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Bonnafous et fils : Histoire d'une imprimerie depuis 1776

Bernard Vincent Gardel, fonde en 1776 une imprimerie à Carcassonne. Son gendre, Louis Pomiès après avoir épousé la fille Gardel Marie-Pierrette en 1833, reprendra l'affaire de son défunt beau-père. Louis obtient le Brevet du Roi et son frère François, créé en 1854 le "Courrier de l'Aude". La famille Pomiès n'a pas d'héritier et Victor Bonnafous qui travaille déjà pour l'entreprise depuis 1870, va l'acquérir petit à petit. Le 8 avril 1880, il achète le fond de la librairie. Le 4 février 1899, Mathieu Thomas, le beau-père de Victor devient propriétaire d'un immeuble de l'actuelle rue Aimé Ramond. C'est là que pendant des décennies, la famille Bonnafous fera tourner les rotatives pour l'impression des journaux, livres, affiches et autres brochures. A la mort de Mathieu Thomas, Victor Bonnafous cède l'imprimerie à son fils aîné Joseph, la librairie revenant à Louis. Nous sommes en 1911, à la veille de la Grande guerre. Les deux jeunes hommes mobilisés au front en 1914, il fallait faire tourner l'affaire. Ce sont leurs épouses, leur belle-mère Augustine et Victor Bonnafous (1843-1915) qui reprend du service pour les remplacer. Le 27 septembre 1915, Joseph Bonnafous est tué à l'ennemi dans la Marne. Son frère cadet, seul survivant, devient le propriétaire et fait passer l'imprimerie en Société Anonyme. La maison prend alors le nom de Louis Bonnafous et fils. Il fonde l'Echo de Carcassonne en 1940.

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Louis décède en 1946, laissant à ses deux fils le soin de faire prospérer l'entreprise familiale. Elle est scindée en deux parties : Joseph s'occupe du magasin de Papeterie-Librairie ; Victor dirige l'imprimerie jusqu'en 1981. Outre ses activités professionnelles, ce dernier occupera le poste de maire de Fontiers-Cabardès de 1945 à 1989 et de Conseiller Général de l'Aude de 1958 à 1976.. Ce ne sont pas là les seules dont la liste serait trop longue à citer : Président du Syndicat des Maîtres imprimeurs, Président de la CPAM de l'Aude (1967-1984), Membre du Syndicat des Journalistes Français, etc. Victor Bonnafous fonde également le Courrier de la Cité en 1950.

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A gauche, l'imprimerie Bonnafous

L'atelier de la rue Ramond disparaît, mais le bureau est maintenu pour la clientèle. Les machines sont installées dans un local mieux adapté, 26 rue Fabre d'Eglantine. Victor Bonnafous entraîne ses enfants Louis, Georges et Jean dans l'aventure. Dans les années 2000, Georges décide de partir du quartier de la Digue. Il fait construire un local de plusieurs milliers de mètres carrés sur le plateau de Grazailles. 

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Les locaux de la rue Fabre d'Eglantine rachetés à l'usine de chaussures Raoul Pidoux

Hélas, Georges décède subitement à l'hôpital le 17 septembre 2010. Il avait seulement 59 ans... L'entreprise ne s'en relèvera pas faute de repreneur. En 2011, elle est mise en liquidation judiciaire et ses six employés sont licenciés. La SAS Escourrou rachète le site et le fait raser en 2015 pour y installer des bureaux. Ainsi se termine tristement l'histoire d'une imprimerie Carcassonnaise bi-centenaire, après celles de Polère, Fieul, Roudière, Gabelle, etc.

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Crédit photos

1. Georges Bonnafous / N. Amen-Vals / Midi-Libre

3 et 4. Google Maps

5. Nathalie Amen-Vals / L'Indépendant

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© Tous droits réservés / Musique et patrimoine / 2018

Commentaires

  • Je me permets d'ajouter que plusieurs membres de la famille Bonnafous furent aussi joueurs et dirigeants de l 'US Carcassonne.

  • petites erreurs : il est décédé le 16/09/10 et non pas le 17/09/10
    Le bâtiment n'a pas été construit mais nous l'avons acheté à Volvo Campagnaro
    Et pour le repreneur c'est un choix personnel... nous n'avons pas voulu. Nous avons fait le choix d'arrêter.

  • Très intéressant cet article.
    J'ai quelques livres portant le nom des imprimeurs que vous citez.
    Un article vraiment original.

    L.C.

  • Bonjour d'après vous il y a t'il eu plusieurs éditions de La Vraie Lange celtique de Boudet
    Merci de votre reponse

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