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Musique et patrimoine de Carcassonne - Page 3

  • Ce blog a besoin de vous pour poursuivre sa route

    Chers lecteurs, mes chers amis

    Il y a trois ans, j'ai dû migrer tous mes articles pour ne pas les perdre car la plate forme qui hébergeait le blog devenait payante. Il m'était imposible de basculer vers un hébergeur gratuit qui aurait mis de la publicité sur toute la page. C'est moche et personne n'aime la pub.

    J'ai donc été contraint de payer 150 € annuels pour continuer à alimenter ce blog historique. C'est le partage d'un savoir et d'heures de recherches et d'écriture, mais une passion qui devient coûteuse. En trois ans j'ai dépensé 450 euros en hébergement, sans compter l'abonnement mensuel à Filae, Généanet et Retronews. Sans compter, les dépenses annexes en essence pour me rendre aux archives de Carcassonne et ailleurs depuis Limoges. Sans compter toutes les archives acquises à mes frais sur des sites d'enchères ou chez les spécialistes. Sans compter mes livres, entièrement financés à compte d'auteur sans subventions.

    Tout ceci me procure un énorme plaisir ; celui de partager mes découvertes. En retour, vous êtes nombreux à me témoigner verbalement soutien et admiration. Je vous en remercie. Toutefois, l'argent est bien le nerf de la guerre. Et, je remarque que finalement la lecture de ce blog se banalise comme tout autre journal gratuit sur internet. Les moins reconnaissants l'utilisent sans jamais un mot de remerciement. D'autres, on carrément plagié des articles sans me citer. D'habitude, le produit de la vente de l'un de mes livres finance mes activités de recherche historique et bien sûr le blog. Je remarque que m'algré l'émorne travail sur les maires de Carcassonne, ce bouquin n'a pas rencontré l'intérêt qu'il aurait certainement reçu ailleurs, dans d'autres villes et départements. Je n'en dirai pas davantage.

    Je refuse de financer ce blog par de la publicité. Je m'en remets donc à votre générosité en créant cette cagnotte. Un euro symbolique de participation serait déjà beaucoup. Quand la somme sera atteinte, je publierai la facture de l'hébergement et je remercierai publiquement les participants.

    Avec mes chaleureuses salutations,

    Martial Andrieu

    Voici le lien ci-dessous vers la cagnotte en ligne

    Cagnotte Leetchi

     

  • Le champ de tir de l'Estagnol et la Société mixte de tir de Carcassonne

    Au mois d’avril 1886 se fonda à Carcassonne, une Société mixte de tir placée sous les auspices du lieutenant-colonel Raynaud, commandant le 127e régiment territorial d’infanterie. Cette société  avait pour objet de développer les aptitudes militaires et de propager le goût du tir, par des concours où des prix étaient distribués aux plus habiles tireurs. L’élan patriotique devait conforter le ferment de la nouvelle IIIe République en rendant la pratique du tir accessible à tous. Déjà, trois cents adhérents avaient rejoins cette association, administrée par sept membres : MM. Raynaud (Président d’honneur), Bousquet (Président) résidant 5 bd Barbès, Bertrand (Officier de tir) à Azillanet, Déoux (Officier trésorier) résidant route minervoise, d’Hébrail (assesseur) à Laurac-le-Grand, Paul Drevet (assesseur) au Faubourg Tivoli, Amiel (assesseurs) rue des Halles et Limousis (assesseur) rue des Jardins. 

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    L'ancien champ de tir au Brescou entre la Cité et Cazilhac

    L’année suivante, le nombre de sociétaire ne fit que grimper s’élevant à 650. Paradoxalement, le succès de la Société mixte de tir allait vite devenir un problème pour les organisateurs des concours et des entraînements. Tous les dimanches, une voiture devait amener les tireurs depuis le square Gambetta sur le champ de tir de garnison, au lieu-dit « Brescou » près de Cazilhac. Situé sur l’actuel emplacement des « Ecuries de Sainte-Croix », le site, que la commune louait 1000 francs, avait le désavantage d’être éloigné de la ville. Inaccessible aux voitures, il fallait faire une bonne partie du chemin à pied. Cette contrainte commençait à en décourager plus d’un et la société devait enregistrait déjà des défections sans ses rangs. L’urgence était de trouver un terrain à proximité du centre-ville afin d’y construire les stands, nécessaires à l’exercice des tirs. Fallait-il encore que cela ne fût pas trop près des habitations… Dans un premier temps, la Société mixte de tir croit avoir trouvé l’emplacement idéal pour ses activités. Il s’agit de terrains près du Pont d’Iéna ; ils longent la voie ferrée sur la ligne Carcassonne-Quillan. Paul Drevet, négociant et juge au Tribunal de commerce, est choisi en sa qualité de vice-président pour négocier avec les propriétaires Jouy et Netzer. Les pourparlers engagés avec la municipalité le 9 juillet 1891 sur l’octroie d’une subvention pour l’acquisition des terrains va se heurter à la gourmandise des vendeurs. L’appétit du gain va les amener à doubler le prix qu’ils en souhaitaient au départ. La société devra à nouveau se mettre en quête d’une parcelle suffisamment grande pour effectuer des tirs à 300 mètres. L’affaire sera finalement conclue le 28 avril 1892 chez Me Amigues, entre Madame Guillard Hortense-Eugénie veuve de J-F Carrère et la ville de Carcassonne pour le compte de la Société mixte de tir, usufruitière du bien pendant 30 ans. Les deux parcelles acquises se trouvent à L’Estagnol à l’arrière du domaine de la Justice.

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    Sur les actuelles rues d'Isly et Daumier. A l'arrière, le domaine de la Justice

    Le montant du devis réalisé par l’architecte de la ville pour la construction des stands de tir se monterait à 24 000 francs. Tout allait pour le mieux, surtout que la municipalité venait de voter une subvention de 4000 francs annuels pendant six ans pour financer les travaux. Hélas, en cours de route, il fallut revoir l’ensemble des plans. La transformation des armes de guerre et la puissance des fusils Lebel a incité l’État à modifier les normes des stands de tir. Non sans conséquences pour le budget alloué, à cause de l’augmentation du montant des travaux. Malgré le concours du Génie de Castres, la facture dépassait de 11000 francs par rapport au devis initial. La Société de tir, dans l’incapacité d’éponger la dette, allait se retourner vers la ville. Celle-ci consentit à prolonger de deux ans la subvention de 4000 francs allouée annuellement, soit huit ans de 1892 à 1899.

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    Le 7 février 1896, le préfet de l’Aude approuva les plans et les devis et le 23 mars, la commune autorisa la Société mixte de tir à procéder à l’adjudication des travaux. Les exercices de tir sur cet ancien étang appelé Estagnol ne durèrent que quelques années. Mal entretenu, bientôt désaffecté, à la veille de la Grande guerre plus aucun tir ne partait des stands ruinés. En octobre 1914, les tirs sont interdits en raison du danger pour le voisinage. La Société mixte de tir s’était repliée au nouveau champ de tir de Villemaury, mais gardait la jouissance de celui de l’Estagnol dont elle ne faisait rien.

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    Aussi, quand la mairie a vendu les deux parcelles à Jules Garric en 1919 après l’incendie, le Stand Carcassonnais (ex, Société mixte de tir) envoya une lettre de protestation. Il s’ensuivit une longue et coûteuse procédure judiciaire de la part de M. Garric pour démontrer que la société ne pouvait plus se prévaloir de l’usufruit. Dans son délibéré, la cour estima que la Société de tir usant des terrains dans un intérêt public n’exerçait pas de véritable usufruit et n’était pas soumise à la limitation de trente ans. La famille Garric gardait la nue-propriété sans pouvoir toutefois en user à sa guise. L’état lamentable des parcelles sur lesquelles avaient poussé des jardins potagers les rendait inconstructibles. Il faudra attendre le milieu des années 1960 pour qu’enfin la famille Garric soir autorisée à lotir. C’est ici que se construisit le quartier Pasteur selon les plans d’Henri Castella. Tous les entrepreneurs du coin vinrent se délester de leurs gravats afin de niveler le terrain, autrefois paradis des batraciens. Ainsi, sortit de terre un lotissement tout neuf sur l’ancien champ de tir.

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    L'emplacement des anciens stands entre la rue Maurice Utrillo et l'angle des rues d'Issy et Honoré Daumier.

    Sources

    Je remercie Madame Marthe Garric pour avoir accepté de me communiquer l'ensemble de ses archives inédites, conservées au fond d'un tiroir.

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    © Tous droits réservés / Musique et patrimoine / 2021

  • Christiane-Sans-Bertrand (1925-2020), un professeur de chant exceptionnel

    Cette fin d’après-midi là, je sortais démoralisé par tout ce que les membres d’un jury du conservatoire régional de Toulouse venaient de me jeter à la figure. Comme si je portais l’entière responsabilité non seulement de mon échec, mais de l’incapacité der mon professeur à former de vrais chanteurs. Oh ! Toulouse, cité lyrique ! C’est ici que résonnait la voix de papa, le chanteur de jazz de Nougaro dans sa chanson éponyme. Les successeurs des Guy Lhomme et des Jacques Doucet ne pourraient plus jamais sortir des Pierre Thau ou des Suzanne Sarroca. Non qu’ils n’eussent pas sous la main leurs dignes héritiers vocaux, mais plutôt que le secret de la technique, qui fit la réputation de la ville rose, n’eut pas éclairé les nouveaux enseignants. Après trois années passées à vocaliser sur des « Kika, Kika, Kou » ou sur des « IA, IA, IA, OU » sans jamais m’expliquer qu’avant de penser à émettre un son aussi désordonné soit-il, il convient de s’occuper de soufflerie. Qu’avant de vouloir à tout prix créer l’ouverture au niveau du voile du palais, il faut expliquer que l’on ne chante pas pour autant dans la gorge. Hélas, tous les exercices qui me furent imposés sur ordonnance, concoururent à positionner mon émission au niveau du pharynx. Ces considérations techniques sur lesquelles je ne m’épancherai pas davantage, allaient faire de moi un spécimen de laboratoire, espèce de bête curieuse pour laquelle après trois ans d’expertise il était impossible de définir la tessiture. J’étais entré ténor, j’en devenais baryton Martin. A l’attention des profanes, Martin avait donné son nom à une espèce de ténor bâtard, comme le Canada dry. Si vous avez un professeur de chant qui ne sait pas vous faire travailler vos aigus, il vous dira : « Tu es baryton Martin ». Toute votre vie vous serez alors condamné à chanter les opérettes viennoises, ou mieux « Richard cœur de lion » de Grétry. C’est ce qui m’arriva… 

    J’avais eu déjà une première expérience malheureuse lorsque mon professeur avait pu organiser une « Master classe » avec Michel Sénéchal de l’Opéra de Paris. Après m’avoir entendu dans « Rose de Noël » de Frantz Léar, de sa voix miséricordieuse il se tourna vers ma prof de chant : « Mais, il ne sait pas chanter !? » Et là, que croyez-vous qu’il advint ? Au lieu de pâlir de honte, elle lança en direction de son invité que je n’avais pas encore trouvé mes aigus. Bien des années plus tard, je compris les raisons pour lesquelles notre classe ne put participer aux « Master classes » de Jose Van Dam, initiées par le professeur belge qui, lui, obtenait des résultats. En même temps, il n’était pas l’épouse du directeur… Ce directeur auquel je vouais néanmoins une grande admiration, car il connaissait parfaitement son affaire et adorait l’art lyrique. Pour mon plus grand malheur, j’avais été admis dans le laboratoire expérimental de son épouse. Après l’expérience Michel Sénéchal, je n’étais pourtant pas au bout de mes surprises. La reine de la nuit, lors du troisième acte de mon aventure au conservatoire, me fit passer les épreuves devant une espèce de Zarastro accompagné de deux duègnes dont j’ai heureusement oublié les noms. Ce Zarastro, apôtre de la mélodie française, s’appelait Jean-Christophe Benoît. Il possédait ce côté précieux et suranné que l’on trouve dans les vieux disques vinyles rangés au fond des bacs. Invité quelques mois auparavant pour une Master classe sur la prononciation à la française, j’avais déjà remarqué qu’il ne déballait sa science qu’avec ostentation. Ceci dit, ce que j’en ai retenu m'a servi pour la suite. On prononce mot seigneur, ainsi : « Sègneur ». Lui, n’allait pas tarder à me saigner lors des épreuves… Après m’être accompli avec aisance dans un air qui ne dépasse pas le sol aigu, je fus amené devant Zarastro et ses duègnes. Comment pouvais-je savoir que je venais d’interpréter l’air de prédilection du président de ce jury ? Les pires remontrances tombèrent instantanément sur moi, comme le bras séculier de l’Inquisition. La conclusion assénée par l’une des duègnes fut des plus cinglantes ; elle m’a poursuivit longtemps : «Pour faire ce métier, savez-vous qu’il faut avoir une voix ? Vous, vous ne ferez jamais rien. » Le verdict venait de tomber, j’étais condamné aux galères après avoir déjà ramé pendant trois ans. Dans sa grande mansuétude, ma prof me proposa de rempiler. J’étais résolu à fuir, mais sans m’arrêter de peur d’être poursuivi par la sentence que je venais d’entendre. « Vous ne ferez jamais rien », contrastait avec les louanges que l’on distillait devant moi aux élèves de Madame Andréa Guiot : « Vous serez un grand ténor », « Vous chanterez bientôt au Capitole », « Votre voix est digne des meilleurs », etc. Certains sortaient avec une tête gonflée à l’Hélium, prêt à s’envoler vers une carrière des plus extraordinaires. D’autres, au contraire, étaient voués aux gémonies. Autant vous dire que les prédicateurs se sont bien trompés ; presqu’aucun d’entre eux n’a réussi. 

    J’avais trois excellents camarades dans deux classes différentes de la mienne, nous jouions aux trois ténors. Lui, c’était Pavarotti. Je vais taire son nom car il se produit encore, mais quel timbre et quels aigus naturels quand il est entré au conservatoire. Un gars aussi gentil que doué. Quelques années plus tard, j’ai appris qu’il avait perdu tout le bénéfice de la brillance de ses aigus. Il était passé entre les griffes de la classe de chant du conservatoire.

    Devrais-je nier qu’après cette très mauvaise expérience, j’ai erré comme une âme en peine ? Qu’allais-je devenir, car j’avais mis mon avenir dans les études vocales et musicales ? Et puis, je décidai de prendre quelques jours chez mon cousin à Figueras. Josep Puig travaillait sa voix avec un Allemand installé à Colera. Son nom ? Helmut Lips. Je sus plus tard que c’était un grand maître du chant lyrique. J’expliquai à cet homme ma mésaventure avec Toulouse, que j’étais perdu. Ma voix me permettrait-elle d’envisager une carrière dans le chant ? Il me fit vocaliser et donna son diagnostic : « C’est vrai, me dit-il, que vous avez aucune technique. Cependant, votre timbre est comparable à celui d’Alfredo Kraus. Si vous travaillez correctement dans le bon sens, alors vous y arriverez. » Alfredo Kraus, répondis-je ? « Oui, parfaitement, ajouta -il. Vous venez de Carcassonne ; c’est loin et vous ne pourrez pas toujours faire le voyage chez moi. Je vais vous envoyer chez une amie près de chez vous. Vous verrez, cette femme est un peu folle dingue. En fait, elle est folle d’opéra. Elle enseigne le chant avec la même technique que la mienne et vous remettra toute la voix en avant. »

    Tout n’était pas donc perdu et je revins de Catalogne tout revigoré par mon cours chez cet homme. Je me présentai quelques jours plus tard au domaine de la Rivière près de Castelnaudary, chez Madame Christiane Sans-Bertrand. Cette bâtisse avait vécu. Elle gardait l’âme d’un XIXe siècle, jadis florissant mais aujourd’hui déchu. Dans cette vaste salle dont les plâtres se détachaient du plafond et dont la suie avait enveloppé depuis longtemps les murs, trônait un magnifique Pleyel un peu désaccordé. Tout autour de lui, un fatras de partitions et de disques. La grande porte donnant sur le jardin laissait passer tellement d’air, que l’hiver le chauffage d’appoint peinait à remplit son office. C’est pourtant là qu’enseignait la plus extraordinaire personne qu’il m’ait été donné de rencontrer durant cette période de ma vie. Au milieu de ces deux bergers allemands, aussi dociles et farfelus que leur patronne, je commençai enfin à apprendre la technique vocale. Christiane avait eu la voix abimée dans sa jeunesse à cause de son père, grand ténor d’opéra. François Bertrand avait épouse la cantatrice Emile Bennet, mais avait commis la faute de vouloir faire chanter sa fille trop précocement. Christiane qui jouissait d’une oreille affutée comme un microsillon de platine, passa son existence à tenter de retrouver sa voix. Cela lui permit de se remettre en question, sans préjugés et sans vérités acquises, auprès d’éminents professeurs. Pensez donc, même à 75 ans, elle s’enthousiasmait à l’idée d’avoir accepté de s’être peut-être trompée sur la manière d’appréhender la respiration. Aussitôt, elle adaptait et renforçait sa technique avec ce nouvel outil, découvert à l’abbaye de Silvanès. Vous en connaissez beaucoup des profs de conservatoire qui agissent de la sorte ? Les miens, au conservatoire, se faisaient les ongles et buvaient le thé pendant que je chantais ou vocalisais.

    J’arrivai chez Christiane Sans tous les samedis vers 11h et j’en repartais une heure et demi plus tard. Le cours d’un heure s’éternisait bien souvent, car on ne coupe jamais Bellini, Donizetti ou Mozart. « Martial, me disait-elle. Vous connaissez Juan Diego Florez ? » Bien sûr, répondis-je. « Quand vous faites des aigus comme celui-ci, vous avez la même qualité ». Oui, mais je ne l’entends pas. « Vous ne l’entendez pas ? C’est justement parce que c’est beau, car moi je l’entends. C’est hors de vous. Vous savez pourquoi c’est beau ? » Non, Christiane. « C’est parce que vous lâchez. Cela ne doit rien vous coûter.  Allez recommencez. » Grâce à cette personne, je repris confiance et je parvins à être engagé dans le choeur de l’armée française (Garde républicaine) puis dans celui de l’Opéra de Limoges. Chaque fois que je venais à Carcassonne, j’allai prendre un cours.

    Dans l’univers de Christiane Sans, il n’y avait de place que pour le chant et la musique. Elle recevait à la Rivière, son ami, le pianiste Aldo Ciccolini. Entre un bon cassoulet partagé avec ses élèves et ses amis Jean-Jacques Cubaynes ou encore Jean-Bernard Cahours d’Aspris, chacun devait interpréter un air ou des duos. Ce dernier était le biographe du compositeur Deodat de Severac, natif de Saint-Felix Lauragais. Jean-Jacques Cubaynes avait fondé le concours international de mélodie de Toulouse. Quant à Christiane, inutile de préciser qu’elle était abonnée au Grand théâtre du Capitole, à Orange et à Aix-en-provence. Quand elle n’aimait pas un chanteur, elle ne manquait pas de le faire savoir. 

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    C’est dans cet univers poétique et fraternel que j’ai repris goût au chant. La voix de Christiane s’est éteinte au mois de juin 2020 à l’âge de 95 ans. Dernièrement, je me suis rendu à Luc-sur-Orbieu sur la tombe de celle qui a fait mentir le destin que l’on me promettait. Merci Christiane.

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