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Musique et patrimoine de Carcassonne - Page 317

  • François Mitterrand faillit mourir à Carcassonne...

    C'était en mars 1959... Quelques mois avant l'attentat de l'Observatoire dans lequel le sénateur de la Nièvre avait été accusé de l'avoir lui-même fomenté, qu'une banale affaire de vol va l'amener à Carcassonne. Ce n'est pas l'ancien ministre qui est requis cette fois mais l'avocat, à la demande d'une cliente un peu particulière...

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    F. Mitterrand en 1959

    Une dénommée Anne Huré vient d'être interpellée par l'inspecteur Cabot ; elle a été placée sous mandat de dépôt à la maison d'arrêt de Carcassonne. Son crime ? Avoir été prise en flagrant délit de vol dans le magasin des Galeries de Paris, rue de la gare. La dame était recherchée et avait fait déjà fait parler d'elle pour escroquerie, vols et usurpation d'identité. L'avocat Carcassonnais Me Clément Cartier - commis d'office pour défendre l'accusée - se rend au chevet de sa cliente. Celle-ci lui explique alors qu'elle est écrivain et qu'elle souhaite être également défendue par un autre avocat de Paris. Son nom ? François Mitterrand ! Sur le coup Me Cartier ne prend cette demande très au sérieux, mais se résout tout de même à appeler son confrère :

    - Une de mes clientes à Carcassonne demande a être défendue pour vous, dit-il

    - Son nom ?

    - Anné Huré. Elle dit qu'elle est écrivain

    - Je descends tout de suite, reprend-il sans une hésitation.

    François Mitterrand arrive à Carcassonne par le premier train et loge au Grand hôtel Terminus. Le lendemain après avoir visité sa cliente à la prison en compagnie de Me Cartier, il demande à ce dernier la faveur de l'amener à Minerve. Le futur Président de la République s'était pris de passion pour l'histoire des Cathares ; on lui avait conseillé de se rendre sur ce lieu emblématique du sacrifice des bons hommes, jugés comme hérétiques par Rome. Les voilà donc partis dans la Dauphine de Clément Cartier à travers les routes sinueuses du Minervois. Sur le chemin du retour, le tonnerre se mit à gronder avant que subitement des trombes d'eau n'inondent la route. La Renault Dauphine n'étant pas connue pour ses qualités de tenue de route, l'avocat Carcassonnais prit toutes les précautions d'usage afin d'éviter l'accident. Mitterrand devait, lui, prendre le train en direction de la capitale et craignait que cet impondérable ne retardât son départ. 

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    Cette anecdote nous est racontée dans le livre ci-dessus écrit par Patrice Cartier - le fils du célèbre avocat. Je laisse à sa plume le soin de vous narrer la fin de l'histoire :

    "François Mitterrand se précipite et débouche sur le quai à l'instant où le convoi s'ébranle. Il tente de prendre en marche le dernier wagon. Embarrassé par ses bagages et malgré l'aide d'un voyageur qui essaie de l'aider à se hisser, il trébuche et perd l'équilibre. Son confrère effaré voit tomber successivement le porte-document, la valise, puis Mitterrand lui-même, qui reste étendu sur le ballast, entre les rails. Il accourt, l'aide à se relever et l'entraîne au buffet de la gare. Tout en buvant un remontant, Mitterrand convient qu'il a eu de la chance. Tomber du dernier wagon lui a évité d'être écrasé par les suivants. Et d'ajouter : "J'ai failli finir comme le célèbre avocat Moro-Giafferi ; à cette nuance près qu'il est mort non pas sous, mais le train, d'une crise cardiaque après qu'il eut couru pour y monter. Un train qui, s'il avait été plus long, aurait changé la face de la France..."

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    © Patrice Cartier

    Clément Cartier et François Mitterrand en 1980 à Carcassonne

    Qui est Anne Huré ?

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    Après sept années de prison, l'écrivain fut en passe de remporter le Prix Goncourt en 1962 pour son ouvrage "Les deux moniales". À une voix près, il ne lui fut pas accordé... Non pas que son livre ne le méritait pas - bien au contraire - mais à cause d'une campagne de presse désastreuse qui ne lui a pas pardonné d'avoir encore essayé de voler après sa libération. France soir et le Figaro littéraire se sont déchaîné sur elle avec de gros titres 

    "Favori du Goncourt. Anne Huré, interdite de séjour, aurait besoin d'une autorisation pour toucher son prix."

    (France soir / 8 novembre 1962)

    La majorité du jury a considéré - sans doute - que l'on ne pût pas attribuer le prix a un repris de justice. Peu de temps après ce revers, Anne Huré tenta de mettre fin à ses jours. Elle le raconte dans son autobiographie "En prison", publiée en 1963.

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    "Je suis sortie de prison le 20 février 1961. Les "deux moniales" paraissaient en janvier 1962. Les articles ont été bons. S'il n'y avait pas eu cette campagne ignoble de certains journaux du soir, j'aurais eu le Goncourt, et le Goncourt, pour moi, c'était très important, car c'était la possibilité d'être réhabilitée très rapidement. Une récompense officielle donc une porte ouverte vers la réhabilitation. Ce que j'ai trouvé parfaitement injuste, c'est que le prix ne m'ait pas été décerné, seulement parce que j'étais allée en prison. Pourquoi me pénaliser deux fois ? Non seulement j'avais été sept ans sous les verrous, mais on me punissait aussi dans mon oeuvre..."

    Anne Huré tenta de mettre fin à ses jours en 1963 et arrêta d'écrire dans les années 70.

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  • On a retrouvé le kiosque à journaux du square Gambetta !

    Depuis cet été 1944 durant lequel les Allemands avaient décidé de faire raser le

    square Gambetta,

    on croyait que tout avait été cassé, fondu et mis à la ferraille. Petit à petit à force de recherches et d'enquêtes, on se rend compte que des vestiges de ce merveilleux jardin ont été conservés par des particuliers. Un exemple récent : la statue de Mercure qui avait été remisée aux serres municipales a été placée en 2013 dans la cour du musée des Beaux-arts. On croit savoir que des balustres en pierre qui entouraient autrefois le square, se trouverait actuellement dans le jardin d'un Carcassonnais du côté du Païchérou... Rien d'étonnant puisque ce sont les habitants réquisitionnés par l'occupant, qui ont été obligés de détruire leur square. Ce n'est donc pas un hasard si nous avons retrouvé l'un des kiosques à journaux qui se trouvaient au coin de cette aire de verdure à 70 km de là...

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    Le kiosque du square Gambetta

    Selon Alfred Raucoules, ces kiosques de style mauresque furent construits en 1931 par l'entreprise Mazières. Leur aspect avait subi l'influence de l'Exposition coloniale qui se tint la même année dans la capitale ; des façades carrées avec des ouvertures bordées de briques bleues et un toit en forme de dôme. Les marchands avaient passé un contrat de cession avec la ville ; ils vendaient des bonbons et des journaux. Celui de Madame Vidal près du Pont-vieux ne resta pas longtemps ouvert car son emplacement  la défavorisait. En revanche, ce lui de M. Andrieu faisait la joie des enfants de l'école Jean Jaurès... Les Carcassonnais avaient affublé le marchand du sobriquet de "Tchounine". 

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    Il se trouvait à l'identique, un autre kiosque à l'angle du boulevard Marcou et de la place Davilla appartenant à M. Cros. Exactement en face de l'ancien Couvent de la croix. L'agrandissement d'un cliché de 1944 nous permet de mieux le visualiser.

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    L'ancien kiosque a subi quelques modifications depuis 72 ans, à commencer par son toit. Toutefois, il conserve son aspect mauresque et typiquement colonial. Nous pouvons, je pense, remercier son propriétaire de l'avoir ainsi sauvé de la casse. Si d'aventure d'autres personnes ayant conservées chez elles des vestiges de ce square veulent se signaler, elles seront assurées de notre entière discrétion. Nous souhaitons juste en conserver la mémoire visuelle.

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  • "Les pavés de Carcassonne" vus depuis le Québec

    Avec un tel titre, il aurait pu s'agir d'un bonbon hérité d'une vieille recette de la maison Gau-Galinier... C'est tout simplement le titre d'un roman écrit sous la plume de

    Maryse Rouy

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    Maryse Rouy est une romancière Québecquoise née dans le sud de la France en 1951. Après des études universitaires à Montréal consacrées à l'étude de la poésie des troubadours et des poèmes lyriques occitans, elle se tourne vers l'écriture. Parmi ses ouvrages, on pourra citer : Azalaïs ou la vie courtoise (1995), Guilhèm ou les enfances d'un chevalier (1997), Les bourgeois de Minerve (1999), Au nom de Compostelle (2003), etc. L'ensemble de son oeuvre littéraire est publiée par des éditions Québecquoises. 

    Les pavés de Carcassonne

    Mai 1963 - Janvier 1964

    Tome 1

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    Éditions Québec-Amérique

    264pp / 2012

    Alors qu’au Québec le FLQ est en plein essor, Nicole et Georges, deux Montréalais, s’installent à Toulouse pour permettre à Georges de poursuivre des études universitaires. Sous les recommandations de son mari et pour meubler son temps entre son travail de dactylo, ses entraînements de volleyball et ses pratiques de chorale, Nicole décide de s’inscrire comme étudiante en propédeutique en lettres. Mais après une première session bien réussie, un drame survient : dans un accident d’auto où ils sont tous deux impliqués, Georges meurt. Nicole, qui était habituée à prendre ses décisions en fonction des conseils de Georges, se trouve bien démunie. Elle est toutefois entourée de son amie Geneviève, qui l’aide à trouver un emploi d’été comme guide touristique à Carcassonne, où Nicole se découvre un intérêt pour le Moyen-Âge. Mais, plus le temps passe, et moins Nicole a envie de rentrer au Québec, où, elle le sait, sa famille et une vie toute planifiée l’attendent.

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    De retour à Montréal

    Les pavés de Carcassonne

    Tome 2

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    Éditions Québec-Amérique

    288pp / 2013

    Juillet 1966. Dans l’avion qui la ramène à Montréal, Nicole Baumier se remémore avec un peu de nostalgie ses années toulousaines et ses étés passés à Carcassonne. Encore sous le coup d’une rupture qui l’a dévastée, elle appréhende le retour chez ses parents au Faubourg à mélasse. Pourtant, cela ne l’empêche pas d’aborder sa nouvelle vie avec de fortes résolutions : personne ne lui dictera sa conduite et rien ne la fera renoncer à une liberté chèrement acquise.

    Après trois ans d’absence, Nicole reprend contact avec un Québec qui a profondément changé. C’est avec les yeux de celle qui fut une expatriée que le lecteur pourra prendre le pouls d’une société en pleine mutation : émancipation de la femme, réformes politiques, mise à distance de la religion, élan vers la modernité.
    Maryse Rouy nous permet de revisiter une page pas si lointaine de notre histoire avec tout le savoir-faire et la rigueur historique qu’on lui connaît.

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    Vous trouverez ces livres en commande chez votre libraire ou sur les diverses plates-formes de vente en ligne. Il nous a paru intéressant de vous faire découvrir cet auteure de la belle province.

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