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Commerces d'autrefois - Page 2

  • L'entreprise de transports Bacou à la Trivalle

    Jean Joseph Georges Bacou (1837-1893)

    La famille Bacou est sans doute aujourd'hui l'une des plus anciennes encore présentes dans le quartier de la Trivalle. Jean Joseph Bacou, propriétaire originaire de Puichéric s'était marié avec Jeanne Leguevacques à Capendu, au moment où il logeait dans cette commune chez son oncle Jean.

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    De cette union, naîtront plusieurs enfants dont Jean Baptiste le 14 novembre 1814, père de Jean Joseph Georges (26 avril 1837 à Palaja - 1893) fondateur de l'entreprise de roulage.

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    Le 3 juin 1863, lors de son mariage avec Marie Baux, la fille d'un limonadier, Jean Joseph réside au n°47 de la rue Trivalle. C'est  à l'actuel n°58, que va être créée l'entreprise de roulage avec les écuries au rez-de-chaussée.

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    Le Chapeau rouge, à gauche

    Après avoir développé l'affaire de son père, Jean Baptiste Bacou (1864-1924) acheta en 1919 l'ancien relais de poste "Le château rouge". Les Carcassonnais ont connu cet endroit ensuite comme cinéma puis maintenant, comme salle de spectacle. Au début du XIXe siècle, il s'agissait d'une maison de roulage. Jean Baptiste Bacou la transforma en garage pour y entreposer les premiers camions-citernes de l'entreprise.

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    François Bacou devant un camion-citerne de l'entreprise 

    Après son décès le 1er août 1824, ses fils (Georges et François) s'occupèrent d'apporter les transformations nécessaires à la survie de la société de transports, au moment où le cheval disparaissait au profit du moteur à explosion. Le Chapeau rouge continua à être utilisé pour garer les camions, avant qu'il ne soit vendu à Jacques Cau en salle de cinéma. Les camions-citernes transportaient le vin des caves coopératives ou de propriétaires vers les négociants en France et à l'étranger. De jour comme de nuit, avec plusieurs chauffeurs différents.

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    Jean Bacou - issu de la 4e génération - marié avec Pilar Lucena fera entrer la société dans la modernité.

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    Camion Berliet à bandage

    Pierre, l'un de leurs fils, suivra la trace de cette lignée de transporteurs avec des études en école de commerce. Georges, l'aîné, préfèrera  l'organisation de spectacles sous la houlette de son mentor Jean Alary, puis de Paul Barrière. Aujourd'hui, il dirige le Théâtre municipal de Carcassonne.

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    Merci à Jean, actuel propriétaire de la Maison Bacou à la Trivalle

    https://www.maisonbacou.fr

    Sources

    ADA 11 / Etat-civil

    La Trivalle / Dr J-F Vivès

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    © Tous droits réservés / Musique et patrimoine / 2020

  • Auguste Cotte, bandagiste dans la rue de Verdun en 1904

    Auguste Cotte né le 21 février 1867 à La Mure (Isère) avait quitté son pays natal pour s'installer à Carcassonne avec son épouse Delphine Jacquier. Il ouvre en 1904 au n°33 de la rue de Verdun, un commerce spécialisé dans les bandages de précision "capables de contenir la hernie sans souffrance dans toutes les positions et tous les travaux." On y vend également de l'optique médicale, tels que lunettes et pince-nez.

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    De l'union des époux Cotte, était né à Crest (Drôme) leur fils unique Georges, le 21 juillet 1896. Promis à un bel avenir après de brillantes études à Paris et un concours d'entrée réussi à l'Ecole Centrale, la déclaration de la Grande guerre en 1914 mit un terme aux ambitions universitaires de Georges. Il revint de ce conflit meurtrier avec le grade de lieutenant d'artillerie. En 1918, Georges Cotte n'eut pas d'autre choix que de travailler avec son père comme bandagiste, mais sa passion s'exprimait ailleurs. Notamment dans la peinture où plusieurs de ses toiles signées sous le pseudonyme de Leka, furent primées. Dernièrement, l'exposition consacrée aux artistes Audois au Musées des Beau-arts de Carcassonne permit d'admirer le talent de Cotte. Un jour, peut-être, ressortira t-on des tiroirs la Messe de Requiem, que ce musicien écrivit lorsqu'il dirigeait les Choeurs de la cathédrale. Comme cela ne suffisait pas, cet homme vouait également sa vie aux mathématiques qu'il enseignait à l'école privée Saint-Stanislas. Ajoutons à cela, la présidence qu'il exerça à la Société des Arts et des Sciences de Carcassonne de 1969 à 1982. "Il est comme un couteau de poche à plusieurs lames dont aucune ne coupe", disait son père avec sévérité.

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    Georges Cotte à la baguette lors d'une répétition de son Requiem

    Après avoir succédé à son père comme bandagiste en 1946, Georges Cotte s'associa avec Jean Brunon. Ce dernier, originaire de Saint-Etienne et diplômé de l'Ecole Nationale d'Optique, s'était marié une Carcassonnaise, Mlle Malacan. Féru d'histoire et d'archéologie, Jean Brunon participa en 1956 aux premières fouilles d'un site de l'Haute-Vallée de l'Aude qui fit couler beaucoup d'encre.

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    © Carlos Recio

    Ce magasin successivement désigné sous les noms de "Cotte bandagiste", "Cotte et Brunon", "Brunon opticien", situé au rez-de-chaussée d'un hôtel particulier du XVIIIe siècle reste encore dans la mémoire de certains Carcassonnais. Dominique Brunon, la fille de Jean, prit sa succession jusqu'à sa retraite.

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    Depuis ce temps, beaucoup de locataires se sont succédé à cet endroit où le souvenir de Cotte s'efface inexorablement.

    Sources

    Etat-Civil / ADA 11

    La dépêche / 13 février 1997

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  • La papeterie centrale de l'Aude, Eugène Almayrac

    Le nom d’Almayrac se trouve différemment orthographié… Eugène, le fils du marchand de fruits demeurant 8, rue Neuve du Mail, porte sur les registres d’état-civil le patronyme d’Almairac. Comment pourrions-nous donc expliquer qu’il se soit fait appeler ensuite Almayrac ? D’après nos déductions, il semblerait qu’il s’agisse d’une transcription due la prononciation languedocienne et qu’il y aurait eu un tréma sur le i. Ainsi Almaïrac se serait volontairement francisé en Almayrac, bien plus lisible et commode lorsqu’on se lance dans le commerce.

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    Eugène Almairac naît le 17 juin 1872 à Carcassonne. Il exerce d’abord la profession de tapissier, avant d’être employé de bureau à la compagnie Alignon et Fabre des tramways de Béziers à la mer en 1895. Marié trois ans plus tôt à Elise Peille et père d’une fille portant le même prénom que sa mère, Eugène s’associe le 13 juin 1903 avec Marie Chabaud, originaire d’Alzonne. La société « E. Almayrac et M. Chabaud » a pour objet le commerce des papiers de pilage, emballage ou tout autre commerce connexe ; elle est enregistrée chez Me Amigues. Son siège social se trouve au n°14 de la rue de l’Aigle d’or.

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    © Collection Martial Andrieu

    Eugène, son épouse et sa fille

    Un an et demi après, le 25 novembre 1904 les deux associés se séparent d’un commune accord. Marie Chabaud monte une imprimerie et vend ses parts à Eugène Almairac pour la somme de 7825 francs. Ce dernier transfère ensuite l’usine de fabrication de la Papeterie Centrale de l’Aude, à l’angle des rues de Loraine et Fédou.

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    © Collection Martial Andrieu

    Cette activité va perdurer jusque dans les années 1950 au n°13 rue Fédou, avant de cesser faute de repreneur. Eugène Almairac mourra à Barcelone le 27 octobre 1967 à l’âge de 95 ans.

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    © Google maps

    L'emplacement de la papeterie Almayrac, rue de l'Aigle d'or

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