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Musique et patrimoine de Carcassonne - Page 348

  • L'exposition Charles de Gaulle en 1985 à Carcassonne

     

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     Je voudrais simplement rappeler qu'en 1985, le maire Raymond Chésa accueillait dans sa ville une exposition sur la vie du général de Gaulle à l'occasion du quinzième anniversaire de sa mort. Organisée par l'Institut Charles de Gaulle, cette manifestation vit la présence de Maurice Couve de Murville, ancien premier ministre.

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    Celui-ci s'exprima sur les dangers d'une cohabitation - elle interviendra un an plus tard - et sur "l'affreuse proportionnelle". Dans son discours, on notera une phrase d'actualité :

    "Alors que la France connaît de nouveau le malheur, on voudrait que l'évocation du passé constitue une leçon et un espoir pour chacun."

    ainsi qu'une citation du général qui ne l'est pas moins

    "Depuis l'aube de notre histoire nos malheurs furent toujours en proportion de nos disputes, mais jamais la fortune n'a trahi une France rassemblée."

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    Retenons dans le discours du maire de Carcassonne, ces paroles d'un autre temps où les hommes politiques avaient une vision pour leur ville et leur pays. S'adressant au général de Gaulle :

    Je suis heureux et fier de vous saluer de nouveau à Carcassonne où dans chaque rue coule la fierté de notre passé. En 1960, Carcassonne vous accueillait dans un grand enthousiasme patriotique, se souvenant de l'été brûlant de sa libération. Personnellement, je ressentais le privilège de vous voir avec une intensité particulière. J'appartiens à cette génération que les années sombres de 1940-44 ont marqué à peine sorti de l'enfance. Votre appel et votre action pour sauvegarder l'espérance, avait embrasé et mobilisé ma famille. (...) Une fois encore, mon général, conduisez-nous de la fidélité à l'espoir et de l'espoir à l'action."

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    Autour de R. Chésa, les anciens gardes du corps du général de Gaulle

    Roger Tessier, Raymond Sassia, Henri Djouder et René Anvray.

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    © Tous droits réservés/ Musique et patrimoine/ 2015

  • La folle épopée du cinéma Le Cinoch', rue Charles Lespinasse.

    Trois passionnés du 7e art (Gilbert Ladet, Monique Ladet et Anne-Marie Caraguel), dont deux anciens projectionnistes du Colisée, ont dans l'idée depuis cinq ans de créer un nouveau cinéma dans Carcassonne. En 1983, la ville compte déjà six cinémas pour un total de treize salles obscures : le Boléro, les Capucines, le Chapeau-rouge, le Lido, le Colisée, l'Odéum. Quant au Rex situé dans la rue de la liberté, il vient juste d'être fermé et repris par l'évêché. L'importance de l'offre ne décourage en rien ce trio de cinéphiles puisqu'il constate avec justesse que Carcassonne ne possède pas de salle d'Art et d'essai. Or, c'est précisément ce qu'il avaient dans la tête au départ.

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    Après cinq années de tractations afin de réunir les financements nécessaires à la réalisation de leur projet, ils font l'acquisition de l'ancienne carrosserie Ramos, 15 rue Charles Lespinasse. Grâce à un prêt bancaire et à une subvention de l'agence régionale du développement du cinéma versée à hauteur de 250 000 francs, la S.A.R.L réunit les 100 millions d'anciens francs.

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    Les travaux débutent le 20 mai 1984 ; deux salles sont construites, l'une de 60 et l'autre de 140 places assises. Une troisième de 300 places est prévue à terme, si l'affaire tourne bien...

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    La salle de 60 places assises

    Ce cinéma prendra le nom de Cinoch' - titre un peu soixante-huitard, parfaitement assumé. L'exigence de rentabilité a dû réfréner un peu les ardeur des fondateurs en matière d'Art et d'essai. Ce cinéma mêlera projections "sérieuses" et projections "divertissantes".

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    Il lui faut réaliser 50.000 entrées annuelles, soit 1000 entrées hebdomadaires pour entrer dans ses frais. Pour cela, la direction proposera quatre films chaque semaine avec trois séances par jour : 14h30, 18h30 et 21h. Des cartes d'abonnement seront proposées à 15 francs (2,50 euros) pour 10 entrées.

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    L'inauguration a lieu le 10 octobre 1984 en présence de R. Chésa (Maire) et de Maurice Martin (Conseiller général)

    Programme de la première semaine

    Local Hero de Billie Forsythe

    Les murs de la pleine lune d'Eric Rohmer

    L'hôtel New Hampshire

    Le professionnel avec JP Belmondo

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    Gilbert Ladet et Anne-Marie Caraguel

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    Le Cinoch' déposa le bilan en 1988, après seulement quatre années d'existence. En à peine 30 ans, Carcassonne a perdu le Lido, le Boléro, les Capucines, le Cinoch', l'Odéum, le Chapeau-rouge. Quant au Colisée, il est en état de survie grâce à la passion de quelques-uns. Les cinémas ont subi avec les multiplex, la même loi que les épiceries avec les hypermarchés. 

    Crédit photos

    A-M Caraguel

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  • Le café de la comédie, c'est bien Baux

    Depuis 1970, la famille Baux détient les clés du café de la comédie qui a allègrement dépassé les cent ans de règne.  

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    Ce bistrot situé en face du théâtre municipal, en a vu passer des artistes autour de son comptoir les soirs de spectacle. Au temps du vieux théâtre aménagé dans l'église de l'ancien couvent des jacobins, il était déjà là... C'est à dire avant sa destruction en 1933.

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    Quand Gérard Baux - le petit serveur du Bristol - succéda à l'âge de 24 ans à Madame Panisse derrière le zinc de cet établissement, il attira grâce à son sourire charmeur et son élégance naturelle tout ce que Carcassonne comptait de respectable. Tout le monde sait qu'il y a deux types de cafés : celui des poivrots et celui des philosophes, même de comptoir. Dans la seconde catégorie, le père Gérard fit à l'intérieur de son bar des rencontres littéraires et musicales. Le swing s'invita déjà en ces lieux en 1970 avec Claude Luther, puis avec d'une manière hebdomadaire avec les Jazz Landers composés de Sauret, Alonso et Laffargue. À cette époque, le petit noir se payait en salle 6 francs (80 centimes d'euros) et le demi, 13 francs (1,70 euros).

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    La machine à café de 1904

    C'était le rendez-vous de la jeunesse dorée de Carcassonne ; les uns s'émoustillaient derrière le Juke-box pendant que d'autres, passaient leurs nerfs au flipper les mercredis après-midi. Quelques bécots au fond du fauteuil et les premiers amours naissaient à l'abri du regard des parents. Eh ! oui, à cette époque on se cachait...

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    Le bar a changé plusieurs fois de place : de 1970 à 1985 et de 1993 à aujourd'hui, en bas ; de 1985 à 1993, en haut. Rappelons-nous des après-midi mémorables autour du baby-foot, dans une toute petite pièce au fond. La partie était à 2 francs et les meilleurs y restaient des heures sans débourser un centime, car tout le monde voulait les battre.

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    Georgette Lemaire à la Comédie

    Grâce à Jeannot Alary, son grand ami et directeur du théâtre municipal, Gérard Baux a vu dîner de grandes vedettes dans son café. Comme par exemple, Gilbert Bécaud qui se cuisina une omelette dans les fourneaux de la Comédie, Jacques Brel ou encore Moustaki. La patron garde précieusement le livre d'or sur lequel ils ont presque tous laissé leurs empreintes.

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    Le comédien SIM

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    Bernard Laporte et Gérard Baux

    Le patron a passé la main en 2010 à son fils Stéphane. Avec son épouse Josiane, ils n'ont gardé que la pizzéria La divine comédie, fondée en 1985.

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    Stéphane que l'on voit ici avec sa mère et Luis Fernandez, c'est une nouvelle génération de cafetiers. Un métier qui a changé et qui a dû s'adapter aux modes de consommation d'aujourd'hui.

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