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Peintres et sculpteurs

  • La Cité de Carcassonne par Antoine Guillemet (1841-1918)

    Elève de Corot et plus tard proche de Manet, Monet et Courbet, Jean Baptiste Antoine Guillemet est considéré comme l'un des maître du paysage de la fin du XIXe siècle. Il naît à Chantilly en 1841 de Louise Durosoy dont il porte pour un temps le nom, en l'absence de père connu. Ce n'est que deux ans plus tard qu'Arsace Guillemet consentira à le reconnaître. Au mois de février 1911, le journal "L'excelsior" nous apprend que le peintre "achève à l'atelier un tableau d'imposantes dimensions, où la Cité dresse ses nobles murs et ses tours sarrasines au-dessus du vieux pont romain et des campagnes aux lignes fermes, dans joie du soleil." Il est probable que Guillemet ait posé son chevalet durant l'année 1910 sur les bords de l'Aude en contrebas du Pont vieux. La couleur du feuillage nous laisse penser que ce fut à l'automne, par l'une de ces après-midi où le soleil n'a pas encore quitté sa belle exposition. La barque près de la rive du fleuve témoigne de la présence d'une sablière à cet endroit. En effet, les ouvriers procédaient à l'extraction du sable et l'importaient sur leurs embarcations ; ceci se retrouve sur des cartes postales de cette époque. Ceci pourrait également expliquer le choix de l'endroit que Guillemet aurait pu repérer grâce à une photographie. Autre détail... Nous avons trouvé des Guillemet natifs de plusieurs villages de l'Aude au XVIIIe et XIXe siècle, notamment à Saint-Hilaire. Au XVIe siècle, un curé du chapitre cathédral de Carcassonne s'appelait Guillemet. Est-ce à dire qu'il avait de la famille dans l'Aude ?

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    En 2019, le lieu où Guillemet posa son chevalet à la même époque. 

    Cette toile, Guillemet la présenta au Salon des Artistes Français en avril 1911 avec un autre tableau tiré de son pinceau, "La plage de Villiers". Si "La Cité de Carcassonne" remporta le premier tour de scrutin, elle fut battue au second tour par une toile de Renard. Les gazettes de l'époque rapportent : "Il nous découvre un quadrilatère ensoleillé, solidement bâti sur sa hauteur, avec, dans le bas, une vaste vallée, dont la fraîcheur n'a rien à envier ni à Equien, ni à Moret, paysages favoris du grand paysagiste." (Le soleil / 29 avril 1911). "La Cité de Carcassonne, bellement peinte par Guillemet, est un petit paysage, simple esquisse, mais du plus vigoureux accent et enlevée comme par jeu." (La Gazette de France). On apprend que cette toile était destinée au Musée du Luxembourg. Elle sera acquise par l'Etat suite à l'exposition de l'Ecole des Beaux-arts et viendra ensuite enrichir les collections du Musée des Beaux-arts de Carcassonne.

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    Aujourd'hui, elle se trouve dans le bureau du secrétariat du maire à Hôtel de ville de Carcassonne. Elle y jouit d'une belle lumière et d'un bel emplacement, remarqué par tous ceux qui ont ensuite rendez-vous dans le bureau du premier magistrat de la ville. 

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    © Tous droits réservés / Musique et patrimoine / 2019

  • Charles Antoine Cazanave, un peintre Carcassonnais oublié

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    Charles Antoine Cazanave naît le 17 février 1882 à Carcassonne dans une famille aisée de négociants en meubles. Son père, Jacques (1842-1911), est associé avec Théophile, son frère, au sein de l’entreprise familiale d’ébénisterie et de décoration fondée en 1760. Les ateliers de fabrication se trouvent dans la rue Basse, dans un grand bâtiment qui fait angle avec la rue de l’Olivier. Longtemps après, il fut occupé par les locaux de la Bibliothèque départementale. Les deux frères Cazanave exposent leurs meubles au n° 26 de la Grand rue (actuelle rue de Verdun). On distingue encore dans l’imposte au-dessus de la porte, l’inscription « Cazanave frères ». Quant au jeune Charles Antoine, il passe sa jeunesse avec son frère Jean (1876) et ses sœurs Lucie (1879) et Célestine (1891) dans un immeuble au n°6 du Square Gambetta.

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    © Galerie Drylewicz

    Il y avait une fois (1923)

    A l’instar des familles de la bonne société Carcassonnaise, les enfants participent à des activités artistiques. Le talent de Charles Antoine pour le dessin s’exprime d’abord au sein du lycée de la ville dans la classe d’Henri Pringuet. Oublié de notre mémoire, Pringuet fut un peintre remarquable dont on peut admirer les tableaux à l’intérieur de l’Hôtel de la Cité. On peut supposer ensuite que Charles Antoine Cazanave, poussé par son professeur, s’en alla étudier à l’Ecole des Beaux-arts de Toulouse. Dans cette ville, il fit la connaissance d’Henri Martin et d’Antonin Delzers (1873-1943) qui lui prodiguèrent mains conseils pour perfectionner sa technique. Les rapports entre Delzers et Carcassonne, se retrouvent dans une œuvre gravée que le maître réalisa à partir du tableau de Benjamin-Constant conservé au Musée des Beaux-Arts de la ville : « Les Chérifas ».

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    © Christie's

    Femmes alanguies 

    Vendu chez Christies en 2012 pour 2375 £

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    Salammbô chez Matho, d'après l'œuvre de Gustave Flaubert

    Vendu 2912 €

    Peu avant la Grande guerre que Charles Antoine Cazanave ne fera pas à cause d’une atrophie de la jambe, il se marie avec Françoise Paule Magne († 17.05.1945). Dès lors, le peintre ne s’occupe guère d’ébénisterie et se consacre pleinement à son art.

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    © Artnet

    Figures chinoises

    C’est un pastelliste de très bonne facture inspiré par l’orientalisme. Nous avons retrouvé un certain nombre de toiles passées récemment en salle des ventes afin que vous puissiez en juger. Charles Antoine Cazanave réalisera également des portraits. L’un d’entre eux nous est parvenu ; il s’agit de celui de Joë Bousquet. Le mère du poète née Marie Cazanave, était  la cousine germaine de Charles Antoine.

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    © Collection privée

    Portrait de J. Bousquet

    Les œuvres de Cazanave figureront à de nombreuses reprises au salon de la Société Nationale des Beaux-Arts et à celui des Artistes français. Il est étonnant que ce peintre soit oublié à Carcassonne après la lecture de la biographie inédite que nous réalisons. Son nom est simplement mentionné dans le dictionnaire Bénézit avec des dates erronées. La vie de Charles Antoine Cazanave s’achève à Palaja le 24 juillet 1952, après quoi son corps est inhumé dans le caveau familial du cimetière Saint-Vincent à Carcassonne (Carré 00, Tombe 28).

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    Tombe de Charles Antoine Cazanave

    Sources

    Cet article inédit a été réalisé à partir de recherches généalogiques. Nous remercions le gardien du cimetière Saint-Michel et les services des concessions funéraires de la ville de Carcassonne. 

    Explications des ouvrages de peinture / Hérissany / 1934

    Photo en Une

    Le peintre et son modèle (1925). www.paulbert-zerpette.com

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  • Henri Andrieu, un artiste peintre Carcassonnais oublié

    Marie Jean Henri Andrieu naît à Carcassonne le 26 avril 1839 dans une famille de la bourgeoisie locale. Son père Jean est propriétaire et s’est marié avec Mélanie Besaucèle issue d’une lignée de personnages connus, dont le plus célèbre fut l’évêque constitutionnel de l’Aude Guillaume Besaucèle entre 1791 et 1801. Le jeune Henri possède de grandes dispositions pour le dessin et on l’envoie naturellement chez le maître Jean Jalabert, 12 boulevard Barbès. C’est son meilleur élève, dit-on. Toutefois, les parents qui n’ont pas dut tout l’intention d’en faire un artiste sans le sou, tentent de modérer les ardeurs de ce fils qu’ils destinent aux affaires commerciales. Qu’importe ! A vingt-ans, Andrieu file à Paris et se fait admettre à l’atelier de François Edouard Picot. Ses qualités étaient telles qu’il fut reçu l’un des premiers à l’Ecole des Beaux-Arts. Il y rencontre le languedocien Alexandre Cabanel qui lui prodigue ses conseils - un de ses tableaux « Martyr chrétien » est conservé au Musée des Beaux-Arts de Carcassonne. Autour de lui, Vibert, Bellecour et Guillaumet se sont tous fait un nom. Qu’est-il donc arrivé à Henri Andrieu pour que son œuvre tombe dans l’oubli ? La paresse, l’éloignement ? Peut-être, mais surtout sa famille qui, pour le forcer à rentrer à Carcassonne, lui coupa les vivres. Andrieu n’eut pas d’autre choix que d’abandonner l’Ecole des Beaux-Arts et un avenir artistique prometteur.

    Andrieu Henri

    Nature morte aux faunes

    Il revint donc chez lui et fit de la peinture l’un de ses passe-temps. Au mariage de sa sœur - future épouse du cousin banquier Arnaud Antoine Louis Marie Besaucèle - il officie en tant que parrain : « Henri Andrieu, vingt-six ans, sans profession. » C’est certainement plus chic qu’artiste peintre… Le vieux garçon se met au chevalet en dilettante et avec son ami Edouard Vié, envoie ses toiles au Salon de Paris.

    Andrieu Henri

    Une rue d'Alet

    En 1877, un étude « l’Oiseleur » fut très remarquée. L’année suivante, « Une rue d’Alet » gagne son billet pour l’Exposition Universelle au Palais des Champs-Elysées. Cette toile sera achetée chez Drouot récemment pour 8000 euros par un amateur d’art.

    Andrieu Henri

    © Drouot

    "Nature morte aux alouettes, gibecière et miroir aux alouettes"

    Cette toile de 1884 proviendrait des collections du château du Chesnay à Courcemont (Drouot)

    A l’instar de son contemporain Narcisse Salières dont nous avons évoqué le souvenir hier, Henri Andrieu finira sa vie à Marseille. Dans la cité phocéenne, il décède le 25 octobre 1908 à son domicile 9, Quai du Canal. C’est aujourd’hui, le Cours Jean Ballard. Le Carcassonnais Henri Andrieu ne s’est pas marié et n’a pas eu d’enfants. Ses toiles sont vendues aux enchères publiques, mais on ne sait pas ce que fut la vie de cet artiste. Espérons désormais qu’à la lueur de cet article, un crédit plus grand sera apporté à l’ensemble de ses œuvres.

    Sources

    Cet article a été surtout réalisé à partir d'une recherche généalogique. Les informations sur l'activité artistique du peintre proviennent du journal La Cité, publié en 1880. Les photographies ont été recherchées sur internet. Aucun renseignement n'a été puisé chez les historiens locaux contemporains, qui n'ont certainement jamais écrit sur Henri Andrieu. Ceci constitue donc un article inédit.

    Photo en Une

    Paysanne sur un chemin. Huile sur toile d'Henri Andrieu acquise pour 200 € sur un site d'enchères.

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