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Musique et patrimoine de Carcassonne - Page 342

  • L'âge d'or de l'hôtel de la Cité en photographies

    Oui ! il y eut un âge d'or pour le plus prestigieux établissement hôtelier de Carcassonne. Une époque où les princes et les vedettes du cinéma international s'arrêtaient à Carcassonne pour visiter son joyau médiéval. Elles ont laissé leur immortalité dans la signature du livre d'or que l'hôtel conserve précieusement. Il reste quelques photographies que je suis allé rechercher chez les rares témoins de cette époque ; les vrais acteurs ne sont plus de ce monde. Il faut partager cette mémoire pour montrer que Carcassonne n'a pas toujours été ce qu'elle est maintenant ; c'est-à-dire une ville sans âme dans laquelle la culture du déclin l'emporte sur celle de l'esprit et du progrès. Dans les années 50-60, Carcassonne n'était pas plus riche qu'aujourd'hui, mais elle exploitait avec soin ce qui faisait sa renommée chez les grands de ce monde :

    L'hôtel de la Cité

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    Les hôtes de marque sortaient dans ce petit village entouré de tours séculaires. Il y avait un bureau de poste, un boulanger, un épicier et bien sûr des marchands de souvenirs. On retrouvait ces stars de cinéma chez l'antiquaire Sarraute qui savait vendre sa Cité, bien mieux que n'importe quel agent touristique actuel. Pour sûr, ils sont tous formés de la même manière... Ces habitants, la Cité, ils l'avaient reçu dans l'ADN dès leur naissance. Quant à la langue anglaise ? Ils s'en débrouillaient en baratinant et le touriste faisait le reste du chemin. Cet hôtel de légende constituait à lui seul la locomotive économique de la Cité, car ceux qui y logeait se promenaient avec de gros dollars en poche. 

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    "Gamin ,nous tenions nos assises devant le pont levis ,je me souviens d'avoir vu trois voitures américaines dont les numéros d'immatriculation se suivaient ; la premiere avec les parents et le chauffeur, la deuxieme avec les enfnats et le chauffeur et la troisieme avec les bagages et le chauffeur. Beaucoup de clients américains venaient, mais lorsque De Gaulle a bouté l'américain hors de france (americans go home) la clientele a disparu et a commencé le declin de l'hôtel. Nous allions le soir dans la petite rue où se trouvaient les cuisines humer les bonnes odeurs des plats concoctés par les cuisiniers. Je ne pensais jamais pouvoir pénétrer en tant que client dans l'hôtel et un jour, c'est arrivé : quel bonheur ! Le chef cuisinier (RION) a qui j'ai raconté mon histoire m'a accompagné aux cuisines pour une visite. Bien sûr nous avons connu tous les personnels de l'hôtel M. Lasserre directeur, M. Decaux Marcel l'homme de confiance, M. Cadène chauffeur officiel, Billion chef cuisinier lyonnais, et Oscar Roos bagagiste ... les femmes de la Cité allaient le temps de la saison y travailler, soit dans les chambres, soit à la buanderie située sous l'actuel Bar à vins." (Jean-Claude Loupia)

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    Albert Roos et M. Cadène

    Parmi les grands de ce monde a avoir séjourné à l'hôtel de la Cité, notons : Walt Disney, Winston Churchill, Paul Valéry, Élisabeth II d'Angleterre, Gary Cooper, Kipling, le prince Rainier de Monaco, Edith Piaf, le comte de Paris, le roi d'Albanie, Fernandel, etc...

    Colette

    (Écrivain)

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    Après tant d'hôtels, enfin ! Un chez moi !

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    Sacha Guitry

    (auteur dramatique)

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    10 août 1932

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    François Mauriac

    (Écrivain)

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    James Stewart

    (Acteur américain)

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    Avec son épouse dans le hall de l'hôtel en 1939

     

    Le duc de Windsor

    (Edouard VIII d'Angleterre)

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    Le roi d'Angleterre avec ses chiens devant l'hôtel

    "Madame Pueyo, une figure citadine connue, se souvient d'un anglais distingué se promenant dans la Cité avec une jeune femme fort élégante, qui s'arrêta pour admirer les roses de son jardin : Vous avez de bien belles roses !, dit l'anglais dans un très bon français. Je vais vous en donner une ! répondit-elle avec la chaleur et l'empressement qu'on lui connaît.

    Puis avec curiosité...

    Mon Dieu, monsieur, comme vous ressemblez au roi d'Angleterre !

    Le monsieur sourit tandis qu'elle tendait à la dame une rose fraîchement coupée. Madame Pueyo apprit le lendemain que le duc de Windsor séjournait à l'hôtel de la Cité avec Wallis Simpson. Le duc de Windsor a laissé un grand souvenir. Il entendait être traité comme les autres clients. La courtoisie n'excluait tout de même pas, une nombreuse domesticité."

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    Le livre d'or

     

    Maurice Chevalier

    (Chanteur)

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    26 août 1953

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    Grace Kelly

    (Princesse de Monaco)

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    Son époux le prince Rainier, était venu le 6 juillet 1954

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    Juillet 1961

     

    Alain Delon

    (Acteur)

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    Place Saint-Nazaire

     

    Tino Rossi

    (Chanteur)

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    30 juin 1973

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    "Le comte de Barcelone lorsqu'il arrivait, louait une aile entière (côté église) et se déplaçait avec plusieurs femmes de chambres plantureuses à souhait. Certains avaient des exigences particulières. Boulay Hassan, le père du roi du Maroc Hassan II, avait refusé de prendre ses repas dans de la vaisselle ayant déjà servi, et il avait fallu acheter à la hâte des casseroles en terre. D'autres enfin arrivaient avec leurs draps de lit. L'art de la discrétion consistait à satisfaire toutes les demandes."

    À lire

    L'hôtel de la Cité / B. Vaissière / Liber Mirabilis

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    © Tous droits réservés/ Musique et patrimoine/ 2016

  • Quand on apprenait les chansons occitanes dans les écoles de Carcassonne

    Quel contraste! Au début du XXe siècle, le ministère de l'Instruction publique encourageait l'apprentissage du chant et de la musique à l'école :

    "C'est une chose grave de faire apprendre à un enfant une chanson ou un poème. La mémoire d'un adulte est infidèle ; c'est une plage de sable sec où notre travail ne peut laisser qu'une trace incertaine, vite effacée au moindre vent. Mais la mémoire d'un enfant ressemble à ces vieux coffrets d'autrefois où nos grand-mères seraient les plus humbles choses et leurs bijoux les plus précieux. On n'y touche pas pendant des années ; puis, un jour de mélancolie, on ouvre les vieux coffrets, et les pendentifs démodés, les mèches de cheveux, les rubans fanés provoquent l'explosion des souvenirs."

    (Maurice David, Inspecteur de l'Académie de l'Aude)

    Aujourd'hui, seuls nos enfants inscrits à la Calendreta (école occitane) sont susceptibles de connaître ces chants languedociens. Pourquoi ? Tout simplement, l'école de la République a tiré un trait sur l'occitan. Cela ne les gênerait absolument pas qu'il devienne une langue morte, rayant ainsi plusieurs siècles de l'histoire sociologique et ethnologique de notre belle région.

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    L'Europe avait créé la Charte sur les langues régionales en 1992 pour protéger et promouvoir les langues en tant qu'aspect menacé du patrimoine culturel. L'Espagne malgré ses autonomies souvent indépendantistes a ratifié ce traité. La France dans sa tradition jacobine a signé, mais a encore refusé d'inscrire la charte dans la constitution française. Le sénat s'y est opposé en octobre 2015. Toujours cette peur que la République ne soit menacée dans son unité ! Il est vrai que l'apprentissage de l'Anglais dès la maternelle, c'est plus "cool" pour faire plus tard de nos enfants de bon consommateurs rompus à l'économie de ce marché libéral et financier. Nous voyons que la culture a moins de valeur dès lors qu'elle ne peut pas être un acteur de l'économie. Tant pis si c'est au détriment de nos traditions, usages et origines culturelles.

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    Quant à la pratique musicale à l'école... je finirais par être méchant!

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  • Théophile Barrau (1848-1913), le sculpteur Carcassonnais oublié

    Théophile Barrau a rejoint depuis longtemps déjà, la longue liste des artistes dont le talent - consacré dans la France entière - est remisé à Carcassonne dans les tiroirs poussiéreux de la mémoire. C'est pourtant dans cette ville qu'il voit le jour le 3 octobre de l'an de grâce 1848, au numéro 20 de la rue Saint-Vincent (actuelle rue A. Tomey). Son père, Louis Achille Barrau exerce le métier de fonctionnaire et sa mère, Marie Dominique Rossi est femme au foyer. De cette union naîtront deux autres enfants : Ernest et Charles. Ce dernier qui finira sa vie au Mexique sous le nom de Carlos Baron.

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    Théophile souhaite embrasser une carrière artistique et rejoint l'école des Beaux-arts de Toulouse. Il sera l'élève d'Alexandre Falguière. Son ami, Jacques Ourtal (autre peintre Carcassonnais) l'accompagne dans cette aventure. Tous les deux fréquenteront l'atelier d'Alexandre Cabanel, dans lequel ils rencontreront les plus grands artistes parisiens. Barrau fait ses débuts au Salon de 1874 ; ces oeuvres ne cesseront d'être primées. Le 1er octobre 1892, il est promu au grade de chevalier de la légion d'honneur.

     

     1880 

    Médaille 2e classe

    Salon des artistes français

    Paris

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    La poésie française

    Groupe plâtre n° 6074 présenté au Salon

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    Salon de 1880

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    Salon de 1883

    Jardin du Palais des Champs-Elysées

    "La poésie française" sur son socle à gauche (Hors concours).

    Oeuvres achetées par l'état.

    1880

    Médaille de 1e classe

    Exposition internationale de Barcelone

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    Suzanne au bain

    Jardin Joan Maragall (Barcelone)

    1889

    Exposition Universelle de Paris

    Médaille d'argent 

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    Mâtho et Salammbô

    1900 

    Médaille d'or

    Exposition universelle de Paris

    1892

    Centenaire de la bataille de Valmy 

    20 septembre 1892

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    Ce jour-là, à deux heures de l'après-midi, Théophile Barrau lève le drap qui recouvre le monument commémoratif en l'honneur de Kellermann. Il est visible dans la plaine jusqu'à quinze kilomètres. Barrau imagina représenter le mouvement énergique du général, brandissant d'une main son épée et de l'autre ralliant à lui ses soldats. 

    1895

    Musée d'Orsay

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    Suzanne

    1898

    Capitole de Toulouse

     Salle des illustres

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    Pierre de Fermat

    Carcassonne

    "La poésie française" a été installée au coeur du Square Gambetta au moment de son inauguration, le dimanche 29 avril 1888. Un brillant concert fut donné en son honneur au kiosque à musique du square Gambetta par la Société lyrique Sainte-Cécile. Cette statue faisait face à Mercure, sculpté par Ludovic Durand. Après la destruction du jardin par les Carcassonnais sur ordre de l'occupant allemand en 1944, l'oeuvre de Théophile Barrau fut déposée dans la cour du musée des Beaux-arts. Le 1er avril 1950, le chanoine Sarraute note qu'il y avait là les deux statues : Mercure et La poésie française. Leurs membres étaient cassés et paraissaient irréparables. Cela démontre sans doute avec quelles précautions on les avait descendues de leurs socles respectifs. Si Mercure fut ensuite redécouvert aux serres municipales et placé depuis 2013 dans la cour du musée, l'œuvre de Barrau a disparu. Peut-être pas pour le monde, à moins que les employés communaux ne l'aient jeté à la poubelle. Qui sait un jour, on ne finira pas par le savoir ?

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    La poésie au square Gambetta

    Autre monument dans Carcassonne sculpté par Théophile Barrau.

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    Buste de Théophile Marcou

    Cité de Carcassonne

    La ville de Castelnaudary a donné un nom de rue à l'illustre sculpteur Carcassonnais. Sa ville de naissance n'en a même pas fait autant...

    Sources

    Le courrier  de l'Aude

    Généanet

    Kellermann / R.Reiss/ Tallendier

    Mémoires de Gabriel Sarraute

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