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Catharisme

  • Raymond de Mostuéjouls (1275-1335), évêque de Saint-Papoul et cardinal

    Raymond de Mostuéjouls naît au château de Mostuéjouls, dominant la vallée du Tarn, aux limites du Rouergue et du Gévaudan vers 1275, de Richard de Mostuéjouls, chevalier, et de Guillemette, son épouse. Sa famille est fort ancienne, fort riche et fort puissante aussi.

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    Raymond de Montuéjouls

    Une partie de la jeunesse de Raymond de Montuéjouls se passe au château familial avec Guillaume, son frère aîné et futur Sénéchal des Comtés de Rodez qui signera en 1303 l'acte d'adhésion des barons à l'appel du roi Philippe le Bel contre les entreprises du pape Boniface VIII, de ses soeurs, Guise, Fine et Wassadelle enfin qui épousera le chevalier de Lordet de Chirac et dont l'un des fils, Albert, sera évêque de Mende de 1331 à 1336.

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    De gueule à la croix fleurdélisée d'or, cantonnée de quatre billètes de même.

    Raymond de Montuéjouls a une dizaine d'année lorsque meurt son père. L'éducation du jeune orphelin est assumée par sa mère que les contemporains peignent comme une femme très intelligente. Très tôt, il part pour l'abbaye de Gellone (Saint-Guilhem-le désert) où son oncle Guillaume est abbé depuis 1289. Là, il va vraisemblablement effectuer ses études secondaires. On ne sait où il va poursuivre ses études supérieures, mais nous savons qu'à 25 ans à peine il peut coiffer le bonnet carré de Docteur en décrets. Il retourne alors à Saint-Guilhem-le désert, le puissant monastère que le pape Alexandre II vient d'ériger en abbaye avec juridiction épiscopale sur deux paroisses et sur le reste de la vallée de Gellone, qui ne dépendront dès lors que du Saint-Siège. Là, c'est son oncle l'abbé qui lui confère la tonsure monacale en 1301. Deux ans plus tard, à la mort de ce dernier, la communauté se divise à propos de l'élection de son nouveau supérieur. Pour sortir de l'impasse un compromis est trouvé : deux ou trois religieux, élus comme grands électeurs désigneront le futur abbé. Au nombre d'entre eux, Raymond est choisi malgré son jeune âge et son peu d'ancienneté monacale.

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    Jean XXII

    Peu de temps après, il est nommé camérier, poste très important car il faut à ce poste administrer tout le temporel du monastère. Les solides qualités dont il fait preuve lui valent d'être nommé prieur de Saint-Martin-de-Londres (Diocèse de Maguelone) qui dépendait de Saint-Guilhem-le désert. Six ans plus tard, en juillet 1316, il est élu abbé de Saint-Thibéry où il arrive au mois de juillet. Le 7 août, le cardinal Jacques Duèze dont il est le chapelain est élu pape et prend le nom de Jean XXII. Dès lors, le destin du jeune abbé va être lié à celui du nouveau pontife et à peine a t-il le temps de prêter serment de fidélité et d'obéissance au roi le 30 avril 1317, que le pape le nomme évêque de Saint-Flour ; évêché qu'il vient de créer avec plusieurs autres au nombre desquels Saint-Papoul.

    Peu après son intronisation, Raymond de Montuéjouls reçoit une mission diplomatique importante. Jean XXII le nomme Nonce apostolique et lui adjoint un autre Rouergat, Béranger de Landorre, Maître général des Dominicains. Le but de leur mission est très ambitieux : arriver à calmer l'un des plus grands féodaux de ce temps, le bouillant Robert d'Artois et son allié du moment, le puissant comte des Flandres, tous deux en révolte contre le roi Philippe le Long. les troubles que les deux complices entretenaient en Artois, Picardie et Flandres mettaient le royaume en difficulté et rendaient impossible le projet royal d'une nouvelle croisade en terre sainte. 

    En 1318, Raymond reçoit une nouvelle mission capitale pour l'avenir de l'église. En effet, depuis de nombreuses années, les propositions théologiques de Jean Olive († 1297 à Béziers) que continuent de soutenir plusieurs membres de son ordre, celui des Frères Mineurs, empoisonnent le débat ecclésiastique. Jean XXII comme alors une commission de 12 docteurs pour juger ces thèses. C'est Raymond de Montuéjouls qui prononce la sentence qui condamne avec force ces propositions comme hérétiques et par ordre du pape, les livres de Jean Olive seront brûlés en place publique. Au service du Saint Siège, Raymond n'en est pas moins évêque de Saint-Flour, et le jeune diocèse se doit d'être administré avec rigueur : accaparé, le prélat délègue ses pouvoirs et il nomme deux vicaires généraux pour l'administration spirituelle de son diocèse et établit quelques offices pour le temporel.

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    Evêque de Saint-Papoul

    Le 22 avril 1319, Raymond de Montuéjouls est transféré à Saint-Papoul où le siège est vacant depuis 16 mois. Pendant cette très longue vacance, c'est Arnaud Amiel, aumônier du chapitre de Saint-Papoul qui a administré le diocèse. A l'arrivée du titulaire du siège, Arnaud est nommé par le pape, abbé de Psalmodi. Plusieurs raisons peuvent expliquer la nomination de l'évêque de Saint-Papoul. 

    - La ville épiscopale et le Lauragais sont plus proches de la Cour d'Avignon que Saint-Flour et l'Auvergne.

    - Le peu d'étendue du diocèse exigerait moins de présence du jeune prélat qui pourrait travailler plus souvent à Avignon.

    - Bien que petit, le diocèse procurait néanmoins à son titulaire 22000 livres de revenus au lieu de 12000 à Saint-Flour.

    De plus, et c'est une constance de la politique pontificale, Jean XXII tenait à ce que ce soit un évêque d'origine bénédictine qui soit nommé là où il y avait un chapitre cathédral bénédictin.

    En 1320, Raymond prend consciences de la nécessité de transformer dans les faits ce qui l'avait été dans le droit, pour que l'ancien chapitre abbatial érigé en chapitre cathédral remplisse correctement son rôle. Pour cela, il rédige avec le prieur claustral des statuts remarquablement précis, dans lesquels il définit le rôle de chacun. Ces statuts prévoyaient aussi que pendant quatre ans, les prébendes de trois dignitaires seraient suspendues pour faire face aux dépenses des nouveaux bâtiments (probablement l'aménagement du coeur et la construction de la salle capitulaire effectués sous l'épiscopat de Bernard 1er de la Tour).

    A peine trois mois après sa nomination à Saint-Papoul, Raymond de Montuéjouls est nommé par le pape avec jean de Comminges, archevêque de Toulouse, et Jacques Fournier, évêque de Pamiers, membre du tribunal chargé de juges les spirituels. Cette affaire, tant religieuse que politique, va passionner le midi de la France. En effet, l'ordre de Frères Mineurs est secoué par de violentes disputes qu'animent Michel de Césène, général de l'ordre et Guillaume Ockam, provincial de Bavière, au sujet d'une interprétation de la règle contaire à celle des papes Nicolas II et Clément V, portant sur la notion de propriété individuelle ou collective des ordres Mendiants, et repoussant la pauvreté dans ses extrêmes limites. Le pape craint que sur ce débat, toute l'église se divise. Le principal foyer de l'agitation est à Carcassonne où l'inquisiteur tente un retour au calme, mais où une violente campagne d'attaques et d'injures se développe contre lui. Les passions politiques s'en mêlent, le retentissement dans la population est très grand. Un homme échauffe les esprits par ses prêches enflammés dans la ville et la région, le frère Bernard Délicieux.

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    Bernard délicieux délivre les emmurés de Carcassonne

    A la fois, l'église et l'état lui reprochent :

    - De s'attaquer à l'Inquisiteur, mais surtout à l'Inquisition

    - D'essayer de détacher la région du pouvoir royal avec la complicité des Carcassonnais, du Syndic d'Albi et des habitants d'autres villes (Cordes).

    - De tenter de faire passer ces régions sous la tutelle de l'Infant du Royaume de Majorque.

    Ni l'église, ni la monarchie ne pouvaient tolérer de tels troubles dans deux zones aussi sensibles historiquement que le Carcassès et l'Albigeois où l'hérésie Cathare pour l'une, et rattachement à la couronne pour l'autre avaient laissé des souvenirs encore récents, présents dans les esprits et dans les coeurs. La répression va être féroce.

    En août 1319, les trois juges se réunissent à Castelnaudary. Un mois plus tard, Jean de Comminges se démet de ses fonctions. L'instruction du procès va continuer cependant, mais à Carcassonne même. Prudents, l'évêque de Saint-Papoul et celui de Pamiers vont s'entourer d'une commission de grands juristes tant l'affaire est délicate. C'est le 8 décembre 1319 que Raymond de Mostuéjouls et Jacques Fournier rendent leur verdict :

    Bernard Délicieux est condamné à être déposé et dégradé le jour-même. Il sera ensuite emprisonné à perpétuité, enchaîné, mis au pain et à l'eau, suivant sa conduite, sa peine pourra être allégée. C'est devant une foule considérable qu'a lieu sa dégradation sacerdotale. Le lendemain, il est emprisonné au Mur étroit entre la Cité et l'Aude.

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    © Musée des Augustins

    L'agitateur du Languedoc / J-P Laurens / Toulouse

    Le roi Philippe le Long est dépité : il écrit aux deux évêques en terme polis, certes, mais fermes, estimant que la justice ecclésiastique après avoir dépossédé le condamné du sacerdoce, aurait du le livrer au pouvoir royal (qui l'aurait condamné à mort). Le pape aussi leur fait connaître son sentiment mais demande que Bernard Délicieux ne soit plus revêtu de l'habit de son ordre et que sa peine ne soit pas assouplie.

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    © Dominique Baudreu

    Vestiges de la prison (Mur) à Carcassonne

    Dans cette affaire au retentissement national où tant d'intérêts étaient en jeu, les deux prélats s'en tièdement avec beaucoup d'honneur tant par leur esprit d'indépendance que par leur sciences juridique.

    La dernière manifestation de l'Inquisition va se dérouler à Toulouse en septembre de la même année, et le diocèse de Saint-Papoul y est concerné car certains accusés sont du Lauragais. Un grand procès public s'ouvre donc à la cathédrale de Saint-Etienne sous la présidence du Dominicain Bernard Guidonis, grand pourfendeur d'hérétiques, relaps, juifs, etc... Raymond de Mostuéjouls doit siéger à ce tribunal, mais pris par sa mission à Carcassonne, ne peut s'y rendre et délègue ses pouvoirs au Grand Inquisiteur. Le procès s'ouvre en présence d'une foule considérable et les représentants du pouvoir civil, sénéchal, Grand viguier, Juges royaux sont au premier rang. Les 56 prisonniers originaires des diocèses de Saint-Papoul, Toulouse, Cahors et Montauban adjurent tous, mais vont être très différemment condamnés. Neuf sortes de peines vont être prononcées :

    - La privation de tout office public et l'obligation de porter deux larges croix jaunes sur leurs vêtements.

    - L'obligation d'effectuer un pèlerinage mais sans porter la croix.

    - Le pèlerinage en portant la croix en des lieux très divers (Limoges, Vauvert, Le Puy, Rocamadour, Saint-Denis, Chartres ou Montmajour, etc...)

    - La condamnation à la prison perpétuelle 

    Confiscation des biens pour neuf personnes

    - Exhumation des restes d'un mort (mais sans brûler les ossements)

    - Exhumation des corps d'un homme et d'une femme qui seront brûlés

    - Quatorze personnes condamnées par contumace à être brûlées vives 

    - Quatre personnes dont un prêtre hérétique seront brûlées vives

    L'année 1320 commence pour l'évêque par l'arrestation puis l'extradition vers Pamiers, à la demande de l'évêque de la ville, Jacques Fournier, de deux suspects accusés d'hérésie. Les deux fugitifs - Béatrice de Planissoles et un prêtre d'origine espagnole, Barthélémy Amilhac, vicaire à Mézerville - seront arrêtés au Mas-Sainte-Puelles puis jugés à Pamiers.

    Dans la gestion de son diocèse Lauragais, Raymond de Mostuéjouls, se rend compte que le chapitre cathédral de Saint-Papoul avait des revenus insuffisants pour remplir correctement son rôle. En homme pratique, il décide de leur adjoindre ceux du prieuré de Montferrand dont lui seul avait la pleine collation.

    Notes

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    Benoît XII

    Raymond de Mostuéjouls est créé cardinal par le pape Jean XXII le 12 décembre 1327 à l'âge de 52 ans. Il mourra le 12 novembre 1335 à Avignon. Jacques Fournier, évêque de Pamiers, deviendra en 1334 le pape Benoît XII. Bernard Délicieux mourra très peu de temps après son emprisonnement en 1320.

    Merci à M. Julian Charles - descendant de Raymond de Mostuéjouls - pour sa communication.

    Sources

    Histoire générale du Languedoc

    Gallia Christiana

    Guide du visiteur de Saint-Papoul / Jean Blanc

    Hennet de Bernonville-Mélanges / Evêché de St-Papoul

    Un cardinal Rouergat / L. Garriguet-Carrière / Rodez 1924

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    © Tous droits réservés / Musique et patrimoine / 2017

  • La caméra explore le temps : Les Cathares

    C'est en novembre 1965 que l'équipe de tournage dirigée par Stellio Lorenzi s'installe à Carcassonne pour tourner la dernier opus de

    "La Caméra explore le temps"

    Les Cathares.

    Depuis 1957 ce sont 36 épisodes scénarisés par Alain Decaux et André Castelot, consacrés à l'histoire de France qui sont diffusés sur la première chaîne de la RTF. Les rôles sont confiés à d'excellents comédiens dont beaucoup d'entre eux sont pensionnaires de la Comédie française comme François Chaumette ou Michel Bouquet. J'insiste sur ce point car à cette époque on n'a pas encore besoin de pousser le son du téléviseur pour comprendre les dialogues. Le jeu est certes un peu trop théâtral mais la diction est parfaite. A ce sujet, ne demandons pas à "Joséphine ange gardien" de faire des miracles ! 

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    Nous avons retrouvé Francis Aracil - figurant et comédien Carcassonnais à cette époque - qui a bien voulu nous raconter ses souvenirs de tournage :

    "Guy Vassal m'écrit un jour pour m'informer que dans le cadre de "La caméra explore le temps", émission télévisée, il allait venir sur Carcassonne, aux pieds de la Cité médiévale un téléfilm sur les Cathares. Il souhaitait ma présence sur le plateau en tant que figurant. Je me souviens avoir demandé une autorisation d'absence au proviseur du lycée qui me l'accorda. Un problème se posa : le réalisateur, Stelio Lorenzi exigeait pour les figurants une taille de 1m 75. Je ne les faisais pas. Guy mit au point un stratagème. Stelio Lorenzi devait venir ce matin-là au Théâtre municipal pour choisir les figurants, parmi tous ces jeunes attroupés dans la rue, devant les marches du Théâtre. Guy m'avait dit qu'il me présenterait personnellement à Stelio Lorenzi, mais qu'à ce moment-là je devais être sur une marche de l'entrée. Ainsi, paraissant plus grand, le réalisateur accepterait de ma prendre, ce qui fut fait. Je revois ce minibus à l'enseigne de l'ORTF dans lequel je m'engouffrai avec les les autres figurants. Direction les abords de la Cité, la route de Saint-Hilaire, la plaine Saint-Jean. 

    Là, sous une pluie fine et froide, nous étions pris en main par l'équipe du tournage, en repli dans un corps de ferme voisin qui servait aussi de loges pour les acteurs. Quand mon tour arriva, on me remit une tunique de croisé avec cotte de mailles, plastron blanc porta la croix rouge, casque, ceinturon et épée. L'habilleuse nous recommandait d'aller uriner avant, car elle nous cousait ensuite dans le dos la cotte de mailles qui allait de la tête jusqu'aux pieds, sans braguette évidemment. De là, nous traversions la route pour être conduits vers ce terrain bourbeux, où des tentes moyenâgeuses avaient été dressées avec des oriflammes, auprès de chevaux superbement harnachés, où les acteurs et actrices se protégeaient de la pluie glaciale. Je portais aux pieds des espadrilles en toile et corde qui prenaient l'eau. On nous affecta une place qu'il ne fallait pas quitter. Vue sous cet angle, l'histoire prit un caractère surréaliste dès que l'heure du tournage proprement dit arriva.

    Guy Vassal interprétant le rôle de Raymond-Roger Trencavel, devait arriver au galop depuis le fond du champ, au-delà duquel se détachait l'imposante Cité de Carcassonne, et parvenir jusqu'à nous, où l'attendait Simon de Montfort. Là, après un échange de dialogue, Trencavel jetait, en signe de reddition, son épée aux pieds de Simon de Montfort, incarné par Jean Topart. Trencavel repartait escorté vers la Cité où il s'était réfugié. Simon de Montfort, dialoguant ensuite avec une gente Dame à cheval, devait monter à son tour sur le sien et partir au galop... Sauf que tout cela était bien cocasse et que le réalisateur dut "couper" plusieurs fois. Guy Vassal avait du vernir, jeter son épée, repartir, au moins quatre ou cinq fois. "Coupez" encore, et soudain retentit un éclat de rire général : La gente Dame, en pleine concentration dans son échange avec Simon de Montfort, ne s'était pas aperçue que sa monture avait déployé toute sa vigueur pour uriner de toutes ses forces... Et puis, Simon de Montfort, c'est-à-dire Jean Topart, ne savait pas conduire son cheval ! Il avait beau tirer d'un coup sec sur les brides, le cheval restait sur place, impassible. Après plusieurs tentatives, Stelio Lorenzi trouva une solution : il avait fait porter de la grange une table sur laquelle il installa une chaise. Une fois sur le cheval l'acteur redescendit s'asseoir sur la chaise surélevée et cette fois, imitant de tout son corps le mouvement du cheval, il fit semblant de tirer sur des brides et, pliant le torse brusquement en avant, donna l'illusion d'un départ à plein galop. Je ne sais pas si j'avais ri aussi franchement que toute l'équipe lorsque Stelio Lorenzi annonça : "C'est terminé !"

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    Stelio Lorenzi déjeune au Café de la comédie, rue Courtejaire. 

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    Ce téléfilm existe désormais en DVD

    Si vous avez des photographies ou des souvenirs de ce tournage, n'hésitez pas à nous les envoyer. Merci à Francis Aracil pour son témoignage.

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  • Le catharisme : alibi économique et touristique?

    Loin de moi l'idée de me lancer dans un raisonnement dont je n'aurais pas la maîtrise, mais il y a une posture dans ce département au sujet de l'héritage des Déodat Roché, René Nelli, Michel Roquebert ou Anne Brenon qui me dérange au plus haut point. L'Aude qui autrefois se faisait une fierté de défendre les préceptes spirituels des "bons hommes" en contant l'histoire de leur persécution par les armées du nord, aurait-elle perdu tout le sens de ce message ? N'y avait-il pas là, une volonté déterminée de montrer que nous occitans avons été en 1209 les victimes d'une purification confessionnelle ayant pour but l'annexion du midi au Roi de France ? La visée en était d'autant plus symbolique quand à la fin des années 1960, il fallut se battre pour conserver l'identité du pays d'Oc contre le jacobinisme et le centralisme parisien.

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    René Nelli

    (Photo: Charles Camberoque)

    Depuis plus de 20 ans, ce département (un des plus pauvres de France) a peu à peu, comme le Dr Faust de Goethe, vendu son âme au diable. Non pour retrouver sa jeunesse perdue, mais pour faire rentrer de l'argent dans les caisses de l'économie locale. Ils ont mis en avant les cathares, ces hommes libres pour lesquels le matériel était l'oeuvre du démon, dans un but mercantile. Après l'hérésie médiévale, la spiritualité de ces "bons hommes" était cette fois salie à l'époque contemporaine par leurs descendants. Le mot "Cathare" dont l'étymologie signifierait "pur" est ainsi exposé comme le "Vu à la télé" sur les paquets de lessive. Aujourd'hui, tout est devenu cathare dans l'Aude: Le pain, le vin, l'agneau, le miel et que sais-je encore. N'eut-il pas été plus juste de parler de "Pays occitan" que de créer un label portant la mention "Pays Cathare"? La laïcité, qu'en pense t-elle ? Car le catharisme est avant tout une religion, avec sa liturgie et ses commandements. A-t-on vu pareille exposition ailleurs? Imaginez la Vendée fière de ses chouans et de son passé très catholique avec un label "Pays Chrétien".

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    Peyrepertuse

    Tout cela n'a pas de sens, ou plutôt est vidé de son contenu comme la bibliothèque de l'ancien Centre d'études cathare. L'histoire des "bons hommes" car ils ne sont jamais définis comme cathares eu-mêmes, n'est aujourd'hui intelligible qu'à une poignée d'initiés. Demandez donc, à la vendeuse du pain cathare si elle connaît seulement leur histoire ou leur préceptes de vie. Au pays des aveugles, les borgnes sont rois! Ainsi, les pouvoirs publics de notre beau département n'ont-ils pas jeté un écran de fumée sur la profondeur abyssale de l'inculture consumériste ?

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    Dans le rue Trivalle de Carcassonne, une fresque de 100 mètres de long a été peinte en 1991 sur le mur de Notre-Dame de l'abbaye. Elle a été réalisée par une coopérative d'artistes de la région lyonnaise: "Cité de la création". Le dessin reprend à la manière d'un acrostiche les lettres composant Carcassonne, pour raconter d'une façon épique l'histoire de la cité au moment de la croisade contre les albigeois. La fresque bien que contemporaine est fortement inspirée des enluminures médiévales. Par bonheur, les tagueurs ont toujours respecté l'oeuvre qui n'a jamais été vandalisée. 

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    La photo ci-dessus a été empruntée à la désencyclopédie.wikia.com. C'est d'ailleurs fort drole et vous pouvez la consulter en cliquant sur le lien ci-dessous:

    http://desencyclopedie.wikia.com/wiki/Catharisme

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