Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

Musique et patrimoine de Carcassonne - Page 4

  • Informations sur le patrimoine de la ville

    Le Christ du hameau de Villalbe a retrouvé sa place sur La Croix de mission érigée en 1876. On se souvient qu'il avait été vandalisé dans la nuit du 1er mai dernier. Il n'en restait plus que des morceaux au pied du socle. Après plusieurs mois de restauration chez "La forge Del Castillo" à Carcassonne, il orne à nouveau l'entrée de Villalbe. Une petite cérémonie — malheureusement sans la bénédiction d'un prêtre — a eu lieu en présence des élus de la commune et de quelques habitants.

    Bastion.JPG

    L'ancien Bastion Montmorency est gagné par l'érosion de ses pierres. On vient de la draper d'une bâche de protection afin que maraîchers et passants puissent déambuler sans crainte. Espérons que cela ne soit pas du provisoire qui dure et qu'une solution de restauration pérenne sauvera ce vestige du XVIe siècle. Il appartient au groupe Korian qui administre la maison de retraite Montmorency.

    Capture d’écran 2023-11-27 à 09.36.05.png

    La ville de Carcassonne avait confié la restauration de l'aqueduc qui longe la route de Limoux à l'Amicale laïque. Le chantier est à présent terminé pout la plus grande joie de Jacques Blanco, l'érudit spécialiste de l'histoire des conduites d'eau de la ville.

    ________________________________________

    © Tous droits réservés / Musique et patrimoine / 2023

  • Louis Blasi (1891-1944), commissaire des RG à Carcassonne.

    Si tout revenait, rien ne changerait même le pire. La France d'aujourd'hui est bien mûre, le fruit ne demande qu'à tomber de l'arbre. Les cibles sont ressorties et même prêtes à être collées. Les responsables de la pseudo-décadence, désignés. Ce jour-là, le ball-trap des revanchards vichystes déchus depuis 80 ans, fera de nouvelles et nombreuses victimes.

    Capture d’écran 2023-11-15 à 13.09.11.png

    N'oublions pas que tout commença par des listes de juifs, de franc-maçons, de communistes et autres indésirables affichées dans le Journal officiel par le régime de Vichy. L'Etat français accrochait autant de cibles dans le dos, reprises en coeur par les journaux de la collaboration sans aucune vergogne. Gringoire, fasciste et antisémite - pardon du pléonasme - donnait en pâture les noms à abattre. Dans le viseur du journal figurait Louis Blasi, commissaire des Renseignements généraux en poste à Carcassonne, pour son appartenance à la Franc-Maçonnerie.

    Capture d’écran 2023-11-15 à 11.05.18.png

    Sur le mémorial des victimes du nazisme à l'intérieur du Grand Orient de France, 16 rue Cadet à Paris, figure le nom de Louis Blasi.

    Né à Toreilles le 7 août 1891, Louis Blasi était entré dans la police le 8 mai 1922 comme inspecteur à Montpellier. Initié dans la loge Fidélité-Travail de cette ville, il s'affilia ensuite à "La libre pensée" de Carcassonne, ville dans laquelle il occupa les fonctions de commissaire spécial des renseignements généraux à partir du 15 août 1937. Louis Blasi eut pour mission la gestion du camp de réfugiés espagnols de Bram. Le 17 août 1941, M. Cabouat, Préfet de l'Aude, le révoque sur ordre de Vichy en raison de son appartenance à une société secrète. Cela ne l'empêche pas de se montrer lors du rassemblement républicain du 20 septembre 1942, commémorant la bataille de Valmy.

    Capture d’écran 2023-11-15 à 18.35.29.png

    Le logement de Louis Blasi à Carcassonne, 50 rue d'Alsace.

    Agent du réseau de renseignement Gallia de la Résistance, attaché au BCRA à Londres, la Gestapo de Carcassonne commence à le suspecter d'espionnage. Le 14 juin 1944, Louis Blasi est arrêté par les services de la police allemande dans un café de Rodez. Les informations permettant sa capture ont été livrées par Lamouret (fusillé à la Libération), secrétaire du PPF de Carcassonne, à la Gestapo via l'agent Joseph Robert. Le Parti Populaire Français, organe fasciste, fondé par Doriot et principal allié des nazis avec le Rassemblement National Populaire de Marcel Déat. Louis Blasi se retrouve à la prison de Rodez. 

    Capture d’écran 2023-11-15 à 18.28.06.png

    © Blog, Maquis de Bouscalous

    Les funérailles des trente martyrs de Sainte-Radegonde, le 20 août 1944

    Le 17 août 1944, les Allemands font sortir trente prisonniers politiques. Ils seront exécutés à Sainte-Radegonde. Louis Blasi fut de ceux-là.

    Capture d’écran 2023-11-15 à 18.25.49.png

    Tombe à Toreilles (Pyrénées-Orientales)

    Capture d’écran 2023-11-15 à 18.37.18.png

    Cette plaque en hommage aux policiers de Carcassonne où figure le nom de Louis Blasi, n'a pas été emportée dans le nouveau commissariat. Elle se trouve dans l'ancien, à l'abandon et dans l'indifférence.

    Sources

    Procès de Joseph Robert devant le tribunal militaire

    Jugement de Cour martiale de M. Lamouret

    Le Maitron

    ______________________________________

    © Tous droits réservés / Musique et patrimoine / 2023

  • Charles Maurras, l'antisémite, le 26 avril 1942 à Carcassonne.

    En farfouillant dans les archives d'une histoire qu'on a voulu dissimuler, à défaut d'avoir pu la faire disparaître, on se rend compte qu'à Carcassonne il n'y avait pas que des résistants. A l'invitation du président de la Fédération départementale de l'Action Française, le comte Christian de Lorgeril, une conférence fut donnée le 26 avril 1942 par Charles Maurras au Théâtre municipal. L'Action Française, fondée en pleine affaire Dreyfus afin de jeter au pilori l'innocence d'un capitaine injustement accusé de trahison en raison de son judaïsme, trouva en Maurras l'éloquence d'un porte-voix. Philosophant sur le nationalisme intégral en prônant l'exclusion des juifs, dont Léon Blum auquel il voue une haine féroce, l'académicien avait trouvé son public au sein de l'extrême droite française et de ses soutiens monarchistes.

    Capture d’écran 2023-11-10 à 20.31.40.png

    Juste avant la guerre, l'Action Française se porte bien dans l'Aude. Elle compte des correspondant à : Carcassonne, Aigres-vives, Azille, Barbaira, Boutenac, Bram, Canet d'Aude, Castelnaudary, Castelnau d'Aude, Coursan, Conques-sur-Orbiel, Cuxac d'Aude, Espéraza, Ferrals-des-Corbières, Ginestas, Lacassaigne, Laurabuc, Laure, Lézignan, Limoux, Saint-Hilaire, Montréal d'Aude, Narbonne, Névian, Pennautier, Pexiora, Rieux-Minervois, Saint-André-de-Roquelongue, Saint-Nazaire, Saint-Papoul, Sallèles d'Aude, Tourouzelle, Trèbes et Villedaigne.

    La très grande partie de ces responsables locaux sont de grands propriétaires viticoles. Nous retrouverons leurs noms associés au Service d'Ordre Légionnaire, puis à la Milice de l'Aude à partir de février 1943. Ils soutiennent le régime de Vichy et la collaboration avec le Reich, vers lequel ils exportent le vin. Autant dire que si la réunion du 26 avril porte essentiellement sur le Félibrige - Maurras admire Frédéric Mistral - elle ne peut-être que politique. A ce sujet, laissons la parole au chroniqueur de l'Action Française qui en donne un compte rendu.

    Capture d’écran 2023-11-14 à 10.35.48.png

    "Poursuivant sa tournée de conférences, Charles Maurras parlait mercredi soir au Théâtre municipal de Carcassonne. Présenté en langue d'Oc par l'abbé Salvat, félibre majoral, qui lui dit toute l'émotion qu'il ressentait à l'accueillir dans la ville où lui même avait fait ses études secondaires, notre directeur exposa longuement, devant un auditoire nombreux et attentif, l'oeuvre de Mistral, sous les trois aspects du nouvel Etat français : Travail, Famille, Patrie.

    De longs et vigoureux applaudissements saluèrent le conférencier et, avant de se séparer, l'assistance écouta debout "La Marseillaise". M. Cabouat, préfet de l'Aude, qui n'avait pu assister à cette manifestation d'une haute tenue littéraire, s'était fait représenter par M. Rousseau, chef de cabinet.

    Nous avions également remarqué parmi les personnalités présentes MM. Jourdanne, maire de Carcassonne ; Clément, Inspecteur d'Académie ; le colonel Imbart, représentant le général Guizard, président du Secours National ; Gélis, président de la Légion française des combattants, et le chanoine Sabarthe, vice-président ; le commandant Mercury, retenu par son service, s'était fait représenter ; le chanoine Cannac, supérieur du Petit Séminaire ; le pasteur Sellier ; Pierre Embry, bibliothécaire de la ville ; le vice-président de la Chambre de commerce, etc.

    Notons enfin la présence du comte Christian de Lorgeril, président des Amis de l'Action Française, qui avaient organisé cette manifestation au profit de la Légion Française des Combattants et du Colis du Prisonnier, ainsi que celle de M. Level, représentant de Monseigneur le Comte de Paris.

    A la sortie de la conférence, les Amis de la l'Action Française se réunirent dans une salle de l'hôtel Terminus et le comte de Lorgeril présenta à Maurras les nombreux groupements venus à bicyclette des communes avoisinantes, notamment le vaillant groupe de Laure-Minervois."

    Charles Maurras est condamné le 27 janvier 1945 par la cour de justice de Lyon pour Haute trahison et intelligence avec l'ennemi. Il est déchu de son siège à l'Académie française.

    Sources

    Journal de L'Action française / 16 mai 1942

    ___________________________

    © Tous droits réservés / Musique et patrimoine / 2023