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Musique et patrimoine de Carcassonne - Page 294

  • Nous sommes tous des assassins !

    Le célèbre réalisateur Carcassonnais André Cayatte - enfin, surtout connu en dehors de sa ville natale - est l'auteur d'un film sur la peine de mort qui défraya la chronique nationale en 1952.

    "Nous sommes tous des assassins" 

    Prix du jury

    au

    Festival de Cannes.

    Les rôles principaux sont tenus par le chanteur Mouloudji et l'acteur Raymond Pellegrin, ce dernier étant connu du grand public pour avoir prêté sa voix à Fantomas.

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    Le synopsis nous révèle l'histoire d'un ancien résistant qui après la Libération se transforme en meurtrier. Arrêté et condamné à mort, il se retrouve en cellule avec d'autres assassins. Son avocat cherchera à le sauver en mettant en cause la société, responsable - selon lui - d'être à l'origine du comportement meurtrier de son client.

    L'affaire André Tejerons

    Ce que la majorité des gens ignorent, c'est que ce film et plus largement la prise de position - courageuse pour l'époque - d'André Cayatte contre la peine de mort - lui ont été inspirés par un fait divers tragique ayant eu pour cadre Saint-Hilaire. Le 9 février 1924, André Tejerons condamné à mort pour meurtre est guillotiné dans la cour de la Maison d'arrêt de Carcassonne. Il s'agit de la dernière exécution capitale dans notre ville, avant l'abolition de la peine de mort en 1981.

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    Le 6 mai 1923, dans un champ en flamme à la sortie de Saint-Hilaire en direction de Ladern-sur-Lauquet, Basile Pistre - le propriétaire - découvre un corps carbonisé dans une meule de foin. Le Dr Piquemal de Limoux constate sur le cadavre non identifiable des traces de strangulation et son crâne défoncé. Les gendarmes enquêtent au village et arrêtent Jaime Ibanez. Ce dernier passe aux aveux ; il indique avoir participé à l'assassinat de Jose Torres sous les ordres de Tejerons. Accusé de la sorte, il se défend et nie en bloc les accusations de son comparse. Le mobile de cette machination préméditée serait le vol de l'argent de Torres avant son départ pour l'Espagne. 

    Ibanez et Tejerons sont renvoyés vers la Cour d'assise. Durant le procès, Tejerons n'aura de cesse de chercher à prouver son innocence grâce à des alibis plus que logiques. Un témoignage confirme ses dires, concernant sa présence sur les lieux et l'objet contondant du crime qui ne lui appartient pas. Qu'importe ! Le tribunal ne s'appuie que sur les dires d'Ibanez qui, cherchant à sauver sa peau, charge Tejerons de la responsabilité du meurtre. Le verdict de la Cour condamne Ibanez aux travaux forcés perpétuels et Tejerons, à la peine capitale. Me Riart, son avocat, se pourvoit en cassation contre l'arrêt de mort. Rejet, le 13 décembre 1923. Il ne reste plus que la grâce présidentielle que son avocat va tenter d'obtenir lors d'un voyage à Paris. Tejerons est confiant... jusqu'au matin du 8 février 1924.

    Le réveil du condamné

    (Le petit méridional / 9 février 1924)

    Vendredi matin, à 6 heures, le condamné fut réveillé par M. Couréjelongue, procureur de la République, entouré de MM. Galy, substitut ; Uzac, juge d'instruction, Aurifeuille fils, greffier en chef ; Journet, commis-greffier ; Grillères, secrétaire de parquet ; Me Riart et l'abbé Séverac, aumônier de la prison ; M. Suberville, comme interprète. 

    On lui apprend que son recours en grâce étant rejeté, le moment est venu, pour lui, de payer sa dette à la société. En espagnol, il s'écrie :

    "No me mate, no me mate !" (Ne me tuez pas)

    Son avocat, lui répond : "Courage et meurs en bon Aragonais."

    L'abbé Séverac lui demande s'il veut se confesser et assister à la messe. Il y consent. On lui offre un verre de rhum qu'il accepte, puis il fume des cigarettes. M. Deibler (le bourreau, ndlr) qui l'attendait au greffe de la maison d'arrêt procède à sa toilette. Au moment où il était en train de lui lier les mains derrière le dos, Tejeron dit : "Ne me faites pas mal !"

    La funèbre machine est dressée face à la grande porte de la maison cellulaire sur le trottoir, Rejeton paraît entre les aides qui le maintiennent et est suivi des membres du Parquet, de Me Riart et de l'abbé Séverac. A ce moment l'assassin n'est qu'une loque. Il n'exprime plus rien : ni regret, ni peur, ni repentir.

    On le pousse sous la bascule. Le couperet tombe. Justice est faite.

    L'origine du combat de Cayatte

    "L'abbé Séverac a assisté le fameux Tejerons lors de son exécution capitale. Très impressionnable, il n'a pas résisté à cette tragique émotion. Rapidement, on l'a vu dépérir et il est mort après de cruelles souffrances, victime du devoir généreusement accompli. (La semaine religieuse / 12 juillet 1924)

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    André Cayatte qui n'avait que 15 ans à l'époque des faits vivait à Carcassonne avec ses parents au-dessus de l'épicerie qu'ils tenaient dans la rue Denisse. L'abbé Séverac était un cousin de la famille et cette histoire a formellement traumatisé le jeune adolescent ; il s'est juré de lutter toute sa vie contre l'implacable machine judiciaire. On retrouve dans un grand nombre de ses films cette thématique, comme dans Mourir d'aimer avec Annie Girardot.

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    André Cayatte a été homologué pour faits de résistance après la Libération. Son dossier se trouve aux archives de la défense à Vincennes.

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    La maison natale de Cayatte, rue Denisse

    On attend toujours une plaque sur cette maison. 

    Sources

    Le petit méridionnal / 9 février 1924

    Les grandes affaires criminelles / Clément Cartier

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  • Plus d'un an après ? Quelle célérité !

    Suite à la diffusion de notre article sur le changement de plaques dans la rue Pierre Germain au profit d'un orfèvre de Louis XIV, la mairie s'étant rendue compte de son erreur a fait remplacer rapidement hier les six plaques posées. Quelle célérité ! Heureusement qu'il y a des personnes embauchées par la ville ayant fait de longues et nombreuses études, sinon ce serait la fin de notre civilisation. Ce n'est pourtant pas une première... Souvenez-vous qu'en 2012 nous avions fait changer la rue Jacques Offenbach devenu Suédois par la volonté d'un employé communal, pour lequel cela devait être trop souvent "Open bar" chez lui. 

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    Carcassonne regorge encore de belles surprises. Je ne résiste pas à vous communiquer l'article paru ce matin dans le canard en question.

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    © La dépêche / JL Bibal

    L'orfèvre n'aura tenu qu'un an... 

    "La rue Pierre-Germain est au centre de toutes les attentions. Que ce soit sur le net ou en ville, les réactions ne se sont pas fait attendre. En effet, la mairie de Carcassonne a procédé au renouvellement des plaques de cette rue il y a un peu plus d'un an, et a confondu le compositeur avec son homonyme parisien. Pierre Germain est un célèbre compositeur chaurien né le 24 décembre 1817 à Castelnaudary et mort le 3 janvier 1891 à Carcassonne. C'est d'ailleurs cette même année, que le nom de la rue lui a été attribué. Les plaques de rue de la ville ont pour objectifs d'alimenter le devoir de mémoire et de rendre hommage aux personnalités locales. Mais voilà qu'en un tour de colle, ce dernier est devenu orfèvre du roi Louis XIV, né en 1645 et mort en 1684. «Ne sachant pas qui était cet illustre Audois et surtout n'ayant que Wikipedia sous la main, ils sont allés chercher un homonyme qui n'a rien à voir avec Carcassonne», s'indigne un internaute. Pourtant, il suffisait de faire quelques pas supplémentaires pour observer les anciennes plaques indiquant correctement qu'il était «musicien, compositeur, organiste». Même s'ils sont plusieurs habitants à n'avoir rien remarqué, d'autres se demandaient si «c'était fait exprès». Un habitant de cette rue s'étonne : «J'ai emménagé il y a un an et je croyais qu'elle était en deux parties. Moi, je suis dans celle du compositeur ! Je trouvais ça inhabituel et rigolo d'avoir un nom de rue consacré à deux personnes ». Son voisin, lui, ne trouve pas ça amusant du tout et considère «que la mairie aurait pu faire gaffe et prêter un peu plus d'attention à ce qu'elle écrivait».

    L'historien Claude Marquié est également surpris par cette confusion. «Pour moi, il n'y a qu'un seul Pierre Germain dans la région et il s'agit d'un compositeur. Je pense qu'il y a erreur. Ils se sont certainement trompés», analyse-t-il. Alors que lundi après-midi, nous contactions la mairie pour avoir plus de renseignements, la balle était sans cesse renvoyée entre l'urbanisme et le service technique. Anny Barthès, conseillère municipale déléguée au Patrimoine, nous a finalement rappelé en fin de journée et a reconnu, au cours de cette discussion, qu'une «erreur» avait été faite. «Nous allons changer les plaques et remettre la bonne dénomination avant septembre. Dans un premier temps, nous allons retirer toutes les fausses», assure-t-elle. Aussitôt dit, aussitôt fait ! Hier matin, des agents de la mairie étaient déjà sur place pour procéder au changement des plaques. «Nous avons retiré six plaques erronées et les avons remplacés par des plaques neutres. Ce sont des plaques provisoires en attendant de recevoir les bonnes», expliquent-ils. Cette étourderie a donc été rapidement rectifiée et la rue Pierre-Germain rendra à nouveau hommage au compositeur, comme il se doit."

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  • Carcassonne en juillet : On aime ou on n'aime pas ?

    On aime

    La rénovation des façades

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    Sans aucun doute, quelque chose qui se voit est en train de changer dans la rue de Verdun. Les travaux de rénovation des façades des vieux immeubles commencent à porter leurs fruits, même si la tâche est immense. Dans cet axe semi-piétonnier depuis si longtemps en déshérence, on commence à voir les choses évoluer dans le bon sens. Reste une objection tout de même... Il n'est pas aisé de circuler au milieu des échafaudages pendant l'été.

    La propreté

    Les gens sont sales, mais le centre-ville est propre. Il semble que des mesures coercitives prises à l'encontre des usagers en appui des agents de propreté portent leurs fruits.

    Les panneaux historiques

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    © chroniques de Carcassonne

    Cela faisait six ans que ce blog réclamait à corps et à cris ce type de panneaux pour une ville classée Patrimoine mondial. Carcassonne accusait un retard de quinze ans - au moins - sur des villes n'ayant pas le quart de sa richesse patrimoniale. En 2013, la municipalité précédente avait lancé une étude et une campagne afin de choisir les nouveaux panneaux. La nouvelle a repris le dossier en main, mais visiblement n'a pas retenu le type de signalisation de la précédente. Sans trouver cela moche, le ton est quand même criard.

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    Au dos du panneau, un texte venant en appui d'une jolie iconographie explique l'histoire de notre ville. Là, il s'agit  de la Bastide, du musée des beaux-arts et du square Gambetta. Concernant ce dernier, on glorifiera sa conceptualisation en se gardant bien de montrer ce qu'il y avait avant et surtout, en évitant d'évoquer la place stalinienne réalisée entre 2008 et 2015. Quand on fait de l'histoire, on se doit de ne pas faire d'impasse sinon on fait de la communication. Je regrette également, qu'il n'y ait pas un mot pour la maison de l'illustre compositeur Paul Lacombe - pourtant placée juste en face du panneau. Malgré ces quelques objections, cette signalisation se montre à la hauteur de l'enjeu touristique.

    Le Tour de France

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    Le départ de l'étape Carcassonne - Montpellier le 13 juillet depuis la place du général de Gaulle, a rassemblé des milliers d'amoureux de la petite reine. On a croisé de très nombreux étrangers - surtout britanniques - dans les cafés et restaurants à proximité. L'hôtel des trois couronnes accueillait déjà depuis la veille toute l'équipe italienne Lampre.

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    Ce commerce situé sur le boulevard Camille Pelletan pour sa belle vitrine aux couleurs nationales, avec son vélo et divers accessoires faisant référence au Tour de France. Nous n'avons compté que deux à l'intérieur de la bastide. 

    La réfection de la chaussée

    Qui dit Tour de France, dit : Adieu aux nids de poules ! Enfin, seulement à l'endroit où doivent passer les coureurs. C'est pour cela que les Carcassonnais ont droit désormais à un véritable billard devant la gare S.N.C.F. A ce rythme, un TDF chaque année et en dix ans, la voirie sera impeccable.

     

    On n'aime pas

    La communication municipale

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    Quelle tristesse ! Cette photographie a été prise le 12 juillet ; pas une affiche annonçant le Tour de France n'a été posée en vitrine de l'Office du tourisme. A l'intérieur, pas un maillot jaune ou même un fanion ; c'est l'absence totale de décoration. Sur les boulevards, si les oriflammes du festival de la Cité sont bien visibles, ceux du Tour de France sont presque inexistants. La seule décoration municipale se résume à la place Carnot, autour de laquelle il avait été accrochée une banderole minimaliste de maillots cyclistes en papier. 

    Les réseaux sociaux

    Sur Facebook, ce fut une déferlante négative des Carcassonnais à l'encontre du Tour de France. L'un peste contre le fait qu'il ne pourra pas se rendre à son travail ; l'autre, que c'est de l'argent de ses impôts dépensé pour rien. Tel commerçant, annonce qu'il fermera son magasin pendant trois jours car personne ne viendra chez lui. Bref, un catalogue de mauvaises intentions qui en dit malheureusement long sur la mentalité générale de cette ville...

    Le plan de circulation

    Nous sommes le 12 juillet, il est 20h30 et je désire rentrer chez moi dans le quartier du Dôme. Dans le journal du matin, un plan dressé par les services de la ville indiquait que la circulation serait fermée le 13 juillet vers le centre ville, à partir du rond point de l'ancien hôpital à partir de 7h du matin. Seul un accès pour les riverains vers le quai Bellevue serait autorisé en passant par la piscine du païcherou. Quant au centre ville, seul le stationnement serait interdit la veille (12 juillet), laissant penser que l'on pourrait circuler.

    Ce 12 juillet à 20h30, revenant de Villalbe avec ma voiture immatriculée dans la Haute-Vienne, je me heurte à un barrage en haut du boulevard Barbès. J'ouvre alors ma vitre et demande aux deux agents municipaux en faction, comment faire pour rentrer chez moi dans la rue de la digue. Il suffit de descendre le boulevard et de tourner à l'angle du café du Dôme, soit 500 mètres environ. L'un des deux ayant vu ma plaque, m'indique que la circulation est fermée depuis 20 heures. Je lui rétorque que dans le journal ce n'était pas explicite, ce à quoi il répond que des annonces ont été faites sur les radios. Lesquelles ? Je n'écoute que France Info. 

    Je commence à leur dire que je suis né ici - mon accent ne trompe personne. L'un des deux plus accommodant semble vouloir me faire passer - d'autant plus que le boulevard est vide -, mais son chef a le visage fermé. Comment dois-je faire pour rentrer chez moi ? Si vous connaissez Carcassonne, vous passez par la piscine du païcherou, me dit-il. La barrière sera ouverte ? Oui, répond-il avec assurance et comme si cela ne suffisait pas, il ajoute que toutes les dispositions ont été prises.

    Me voilà donc reparti vers le païcherou... Quand j'arrive à hauteur de la barrière qui bloque l'accès à la piscine, je constate avec effroi qu'elle est bien fermée. Comment suis-je rentré chez moi ? J'ai pris une certain nombre de rues du quartier des capucins en sens interdit, dont la rue du 24 février devant le cimetière Saint-Michel. Voilà comment, la police vous oblige à vous mettre hors-la-loi et en danger, quand il suffit parfois d'un peu de souplesse, de compréhension et surtout... de communication.

    Les oubliés du TDF

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    Grâce au piston de la pompe à vélo, certains ont pu bénéficier d'un accès au village du Tour de France situé dans la contre allée du boulevard Barbès. On regrettera que personne parmi les élus n'ait pensé à donner un sésame à notre ami Jacques Blanco, considéré comme le Jean-Paul Olivier local. Qui mieux que lui connaît l'histoire du cyclisme à Carcassonne ? Il a dans sa musette plusieurs conférences sur le sujet à la Société scientifique de l'Aude et surtout, il a aidé dans un passé récent élus et journalistes sur le sujet. Dernièrement, un article du journal local n'a fait que reprendre ses notes mais n'a pas cité son nom. Alors, ceux qui ce sont fait photographier à côté de Poupou aurait pu avoir la délicatesse de penser à Jacquo, qui lui  sait ce que souffrir sur une selle signifie. Désolé Jacques, mais il fallait que je l'écrive. Tu vois, cela n'arrive pas qu'à moi... avec Paul Lacombe.

    La braderie

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    Bonne idée, la braderie ! Cela fait au moins 30 ans qu'elle existe chaque 14 juillet à Carcassonne. Posons-nous, simplement une question. Pourquoi donc continuer à la faire, quand la majorité des commerces de la Bastide n'y participent pas ? On voit bien que les enseignes nationales franchisées qui ont leur propre tempo en matière de soldes ou de remises, n'ont que faire de la braderie. Elle ne sortent même pas un étal. Aussi, voit-on dans la rue de grands trous qui ne sont plus comblés par des ambulants, n'ayant plus le droit d'y venir. Devant les commerces fermés et vides, ces marchands de fripes pourraient au moins cacher la misère. Pour terminer sur une note positive, on a aimé le marché des producteurs sur la place Carnot.

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