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  • Cela aurait pu arriver dans un village de l'Aude!

    L'histoire dont je vais vous parler aujourd'hui s'est passée en France, loin de l'Aude. Cette tragédie, cette barbarie, ce crime contre l'humanité aurait très bien pu se passer à 20 km de Carcassonne à Conques sur Orbiel ou à St-Hilaire. Le destin a choisi le paisible bourg d'Oradour sur Glane à côté de Limoges dans la Haute-Vienne. C'était il y a exactement 69 ans, le 10 juin 1944...

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    Tout est tranquille en ce début d'après-midi du 10 juin, quand le village est soudainement traversé par les chenillards d'une division allemande. On pense qu'elle ne va faire que passer car ici on n'a jamais vu de "bôches" depuis le début de la guerre. Elle s'arrête en haut du bourg et ceux que l'on prenait jusque là pour des soldats de la Wehrmacht, sont bel et bien des Waffen SS. Il s'agit de la division Das Reich, commandée par le général Hans Lammerding. Bien sûr les habitants ignorent que ces assassins remontent vers le nord et qu'à Tulle ils viennent de pendre 120 hommes aux lampadaires de la ville. Alors, quand ils ordonnent à toute la population du bourg de se rendre sur le champ de foire afin de vérifier les identités, personne ne soupçonne ce qui va arriver. On convoque le maire à qui l'on dit qu'il y a des armes cachées dans le village et que l'on va procéder à des vérifications. C'est un prétexte car Oradour n'est pas connu pour être un repère de maquisards. Les hommes sont ensuite séparés des femmes et des enfants. Les premiers sont conduits par groupe de six dans des granges; les autres entassés dans la petite église paroissiale. A 16 heures, sous les balles des mitraillettes, les hommes sont abattus et leurs corps recouverts de foin auquel on met le feu. A 17 heures, les femmes et les enfants (le plus jeune avait quelques semaines) dans l'église après une tentative d'asphyxie sont massacrés à la mitraillette. Seule une femme réussira à s'échapper par un vitrail au dessus de l'autel.

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    Personne ne devait être témoin de la scène et ceux qui se sont aventurés dans le bourg ont été immédiatement abattus. Leur forfait accompli, les SS pillèrent et firent ripaille. Ensuite, il mirent le feu à l'ensemble des habitations et à l'église. Ce n'est que plusieurs jours après, que les secours purent intervenir dans ce village de l'apocalypse, après l'autorisation de Vichy. Seul l'évêque de Limoges Mgr Rastouil que l'on avait mis en prison puis libéré, pour ne pas avoir voulu célébrer à la demande du gouvernement une messe pour la mémoire du milicien Henriot, protesta auprès des autorités. Ni l’État Français, ni la Milice française ne protesta auprès de l'occupant. Mgr Rastouil avait également protégé à Limoges le Rabbin Bischeim. C'est un homme qui fit honneur à son ministère et dont il faut honorer la mémoire! 

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    Au total 642 personnes périrent dans les flammes d'Oradour dont de nombreux enfants qui étaient en classe ce jour là. Parmi eux, un seul a réussi à s'échapper (Roger Godfrain). Il faudra attendre 1953 et le procés de Bordeaux pour espérer punir les coupables. Or, seuls les alsaciens incorporés de force dans la SS se retrouveront sur le banc des accusés. Parmi eux, un seul s'y était volontairement engagé. Ils furent condamnés à la prison, mais l'affaire devint rapidement politique en opposant l'Alsace et le Limousin. La mémoire des 642 victimes fut alors sacrifiée sur l'autel de la réconciliation nationale et la peine des condamnés fut commuée.

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    Le général SS Lammerding échappa à un procès grâce aux anglais et aux allemands qui refusèrent de le livrer. Il n'était pourtant pas caché car il avait repris ses activités d'ingénieur. Il mourra dans son lit à Dusseldorf en 1971.

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    Le 26 mai 1983, le nazi Heinz Barth impliqué dans le massacre d'Oradour se présente à son procès. Il touchait jusque là une pension de "victime de guerre"... En voyant deux rescapés du massacre venu témoigner, il dira qu'il lui parassait comme impensable qu'il y ait pu avoir des survivants. Il ne devait pas y en voir. Quant à sa responsabilité: "j'ai obéi aux ordres". Aucun regrets, ni remords... pour avoir tué 247 enfants!
    Il sera condamné à la prison à vie mais en raison de son âge, il sera libéré quelques temps après. Il est mort le 6 août 2007 à 86 ans.
     
    Oradour sur Glane en 2013
     

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    L'église du village dans laquelle périrent près de 400 femmes et enfants

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    Le crucifix

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    L'intérieur de l'église

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    Impacts de balles dans l'église

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    La rue principale du bourg

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    Ce qu'il reste de l'école des filles

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    Le bureau de poste

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    La boulangerie

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    Le champ de foire sur lequel les hommes furent séparés des femmes et des enfants. La voiture Peugeot 202 du Dr Désourteaux, maire d'Oradour sur Glane.

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    Dans le cimetière...

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    Le mémorial élevé aux 642 victimes d'Oradour

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    Les restes de victimes innocentes. Seules dix sur 642 seront identifiées

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    Les noms des 642 victimes dont la plus jeune n'avait que quelques jours

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    A l'intérieur du mémorial

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    Landau de nouveau né criblé de balles et jouets d'enfants

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    L'église du nouveau village, construit dans les années 50, juste à côté des ruines de vieil Oradour sur Glane.

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    © Tous droits réservés/ Musique et patrimoine/2013

  • L'école Victor Hugo

    Les plus anciens se souviennent sûrement de l'école Victor Hugo dans la rue des Études. Elle a été démolie en 1983 pour construite un immeuble d'habitation dans l'actuelle cour des Augustins. Je me souviens de la salle Michel Mir dans laquelle l'Harmonie municipale faisait ses répétitions. Il y avait de nombreux instruments fixés au mur et de longues bibliothèques dans lesquelles on entreposait les partitions. Ah! Elle avait une âme cette salle et elle en a vu passer des musiciens carcassonnais: Gorry, Andrieu, Mir, Clayton, Mattéo, Lécina, Rajol, Miquel...

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    La classe des premières dans les années 1930. L'enseignant était M. Cammam

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    Témoin de ce passé, seul le porche de l'école a été conservé.

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  • Une affiche de la distillerie Sabatier vaut-elle de l'or (2) ?

    Toujours à la recherche de l'artiste qui aurait décoré la salle des fêtes du Palais de la Micheline situé sur l'avenue du général Leclerc (voir nos précédentes chroniques), nous tentons de résoudre cette énigme à partir des affiches publicitaires de la distillerie. S'il était très peu probable que Mucha en fut à l'origine malgré des ressemblances évidentes, l'affiche de Oury ne nous convainc pas davantage d'une façon formelle. Nous avons donc poursuivi nos investigations jusqu'à retrouver une autre publicité bien moins connue que la première. Elle est signée de l'artiste toulousain Marius Jognarelli dont il n'existe hélas que peu d'éléments biographique. Aidé dans notre tâche par Christelle Escourrou native de Carcassonne, professeur de l'art à Toulouse, nous présentons ce sujet.

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    Affiche 143x110 cm, imprimée chez Roudière à Carcassonne

    Cette affiche ventant les bienfaits de la liqueur "La Micheline", est d'un style tout à fait différent que celle de Oury. Il nous semble qu'elle fut destinée, non aux consommateurs mais aux distributeurs. La mise-en-scène paraît moins travaillée et le style antique n'est plus aussi franc. Prime est à l'efficacité, avec l'exposition de la bouteille au centre de la Cité de Carcassonne surplombant les ateliers de la distillerie. La femme possède les formes généreuses des canons de la beauté du début du XXe siècle. Peut-être que l'élixir quelle consomme y est-il pour beaucoup... Les couleurs vives de l'ocre et du vermeil rappellent celles de l'Occitanie, mais aussi celles de l'embrasement de la Cité. N'oublions pas que Michel Sabatier fit oeuvre de mécénat pour accueillir la troupe itinérante des Cadets de Gascogne de passage à Carcassonne, composée de félibres, d'hommes de lettres et de politiciens. C'est également lui qui finança le premier embrasement de la cité médiévale, voulu par Achille Rouquet.

    Marius Jognarelli

    Cet artiste toulousain est né en 1860, mais on ignore encore la date précise de son décès qui se situe au-delà de 1920. Dans les années 1890, il signe de nombreuses affiches et des plaques émaillées.

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    Il réalisera de 1906 à 1914, la couverture de l'Annuaire des Salons "Tout Toulouse"

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    Plaque émaillée signée Jognarelli pour les Cachou Lajaunie

    En 1896, il est l'auteur de l'affiche de la Fête de charité des étudiants et de celle consacrée au centenaire de la lithographie à Toulouse.

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    Jognarelli a t-il décoré la salle des fêtes de la distillerie de l'Or-kina? Voilà une nouvelle question qui pourrait donner lieu à une expertise et à un beau sujet de thèse d'histoire de l'art.

    Mes remerciements à Christelle Escourrou pour son aide

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