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Musique et patrimoine de Carcassonne - Page 3

  • Le petit buveur d'Augustin Moreau-Vauthier a été volé.

    Dans le Jardin Pierre Sire, situé au pied du Pont vieux, se trouvait une sculpture en bronze d’Augustin Moreau-Vauthier (1831-1893). L’Etat en avait fait don au Musée des beaux-arts de Carcassonne en 1874. Lors de la création de ce jardin en 1953, on l’avait sorti des réserves afin de la placer près d’une niche en pierres reconstituées. À une date que l’on peut situer au début des années 2000, l’oeuvre a disparu. Le ministère de la culture a déposé une plainte pour vol en 2005, sans qu’à ce jour on sache toujours pas ce qu’elle est devenue.

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    Au fond du jardin, la niche orpheline de sa sculpture.

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    Augustin Moreau-Vauthier entra à l'Ecole des Beaux-arts de Paris dans l'atelier d'Armand Toussaint. Présenté au salon de 1865, Le petit buveur est d'abord une oeuvre en bronze fondue dans l'atelier de Ferdinand Barbedienne. L'Etat en fit l'acquisition lors de l'Exposition universelle de 1867 pour 3500 francs.

    Dans l'Illustration, Théophile Gautier en donne la description suivante : On s'arrête avec plaisir devant Le petit buveur de M. Moreau-Vauthier, un enfant qui pourrait donner une leçon de superflu à Diogène et lui faire jeter sa coupe d'argile. Accroupi au bord d'un ruisseau, il se désaltère dans le creux de sa main avec un mouvement d'une naïveté parfaite. Le petit buveur a cet âge de dix ou douze ans qui prête par sa maigreur juvénile à de fins détails anatomiques. M. Moreau-Vauthier a traité sans sécheresse ce petit corps fluet comme un Saint-Jean du Donatello. Son Zampognaro, modelé sans doute d'après un de ces petits italiens de la Calabre qu'on rencontre par troupes dans les rues, jouant leurs cantilènes sauvages, est d'une vérité frappante. Il semble qu'on entend les sons aigres s'échappant de l'outre gonflée placée sous le bras du musicien errant.

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    L'artiste a également réalisé postérieurement un modèle en marbre. Présenté au salon de 1869, il fut acquis par Napoléon III et placé dans le parc du château de Compiègne. Il se retrouva ensuite dans les collections du Musée du Luxembourg. 

    Sources

    L'univers des bronzes et fontes ornementales - Yves Devaux - 1978

    Livret illustré du Musée du Luxembourg - 1884

    Dictionnaire des sculpteurs de l'école française au XIXe siècle - Stanislas Lami

    Crédit photo

    Centre national des arts plastiques.

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  • Albert Médioni, victime carcassonnaise de l'antisémitisme de Pétain.

    Albert Léonce Médioni naît à Constantine en Algérie le 1er juillet 1899 de parents de confession juive. Il rencontre Fernande Stora qu’il épouse le 15 novembre 1927 à Sétif, puis le couple vient s’installer à Carcassonne. Albert Médioni y occupe les fonctions d’Ingénieur du génie rural. C’est dans cette ville que voit le jour Jacqueline, leur fille unique, le 13 septembre 1933. La famille réside 4 rue des Calquières, mais elle possède deux propriétés : Le domaine de St-Gimer acquis à Raymond Esparseil en 1937 et la propriété St-Charles à Leuc, vendue par M. Rigail.

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    Le domaine St-Gimer à Carcassonne.

    Chevalier de la légion d’honneur le 30 juin 1933, puis Officier du mérite agricole, Albert Médioni jouit d’une excellente expertise dans le domaine de l’agriculture. L’arrivée au pouvoir du maréchal Pétain et la promulgation des lois antisémites, vont tout chambouler dans sa vie. A commencer par l’officier de gendarmerie Chapuis, commandant la section de Carcassonne. Il fait apposer la mention JUIF sur la carte d’identité de Français et les cartes d’alimentation de la famille, y compris sur celles de Jacqueline, âgée de neuf ans. Un juif n’étant plus autorisé à occuper des fonctions dans l’administration publique, Albert Médioni est frappé par l’article 7 de la loi du 3 octobre 1940. Il est contraint de cesser d’exercer en qualité d’ingénieur du génie rural. Il présente une demande de réintégration en octobre 1941, mais le Commissariat aux Questions Juives s’acharne sur lui. Il exige sa radiation, car il exerce le poste de chargé d’études par le génie rural et est payé par l’ingénieur en chef sur les fonds du ministère de l’agriculture. Médioni est rayé des cadres depuis 1940, mais l’impossibilité de le remplacer par suite du nombre insuffisant de ces ingénieurs, dont plusieurs sont prisonniers en Allemagne, fait que son chef a été obligé de l’employer.

    Il ne va pas échapper non plus à l’aryanisation de l’ensemble de ses biens. C’est-à-dire à leur confiscation en vue de leur vente à un non-juif. Nommé comme administrateur provisoire, Jules Barrière, a pour mission la saisie des deux propriétés. Il s’occupa également des autres biens confisqués aux juifs carcassonnais. L’expertise en est confiée à l’architecte Paul Enderlin, 5 bis Square Gambetta à Carcassonne. 

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    Ancienne villa de la Gestapo à Carcassonne

    Sur dénonciation, Albert Médioni est arrêté dans sa propriété de St-Charles le 30 août 1943 par la Gestapo du sinistre René Bach. On ne sait trop ce qui lui est reproché. Ses origines juives ou ses relations avec deux Résistants : Etienne Rives à Alzonne et André Morelli, procureur de la République. Il est d’abord interrogé dans la villa de la Gestapo, 67 avenue Roosevelt, puis transféré à la prison St-Michel de Toulouse. On perquisitionne chez lui, mais sans succès. Le 10 septembre 1943, Albert Médioni part vers Drancy, puis vers Auschwitz le 20 novembre de la même année. Son épouse recevra une carte de lui en janvier 1944 du camp de travail de Monowitz, situé à 5 km d’Auschwitz. Mort d’épuisement ou de maladie, Albert Médioni n’est pas revenu de l’enfer des camps nazis. Le 28 octobre 1946, on lui décerna à titre posthume la médaille de la Résistance.

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    Usines IG Farben à Monowitz (Auschwitz III). Albert Medion y travailla comme esclave.

    Sources

    Service historique de la défense / Caen

    Mémorial de la Shoah

    Archives départementales de l'Aude.

  • Le vélocimane de Joë Bousquet retrouvé !

    Il dort dans un grenier poussiéreux depuis la mort de son propriétaire. C'était il y a soixante-seize ans. Émouvante découverte que celle que je viens de faire. Qui s'en soucie ? Molière a son fauteuil à la Comédie française, nous, nous avons celui du plus illustre de nos poètes dans un grenier. Oublié, ce vélocimane fut fabriqué par Monet-Goyon à Mâcon pour les mutilés de la Grand guerre. Joë Bousquet était ceux-là depuis qu'une balle l'avait rendu paralysé. L'intérêt de conserver cet objet est donc double. Il associe l'image de Bousquet conservée dans de vieilles photographies, à celle de tous les poilus blessés de guerre.

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    Jöe Bousquet et son vélocimane

    J'ai quand même posé la question au détenteur de cette relique : "N'avez-vous pas proposé au Centre de la mémoire Joë Bousquet" à Carcassonne, de venir chercher ce fauteuil pour l'exposer ?" Il m'a répondu qu'il l'avait fait, mais qu'on lui avait répondu qu'il faudrait dégager un budget pour le nettoyer. Donc, le vélocimane est demeuré dans le grenier. Bien qu'il soit dans son jus, je vous assure qu'il se trouve en parfait état de conservation. On dirait que Joë Bousquet ne l'a pas quitté depuis longtemps.

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    Carcassonne Agglo construit actuellement une grande médiathèque. Il aurait toute sa place dans le hall d'entrée du bâtiment, exposé et protégé sous un Plexiglas. Ne comptez pas que je vous révèle son emplacement actuel. Toutefois, je puis vous affirmer qu'il s'agit bien de celui de Bousquet.

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