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Carton rouge - Page 16

  • La ruine de la maison natale du savant Paul Sabatier dans Carcassonne

    Inutile de vous présenter - je le suppose - l'illustre savant Paul Sabatier qui naquit à Carcassonne le 5 novembre 1854 dans un immeuble de l'actuelle place Carnot.

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    Paul Sabatier né, place aux herbes n° 10, d'Alexis Sabatier (chapelier) et de Pauline Guilhem

    Notre ville - toujours bipolaire et d'une grande richesse culturelle - possède deux villes (la Cité et la Bastide), deux sites UNESCO (la Cité et le Canal du midi), mais aussi deux Prix Nobel :

    Paul Sabatier (1912) et Albert Fert (2007)

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    Paul Sabatier

    On préfèrera sans doute s'enorgueillir davantage des illustres gladiateurs de l'ovalie, dont le rayonnement ne dépasse guère les frontières du massif des Corbières. Dont acte ! Avec ceux-là, on remplit mieux les urnes depuis longtemps...

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    C'est donc dans cet immeuble à droite qu'est né l'illustre savant. Si ailleurs tout se termine par des chansons, à Carcassonne tout se termine par les destructions de notre patrimoine culturel. Inutile d'énoncer ici la longue litanie des bâtisses, rayées de la carte historique de la ville. Ce qui sauve - pour le moment - le patrimoine de la bastide Saint-Louis c'est qu'il se trouve en secteur préservé. Il y a fort à parier que dans le cas contraire, les bailleurs sociaux auraient déjà pilonné le centre historique afin d'édifier des blocs de béton du plus bel effet.

    Jusqu'en décembre 2010, la maison de Paul Sabatier accueillait une pizzeria. L'immeuble menaçant de s'écrouler, la municipalité Pérez prit un arrêté de mise en péril immédiat. Ceci contraint normalement les propriétaires à effectuer les travaux nécessaires... Quatre mois après et 10 employés au chômage technique plus tard, le journal la Dépêche dressait le constat suivant :

    "Et depuis, rien ou presque ne s'est passé. Une première phase de mise en sécurité de la façade de l'immeuble a été réalisée. Mais la suite, c'est-à-dire la phase II, imposée par les experts, pose problème. Les investisseurs privés de l'AFUL (association foncière urbaine libre) désormais transformée en Société civile immobilière ne sont pas prêts à mettre la main à la poche. Et pour cause. À ce jour, seulement trois des huit appartements qui doivent être réalisés ont été vendus dans le cadre de la loi Malraux. Pour Michel Chadelas, qui détient près de la moitié de l'indivision, la situation relève du dilemme. « Si l'on met la main à la poche maintenant, c'est à fonds perdus. Ce serait dépenser de l'argent sans rapport, et ce, même si cela nous permettrait de commercialiser mieux les biens. Notre logique, c'est que si l'on doit démarrer des travaux, c'est sur l'ensemble, et jusqu'au bout. Pour cela, il faudrait vendre trois appartements de plus et je prendrai le risque de deux pour moi, quitte à les louer… », explique l'homme d'affaires. Ce qu'il espère, c'est bénéficier d'un délai pour relancer la commercialisation de l'immeuble pour, et c'est son hypothèse récurrente, lancer le chantier en fin d'année pour une livraison un an plus tard. "

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    La plaque sur la façade

    "Du côté de la Ville, c'est l'impatience. Tamara Rivel, adjoint au maire en charge de l'urbanisme, n'est pas du tout dans la même logique que ces investisseurs. Ils seront d'ailleurs mis en demeure de démarrer très vite les travaux de la phase II dès la date butoir. « Ils doivent comprendre que plus ce bâtiment prend l'eau, plus il s'abîme », souligne, logiquement, l'élue. La phase II impose, essentiellement, la destruction du plancher du dernier étage et la reprise complète de la toiture. Un investissement, utile, mais que les promoteurs ne semblent pas en mesure d'assumer. Si tel est le cas, c'est la mairie qui réalisera les travaux, comme l'impose l'arrêté de mise en péril. Puis, elle devra demander des comptes aux investisseurs… « Là aussi, si je me fie au rapport d'expert, ce serait de l'argent perdu pour tout le monde », regrette Michel Chadelas. « On serait obligé de détruire, par la suite », ajoute-t-il. Le dossier est dans l'impasse pour l'instant. La reprise, timide, de l'immobilier pourrait le faire évoluer. Mais quand ? Trop tard pour sauver l'institution Pizza Pepone en tout cas."

    Six années sont passées... Où en est ce dossier ? Vu de l'extérieur, l'immeuble n'est pas très reluisant et quand on jète un coup d'oeil derrière les vitres de l'ancien commerce, on comprend vite qu'il s'agit d'une friche - une de plus - au coeur de la bastide Saint-Louis. 

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    La maison où vécut P. Sabatier à Toulouse

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    Est-il utile de comparer les deux immeubles ?

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    La tombe de Paul Sabatier se trouve au cimetière St-Vincent de Carcassonne.

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    © Tous droits réservés / Musique et patrimoine / 2016

  • Une bien triste visite à l'intérieur de la bastide Saint-Louis.

    J'ai eu la "chance" de pouvoir visiter un hôtel particulier du XVIIIe siècle situé dans la rue de Verdun. L'aspect extérieur du bâtiment ne laissait rien présager de ce que je pourrais rencontrer, une fois à l'intérieur.

    Un vaste portail en bois de couleur verte s'ouvre sur une cour avec un escalier monumental en pierre déservant des appartements et ceci, sur cinq étages. L'ensemble des logis est inoccupé depuis bien une cinquantaine d'année et se trouve dans un état déplorable de conservation. À certains endroits le plafond risque de s'affaisser à cause des infiltrations d'un toit trop longtemps soumis à l'épreuve des goutières. L'électricité est encore en porcelaine et les fils pendent sur le mur. Les fenêtres donnant sur la rue de Verdun sont dans un état qui dépasse l'entendement - très souvent obstruées par des cartons ou du contre plaqué. Des pigeons nichent dans ces pièces ou l'odeur des fientes se mêle au pourrissement. Si le toit a été mis récemment hors d'eau, pour des raisons d'économie, on n'a pas remplacé les voliges. Une couverture en fibre compactée a ici, en secteur préservé sous la bienveillance des bâtiments de France, été posée comme sur un hangar de garage. Je ne sais pas ce que cela donne du ciel, mais vu de dessous...

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    La rue de Verdun

    A défaut d'importants travaux coûteux mais indispensables, cet ensemble historique sera dans une vingtaine d'année ou moins, menacé de ruine. Combien d'autres bâtiments analogues à celui-ci, sont actuellement dans cet état en Bastide St-Louis ? Ce centre ville que l'on nous vend comme remarquable, a t-il un nom marketing pour attirer le touriste ? À titre personnel, je pense même si quelques bâtiments ont été remarquablement restaurés, que la globalité de l'hâbitat est en ruine. Là, où l'on parle de construire des logements sociaux, il faut contraindre les propriétaires - dont beaucoup ont les moyens - à rénover leur immobilier. Il est absolument insensé de voir autant de logements vacants dans cet état, sans compter ceux que l'on ose louer malgré des conditions d'une insalubrité telle, que les rats en ont fait leur siège. À Carcassonne, les marchands de sommeil sont notaires, médecins ou encore rentiers... Sont-ils intouchables ces notables ?

     Franchement, cette ville mérite mieux que ça ! Si vous n'avez pas d'idée d'une ville ayant pu tirer vers le haut son patrimoine, allez donc visiter Albi.

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  • Quand on apprenait les chansons occitanes dans les écoles de Carcassonne

    Quel contraste! Au début du XXe siècle, le ministère de l'Instruction publique encourageait l'apprentissage du chant et de la musique à l'école :

    "C'est une chose grave de faire apprendre à un enfant une chanson ou un poème. La mémoire d'un adulte est infidèle ; c'est une plage de sable sec où notre travail ne peut laisser qu'une trace incertaine, vite effacée au moindre vent. Mais la mémoire d'un enfant ressemble à ces vieux coffrets d'autrefois où nos grand-mères seraient les plus humbles choses et leurs bijoux les plus précieux. On n'y touche pas pendant des années ; puis, un jour de mélancolie, on ouvre les vieux coffrets, et les pendentifs démodés, les mèches de cheveux, les rubans fanés provoquent l'explosion des souvenirs."

    (Maurice David, Inspecteur de l'Académie de l'Aude)

    Aujourd'hui, seuls nos enfants inscrits à la Calendreta (école occitane) sont susceptibles de connaître ces chants languedociens. Pourquoi ? Tout simplement, l'école de la République a tiré un trait sur l'occitan. Cela ne les gênerait absolument pas qu'il devienne une langue morte, rayant ainsi plusieurs siècles de l'histoire sociologique et ethnologique de notre belle région.

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    L'Europe avait créé la Charte sur les langues régionales en 1992 pour protéger et promouvoir les langues en tant qu'aspect menacé du patrimoine culturel. L'Espagne malgré ses autonomies souvent indépendantistes a ratifié ce traité. La France dans sa tradition jacobine a signé, mais a encore refusé d'inscrire la charte dans la constitution française. Le sénat s'y est opposé en octobre 2015. Toujours cette peur que la République ne soit menacée dans son unité ! Il est vrai que l'apprentissage de l'Anglais dès la maternelle, c'est plus "cool" pour faire plus tard de nos enfants de bon consommateurs rompus à l'économie de ce marché libéral et financier. Nous voyons que la culture a moins de valeur dès lors qu'elle ne peut pas être un acteur de l'économie. Tant pis si c'est au détriment de nos traditions, usages et origines culturelles.

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    Quant à la pratique musicale à l'école... je finirais par être méchant!

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