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Musique et patrimoine de Carcassonne - Page 2

  • Les petits métiers de Carcassonne : Les lavandières

    Ce n'était pas le temps des machines à laver, blanchisseries ou autres Pressings. Le linge familial se lavait à la main, à grands coups de battoirs et était ensuite trempé dans une solution bleu d'azur en boules. Elle lui donnait une couleur bleutée, très appréciée autrefois. La lessive des draps se faisait également à la cendre avec un Dourc. Malgré la dureté de la tâche, le linge ressortait plus blanc que blanc et cela ne polluait pas nos rivières.Des lavandières spécialisées dans ce travail, venaient prendre les balluchons de ligne à domicile, et se rendaient au lavoir aménagé en face du Jardin des plantes (Square Chénier) ou sur les berges du Canal du midi.

    Lavandières au bord du Canal vers 1908.jpg

    © Martial Andrieu

    Les lavandières à côté de la gare

    Cet endroit pouvait recevoir une bonne dizaine de travailleuses. Des plaques d'ardoise étaient disposées à leur intention, prenant appui sur la rive et baignant en partie dans l'eau. Et au milieu des rires, des cancans, quelque fois des cris, les lavandières officiaient, ponctuant leur labeur de coups de battoirs ! Le linge lavé, elles étendaient la lessive sur de longs fils de fer tendus par les employés communaux. Dans une cabane où dormait Joseph Justo alias "Chim Boum Boum", elles rangeaient leurs ustensiles. Nous reparlerons bientôt de ce miséreux qui fut assassiné le 20 août 1944 à cet endroit par les nazis. La "ruscado seco", tout cela était rangé dans des panières d'osier appelées "Plégo Taoulos", et ces braves femmes rapportaient à leurs clients draps et chemises, "berges" et "moucadous". Quelques sous récompensaient leur travail.

    Photos

    1. Lavandière près du Pont neuf

    2. Lavandières près de la route minervoise

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    © Tous droits réservés / Musique et patrimoine / 2018

  • Les petits métiers de Carcassonne : Les balayeuses.

    Dans les années 1930, tous les commerces de la place Carnot étaient ouverts le dimanche matin pratiquement jusqu'à 13 heures. Une belle ambiance régnait dans le centre-ville, pratiquement égale à celle du samedi. Les magasins recevaient de nombreux clients et les pâtisseries débitaient, à la pelle, petits fours ou marrons d'Inde. A la sortie de la messe, les Carcassonnais prenaient d'assaut "les marchands de douceurs". Chacun avait son paquet, délicatement cerné de rubans. Tout négoce tournait à plein.

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    Les balayeuses en 1952

    Sous la flèche, Mme Justice Labarre

    Dès le marché quotidien fermé, elles prenaient possession de la place Carnot. L'arroseuse municipale précédait le "corps de balais" et inondait les lieux de longs jets puissants, que les enfants affectionnaient particulièrement. Les balayeuses, munies de longs balais de bruyère, nettoyaient avec ardeur et conscience la place, mettant en tas détritus et papiers. Manches retroussées aux beaux jours ou vêtues de capuches en sac de jute en temps pluvieux, elles accomplissaient dans une bruyante cacophonie, leur tâche. Toutes ces travailleuses étaient appréciées des Carcassonnais, tant par leur bonne humeur que par les services rendus. Certaines étaient munies d'un sac, vite rempli de feuilles de choux ou de salades invendues. Il fallait bien que les lapins mangent ! Quand la besogne sur la place était achevée, elles poursuivaient leur office sous le Halles à la volaille. 

    Source

    M-Y Toulzet

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  • Le quartier des Capucins où la petite Russie de Carcassonne

    Pendant des décennies après la Seconde guerre mondiale, le quartier des Capucins fut le fief politique du Parti Communiste Français à Carcassonne. Ce n'est donc pas un hasard si le 6 juillet 1950, plus de trois cents habitants du quartier (Source : La patriote / Journal communiste) assistent à une réunion en faveur de l'Appel de Stockholm. Le Mouvement mondial des partisans de la paix - d'inspiration communiste - avait lancé une pétition contre l'armement nucléaire. Il prend une dimension exceptionnelle avec le Conseil mondial de la paix réuni à Stockholm, qui exige l'interdiction absolue de l'arme atomique. Nous sommes dans un contexte international fragile après la riposte atomique contre le Japon en 1945, l'obtention de l'arme nucléaire par l'U.R.S.S en 1949, la guerre de Corée qui se déclenche le 25 juin 1945. Déjà à cette époque, on craint que les Etats-Unis ne fasse encore usage de la bombe atomique, cette fois, contre la Corée du Nord.

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    APPEL
    Nous exigeons l'interdiction absolue de l'arme atomique, arme d'épouvante et d'extermination massive des populations. Nous exigeons l'établissement d'un rigoureux contrôle international pour assurer l'application de cette mesure d'interdiction. Nous considérons que le gouvernement qui, le premier, utiliserait, contre n'importe quel pays, l'arme atomique, commettrait un crime contre l'humanité et serait à traiter comme criminel de guerre.
    Nous appelons tous les hommes de bonne volonté dans le monde à signer cet appel. 

    Plusieurs intellectuels de gauche seront signataires de l'Appel. Jacques Chirac avouera lui-même avoir distribué des tracts et fait signer la pétition ; il avait dix-huit ans.

    Dans le quartier des Capucins, il est donc organisé une réunion  par le Conseil communal des combattants de la paix et de la liberté. Elle a lieu, place Joseph Poux. M. André Saunières, le président de l'association, est entourée de M. Gimenez - conseiller municipal - et de Madame Pujol. De son côté, M. Bonnemaison pour la C.G.T et Madame Avizou, font l'historique dru mouvement tandis que l'ancien résistant M. Villa, fait une autre demande. Celui-ci à l'instar des camarades, exige la mise en liberté provisoire des résistants de Limoux. De qui s'agit-il ? D'anciens F.T.P.F, membres des Milice patriotiques chargées de la police politique à la Libération, qui sont accusés de tortures et d'assassinats. Monsieur Llante, Député de l'Aude, rappelle "la périlleuse entreprise des fauteurs de guerre en Corée, au cours de laquelle certains d'entre eux demandent que soit jetée la bombe atomique sur la Corée du Nord."  Sur ce point le P.C.F semble à nouveau suivre la ligne de Moscou qui, avec la Chine, soutiennent la sédition de la péninsule en armant la Corée du Nord. La Corée du Sud était soutenue par les Nations Unies. La guerre débuta lorsque les troupes du nord envahirent le sud. Sur ce point encore, les pyromanes eurent beau jeu de se faire passer pour des pacifistes. Finalement la position des Communistes français avant le pacte Germano-Soviétique se retrouvait au moment de la guerre de Corée : Alignement politique sur l'Union Soviétique et son grand démocrate Josef Staline.

    A l'issue de la réunion des Capucins, une résolution fut adoptée à l'unanimité à l'instar des Soviets de 1917 :

    "La population du quartier des Capucins, réunie à l'appel des Combattants de la paix et de la liberté, approuve l'appel de Stockholm. Elle réclame la mise en liberté provisoire, ou leur jugement immédiat des résistants de Limoux emprisonnés depuis plus de trente mois et la cessation de poursuites contre Michel Bruguier, que tous les Carcassonnais connaissent bien, et de tous les partisans de la paix. Elle réclame la constitution d'un gouvernement démocratique qui sera au service du peuple, de la paix et de la République."

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    Affiche contre l'Appel de Stockholm

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