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Musique et patrimoine de Carcassonne - Page 72

  • Jean Alboize (1851-1904), critique d'art Carcassonnais

    Jean Baptiste Alboize naît à Carcassonne le 1er novembre 1851. Son père Jean Dominique est un riche négociant du quartier de la Barbacane qui possède une belle fortune personnelle et plusieurs propriété dont le domaine Sainte-Eulalie à Badens. Après ses études de droit, le jeune Alboize vient à Paris et n’ayant pas de préoccupations matérielles, il fréquente les cercles de la littérature et des arts. En 1881, le retrait d’Arsène Houssaye de la revue « L’Artiste » après trente années de collaboration, permet à Jean Alboize d’en devenir acquéreur.

    Alboize

    © Mario Ferrisi

    Achille Rouquet, Achille Laugé, Jean Alboize, Achille Astre

    Fondé en 1831 par Achille Ricourt avec Jules Janin pour rédacteur en chef, l’Artiste se jette à crops perdu Das la mêlée romantique. Ses collaborateurs s’appellent alors Chateaubriand, Lamartine, Alfred de Musset, Balzac, Mérimée, Gozlan, Sainte-Beuve, Georges Sand, etc. Les beaux-arts sont représentés par Delacroix, Decamps, Huet, Deveria, Roqueplan, Raffet, etc. Achille Ricourt, se débat au milieu de difficultés sans nombre pour continuer sa Revue dans la caisse, disait Monsclet, était plus pleine de roses que d’écus. Enfin, il succombe en 1838, et dépose les armes avec cent mille francs de dettes. Jules Janin lui succède, comme directeur, jusqu’en 1844, soutenu par Delaunay, un dilettante, qui abandonne également la partie après avoir gardé seulement de quoi vivre pauvrement en province. En 1844, Jules Janin cède à son tour sa place de directeur à Arsène Houssaye qui l’occupe, pour la première fois, jusqu’en 1849, époque à laquelle il administrateur du Théâtre-Français, laissant l’Artiste à Edouard Houssaye et Xavier Aubryet. Les nouveaux possesseurs choisissent, pour rédacteur en chef, Théophile Gautier qui demeure à son poste de combat jusqu’en 1860, et ne se retire que devant Arsène Houssaye qui reprend la revue et la garde jusqu’en 1880. C’est de lui que Jean Alboize la recueillir et la continua jusque’à sa mort. (Gaston Schéfer)

    Alboize

    Le 19 janvier 1886, Jean Alboize se marie à Paris avec Jeanne Marguerite Gieules dont il aura deux enfants : Dominique Julien né le 22 novembre 1886 à Paris et Geneviève Louise Claire (1900-1981). En 1892, Il lance un supplément à l’Artiste qui paraît tous les trimestre : « Les peintres-lithographes ) Album de l’Artiste. Toutefois, la revue connaît des difficultés, les ventes s’effondrent et elle ne paraît plus que mensuellement. Alboize continue sa collaboration avec la Revue méridionale dans laquelle, il ne cesse de faire connaître la vie et l’œuvre du peintre Carcassonnais Jacques Gamelin. Aussi, lorsque la Grande encyclopédie et le Grand Larousse prétendent que Gamelin n’était pas coloriste, Alboize s’élève contre cette idée largement reprise dans d’autres journaux. C’est durant l’année 1898 qu’il fonde un Comité pour l’exécution d’un buste de Gamelin ; il sera réalisé par Falguière et inauguré à Carcassonne lors du passage des Cadets de Gascogne.

    Alboize

    Le 3 février 1899, il devient sous parrainage du compositeur Paul Véronge de la Nux, Chevalier de la légion d’honneur. Il ne cesse d’enrichir sa collection d’œuvres d’art et poursuit sa quête de notoriété en faveur de Gamelin. A la société « Les enfants de l’Aude » dont le siège se trouve 85 rue Richelieu, Alboize donne une conférence le 9 juin 1901 sur son peintre favori au milieu d’un parterre d’intellectuels dont les frères Sarraut. Au mois de novembre 1901, Jean Alboize est nommé par le gouvernement au poste de Conservateur du château de Fontainebleau, dont il va faire procéder à la restauration et à l’aménagement de plusieurs salles.

    Alboize

    © Jacques Blanco

    Le critique d’art n’aura cependant pas le temps d’aller au bout de ses projets ; le 4 mars 1904, il est emporté brutalement par une angine de poitrine. Ses obsèques ont lieu au cimetière Saint-Michel à Carcassonne quatre jours plus tard. On ne tarda pas à mettre aux enchères chez Drouot sa grande collection ; il possédait deux Gamelin : « La mort de Socrate (encre de Chine) et Scène champêtre (dessin).

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  • Le buste du peintre Jacques Gamelin par Jean Alexandre Falguière

    Sous le péristyle du Musée des Beaux-arts de Carcassonne, un peu à l’écart mais encore posé sur son piédestal en marbre de Caunes-Minervois, se trouve le buste du peintre Jacques Gamelin. Le bronze de cet artiste Carcassonnais dont la ville conserve de nombreuses toiles dans ses collections, a été sculpté par Jean Alexandre Falguière (1831-1900) à la demande de Jean Alboize (1851-1904). Initiateur d’un Comité en vue de l’érection de cette œuvre à l’occasion du passage des Cadets de Gascogne à Carcassonne en août 1898, le critique d’art et conservateur en chef du château de Fontainebleau, obtint que Falguière se départit de son travail à titre gracieux. Le Comité n’eut à régler que les 1200 francs nécessaires au moulage, à la fonte et à la construction du piédestal. L’État participa à hauteur de 500 francs à titre de subvention pour les frais d’expédition de la sculpture.

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    En mai 1898, l’exécution du buste était fort avancée comme put le constater Alboize dans l’atelier de l’artiste à Paris. Le 12 août 1898, son inauguration eut lieu lors des festivités organisées par la ville pour la venue des Cadets de Gascogne en présence de MM. Jules Sauzède (Maire), Georges Leygues (Ministre), Henri Roujon (Directeur des Beaux-arts), Jean Alexandre Falguière, Benjamin Constant, Mercier, J-P Laurens, Dujardin-Beaumetz, Achille Laugé, Le Roux, Henri Martin, Mounet-Sully, Larrounet, Blagé, Boyer, Chincolle, Lapauze, Maurice et Albert Sarraut, Jean Alboize. Après que l’on a retiré le voile qui couvrait le buste, la foule s’écria d’une même voix : « Vive Gamelin ! Vive Falguière ! »

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    Jean Alexandre Falguière

    Le Carcassonnais Alboize prononça un vibrant discours en mémoire de Gamelin, retraçant sa vie. Après quoi, Henri Roujon remit les insignes d’Officier d’académie à MM. Achille Mir, Achille Laugé, Achille Rouquet et Journet.

    Le buste de Gamelin est de notre point de vue une œuvre remarquable, exécutée par l’un des plus grands sculpteurs de son temps. Nous aimerions tant qu’il figure à nouveau au centre du péristyle, afin qu’il puisse être admiré à sa juste valeur. Un jour peut-être le Musée des Beaux-arts de notre ville portera t-il le nom de notre illustre peintre ? C’est une idée dont je ne suis pas à l’origine, mais qu’il me plaît de transmettre à qui voudrait bien l’entendre. Notons qu’il existait un buste de Gamelin fils que M. Gayraud, Vice-Consul du Portugal, avait offert à la Société des Arts et des Sciences de Carcassonne en 1890. Où se trouve t-il ?

    Sources

    Le courrier de l'Aude, Le temps, La dépêche

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  • La construction du C.E.S 600 "Collège du Viguier" sur l'Allée des pins en 1966

    En vertu de deux délibérations communales en date du 12 juillet et du 18 octobre 1962, la Ville de Carcassonne, suivant acte passé devant Me Courrière, notaire, se porte acquéreur au mois de novembre de plusieurs parcelles de terrain du domaine de Saint-Jacques. Vendues par M. Denis Louis Ferrand, elles sont achetées pour la somme de 1 586 380 francs et représentent une surface totale de 79319 m2. Ces terrains devront être partagés pour une partie par la construction du futur C.E.S 600 ; l’autre partie sera rétrocédée à l’Office départemental H.L.M pour la construction d’immeubles d’habitations. 

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    Deux ans plus tard, le Conseil municipal entérine la construction du futur collège par délibération communale en date du 30 novembre 1964. L’État octroie 50% de subvention à la ville pour l’apport du terrain. Celle-ci aura à sa charge l’aménagement des voies d’accès ainsi que l’acheminement de l’eau, du gaz et de l’électricité. En 1965, elle confie la maîtrise de l’ouvrage à l’État qui lancera un appel d’offre national après avoir choisi son architecte. Il s’agit de Pierre-André Le Breton, connu dans la Manche pour avoir eu en charge la reconstruction de nombreuses églises et fermes après la libération du pays. La réalisation est envisagée sous la forme d’une construction industrialisée avec ossature en métal et murs rideaux, constitués par des panneaux Glassal, aussi bien en allège qu’en longs pans. Le plancher sera constitué par des poutres métalliques avec remplissage en béton armé.

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    A partir de 1965, le Centre Expérimental de Recherches et d’Etudes du Bâtiment et des Travaux Publics entreprend l’étude des sols du futur collège. Au total huit sondages seront nécessaires afin de laisser la place aux premiers travaux qui débuteront le 1er mars 1966. Il est également prévu la construction d’un gymnase de type B, deux gymnases de type A, une piste de course à pied, les salles de l’administration et les logements de fonction. 

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    Dans le cadre de la loi sur le 1% artistique, la Commission de la création artistique avait agréé le projet proposé par Jean Camberoque. L’artiste Carcassonnais réalisera deux œuvres. Il s’agit de deux murs sur le garage à bicyclettes. Le premier représente une série de reliefs verticaux qui symbolisent la complexité de la nature humaine ; le second, un groupe de formes ovoïdes sculptées évoquant le vol des oiseaux migrateurs. Jean Camberoque effectuera en 1968 le même type d’ouvrage au collège Frédéric Mistral de Nîmes.

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    © Charles Camberoque

    Jean Camberoque au travail 

    Six mois seulement après le début des travaux, les 600 élèves dont 500 pensionnaires prendront possession des lieux à la rentrée du 15 septembre 1966. Si l’accueil en salle de classe est possible, les voies d’accès ne seront pas réalisées avant la réception définitive des travaux. Pendant ce temps, les collégiens pataugent dans la boue et les parents d’élèves se plaignent auprès du maire de Carcassonne de l’état de la voirie. Retardée par les évènements de mai 1968, l’inauguration aura lieu le 28 du mois suivant en présence de G. Riste, principal du collège.

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    © L'Indépendant

    Le futur collège Alain

    Ce collège, qui porte le nom du philosophe Alain, va être rasé cette année. Le Conseil départemental a décidé d’en construire un tout neuf à sa place ; il nous paraissait normal de rappeler l’histoire de cet établissement avant sa destruction. Le nouveau collège sera l'œuvre de l'architecte Montpelliérain Emmanuel Nebout.

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