Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

- Page 7

  • La construction du collège du Viguier (Émile Alain)

    Le collège

    du

    Viguier

    est le bâtiment scolaire de cette importance le plus rapidement construit à Carcassonne. D'un point de vue administratif, le dossier sera rapidement bouclé et une première délibération de principe validée le 30 novembre 1964. L'ouverture du chantier se fit le 1er mars 1966 et se termina avec l'ouverture de l'établissement le 15 septembre suivant. Soit exactement en 6 mois et demi...

    200991236.jpg

    Une révolution due au procédé de construction de type métallique industrialisé avec ossature métal et murs rideaux constitués par des panneaux Glassal, aussi bien en allège qu'en longs pans. Le plancher est constitué par des poutres métalliques avec remplissage en béton armé. L'isolation phonique et thérmique est obtenue grâce à des feutres, mais pour avoir été élève dans ce collège je peux vous dire qu'au printemps on commençait à cuire dans les classes de cours. Il fallait tirer les rideaux et travailler dans l'ombre.

    1281005780.jpg

    Le coût total de l'opération reviendra à 3 244 700 francs avec un financement de la ville à hauteur de 21%.

    Les professeurs

    Ma génération a connu : Monsieur et Madame Arletaz (Directeurs) ; Mesdames Georges (EMT), Brocard (Sciences), Rodriguez (Anglais), Maynard (Français), Fleuré (Français), Villeprun (Mathématiques) ; Messieurs Valembois (Sciences), Gout (Sciences), Marquié (Histoire), Béranger (Français), Cabrol (Sport), Héléna (Musique), Grassiette (Musique), Capéra (CDI), etc...

    Ce collège était dans les années 80 constitué par une équipe enseignante humaine et pleinement engagée dans ses missions. Comment ne pas la remercier...

    La sculpture de Camberoque

    013 Le Viguier.jpg

    À l'intérieur du collège, une sculpture a toujours retenu mon attention. Malheureusement, aucun professeur ne nous a jamais indiqué qui en était l'auteur, ni ce qu'elle représentait. Ce sont des sculptures en béton, une technique mise au point par Jean Camberoque dans les années 70 ; une de ses oeuvres est installée définitivement dans le Musée de la Fôret de Sénard, en région parisienne.

    "Trois peintres, nous l’avons vu l’autre semaine, ont été invités à faire un grand pas vers l’architecture en préparant des maquettes pour la façade du nouvel immeuble de Radio-Luxembourg. On a donc retrouvé traduits à une échelle monumentale, les disques de Vasarely, les paraphes de Mathieu et le fin réseau de lignes enchevêtrées de Carzou.
    Une autre expérience vient d’être faite à Narbonne, et toute différente. Car nul ne retrouvera dans cette composition en béton, exécutée pour l’EDF, l’univers familier de son auteur, qui, sur ses toiles, peint des moutons pareils à de grosses pierres sur les causses, des toreros et des vieilles femmes goyesques. Camberoque a résolument tourné le dos à son répertoire. Il a sculpté un mur de dix-huit mètres de long sur quatre mètres de haut et il a choisi de façonner, de sculpter au marteau-piqueur dans une masse de béton de dix-huit tonnes d’immenses corolles striées.
    Il y a du soleil à Narbonne Camberoque le sait et c’est en fonction de cette lumière implacable, qu’il a conçu des énormes corolles où le noir et le blanc, se relayant à mesure que les heures passent, donnent au spectateur l’illusion que ces pétales tournent comme des roues gigantesques. C’est très joli, le cinétisme, mais quand un peintre a du talent, il n’a que faire de la mécanique et de l’animation. L’œuvre bouge toute seule. Voilà qui nous change aussi, à l’opposé, de ces gros blocs de béton tout bêtes, pétrifiés et que l’on veut faire passer pour de la sculpture.
    Autrefois, les statuaires, les meilleurs du moins, savaient qu’il fallait observer longtemps le futur emplacement de leurs statues et aller jusqu’à étudier les conditions climatiques de l’endroit. Faute de quoi, la pluie risquait à la longue, de recouvrir les corps d’un vilain lichen noirâtre. Quand au soleil, il collabore lui aussi avec le sculpteur. Mais voilà longtemps qu’on ne se soucie plus de la destination d’une sculpture. L’exemple du béton de Camberoque mérite d’être suivi."

    (Pierre Mazars / Le Figaro littéraire)

    017senart.gif

    Sculpture de J.Camberoque (Forêt de Sénart)

    Merci à Charles Camberoque pour son aide

    ___________________________

    © Tous droits réservés / Musique et patrimoine / 2016

  • La cité Saint-Jacques en 1961

    La cité

    Saint-Jacques

    comprise entre l'avenue Henri Gout et la rue Achille Laugé est constituée par 368 logements locatifs, dont les premiers furent livrés le 1er août 1957.

    2659565118.jpg

    La cité St-Jacques en 1961

    2860041375.jpg

    Vue aérienne en 2016

    2749732750.3.jpg

    La caserne de gendarmerie n'est pas encore construite (pastille rouge). La cheminée industrielle de l'usine Sicart de Tri des chiffons (pastille violette). En bordure de l'avenue Henri Gout, l'ancien magasin des meubles Gérard n'est encore qu'un jardin cloturé.

    1812695884.jpg

    L'avenue Henri Gout, ancienne route de Montréal

    3682994847.jpg

    Cheminée industrielle dans la rue Achille Laugé 

    565510239.jpg

    La petite maison du buraliste à l'angle de la rue Toulouse-Lautrec n'existe pas encore (pastille jaune). Les immeubles de la cité St-Jacques (pastille verte). De nombreuses maisons sortent à peine de terre au milieu des jardins.

    3873841967.jpg

    La rue Achille Laugé et le buraliste à gauche.

    483731951.jpg

    La ferme agricole de St-Jacques, au bout de l'allée des pins, a donné son nom au quartier.

    1422327615.jpg

    L'ancienne ferme de St-Jacques, dans la rue André Le Notre, a été acquise par la ville de Carcassonne dans les années 70. Les bâtiments sont occupés par le club de l'âge d'or, le FACV...etc.

    2538682672.jpg

    Le stade Mazet (pastille verte), L'école des arts (pastille violette), le château du Marquis de Gonet (pastille rouge), le hameau de Maquens (pastille jaune), la route de Limoux bordée de platanes (pastille bleue). Pour cette dernière, l'aqueduc la longeait encore après le rond point de l'hôpital en direction de la ville. Bien sûr, à droite les pavillons de St-Jacques III ne sont encore que des terrains.

    2855342208.jpg

    On se souviendra sans doute des commerces de cette époque : Epicerie Castan, épicerie Armaing, boucherie Seguy, Bureau de tabac Alary, etc.

    _______________________________

    © Tous droits réservés / Musique et patrimoine / 2016

  • La caméra explore le temps : Les Cathares

    C'est en novembre 1965 que l'équipe de tournage dirigée par Stellio Lorenzi s'installe à Carcassonne pour tourner la dernier opus de

    "La Caméra explore le temps"

    Les Cathares.

    Depuis 1957 ce sont 36 épisodes scénarisés par Alain Decaux et André Castelot, consacrés à l'histoire de France qui sont diffusés sur la première chaîne de la RTF. Les rôles sont confiés à d'excellents comédiens dont beaucoup d'entre eux sont pensionnaires de la Comédie française comme François Chaumette ou Michel Bouquet. J'insiste sur ce point car à cette époque on n'a pas encore besoin de pousser le son du téléviseur pour comprendre les dialogues. Le jeu est certes un peu trop théâtral mais la diction est parfaite. A ce sujet, ne demandons pas à "Joséphine ange gardien" de faire des miracles ! 

    841837842.jpg

    Nous avons retrouvé Francis Aracil - figurant et comédien Carcassonnais à cette époque - qui a bien voulu nous raconter ses souvenirs de tournage :

    "Guy Vassal m'écrit un jour pour m'informer que dans le cadre de "La caméra explore le temps", émission télévisée, il allait venir sur Carcassonne, aux pieds de la Cité médiévale un téléfilm sur les Cathares. Il souhaitait ma présence sur le plateau en tant que figurant. Je me souviens avoir demandé une autorisation d'absence au proviseur du lycée qui me l'accorda. Un problème se posa : le réalisateur, Stelio Lorenzi exigeait pour les figurants une taille de 1m 75. Je ne les faisais pas. Guy mit au point un stratagème. Stelio Lorenzi devait venir ce matin-là au Théâtre municipal pour choisir les figurants, parmi tous ces jeunes attroupés dans la rue, devant les marches du Théâtre. Guy m'avait dit qu'il me présenterait personnellement à Stelio Lorenzi, mais qu'à ce moment-là je devais être sur une marche de l'entrée. Ainsi, paraissant plus grand, le réalisateur accepterait de ma prendre, ce qui fut fait. Je revois ce minibus à l'enseigne de l'ORTF dans lequel je m'engouffrai avec les les autres figurants. Direction les abords de la Cité, la route de Saint-Hilaire, la plaine Saint-Jean. 

    Là, sous une pluie fine et froide, nous étions pris en main par l'équipe du tournage, en repli dans un corps de ferme voisin qui servait aussi de loges pour les acteurs. Quand mon tour arriva, on me remit une tunique de croisé avec cotte de mailles, plastron blanc porta la croix rouge, casque, ceinturon et épée. L'habilleuse nous recommandait d'aller uriner avant, car elle nous cousait ensuite dans le dos la cotte de mailles qui allait de la tête jusqu'aux pieds, sans braguette évidemment. De là, nous traversions la route pour être conduits vers ce terrain bourbeux, où des tentes moyenâgeuses avaient été dressées avec des oriflammes, auprès de chevaux superbement harnachés, où les acteurs et actrices se protégeaient de la pluie glaciale. Je portais aux pieds des espadrilles en toile et corde qui prenaient l'eau. On nous affecta une place qu'il ne fallait pas quitter. Vue sous cet angle, l'histoire prit un caractère surréaliste dès que l'heure du tournage proprement dit arriva.

    Guy Vassal interprétant le rôle de Raymond-Roger Trencavel, devait arriver au galop depuis le fond du champ, au-delà duquel se détachait l'imposante Cité de Carcassonne, et parvenir jusqu'à nous, où l'attendait Simon de Montfort. Là, après un échange de dialogue, Trencavel jetait, en signe de reddition, son épée aux pieds de Simon de Montfort, incarné par Jean Topart. Trencavel repartait escorté vers la Cité où il s'était réfugié. Simon de Montfort, dialoguant ensuite avec une gente Dame à cheval, devait monter à son tour sur le sien et partir au galop... Sauf que tout cela était bien cocasse et que le réalisateur dut "couper" plusieurs fois. Guy Vassal avait du vernir, jeter son épée, repartir, au moins quatre ou cinq fois. "Coupez" encore, et soudain retentit un éclat de rire général : La gente Dame, en pleine concentration dans son échange avec Simon de Montfort, ne s'était pas aperçue que sa monture avait déployé toute sa vigueur pour uriner de toutes ses forces... Et puis, Simon de Montfort, c'est-à-dire Jean Topart, ne savait pas conduire son cheval ! Il avait beau tirer d'un coup sec sur les brides, le cheval restait sur place, impassible. Après plusieurs tentatives, Stelio Lorenzi trouva une solution : il avait fait porter de la grange une table sur laquelle il installa une chaise. Une fois sur le cheval l'acteur redescendit s'asseoir sur la chaise surélevée et cette fois, imitant de tout son corps le mouvement du cheval, il fit semblant de tirer sur des brides et, pliant le torse brusquement en avant, donna l'illusion d'un départ à plein galop. Je ne sais pas si j'avais ri aussi franchement que toute l'équipe lorsque Stelio Lorenzi annonça : "C'est terminé !"

    1759187963.jpg

    Stelio Lorenzi déjeune au Café de la comédie, rue Courtejaire. 

    706524906.jpg

    Ce téléfilm existe désormais en DVD

    Si vous avez des photographies ou des souvenirs de ce tournage, n'hésitez pas à nous les envoyer. Merci à Francis Aracil pour son témoignage.

    ___________________________________

    © Tous droits réservés / Musique et patrimoine / 2016