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Musique et patrimoine de Carcassonne - Page 340

  • Le logis de Trencavel, route de Narbonne

    Parmi les très bonnes tables de Carcassonne des années 50-60, nous avons cité "La rôtisserie périgourdine" et "La croque sel", nous allons ajouter aujourd'hui un hôtel-restaurant dont il ne reste hélas plus rien, sinon le souvenir de son cassoulet.

    Le logis de Trencavel

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    Le logis de Trencavel est construit dans la seconde moitié des années 1950 à la sortie de la ville, en direction de Narbonne. C'est à cette époque une véritable gageure que d'aller s'installer si loin du centre-ville, à l'autre bout de l'avenue du général Leclerc. Comme nous pouvons l'observer sur la photo ci-dessus, la route est bordée de platanes ; il n'en reste plus aucun de nos jours. À gauche, la cité Ozanam n'est pas encore sortie de terre ; à droite, le champ dans lequel on bâtira Cité 2 en 1972.

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    L'établissement vers 1955

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    Sur la RN 113, le logis de Trencavel avec son hôtel affilié au Logis de France, se retrouvait recommandé dans les nombreux guides routiers. C'est l'époque où les sorties dominicales en voiture s'accompagnaient d'une halte dans les bonnes adresses de la région. La réputation du propriétaire M. Aymeric, traiteur de son état, dépassait largement les frontières du département.

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    La rusticité du salon avec ses meubles de style Renaissance, sa cheminée et ses poutres à la Française.

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    La grande salle à manger avec ses nombreux couverts. C'est dans cet établissement que deux de nos fameux cuisiniers actuels ont épluché les pommes de terres en tant qu'apprentis : André Pachon et Jean-Claude Rodriguez. Ce dernier reprendra même le logis de Trancavel en gérance. Ces deux ambassadeurs du cassoulet commencèrent donc à le cuisiner chez M. Aymeric. 

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    Le logis de Trencavel a été rasé ; sur son emplacement on a bâti l'Hôtel 111. Hélas, la vie de cet établissement cinq étoiles n'aura pas duré plus de deux ans. Cet hôtel flambant neuf ouvert en mai 2011, est fermé depuis 2013. C'est bien dommage pour Carcassonne, incapable désormais d'offrir des prestations de luxe à des clients très fortunés. Pour rêver d'un palace avec la Cité, il faudrait déjà vouloir attirer une clientèle à qui l'on n'offrirait pas que des épées en plastique en souvenir... Or, la tendance est plutôt à la quantité des visiteurs qu'à la qualité de leur portefeuille. 

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    © Tous droits réservés/ Musique et patrimoine / 2016

  • Le 3 juin 1944, la police rafle 200 jeunes sur ordre des nazis dans Carcassonne.

    Nous sommes le samedi 3 juin et le dimanche 4 juin 1944 à Carcassonne. C'est jour de foire... Des agents français accrédités par l'Office du placement Allemand par un service dont le siège est à Marseille, investissent l'ensemble des cafés, la gare, les stations d'autobus et les maisons de tolérance. Sur ordre du service du placement allemand, situé 22 rue Strasbourg, elle appréhende et rafle plus de 200 jeunes français suspectés d'être réfractaires au S.T.O (Service du Travail Obligatoire). Une quarantaine de ces personnes sont retenues et confiées à la garde de la police urbaine de Carcassonne. Elles sont destinées à partir travailler de force en Allemagne pour alimenter l'effort de guerre des nazis. 

    Dans un courrier du 5 juin 1944 adressé au Chef du gouvernement de Vichy, le préfet de l'Aude indique :

    "Je suis immédiatement intervenu auprès de la Feldkommandantur pour demander qu'un fonctionnaire français qualifié assiste aux opérations de criblage. Le colonel, commandant la Feldkommandantur, a accepté la désignation de M. Bousquet, délégué départemental du Commissariat général à la main d'oeuvre."

    Selon le préfet, sa réclamation auprès des services allemands contre l'arrestation de jeunes gens à peine âgés de 18 ans et en situation régulière, a permis finalement de ne retenir que 27 individus sur 40.

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    © Musée de la résistance

     

    Personnes partant pour l'Allemagne. Prévenir au plus vite la famille pour porte les bagages à l'Office de placement Allemand, 15 place Carnot.

    Bourgeois Jean / 29.2.1920 à Aulnay sous bois / Rue de la mairie. Carcassonne 

    Domenech François / 29.5.1923 à Barcelone / Névian

    Armerio Joseph / 19.5.1925 à Béziers / Rue Capeau. Béziers

    Farran René / 9.6.1922 à Sérignan / 10, rue faïence. Béziers

    Gilbert Robert / 5.9. 1918 à Béziers / 5, rue Viennet Béziers

    Guardia Julien / 13.11.1915 à Barbastro / 10, rue Dugommier. Carcassonne

    Jeanjean Gustave / 18.7.1920 à Montjeaux / 39, av Gambetta. Béziers

    Miquel Yvon / 10.3.1912 à Aspiran / 10, rue Subleyras. Montpellier

    Ferrer Joseph / 8.3. 1917 à Narbonne / 21, rue dupleix. Narbonne

    Sylvestre François / 18.1.1919 à Quillan / 28, rue du port. Carcassonne

    Soules Émile / 2.1.1913 à Carcassonne / 59, rte de Limoux. Carcassonne

    Tricarico Jacques / 26.3.1925 à Béziers / 27, rue Corneillan. Béziers

    Taparel Roger / 31.7.1925 à Villassavary / Bassan (34)

    Viseux René / 18.7.1924 à Paris / 46, bd Pétain. Carcassonne

    Vidoni Gianino / 17.8.1916 à Trasaghis (Italie) / 37, rue de l'hôpital. Avignon

    Bertholio Henri / 25.6.1915 à Florensac / Cussac (24)

    Pages Étienne / 26.12.1919 à Argeliers / La digne d'aval

    De Madaillan François / 14.6.1925 / La loubatière

    Denat Émile / 4.7.1922 à Villalier / Villalier

    Garrigues Raoul / 24.4.1926 à Prédelles / Trèbes

     

    Source

    ADA 107W145

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  • Si tu ne vas pas à Lagardère, Lagardère ira à toi...

    Nous nous satisfaisons d'avoir appris il y a trois jours dans la presse locale que l'Association des Amis de la Ville et de la Cité, allait faire poser une plaque sur la maison du cinéaste André Cayatte, située rue Pinel. L'entreprise ne s'arrête pas là puisque il est également question de faire la même chose sur le 24, route minervoise à l'endroit où à séjourné le poète Louis Aragon pendant la guerre - nous avons rédigé récemment un article à ce sujet. Voilà donc une heureuse initiative qui trouve pour une modeste partie son origine, dans les nombreux articles de ce blog qui, depuis cinq années, sollicite les élus pour rendre cet hommage à André Cayatte et à d'autres, sans succès. Monsieur Noël Pagé, ancien professeur et féru de cinéma, avait rédigé un courrier il y a trois ans au maire de Carcassonne afin de relayer cette demande officiellement. La ville ne semblait pas disposée à accéder à la requête quand, avant les élections, on apprit qu'une demande avait été faite auprès du propriétaire actuel de l'immeuble. Après le scrutin, les mouches ayant changé d'âne on ne parlait plus de Cayatte, jusqu'à aujourd'hui.

    Faisant nôtre l'adage selon lequel "il n'est jamais bon d'avoir raison trop tôt", nous saluons la perspicacité et l'entreprise de cette illustre association oeuvrant avec intelligence et efficacité sur le terrain. Nous regrettons simplement que le journal ait oublié dans ce concert de louange de citer le blog "Musique et patrimoine", qui est sinon un bouillon de culture, tout du moins, un laboratoire des bonnes idées... 

    Dans un autre registre, l'urne contenant de la terre du camp de Buchenwald et déposée en 1948 au pied du monument à la Résistance, va être prochainement remise au square Gambetta. Le Conseil général de l'Aude a fait refaire l'objet disparu sous la pioche des engins de chantier en 2003. Les élèves de Carcassonne en déplacement dernièrement en Allemagne on ramené de la terre des camps de concentration. Nous avions signalé cette disparition il y a trois ans ; nous avons fourni des photos aux services du Conseil général afin de refaire l'objet à l'identique. 

    Dans tous les cas, nous espérons au moins recevoir un petit bristol d'invitation à ces mémorables journées d'inauguration.

                                               Le Chevalier de Lagardère