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Musique et patrimoine de Carcassonne - Page 3

  • Nouvelles...

    Mesdames, messieurs
    Chers lecteurs,
     
    J’ai décidé à partir d’aujourd’hui de suspendre toutes mes activités en faveur du patrimoine, de la culture, du tourisme et de l’histoire de cette ville. Que ce soit sur Facebook ou sur mon blog « Musique et patrimoine ». Cette procédure prend effet immédiatement et pour une durée indéterminée. Pendant de nombreuses années je me suis dépensé sans compter pour valoriser bénévolement Carcassonne et ses habitants. J’ai passé des heures entières au détriment de mes intérêts et de ceux de ma famille à tenter de faire progresser les valeurs que je porte. Des forces supérieures n’ont que la calomnie, l’opprobre et le mépris à opposer à ce que je fais. il est un ailleurs où les méritants sont au moins encouragés et aimés, à défaut d’être honorés. Vous ne trouverez pas cela à Carcassonne chez nos responsables, à moins que vous apparteniez à leurs chapelles respectives. Il n’y a que l’intérêt qui compte. Cela m’arrache le cœur de le dire, mais chacun peut le constater aisément. Je ne suis pour cette caste qu’un vulgaire, comme ils le disent, « intermittent du spectacle ». Ce qui ne veut rien dire, car ce n’est pas un métier. En vérité, je suis diplômé du conservatoire de musique et reconnu par mes pairs comme un très bon ténor d’opéra. Je me produis sur toutes les scènes de France depuis 25 ans. Ne me cherchez pas dans l’Aude, toutes mes initiatives pour y chanter ont été vaines. Oui, je suis Carcassonnais ! Je le resterai toute ma vie.
     
    Bien à vous
     
    Martial Andrieu.

  • La donation Delteil au Musée des Beaux-art de Carcassonne en 1984

    « Ce qu’il y avait chez Delteil aurait pu enrichir un antiquaire pendant 20 ans ! » C’est en ces termes qu’un homme avisé me décrivit l’impressionnante collection des époux Delteil. Pas un mur, pas un espace même qui ne fut occupé par une toile, fut-elle sans intérêt apparent. Bien entendu, il fallait être invité à entrer dans le logis personnel du couple. Émile dissimulait sous son vieux pardessus les troublants secrets de la Résistance locale. Après sa mort, on dit qu’Eugénie perdit un peu la raison. Elle se livra à la kleptomanie dans les rayons de Monoprix, mangeait les restes des patients dans sa clinique. Lorsqu’elle sortait, sa fortune se cachait sous des haillons, des bagues à trois francs. La seule richesse qu’elle fut disposée à dévoiler à quelques privilégiés, ce sont ses tableaux. Un témoin m’assura y avoir vu plus d’une centaine de tableaux. Certains sans intérêt, mais d’autres… Corot, Derain et même Picasso. Les légendes ont la vie dure à Carcassonne. Y avait-il vraiment la signature du maître du cubisme accrochée au Bastion ? Depuis la Libération, les Delteil cherchèrent à évacuer les soupçons pesant sur eux. Ils finirent par enfoncer la vérité dans un cul de basse fosse, sans pour autant parvenir à éteindre les rumeurs. Les mythomanes créèrent tant de fausses pistes que plus d’une se retourna, malgré eux, contre leurs intérêts. Dans l’ouvrage qu’écrivit Eugénie sous un pseudonyme, elle laissa entendre que Ruiz, docteur et frère de Picasso, était ami avec son mari. Qu’il vint même au Bastion avec sa femme. Or, Picasso n’eut jamais de frère. Seulement une sœur prénommée Lola ; le premier modèle de Pablo. Elle s’était mariée en 1909 avec un docteur barcelonais, le sieur Juan Bautista Vilato Gomez. Le médecin n’était donc pas le frère, mais le beau-frère de Picasso. 

    Nous croyons que le Dr Vilato Gomez et Lola Picasso ont pu visiter les époux Delteil. Depuis 1936, la clinique du Bastion accueillait des réfugiés espagnols. Delteil comme ses confrères Carcassonnais entretenait des relations avec les médecins catalans, via le réseau du Rotary-Club. D’ailleurs, le Dr Trias en avait été le président barcelonais. Cet éminent chirurgien officiait à la clinique du Bastion de 1939 à 1942. Toute sa famille y résidait. Rien ne s’oppose donc à ce que Trias ait eu le mari de Lola Picasso dans ses relations professionnelles. Ceci justifierait-il que les Delteil ait eu un ou plusieurs Picasso en leur possession ? Dieu seul le sait… Le poète Joë Bousquet et ses amis, d’autres collectionneurs, auraient sans doute pu nous éclairer sur la question. Magritte, Ubac et Scutenaire, artistes repliés à Carcassonne, entretenaient des relations avec le maître du cubisme. Décidément d’amateurs de tableaux dans cette ville, mais aussi de placements.

    De la considérable collection des époux Delteil nous ne saurons rien de plus, sinon qu’ils léguèrent une partie de leur trésor au Musée des Beaux-arts de Carcassonne. En 1982, après la mort de son mari, la femme du chirurgien invita chez elle le conservateur du musée. Camille Viguié fit un choix parmi les œuvres qu’on se proposait de donner. Ne disposant pas de la liste complète, nous avons retrouvé la trace de vingt-deux toiles. Madame Maynard, conservatrice du musée, en a dressé un inventaire dans un ouvrage publié en 2005. Elle écrit à ce sujet : « Les pièces du don Delteil sont souvent très restaurées, très usées. Parfois, il peut s’agir de médiocres copies voire de faux ». D’après nos investigations, les propriétaires du Bastion logeaient un espagnol à la Villa Roy. Joseph Calvo, selon les témoins, possédait l’art de la restauration de tableaux. On dit même qu’avec talent, il réalisait des copies pour satisfaire M. Delteil. Celui-ci négociait l’achat de tableaux pour sa collection à vil prix. Eugénie Delteil, elle, se montra généreuse envers l’église Saint-Vincent dont elle fut l’une des ouailles les plus assidues. Elle fit don d’une vierge gothique (XVIe siècle), une piéta et une toile de Prache. 

    Don Delteil au Musée de Carcassonne

    1982-1984

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    Jean-Baptiste Camille Corot

    (1796-1875)

    Paysage

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    Achille Laugé

    (1861-1944)

    Cailhau

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    Jacques Gamelin

    (1738-1803)

    L'enfant malade

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    Léonard Saurfelt

    (1840-1890)

    Le marché

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    Otto Brandt

    (1828-1892)

    Paysanne avec enfant

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    Anonyme 

    XVIIIe siècle

    Nicolas Poulhariez en marchand franc

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    Jan Lievens

    XVIIe siècle

    Enlèvement de Proserpine

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    Anonyme

    XVIIe siècle

    Paysage avec trois personnages

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    Anonyme

    XVIIIe siècle

    Putti jouant avec une chèvre

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    Jose Maria Sert y Badia

    (1874-1945)

    Tobie et l'ange

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    Anonyme

    XIXe siècle

    Vierge à l'enfant avec une perruche

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    Anonyme

    XVIIe siècle

    La continence de Scipion

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    Gerard Ter Borch (Copie)

    Joueuse de Luth

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    Jacques Gamelin

    (1736-1908)

    Naufrage au soleil couchant 

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    Anonyme

    XVIIe siècle

    La vierge à l'enfant avec Sainte Anne

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    Jan Gossaert (Copie)

    XVIIe siècle

    Vierge à l'enfant

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    Anonyme

    XVIIe siècle

    Vénus et l'amour

    Autres toiles : Femme au masque (XVIIIe siècle - Michel Ravillon), Portrait de Pierre Bouyer (XVIIIe siècle - Michel Rabillon), Tête de femme âgée (1920 - Jacques Ourtal), Douteuse (1900 - Edmond Aman-Jean)

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  • Massacre à la Pelle mécanique d'une œuvre d'art

    On avait tout tenté, tant espéré. Nous avions alerté depuis des mois. Et pourtant ! Ils l'ont fait...

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    Massacre à la pelle mécanique de la céramique de l'artiste Jean Camberoque. C'est le titre d'une basse œuvre comme, hélas, notre ville en est coutumière. Le fils de l'artiste les avait pourtant supplié, à force de missives adressées à l'hôtel de ville, d'épargner les carreaux de son père. Ce maître du feu avait obtenu ses galons près des fours de Sant Vicens. Tout une époque, où l'art s'était sublimé grâce à la loi sur le 1% artistique inventée par René Iché, un autre Audois. L'élu en charge de la culture déclara même dans l'Indépendant le 28 janvier :

    "Un élément remarquable sera tout de même conservé à la Roseraie. Il s'agit de la fresque de Jean Camberoque. Ce point a été discuté lorsqu'il s'est agi de délivrer le permis de construire. La fresque sera donc réinstallée dans le nouvel ensemble. Si ce n'était pas le cas, la ville la réinstallerait dans l'un de ses bâtiments".

    Que s'est-il donc passé ? A l'aide d'un burin, les gens du chantier de démolition de la Roseraie, ont essayé de décoller les carreaux de céramique. Après une tentative qui vit le premier se briser, ils ont appelé à la rescousse la pelle mécanique avec le succès que l'on connaît. N'existe t-il pas des entreprises spécialisées, mandatées par la Direction Régionale des Affaires Culturelles ?

    Que va t-on faire désormais avec ces restes ? Dieu seul le sait.. 

    Une restauration à grand frais ou... la déchetterie, plus sûrement.

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