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Portraits de carcassonnais - Page 14

  • François, Pierre Milhet (1881-1949), député de l'Aude

    François, Pierre Milhet est né à Carcassonne le 9 avril 1881. Fervent défenseur de la laïcité, son premier mandat est celui de Conseiller municipal de Carcassonne. Sa profession d'Instituteur ne le dispense d'aller défendre la patrie durant la Grande guerre, dont il reviendra amputé du bras gauche. Il recevra la Médaille militaire et la Croix de guerre pour ses faits d'arme et prendra la présidence des mutilés de l'Aude.

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    François Milhet est élu la première fois comme Député de l'Aude le 16 novembre 1919 sur la liste de la Fédération d'Union économique, agricole, démocratique et sociale. Il siège comme élu du Parti Radical Socialiste. Lors de son mandat, il défend la Société des Nations (ancêtre de l'ONU) dont il souhaite des pouvoirs étendus. A L'Assemblée nationale, il est membre de la commission des armées et des pensions militaires. Il veille également sur le budget des travaux publics afin que le Canal du midi n'y soit point oublié. Ses prises de positions contre le communisme pour défendre la propriété individuelle, sont radicales. François Milhet fera un second mandat le 11 mai 1924 puis se retira de la vie politique après celui-ci en 1928. Il mourra à Carcassonne le 16 octobre 1949 à l'âge de 68 ans.

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    La maison de François Milhet dans laquelle sa sœur donnait des cours de piano ; elle est située sur la place Marcou dans la cité médiévale.

    Sources

    Dictionnaire des parlementaires (1889-1940)

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  • Mrg Jacques Despierre aussi bien que Johnny Hallyday au Grand Théâtre de la Cité

    Combien étaient-ils ? Beaucoup avaient pris place sur les remparts, du haut des quels ils surplombaient une scène fort encombrée. Si ce jour-là la foule des fidèles fut difficile à évaluer, on peut estimer qu'il y a avait 5000 personnes dans le Grand théâtre de la Cité. De qui parle t-on des Rolling stones, des Beatles ou de Johnny Hallyday ? Eh ! bien, non. La vedette de ce 10 octobre 1982 est un homme d'une grande simplicité et humilité, qui allait succéder à Pierre-Marie Puech à la tête de l'évêché de l'Aude : Jacques Despierre.

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    © Droits réservés

    L'ordination de Jacques Despierre, né à Toulouse le 6 mai 1928, fut célébrée par Mgr André Collini (archevêque de Toulouse), Mgr Sabien (Evêque d'Agen) et Mgr Pierre-Marie Puech (évêque de Carcassonne) qui descendait de charge. Outre, bien entendu, le rituel liturgique et les chants, il fut rappelé au nouvel évêque l'histoire de ses prédécesseurs dans l'Aude.

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    L'imposition des mains et la remise de l'anneau pastoral

    Ce n'est pas dans émotion, dit Mgr Puech, que votre évêque votre parle pour la dernière fois. Puis s'adressant à Mgr Despierre, il ajouta : "Tout un peuple vous attend. Vous lui donnerez vos forces et votre vie, vous lui donnerez Notre-Seigneur. Un évêque est l'employé du Christ, toute sa valeur vient du Christ. L'homélie de Mgr Collini n'en faut pas moins écoutée : "Vingt ans après "Vatican 2", l'on se représente un évêque de façon incomplète - parfois, de manière caricaturale. Il suffit d'interroger les gens pour s'en apercevoir. Pourtant, quand on pose la question de savoir qui furent les premiers évêques, les gens interrogés vous répondent que ce furent les apôtres." Pour Mgr Collini, l'apostolat doit être un humble service de tous. L'évêque n'est pas au-dessus de sa communauté, c'est un frère au milieu de ses frères. De par la volonté du Christ, il est le serviteur de tous. Pour exercer vraiment ce qui est requis de lui, il doit demeurer un missionnaire.

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    Le nouvel évêque de l'Aude reçut la crosse qui fut offerte à Mgr Le Camus le 2 février 1901 par ses amis du clergé de Carcassonne. Mgr Le Camus, prêtre du diocèse, avait été nommé cette année-là, évêque de La Rochelle. La célébration de l'ordination de Mgr Jacques Despierre se termina par le Magnificat chanté par la foule à l'intérieur du théâtre. N'oublions que sur cet emplacement s'élevait jusqu'à la Révolution, le Palais épiscopal de Carcassonne.

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    © Thierry Tiberghien

    Jacques Despierre vit le jour à Toulouse le 6 mai 1928. Ordonné prêtre le 24 juin 1952, il passa 38 années au sein du diocèse de Toulouse auprès des plus pauvres et de plus démunis. D'une grande simplicité qui trancha avec le côté un peu rigoriste de son prédécesseur, Mgr Despierre démontra ses qualités d'homme de terrain. Dynamique, très attentif aux problèmes sociaux et économiques, jamais il ne se départit de sa mission guidée par l'Evangile. Ces premières paroles furent les suivantes : "Il n'y a pas de diocèse sans évêque, mais l'évêque tout seul ne fait pas le diocèse." Mgr Despierre n'a jamais caché son côté méridional et sa pointe d'humour qui font de lui un personnage extrêmement sympathique, qui réussit à faire l"unanimité même chez les "brebis égarée". Au classement des évêques (si, cela existe !), Mgr Despierres n'eut jamais une seule mitre. Toutefois, qu'il soit conscient que ceux qui l'on connu le gardent encore dans leur cœur ; que cela vaut toutes les récompenses. Aujourd'hui, à près de 90 ans cet homme d'église s'est retiré dans une maison de retraite, Mgr Planet veille désormais sur les ouailles du département.

    Sources

    Notes, recherches et synthèse / Martial Andrieu

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  • Cécile Rives (1880-1956), aquarelliste et professeur de dessin Carcassonnaise

    Le 13 septembre 1880 naît à Carcassonne sur l'avenue du Pont neuf, Cécile Marthe Rives. Elle n'a que six ans lorsque ses parents s'installent dans une belle maison bourgeoise du quartier du Palais, au numéro 43 de la rue d'Alsace. C'est là que son père Antony Rives, qui deviendra par la suite son professeur, organise son atelier de peinture au milieu d'un véritable cabinet de curiosités. On y trouve des moulages de plâtre, des statues et un grand nombre de dessins.

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    Cécile Rives à l'âge de 25 ans

    Contrairement à son père et à sa sœur Marie-Antoinette, Cécile Rives devient aquarelliste. A ce titre, elle fréquente les Salons artistiques de la capitale et entre grâce à son père dans la "Société des Artistes Français". Avant la Grande guerre, elle effectuera de nombreux voyages en train à Paris. Le conflit mondial lui prendra son frère Eugène, tué dès les premiers mois dans l'enfer des tranchées. Toute la famille est affligée par cette disparition ; Cécile s'installe en 1915 à Saissac et croque le château médiéval qui deviendra l'une de ses principales sources d'inspiration.

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    Cécile Rives dans son atelier en 1897. Dans celui-ci, observons le moulage du bas-relief du tombeau de l'évêque Guillaume Radulphe. Il devrait se trouver encore dans la maison du 43 rue d'Alsace, appartenant désormais à Maître Bénédetti.

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    Le château de Saissac

    En 1920, Cécile Rives partage son emploi du temps entre les cours privés qu'elle dispense à son domicile, ceux à l'école Jeanne d'Arc et la préparation des expositions à Paris. Outre les représentations des châteaux de Saissac et Lastours, le lac de Saint-Ferréol, le peintre réalise des natures mortes. 

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    A l'occasion des fêtes jubilaires, Cécile Rives se rend à Rome en 1933. Une véritable aubaine pour l'artiste qui ramènera dans ses cartons, les souvenirs des sites antiques. Plus près de chez nous, la Cité médiévale tient un place toute particulière dans son cœur. 

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    La tour carrée de l'évêque en 1931

    A l'âge de 72 ans, l'artiste poursuit son travail sur le chevalet et prodigue encore ses conseils à ses élèves au sein de l'école Jeanne d'Arc. Elle donne aussi des cours privés. Récemment, Jacques Miquel, qui fut le directeur du théâtre municipal et de l'école de musique, nous indiqua qu'il fut des élèves de Cécile Rives. Il se souvient de cette personne fort aimable et d'une grande qualité artistique.

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    Dans son atelier à l'âge de 72 ans

    Cécile Rives mourra le 3 janvier 1956 et repose au cimetière Saint-Vincent. De ses œuvres, il reste bien entendu ses nombreuses toiles dispersées dans des collections privées. Carcassonne se désintéresse de ces artistes, considérés sûrement à tort comme mineurs. Pourquoi ? Un peu de snobisme, sans soute, et surtout un manque de curiosité évident. Pourtant, Cécile Rives est répertoriée dans le dictionnaire des peintres, le "Bénézit". En 2009, grâce à Marthe Plessis-Garric et à Georges Gibert, un ouvrage réalisé à compte d'auteur rend hommage à la famille Rives et à ses œuvres. C'est avec cet ouvrage que nous relayons cet hommage, en espérant vous faire connaître cette artiste oubliée.

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    Cet ouvrage est disponible à la librairie Breithaupt, rue Courtejaire.

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