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Portraits de carcassonnais - Page 2

  • Hippolyte Champagne (1803-1883), artiste peintre

    Photographie d'un tableau d'Hippolyte Champagne envoyé par un collectionneur

    Hippolyte Champagne naît le 3 frimaire An 12 (25 novembre 1803) à Carcassonne. C'est le fils de l'architecte Jean-François Champagne, auquel nous devons de nombreux bâtiments dans notre ville, et de Marguerite Projet. Nous avons dû partir de zéro afin d'essayer de rédiger une biographie à l'usage des amateurs d'art, car la vie et l'œuvre de cet artiste se sont perdus depuis longtemps. Néanmoins, en farfouillant dans de vieux grimoires, nous avons pu apprendre certaines choses. Hippolyte Champagne fit ses études à l'Ecole Royale de Dessin et des Beaux-arts de Lyon. Il y reçut en 1826 une 1ère mention. Le peintre Philippe-Auguste Jeanron a été de ses professeurs, bien qu'il soit de cinq ans son cadet.

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    Maison et pavillon de la famille Champagne

    A Carcassonne, il résidait dans la maison familiale située rue St-Michel (actuelle rue Voltaire). Il reste un pavillon construit par son père et donnant sur le boulevard Roumens. Membre de la Société des Arts êet Sciences de Carcassonne, Hippolyte Champagne fit régulièrement don de ses œuvres au Sou des Ecoles laïques. L'un de ses œuvres "Paysage au pastel" figure dans les collections du Musée des Beaux-arts de la ville. Parmi d'autres aquarelles, citons "Vue d'une ferme à la Bastide-Rouairoux", "La pierre Lys", "Le chêne après l'orage", "Le moulin", "Effet du matin","Bords de la rivière de l'Aude". Hippolyte Champagne s'est éteint le 13 septembre 1883 à l'âge de 79 ans, rue Marceau. Sa dépouille se trouve au cimetière Saint-Michel dans le caveau de la famille Champagne.

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    Caveau de la famille Champagne.

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  • Jean Alboize (1851-1904), critique d'art Carcassonnais

    Jean Baptiste Alboize naît à Carcassonne le 1er novembre 1851. Son père Jean Dominique est un riche négociant du quartier de la Barbacane qui possède une belle fortune personnelle et plusieurs propriété dont le domaine Sainte-Eulalie à Badens. Après ses études de droit, le jeune Alboize vient à Paris et n’ayant pas de préoccupations matérielles, il fréquente les cercles de la littérature et des arts. En 1881, le retrait d’Arsène Houssaye de la revue « L’Artiste » après trente années de collaboration, permet à Jean Alboize d’en devenir acquéreur.

    Alboize

    © Mario Ferrisi

    Achille Rouquet, Achille Laugé, Jean Alboize, Achille Astre

    Fondé en 1831 par Achille Ricourt avec Jules Janin pour rédacteur en chef, l’Artiste se jette à crops perdu Das la mêlée romantique. Ses collaborateurs s’appellent alors Chateaubriand, Lamartine, Alfred de Musset, Balzac, Mérimée, Gozlan, Sainte-Beuve, Georges Sand, etc. Les beaux-arts sont représentés par Delacroix, Decamps, Huet, Deveria, Roqueplan, Raffet, etc. Achille Ricourt, se débat au milieu de difficultés sans nombre pour continuer sa Revue dans la caisse, disait Monsclet, était plus pleine de roses que d’écus. Enfin, il succombe en 1838, et dépose les armes avec cent mille francs de dettes. Jules Janin lui succède, comme directeur, jusqu’en 1844, soutenu par Delaunay, un dilettante, qui abandonne également la partie après avoir gardé seulement de quoi vivre pauvrement en province. En 1844, Jules Janin cède à son tour sa place de directeur à Arsène Houssaye qui l’occupe, pour la première fois, jusqu’en 1849, époque à laquelle il administrateur du Théâtre-Français, laissant l’Artiste à Edouard Houssaye et Xavier Aubryet. Les nouveaux possesseurs choisissent, pour rédacteur en chef, Théophile Gautier qui demeure à son poste de combat jusqu’en 1860, et ne se retire que devant Arsène Houssaye qui reprend la revue et la garde jusqu’en 1880. C’est de lui que Jean Alboize la recueillir et la continua jusque’à sa mort. (Gaston Schéfer)

    Alboize

    Le 19 janvier 1886, Jean Alboize se marie à Paris avec Jeanne Marguerite Gieules dont il aura deux enfants : Dominique Julien né le 22 novembre 1886 à Paris et Geneviève Louise Claire (1900-1981). En 1892, Il lance un supplément à l’Artiste qui paraît tous les trimestre : « Les peintres-lithographes ) Album de l’Artiste. Toutefois, la revue connaît des difficultés, les ventes s’effondrent et elle ne paraît plus que mensuellement. Alboize continue sa collaboration avec la Revue méridionale dans laquelle, il ne cesse de faire connaître la vie et l’œuvre du peintre Carcassonnais Jacques Gamelin. Aussi, lorsque la Grande encyclopédie et le Grand Larousse prétendent que Gamelin n’était pas coloriste, Alboize s’élève contre cette idée largement reprise dans d’autres journaux. C’est durant l’année 1898 qu’il fonde un Comité pour l’exécution d’un buste de Gamelin ; il sera réalisé par Falguière et inauguré à Carcassonne lors du passage des Cadets de Gascogne.

    Alboize

    Le 3 février 1899, il devient sous parrainage du compositeur Paul Véronge de la Nux, Chevalier de la légion d’honneur. Il ne cesse d’enrichir sa collection d’œuvres d’art et poursuit sa quête de notoriété en faveur de Gamelin. A la société « Les enfants de l’Aude » dont le siège se trouve 85 rue Richelieu, Alboize donne une conférence le 9 juin 1901 sur son peintre favori au milieu d’un parterre d’intellectuels dont les frères Sarraut. Au mois de novembre 1901, Jean Alboize est nommé par le gouvernement au poste de Conservateur du château de Fontainebleau, dont il va faire procéder à la restauration et à l’aménagement de plusieurs salles.

    Alboize

    © Jacques Blanco

    Le critique d’art n’aura cependant pas le temps d’aller au bout de ses projets ; le 4 mars 1904, il est emporté brutalement par une angine de poitrine. Ses obsèques ont lieu au cimetière Saint-Michel à Carcassonne quatre jours plus tard. On ne tarda pas à mettre aux enchères chez Drouot sa grande collection ; il possédait deux Gamelin : « La mort de Socrate (encre de Chine) et Scène champêtre (dessin).

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  • Arthur Mullot (1836-1907), une avenue à son nom et une belle lignée familiale

    Que savons-nous d’Arthur Mullot dont une avenue porte le nom entre le square Gambetta et le Pont Neuf ? Si peu de choses en vérité pour que les historiens se soient mélangé les crayons en croyant retracer son activité. Léon Riba dans « Carcassonne, ses places et ses rues » publié en 1951 qui sert depuis ce temps de référence en la matière s’est trompé sur toute la ligne. Il confond Arthur avec son frère Henry, qui fut nommé Conservateur de la bibliothèque municipale en juin 1909 en remplacement de Pierre Massé. Il indique que l’avenue prit le nom d’Arthur Mullot suite à une délibération du 16 novembre 1918 - bien entendu, Jean-Louis Bonnet reprend cette erreur à son compte dans son ouvrage « Carcassonne d’hier à aujourd’hui ». Ils n’ont pas vérifié qu’il s’agit en fait de la délibération qui entérine ce jour-là la donation de la bibliothèque particulière d’Henry Mullot à la ville par sa veuve, suivant le vœu testamentaire de son défunt mari. C’est commode… Comme Henry - que Riba dit s’appeler Arthur - est décédé le 29 août 1918, le nom de l’avenue a été donné le 16 novembre 1918.

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    En fait, il s’agit bien d’Arthur Mullot - le frère d’Henry - né le 30 juillet 1836 à Carcassonne et décédé dans cette même ville le 14 mars 1907. Le nom à l’avenue a été donné juste après son décès, car avant 1918 l’avenue porte déjà depuis longtemps le nom d’Arthur Mullot. Il suffisait de vérifier, mais comme les délibérations municipales ont disparu pour la période 1896-1908, il aurait fallu regarder les annuaires ou les plans de la ville. J’espère que vous me suivez, car c’est à s’y perdre ! Il est vrai que la vie d’Arthur Mullot fut bien moins passionnante que celle de son frère Henry. On attribua son nom à une artère de la ville pour le remercier d’avoir légué 200 000 francs de l’époque, soit 732 000 euros, au bureau de bienfaisance de Carcassonne au moment de son décès. Le riche propriétaire passa à la postérité, quand son frère reste encore dans l’oubli le plus total. 

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    Ouvrage d'Henri Mullot

    Henri Mullot naquit le 30 avril 1848 à Carcassonne. Elève au lycée de 1856 à 1866, il est capitaine des mobilisés de l’Aude en 1870. Il devient propriétaire du domaine de Caraman près de Montréal d’Aude après l’avoir échangé contre sa Villa-Henri de la route nationale 113. Il gagnera ses galons d’Officiers d’Académie le 6 février 1895, puis occupera diverses fonctions comme Secrétaire du Comité de la bibliothèque municipale (1898), Président de la Société d’Etudes Scientifiques de l’Aude, Gérant du Syndicat d’Initiative (1906-1909), etc. On ne compte pas non plus les très nombreuses recherches et ouvrages rédigés dont un armorial réalisé avec Henry Sivade. Il finira sa carrière comme Conservateur de la bibliothèque municipale qu’il ne cessera d’enrichir et d’inventorier. Marié à Gabrielle Bié en 1879, la tante du célèbre général de la Grande guerre Georges Brissaud-Desmaillet, né à Carcassonne en 1869 et décédé à Paris en 1948. Celle-ci avait fini par l’adopter en 1924 suite au décès de ses parents. 

    arthur mullot

    Notre recherche généalogique nous a poussé à regarder du côté de Jean Gabriel Emile Mullot, le frère d’Henry et d’Arthur. Ce propriétaire fit l’acquisition du château de Pech à Saint-Hilaire d’Aude et sera maire de cette commune de 1880 à sa mort en 1910. Il aura un fils de son union avec Françoise Emilie Fanny Marcerou (1841-1923) :  Gabriel Octave Marie Mullot (1862-1935). L’épouse de ce dernier, Julie Miquel, donnera naissance à Emile Mullot (1892-1982) qui sera maire radical et conseiller général de Saint-Hilaire. 

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    Paul Mullot

    (1921-2008)

    Le plus extraordinaire dans cette trame généalogique c’est qu’Emile Mullot n’est autre que le père de Paul Mullot (1921-2008), maire et conseiller général de Quillan de 1965 à 1995. Cet homme de centre-droit, directeur de Formica, reste dans toutes les mémoires à Quilan comme un homme à l’accent rocailleux et ayant bien géré sa commune. D’ailleurs si l’on regarde bien le portrait d’Arthur Mullot réalisé par Sourou en 1908, on se dit qu’il y a comme un air de famille.

    Sources

    Etat-civil / ADA 11

    Recensement militaire / ADA 11

    Du portrait au 19e siècle / Musée des Beaux-arts de Carcassonne

    Journaux locaux anciens 

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