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Souvenirs de carcassonnais - Page 3

  • De l'ancien café Sallen à la Bulle, rue Barbacane

    Au mois de février 1966, Albert Sallen surnommé Bébert fait l'acquisition de l'ancien café Azéma (Chez Paulin) situé rue Barbacane. A cette époque, le café Calmet placé entre les deux ponts (Vieux et Neuf) vient d'être rasé. On y fera la place Gaston Jourdanne avec son parking faisant face à l'actuel Centre des Impôts. Bébert est un étranger dans ce quartier, puisqu'il vient de la route de Toulouse, mais son passé de marchand de volailles l'avait fait connaître dans toute la ville. Outre les lotos de fin d'années qui sont toujours complets, le café Sallen se fait une réputation en raison de la qualité de la volaille préparée et surtout, du filet de bœuf aux cèpes que le patron cuisine mieux que personne. Les habitués ne s'y trompent pas : Georges Bès, Jeannot Canal, les frères Cano, les frères Chésa, les frères Franck, Rouby, Momon Sautel, Delampie, Vaissière, etc.

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    © Bruno Courrière

    Albert Sallen et son chien Porthos

     Au mois de mai, c'était la fête de la Barbacane. Il n'était pas question de manger autre chose que des escargots que l'on dégustait chez Bébert, évidemment. Après le tour de l'âne organisée par Gaby Fort, les tournées se faisaient chez Sallen. Le chef d'orchestre était aux fourneaux mais ses aides servaient en salle : Dany, Paulette et Geneviève. Dans le jardin à l'arrière du café, les Italiens jouaient aux boules confectionnées à partir de bois et de terre cuite. Doit-on évoquer les parties de cartes et comment on refaisait le monde devant l'établissement attablé avec un petit Pernod ?

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    © Alain Machelidon

    Albert Sallen vendra en 1976 son café pour des raisons de santé. La discothèque La Bulle a succédé au Café Sallen dans lequel retentissait la musique de José Marson et la voix d'un certain Gualdo. Luc Raucoules transforma le vieux bistrot en boite avant de le céder à André Garcia en 1981.

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    © Google maps

    Le Jardin d'été occupe les lieux

    Le poète avait écrit que "les feuilles mortes se ramassent à la pelle", nous avons donc essayé d'en attraper quelques une au vol avant que "la nuit noire de l'oubli" ne fasse son œuvre.

    Source

    La dépêche / 14 novembre 1992

    Une histoire de photographies / Martial Andrieu / Tome 3

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  • La librairie Breithaupt conserve en ses murs un secret historique...

    Trop peu de Carcassonnais savent aujourd'hui, le secret que renferme la librairie Breithaupt, 33 rue Courtejaire. Le temps fait sont œuvre d'érosion sur la mémoire collective, laissant aux fossoyeurs de l'histoire toute liberté pour agir à ses dépens. Aussi, essayons-nous autant que nous le pouvons, de rétablir ou d'approfondir certaines vérités que la modestie des héros d'hier, a complètement absorbée. Les vrais, ceux qui ont pris des risques, n'ont jamais fait valoir autre chose que leur sens du devoir. 

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     Monsieur Jules Breithaupt, né le 10 juillet 1910 à Carcassonne, mit sa librairie à la disposition de la Résistance pendant toute la durée de la guerre. Comme boîte à lettre "officielle" de l'armée des ombres, elle servit à faire transiter des messages entre les différents responsables et les maquis. Ces lettres se trouvaient placées en haut de la dernière étagère et lorsqu'un Résistant se présentait, il n'avait qu'à dire le mot de passe suivant : "Je recherche un livre de..." L'auteur, bien entendu, n'existait pas ! Jules Breithaupt recevait également dans son magasin le gratin de la Résistance régionale : Gilbert de Chambrun, Jean Graille, Jean Bringer, Lucien Roubaud, etc. Un bon endroit pour ne pas se faire remarquer ? Pas tant que cela... Louis Amiel, le bras droit de Bringer, faillit être confondu par la Gestapo alors qu'il avait acheté des cartes d'Etat-major chez Breithaupt. Par chance, lorsqu'il fut arrêté par elle, les agents de la sinistre police secrète Allemande allèrent à deux magasins de là chez Roudière, afin de prouver qu'Amiel s'était fourni chez eux. La Kommandantur était cliente de Roudière pour ses imprimés, mais aucun employé ne reconnut le futur Président du Comité Local de Libération. Quelque temps après, Amiel fut relâché.

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    A la libération, Jules Breithaupt obtint sa carte de Résistant. Sans exagérer, on peut dire que sa librairie n'est pas qu'un lieu de culture, c'est aussi un lieu de mémoire de la Seconde guerre mondiale. 

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  • Les débuts de Mistinguett à l'Alcazar de Carcassonne

    A la fin du XIXe siècle, Carcassonne possédait encore plusieurs salles de Music-Hall. Dans le quartier du Palais de justice, on allait à la belle saison à l'Alcazar d'été - rue de Belfort - et à partir de l'automne, à l'Alcazar d'hiver. Cet établissement se trouvait sur l'actuel boulevard Jean Jaurès. Il fut transformé en cinéma "Le Boléro" puis dans les années 1990 en centre de contrôle technique pour les véhicules. C'est là que fit ses débuts en province, la jeune artiste Jeanne Florentine Bourgeois, connue plus tard sous le nom de Mistinguett.

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    Mistinguett

    (1875-1956)

    Le pseudonyme de Mistinguett proviendrait de la déformation du nom de l'héroïne de l'opérette "Miss Helyett" d'Edmond Audran. Vous avez sans doute oublié cette œuvre musicale du compositeur de Gilette de Narbonne, Le grand Mogol ou de la Mascotte. Pour cette dernière, nos anciens fredonnaient "J'aime mieux mes dindons, j'aime mieux mes moutons quand ils font leurs doux glou glou flou. Quand chacun fait bê bê bê." Mistinguett fit donc ses premières armes à Carcassonne à une époque où elle ne connaissait pas encore la célébrité. C'est cette anecdote que nous avons retranscrite d'un entretien que donna M. Esparseil en 1960 à la presse locale.

    "Il y avait une autre dans le quartier du Palais de justice, derrière l’Alcazar de la mère Annou, que tous les vieux ont connu. Celui-ci est remplacé par le cinéma en face de la préfecture. Toujours au grand complet, il était fréquenté par la troupe et les sous-officiers de cavalerie.
    C’est là que j’ai connu Mistinguet alors toute jeune. Elle y venait avec l’un de nos camarades, sous-off, comme nous, et elle était déjà très amusante, promesse de la grande carrière qui fut la sienne.
    Notre camarade, qui ne l’avait pas vue depuis une vingtaine d’années, eu l’idée, pendant la guerre de 1914, posant à Paris en permission, d’aller la voir. Elle était en pleine gloire et dans toute sa splendeur. Il fut reçu à bras ouverts."

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    L'Alcazar d'hiver, sur l'ancien boulevard de la préfecture

    La grande salle de l'Alcazar d'hiver se trouvait 17, boulevard de la préfecture. M. Feuillat avait à coeur d'y  engager des artistes, considérés par la presse locale comme ayant fait les beaux jours des cabarets parisiens : comiques troupiers, chanteuses réalistes, danseuses exotiques, etc... Carcassonne étant une ville de garnison, il fallait émoustiller le militaire. Très souvent, les voisins se plaignaient de l'agitation et des nuisances sonores dans le quartier. Sans compter, les amendes infligées à la direction pour salle de jeu clandestine. Cette salle servira également pour les meetings politiques ; on y entendra le Dr Ferroul. Rien d'étonnant à cela puisque Jean Feuillat fait partie du conseil municipal, dirigé par le maire Antoine Durand.

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    La grande Mistinguett viendra ensuite à plusieurs reprises à Carcassonne au Théâtre municipal. Elle dormira même à l'Hôtel de la Cité en 1932. Parmi les grands succès de l'artiste : Ça c'est Paris !

    Paris, c'est une blonde qui plaît à tout le monde...

    https://www.youtube.com/watch?v=p2OxL7i_x_Y

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