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Seconde guerre mondiale - Page 8

  • Fernand Fau exécuté par la Résistance à Conques le 18 août 1944

    Jean Fau, s’inquiète. Depuis le 17 août au soir, son fils n’est pas réapparu au domicile familial situé dans la rue Barbacane à Carcassonne. S’il ne connaît à priori rien de ses activités, la durée de son absence pose un certain nombre de questions. La réponse, il va la trouver cinq jours après  au détour d’une conversation. On aurait retrouvé le corps sans vie d’un homme âgé d’une vingtaine d’années, près de Conques-sur-Orbiel. Le signalement que l’on donne semblerait concorder avec la description de son fils cadet. Fernand Fau, natif de Hounoux dans l’Aude, s’est retiré avec ses parents à Carcassonne. Après ses études primaires à l’école de la Cité, il se fait remarquer parmi les espoirs de l’ASC XIII. Grand et taillé comme une armoire à glace, la chevelure frisée, Fernand Fau impressionne. Autant dire qu’il ne passe pas inaperçu en ville. Il n’a que seize ans lorsque la guerre éclate. Il ira travailler à la Société Méridionale de Transport de Force pendant l’Occupation. Seulement voilà… Fernand mène une vie parallèle peu recommandable. Il infiltre les maquis, renseigne les services du S.D (Gestapo) et permet de démanteler les réseaux locaux de résistance. Il est d’ailleurs référencé sous un numéro d’agent par le S.D régional de Montpellier, dirigé par le Dr Tanzman. Bon garçon, capable de se dissimuler sous n’importe qu’elle apparence, Fau peut aisément jouer le double jeu. Une pratique très répandue sous l’Occupation. Inscrit également à la Milice, il possède de multiples relations dans les deux camps.

    A ses tableaux de chasse, on accroche le Corps Franc de la Montagne Noire, le maquis Armagnac et l’arrestation de Jean Bringer, Ramond et Delteil. Nous verrons que ce garçon a très souvent servi les intérêts de résistants peu scrupuleux, payant rubis sur l’ongle. Double rémunération, si l’on compte celle qu’il recevait de la Gestapo. Fau l’a payé de sa vie. On lui a mis ensuite sur le dos l’ensemble des affaires, sans rechercher ceux qui en étaient véritablement à l’origine. Les commanditaires de l’arrestation de Bringer, de l’anéantissement du maquis de Trassanel. Ceux qui, à de nombreuses reprises, ont déclaré un traitre dans chaque mort suspecte. Qui sont-ils ? Une conjuration hétéroclite dont les intérêts convergents, tant politiques que crapuleux, ont décimé un grand nombre de vrais patriotes. Au mois d’août 1944, on sait que la guerre est perdue pour les Allemands. L’ennemi une fois chassé, l’heure des comptes va sonner. On a laissé fuir René Bach, l’interprète de la Gestapo. Le même jour, Fau est tombé avec confiance dans un guet-apens, organisé par ceux qui avaient intérêt à ce qu’il se taise. L’avantage avec les morts c’est qu’ils ne parlent plus, c’est que tout peut être mis sur leur dos.

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    Lieu de l'exécution de Fernand Fau

    Ce 22 août 1944, Jean Fau se rend donc à bicyclette à la mairie de Conques. Le premier magistrat identifie la victime d’après la photographie que lui tend le père. Son fils avait bien à la base du cou la cicatrice, encore récente, de six agrafes posées pour l’extraction d’un furoncle. Curieusement, l’opération avait été exécutée par le Dr Delteil dans sa clinique, quelques jours avant l’arrestation de Bringer. La clinique du Bastion, nid d’espions ! Jean Fau ne verra pas Fernand, il a été inhumé dans le cimetière de Conques après les constatations du Dr Fabre : « Mort foudroyante par arme à feu tirée à la base de la nuque ».

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    Le corps transporté par le chemin jusqu'à la cabane

    Le vendredi 18 août vers 11h45, des enfants qui jouaient aux abords de Conques, ont vu s’arrêter deux voitures. Deux ou trois hommes en sont sortis. Un paquet volumineux a été transporté près d’une cabane. Aussitôt, ces gosses sont allés prévenir des femmes qui traversaient le champ voisin. Les gendarmes, une fois sur place, trouvèrent une voiture abandonnée sur la route départementale, dans le sens Villegailhenc - Conques. Près de la cabane, gisait le corps sans vie d’un homme sous un tas de fagots. On apprit que le véhicule appartenait à Léon Roger, propriétaire du domaine de Jouclary.

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    Le domaine de Jouclary

    Des auditions, l’enquête de gendarmerie révèle que le véhicule de M. Roger a été réquisitionné par quatre hommes dont la victime. Vers 10h30, ils se présentent à son domaine a bord d’une Peugeot 302. Le conducteur et le passager demeurent à l’intérieur de la voiture. Il s’agit de Fernandez dit « Bastide et d’Henri Caillet. Les deux autres, Fernand Fau et celui que nous identifieront comme étant le Dr Pierre Roueylou, montrent le bon de réquisition.

    F.F.I    Bon de réquisition  Camp Faïta

    Valable pour une voiture Citroën, 11cv, Légère, T. Bon état

    Réquisition à M. Roger à Jouclary, Commune de Conques

    À Conques, le 18 août 1944

    Le commissaire technique,

    Michel 350006

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    Citroën 11cv

    Ce bon de réquisition émanant du maquis communiste Faïta leur permet de se saisir d’un véhicule inapte à rouler, car sans batterie. A l’aide d’un câble, la voiture est mise en remorque. Elle va être tractée par la 302 avec laquelle ils sont arrivés. Monsieur Roger déclare aux gendarmes qu’il a entendu Fau appeler son compagnon « Pierrot ». Or, nous verrons, cela ne peut être que Pierre Roueylou. La 302 démarre avec à son bord Fernandez et Caillet. Elle entraîne la Citroën en remorque conduite par Fau ; à l’arrière, se trouve l’assassin donc, nous le supposons, le Dr Roueylou. A un kilomètre environ du point de départ, Fernand Fau va être exécuté.

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    Peugeot 302

    Le passager de la 302 fait un signe avec le bras en guise de signal. La voiture s’arrête en un endroit dépourvu d’habitations, mais proche de Conques. Exactement, en haut de la côte de la RD 35. Le passager à l’arrière du véhicule remorqué, saisi son arme et tire une balle dans la nuque de Fau qui tient le volant. Le coup est rapide, fatal. La balle a traversé le pare-brise, les coussins sont maculés de sang. Le forfait accompli, les trois hommes saisissent la victime et la cachent derrière une cabane sous un tas de fagot. C’est à quelques détails près ce qui s’est réellement passé. L’enquête de gendarmerie et le constat médical le confirment. Tout le reste n’est que mensonge lors des auditions sur l’assassinat de Fau, réouvert à l’occasion du jugement de Joseph Robert pour trahison.

    Figurez-vous qu’en 1945, la justice républicaine va s’intéresser de près au cas de Jo Robert. Cet agent de la Gestapo, membre du P.P.F, répond de ses crimes devant un tribunal. C’est un ami de longue date du résistant Pierre Roueylou, interne de l’hôpital de Carcassonne et cousin d’Henri Négrail de Limoux. Or, Roueylou prétend que Robert a travaillé pour la Résistance et qu’à sa demande, c’est lui qui a exécuté Fau. Que seul Robert, en qui Fau avait confiance, aurait pu l’entraîner dans ce guet-apens. La diligence de Roueylou à faire de Robert un patriote surprend. La ficelle est beaucoup trop grosse. Il déclare que dans la voiture, Robert a demandé à Fau de lui passer son arme parce qu’il y avait des résistants dans le coin. Qu’au moment du signal, Robert à tiré sur Fau en disant ceci : « Au nom de la Résistance, je te tue ». Quel beau roman ! En vérité, nous croyons que c’est Roueylou « Pierrot » qui a tué un témoin gênant. Celui qui aurait pu donner les noms des commanditaires de l’arrestation de Bringer et du massacre de Trassanel, cachés près de Roullens avec le maquis de Villebazy. Le 7/65 c’est Jo Robert qui le lui a remis.

    L’élimination de Fau a été préparé à l’avance depuis la Boulbonne, domaine appartenant au Capitaine Fourcade. Là, s’est replié ce qu’il reste du Corps Franc Lorraine (Maquis de Villebazy) avec le Lieutenant Jacques. C’est également un très bon coin pour les parachutages… Le 17 août 1944, Leopold Nizet, chef du maquis de Montolieu, affirme que s’y trouvaient Joseph Robert, Fernand Fau, Jacques, Fourcade, Caillet, Fernandez, Roueylou et Négrail. Notons que Caillet a déserté le Corps Franc de la Montagne noire avec le Lieutenant Chesné, intègre le maquis Armagnac, puis déserte à nouveau avant l’attaque de la grotte de Trassanel. Curieusement, on trouve Robert et Fau, agent de la Gestapo, avec ces résistants. Robert obtient un certificat de virginité en échange de l’élimination de Fau.

    Le lendemain, 18 août 1944, rendez-vous est fixé à Fernand Fau au Café du Musée à Carcassonne. Le jeune homme a l’intention de fuir avec les troupes d’occupation vers Lyon. D’après Roueylou, on lui propose de mettre un véhicule à sa disposition. Toutefois, la voiture se trouve dans un domaine près de Conques. Il y a Joseph Robert, Henri Caillet et René Queyroux. Fernandez arrive au volant de la 302 de Jacques ; il est chauffeur du maquis de Villebazy. Toujours d’après Roueylou, Robert indique à Fau pour le rassurer que ces hommes sont des miliciens. C’est un mensonge, car la Milice est partie de Carcassonne depuis le 15 août. Fau les connaît puisqu’il les a vus la veille à Roullens. Quand la 302 quitte Carcassonne vers Conques, il y a Fau, Fernandez, Caillet et Roueylou. Nous avons la conviction.

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    La tombe du milicien Fernand Fau à Conques

    Des questions demeurent… Pourquoi donc tout ce scénario pour éliminer un homme ? Nous croyons que l’opération avait pour prétexte de réquisitionner un véhicule, connu pour être défectueux. Qu’il n’y a jamais eu de rencontre au café du musée. Que tous ces hommes sont partis de Roullens. Fernand Fau n’était pas rentré chez ses parents depuis le 17 août au soir. Il ne pouvait donc pas être à Carcassonne au café du musée, le 18 août au matin. Où aurait-il passé la nuit à part à la Boulbonne (Roullens) où Nizet l’a vu ? 

    Le Dr Pierre Roueylou que nous soupçonnons d’être l’auteur de ce crime, est devenu par la suite Conseiller général communiste de Quillan, puis S.F.I.O de Saint-Hilaire. Nous n’avançons pas de preuves formelles, nous pensons qu’il a fait partie de la conjuration qui s'est servie de Fau. Tout ceci repose sur des hypothèses étayées par des documents d’archives inédits.

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  • 23 août 1944 : "Ils ont tué papa !"

    Mon père, Henri Pau, était né à Cherchell dans le département d’Algérie, le 24 octobre 1900. Pourquoi en Afrique-du-Nord ? Mon grand-père, qui était pharmacien militaire, est revenu poursuivre sa carrière en France à Toulouse et à Montpellier. Mes grand-parents étaient  originaires de La Redorte dans l’Aude.

    Mon père, lycéen à Carcassonne, poursuivit ses études universitaires à Montpellier dans une école d’ingénieur. Ainsi, lorsqu’un poste d’enseignant se libéra à l’école d’agriculteur de Charlemagne, le Ministère de l’agriculture le nomma dans cet établissement. Il en fut même le directeur après le départ de M. Kirchbaum. Au moment où le gouvernement de Vichy prit les rênes du pouvoir, celui-ci commença à exercer une chasse aux fonctionnaires républicains. Tous ceux qui détenaient des postes importants dans l’administration furent mis la retraite d’office. Mon père, qui n’avait jamais caché ses opinions politiques radical-socialiste, dut abonner la direction de l’école. On lui accorda tout de même le droit de redevenir enseignant. Monsieur Caillon prit sa place.

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    Bien décidé à ne pas laisser les Allemands se rendre totalement maîtres du pays, grâce à la politique de collaboration de Pétain avec les nazis, mon père entra en résistance. Dans l’anonymat, au péril de sa vie, il fit transiter vers le maquis de Citou les réfractaires au Service du Travail Obligatoire. Un de ses amis, qui fabriquait du charbon de bois, avait enrôlé les jeunes réfractaires. A partir de 1943, tout français ayant l’âge requis, devait partir en Allemagne pour travailler pour l’industrie de guerre nazie. Vichy appelait cela « La relève ». Un grand nombre d’hommes envoyés, contre le retour de quelques prisonniers de guerre.

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    À la Libération, le capitaine FFI Guy David confia à mon père une mission. Aller prévenir le maquis de Citou de ne pas descendre à Carcassonne, à cause des colonnes allemandes transitant en direction de Montpellier. Ce 23 août 1944, alors qu’il se trouvait à La Redorte, il retourna chez lui  à bord d’un side-car avec son ami Jean Séguier - surnommé « De la copé ». Peu avant le domaine de Millegrand, en direction de Trèbes, leur moto tomba malheureusement sur un régiment allemand. Celui-là même composé de troupes caucasiennes, appelées Mongols. Ils furent pris à partie. Si Jean Séguier parvint à s’enfuir, mon père qui était handicapé par l’amputation d’une jambe, ne put s’échapper. Son corps fut retrouvé portant des impacts de balles à l’abdomen, les membres supérieurs fracturés et une balle dans le front. J’avais treize ans. Je revois encore le corps de mon père étendu dans le couloir de notre maison. Ma mère, totalement effondrée, en larmes. Nous habitions sur l’allée d’Iéna, à l’angle de l’actuelle avenue Lespinasse.

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    La route vers Trèbes près de Millegrand. C'est là qu'en Henri Pau a été tué. A l'époque, la vigne était plantée en espalier. Cela ne lui a pas permis d'apercevoir de loin la colonne allemande.

    Une chapelle ardente fut dressée sur la place Carnot. Il y avait une dizaine de cercueils dont celui de Jean Bringer, le chef FFI assassiné à Baudrigue. En ce 31 août 1944, le long cortège funèbre accompagna ces pauvres malheureux jusqu’à la cathédrale Saint-Michel.

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    La Chapelle ardente, place Carnot

    A défaut de caveau, le corps de mon père fut inhumé dans celui de la famille Héran, au cimetière Saint-Michel. Ce n’est qu’après la guerre qu’on le fit mettre à La Redorte où il repose aujourd’hui. Le stade municipal de cette ville porte le nom d’Henri Pau.

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    Le stade Henri Pau à La Redorte

    J’ai longtemps gardé une haine envers les Allemands. Ils avaient tué mon père. Ils nous avaient rendus orphelin avec ma sœur Maryse. Mon père fut homologué comme Lieutenant FFI. Ma mère toucha la retraite du Ministère de l’agriculture. Le temps passa… J’ai compris que le seul moyen pour que de tels drames ne se reproduisent pas, c’était de construire l’amitié avec l’Allemagne au sein de l’Europe. Il n’y a jamais eu de plaque commémorative à l’endroit où mon père a été tué. Ma mère ne le souhaitait pas. D’ailleurs, c’est très difficile encore à mon âge (91 ans) d’évoquer cette histoire. 

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    Henri Pau

    (1900-1944)

    Propos recueillis auprès de M. Henri Pau fils que je remercie

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  • La grande messe Vichyste à Carcassonne au mois d'août 1941

    Afin de fêter le premier anniversaire de la Légion des Combattants, le gouvernement de Vichy avait placé cet évènement sous le signe de la flamme sacrée. A Vichy, le maréchal Pétain a allumé trois flambeaux et donné le départ aux porteurs devant sillonner la zone sud et l’Empire jusqu’à Dakar. A Carcassonne, les 30 et 31 août 1941, les porteurs remontent la rue de Verdun jusqu’au Monument aux morts de la place Davilla.

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    L'arrivée de la flamme par la rue de Verdun

    Après quoi, les légionnaires prêtent serment de fidélité à Pétain, selon un rituel digne des rassemblements hitlériens. La main levée en faisceau : « Je jure de continuer à servir la France avec honneur dans la paix comme je l’ai servie sous les armes. Je jure de consacrer toutes mes forces à la Patrie, à la Famille, au Travail. Je m’engage à pratiquer l’amitié et l’entraide vis-à-vis de mes camarades des deux guerres, à rester fidèle à la mémoire de ceux qui sont tombés au Champ d’Honneur. J’accepte librement la discipline de la Légion pour ce qui me sera commandé en vue de cet idéal ». Cet organe, issu de la dissolution des multiples associations d’anciens combattants, deviendra ensuite politique avec « La légion des volontaires français contre le Bochévisme ». Beaucoup d’anciens légionnaires ayant jusqu’ici suivi le vainqueur de Verdun, démissionneront de la Légion. Seuls les plus politisés resteront ; ils adhèreront à la Milice en 1943.

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    Le serment des légionnaires de l'Aude

    La première cérémonie a eu pour cadre la cathédrale Saint-Michel décorée aux couleurs nationales. Elle a été présidée par Mgr Pays, évêque de l’Aude. Toutes autorités officielles aux ordres de Vichy y assistaient et occupaient les premiers rangs. On remarquait parmi elles : MM. le préfet de l’Aude, accompagné de son chef de cabinet ; le colonel Garbillet, commandant militaire de l’Aude et son chef d’état-major le colonel Llobit ; Jules Jourdanne, maire de Carcassonne et Combes, premier adjoint ; le commandant de gendarmerie Sellier ; Gélis, président de la Légion ; le général Guizard, président du Comité de la Croix-Rouge et du Secours national ; Marty, délégué départemental à la Jeunesse ; Cazes, ingénieur en chef des Pont et Chaussées ; Blady, conservateur des Eaux et forêts ; Joffre, vice-président du Tribunal départemental ; Bousquet, substitut ; Guerrier, délégué départemental de l’Information ; Bernis, juge de paix de Carcassonne ; Palau, vice-président de la Chambre de Commerce, etc.

    Dans le choeur avaient pris place les porte-drapeaux et leur garde d’honneur. On remarquait à côté du fanion de la section locale celui des sections de Marseillette, Caunes-Minervois, Aigues-vives, Azille, Pennautier, Capendu, Rieux, etc. Au cours de la messe célébrée par le chanoine Sabarthès, membre du Comité de la Légion et professeur au Petit séminaire, l’association des Choeurs de la cathédrale a interprété sous la direction de Georges Cotte, le Kyrie de la troisième messe solennelle de Gounod, l’Ave Verum de Mozart et la Marche héroïque de Saint-Saëns, tandis que les grandes orgues étaient tenues par M. Tournier, le maître de la chapelle de la cathédrale. Celle-ci se trouvait tellement remplie de fidèles que tout le monde n’avaient pu avoir une place pour assister à la cérémonie. A l’Évangile, l’abbé Andrieu, légionnaire et directeur du Grand séminaire, a rappelé les heures douloureuses qui ont présidé à la fondation de la Légion, « cette force nouvelle qui est l’ossature du grand corps dont le Maréchal reste l’âme. » Après avoir  mentionné les services que le Chef de l’Etat attend d’elle, l’orateur a souligné les objectifs qu’elle doit atteindre aussi bien dans le domaine matériel que moral et proclame que la Légion a mission de fournir à la France des cadres solides sous la protection desquels les jeunes Français pourront donner à la patrie la physionomie que les légionnaires lui désirent. L’abbé Andrieu acheva son intervention par cette phrase prononcée par Pétain lors de la célébration de la fête nationale de Jeanne d’Arc : « Soyez fidèles à votre sol, à votre prince, et à votre Dieu. »

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    M. Gélis, Président local de la Légion, reçoit la flamme

    Après le Credo chanté par toute l’assistance debout, la cérémonie se termina par la Marseillaise jouée au grand orgue. La foule sortit de la cathédrale puis se dirigea vers la place Davilla, devant le Monument aux morts auprès duquel la flamme brûlait, veillée par deux légionnaires au garde à vous. Le journal « Le légionnaire » évoque le nombre de 10 000 personnes dont 5000 légionnaires de l’arrondissement. Cette manifestation n’avait qu’un seul but, celui de glorifier le vainqueur de Verdun et de vénérer son illustre personne. L’histoire nous a appris ce qu’il est advenu ensuite de ce culte de la personnalité, outil de propagande au service de la politique d’extrême droite de Vichy. Après avoir entendu la lecture du discours de F. Valentin par M. Gélis, les légionnaires prêtèrent serment le bras tenu - exactement comme le salut nazi. La foule dans un ordre parfait et avec grand enthousiasme défila sur les boulevards de Varsovie et du Jardin des plantes, les rues de la gare et de Verdun jusqu’au siège de la Légion. Dans la soirée eut lieu l’inauguration officielle des œuvres de la Légion : colonies de vacances de Grazaille et colis du prisonnier. A 19 heures, la cérémonie de l’instinctive de la flamme clôtura cette journée.

    Sources

    Le Légionnaire de l'Aude / Août 1941

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