Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

Commerces d'autrefois - Page 8

  • La confiserie Georges Larène, rue Clémenceau

    Né en 1874 à Agen, Jean Georges Larène est le fils de Jean Nelson Larène, pâtissier de son état dans la capitale du Lot-et-Garonne. C'est après la Première guerre mondiale qu'il ouvre avec son épouse Elise Emilie née Labourot, une confiserie-chocolaterie de luxe dans la rue de la gare à Carcassonne. Ainsi que nous pouvons le voir sur la photographie ci-dessus, cette boutique avait été réalisée selon les codes architecturaux de l'époque, dans le style Art-Déco. 

    père noël larène.jpg

    La confiserie Larène vendait des bonbons, des fantaisies artistiques, des sucreries pour les baptêmes, des liqueurs, des vins fins et du champagne. Elle se trouvait au n°10 de l'actuelle rue Georges Clémenceau. La belle devanture Art-Déco ne résista pas à la modernité, car en 1955 elle fut entièrement refaite. Elle n'a d'ailleurs pas changé depuis. Un souhait sûrement du gendre de M. Larène, Joseph Rivière, qui reprit l'affaire avec Blanche, la fille du fondateur. 

    Larène.jpg

    Dans les années 1960, sur l'emplacement de la confiserie, le chapelier Alexandre Castel originaire de Lézignan, ouvrira un magasin de chapeaux. L'enseigne s'appellera Alexandra ; elle fera les beaux jours des élégants et élégantes de la ville. Depuis le début des années 2000, le magasin de vêtements pour adolescentes Jennyfer a remplacé la confiserie Larène et le chapelier Alexandra. 

    Capture d’écran 2018-09-08 à 10.08.27.png

    La devanture de 1955 n'a pas changé depuis cette époque. Si l'on compare le bas de l'entrée actuelle avec la photographie en tête de cet article, c'est très parlant.

    ___________________________

    © Tous droits réservés / Musique et patrimoine / 2018

  • L'histoire de "Charles et Lizon", coiffeur-parfumeur dans la rue Clémenceau

    Dans la rubrique de nos "Chers disparus" qui faisaient la réputation de la rue de la Gare, nous pouvons associer le nom de "Charles et Lizon". Il n'est pas un ancien Carcassonnais qui ne se souvienne de cet artisan coiffeur-parfumeur, qui n'avait pas son pareil pour métamorphoser ces dames en belles de jour. Elles l'aimaient tant leur coiffeur que souvent, en cinq minutes, il leur remettait à l'endroit d'un coup de peigne, une mise en plis emportée par le vent. "Voulez-vous que je vous parfume ?" L'élégante sortait de là, soignée comme la princesse Grace de chez le plus chic des coiffeurs de Monte-Carlo. Il faut dire que Charles Azéma né en 1885, n'était pas n'importe qui dans le métier. Après avoir quitté son village natal de Peyriac-Minervois, le jeune homme s'était fait engager comme coiffeur à l'Hôtel Scribe, situé à deux pas du Palais Garnier. Muni d'une telle carte de visite, Charles Azéma s'installa en 1919 au n°66 de la rue Clémenceau à Carcassonne.

    Charles et Lizon 4.jpg

    La boutique est reprise et transformée selon les codes architecturaux de l'époque : Art Déco. l'enseigne portera le nom de "Charles et Lizon", Lizon étant le diminutif de sa fille Elisabeth née l'année suivante. Avec son épouse Marie, originaire d'Auzat dans l'Ariège, Charles donnera ses lettres de noblesse à la coiffure Carcassonnaise.

    Charles et Lizon 3.jpg

    Coiffeuse chez Charles et Lizon

    C'était l'époque où les femmes commençait à se faire couper leurs cheveux longs. On appelait cela "A la garçonne" ! Une révolution née dans les années folles, après la Grande guerre. Les femmes se sont émancipées - un peu - en changeant leurs codes vestimentaires. Ce rapprochement masculin ne plaisait guère aux hommes, mais ils finirent par s'en accommoder.

    Baker.jpg

    Joséphine Baker, à la garçonne...

    La féminisation des mots ne date pas d'hier, n'est-ce pas ? Toutefois, les clientes étaient tellement prudes qu'il n'était pas question de les coiffer à la vue de tout le monde. C'est pour cela que Charles Azéma avait créé des boxes en bois.

    Charles et Lizon2.jpg

    L'intérieur de la boutique

    Au début des années 1940, Pierre Vidal épousa la jolie Lizon. Devenu directeur commercial, il se consacra aux parfums. Ah ! les grands parfums... C'était pas l'eau de toilette d'aujourd'hui, mais de l'extrait de parfum. Cher, certes, mais quelques gouttes tenaient bien plus qu'une journée sur la peau. On vendait entre autres, "Jicky", le parfum de l'amour perdu d'Aimé Guerlain créé en 1889. 

    180.jpg

    Jicky présenté dans son flacon et sa boite d'origine

    Dans les années 60, la rue de la gare, pavée, était ouverte à la circulation dans les deux sens. La gare des autobus située au café Continental  de Pierre Pavanetto amenait de la vie dans le quartier. Il y avait aussi de l'animation avec le rugby à XIII, les voyageurs de la gare. L'hôtel Terminus accueillait dans ses salons, le marché aux vins.

    Charles et Lizon 2.jpg

    De l'union de Pierre avec Lizon naîtront trois enfants : Jean-Pierre (1943), Michel (1944) et Charlette (1949). On changea la numérotation des rues ; le 66 devint le 76/78 mais le magasin resta au même endroit. Signalons également une domestique nommée Rose Cathary. Après la mort du fondateur en 1968, son fils Jean-Pierre reprit les ciseaux jusqu'à la fermeture définitive en 2004. La boutique fut vendue et l'on vit d'abord s'implanter "Les délices du fournil", puis un joli magasin de chaussures pour enfants.

    Juno.jpg

    © Chroniques de Carcassonne 

    C'est la pharmacie qui se trouvait à droite qui racheta "Charles et Lizon" à gauche pour en faire un seul commerce. La devanture a été heureusement conservée ; nous ignorons si ce bâtiment Art Déco est classé. Aujourd'hui, le marchand de chaussures a plié boutique et le local vide se cherche un locataire. 

    CzA__9vW8AEgmF6.jpg

    De l'histoire de "Charles et Lizon", il ne reste plus que sa petite-fille Véronique dont la parfumerie résiste aux grandes enseignes nationales qui l'entourent. En face de Monoprix dans la rue Clémenceau, c'est la garantie d'un sourire, du conseil et de l'expérience. Cela n'a pas de prix...

    _________________________________

    © Tous droits réservés / Musique et patrimoine / 2018

  • Le chic gourmand remplace l'ancien Hôtel des voyageurs sur l'allée d'Iéna

     L'hôtel des voyageurs, situé allée d'Iéna en face de la place Davilla, avait été vendu aux enchères avec l'ensemble de son mobilier en 2010. Sa plaque en émail n'était plus là et seul le nom subsistait encore. La société Eyraud qui le gérait depuis 1988 restait le dernier propriétaire de cet établissement. L'allée d'Iéna était autrefois la zone industrielle de Carcassonne. Des usines, des fonderies avec leur cheminées donnaient à ce quartier un aspect industriel qui a aujourd'hui complètement disparu. L'hôtel des voyageurs avait son utilité tant que les représentants ou industriels de passage cherchaient dans le coin, un endroit pour passer la nuit.

    3939328919.jpg

    Au numéro 37, l'hôtel des voyageurs vers 1930 propriété de P. Quellos

    1653154749.png

    L'hôtel des voyageurs en 2010 après sa fermeture

    Il était resté dans cet état pendant huit ans, sans repreneurs... Depuis quelques semaines, le restaurant "Le chic gourmand" vient de s'implanter dans les anciens locaux de l'hôtel. 

    Chic.jpg

    Comme vous pouvez le voir sur cette photographie, la façade n'a pas été beaucoup modifiée. Elle a même subi une belle cure de rajeunissement et donne un peu de lustre à cette artère si encombrée de voitures.

    Chic 2.jpg

    L'intérieur du nouveau restaurant 

    Le chic gourmand

    41, allée d'Iéna

    https://www.lechicgourmand.com

    ___________________________________

    Tous droits réservés / Musique et patrimoine / 2018