Capture d’écran 2022-05-10 à 18.19.39.png

    Guénot, le vainqueur de l'épreuve à Paris