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Écoles - Page 5

  • L'école d'agriculculture Charlemagne, inaugurée en juillet 1928

    Le Conseil général de l'Aude décide le 30 avril 1919 la construction d'une école d'agriculture à Carcassonne au domaine de Charlemagne, situé en bordure de la route de Saint-Hilaire. Ce lieu est connu depuis le XVIIe siècle comme ayant appartenu à Olivier de Pruel, lieutenant au Présidial de la ville. Il est prévu l'aménagement de bâtiments d'études, d'une cave de vinification, d'une écurie, d'une étable et d'une bergerie. Le 4 septembre 1925, le ministère de l'agriculture signe l'arrêté autorisant la construction. Le travaux sont évalués à 1.427.298 francs et 12 centimes ; le devis finalisé se montera à 2.300.000 francs. Le département de l'Aude prendra à sa charge 913.000 francs ; l'état subventionnera au hauteur de 1.387.000 francs.

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    © Martial Andrieu

    Au cours de la visite présidentielle durant les fêtes du bimillénaire de la Cité, le président Gaston Doumergue inaugure le dimanche 22 juillet 1928, la nouvelle école pratique d'agriculture Charlemagne. 

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    L'entrée de l'école Charlemagne

    Les plans de l'école ont été réalisés par l'architecte départemental M. Reverdy ; l'entreprise de maçonnerie Florio en a assuré la conception. L'exploitation rurale étendue sur 30 hectares allait donner une place prépondérante à la viticulture, la culture maraîchère et l'arboriculture.

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    La cour des élèves

    En 1913, la France comptait 42 écoles d'agriculture pour 1070 élèves. Au moment de l'inauguration de Charlemagne en 1928, ce nombre était passé à 210 établissements pour 9673. Tous les moyens de l'état avaient été mis afin de former et d'encourager aux métiers agricoles.

    "Aussi, le travail de la terre n'est-il plus considéré comme inférieur. Des ingénieurs dirigent maintenant des grandes exploitations ou des coopératives admirablement outillées ; des spécialistes font sourdre de notre terroir des productions de luxe qui portent au-delà des mers le renom de la France. Ceux qui par vanité ou faux calculs incitaient leurs fils à abandonner le domaine familial pour des fonctions en apparences plus brillantes, se rendent compte aujourd'hui, que, sans déchoir, en s'élevant même, leurs enfants, après avoir étudié dans les écoles d'agriculture, peuvent revenir à la terre et y trouver une situation à la hauteur de leurs ambitions." (Henri Queuille)

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    Les vignes de Charlemagne

    Comme le rappellera Jean Durand - Vice-Résident du Conseil général - qui fut Ministre de l'agriculture et à l'origine de la construction de cette école :

    "Ce n'est plus les temps où le Languedoc exerçait le négoce avec le Levant, où les manufactures de draps, les tanneries de Carcassonne et de la région fournissaient les éléments de ce commerce lointain."

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    Le gerbier

    Le discours d'Henri Queuille - Ministre de l'agriculture - nous éclaire sur les méthodes préconisées en 1928 ; elles sont à l'origine des malheurs de l'agriculture d'aujourd'hui. 

    "L'agriculture doit transformer ses méthodes. Elle doit plus largement que par le passé, faire appel à la science. Elle doit s'industrialiser. Le temps n'est plus où les agriculteurs se contentaient de reprendre chaque jour et à chaque saisons les gestes de leurs pères. Depuis cinquante ans, les agriculteurs sont informés des avantages qu'ils peuvent retirer de l'emploi des engrais chimiques. Ils connaissent le rôle de l'azote, de l'acide phosphorique, de la potasse. Dans ces derniers temps, ces engrais leur ont été proposés sous des formes synthétiques nouvelles : demain n'arrivera t-on pas à des combinaisons fertilisantes plus heureuses, qui transformeront encore les règles actuelles de la fumure traditionnelle ?

    N'y a t-il pas intérêt à suivre aussi avec attention les travaux entrepris pour déterminer l'action, dans les sols, de diverses substances, comme le soufre, la magnésie, le manganèse, qui, par leur présence en infime proportion, exercent un rôle dont on avait méconnu l'importance ? Comment défendre plus efficacement les récoltes contre les maladies ou contre certaines intempéries ? Comment enfin, et c'est dans le moment présent le progrès qui doit immédiatement être réalisé, choisir les semences qui permettront, avec le même travail, d'obtenir des rendements supérieurs ?"

    Les sols sont saturés, appauvris par l'usage intensifs des pesticides sur plusieurs décennies. Il faut produire pour enrichir les sociétés de semences, de pesticides, etc... Elles détiennent désormais le monopole, grâce aux directives européennes d'un pouvoir corrompu par les lobbying industriels. A ce titre, l'implantation d'une usine Monsanto à Trèbes est un bel exemple. L'usage du Pyralt a empoisonné non seulement les sols, mais surtout la santé des viticulteurs... Ne l'oublions pas.

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    Les ruchers 

    A la veille de la Seconde guerre mondiale, l'école d'agriculture Charlemagne pouvait accueillir 70 élèves. 

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    En 1962, l'école devenue lycée agricole dut être agrandie et modernisée. On confia à l'architecte Henri Jaulin, le soin d'adapter l'établissement  à l'usage de son temps. Sous l'oeil de M. Bourrely - Architecte en chef des Bâtiments de France - il fallut adapter le mode de construction et l'usage des matériaux avec la proximité de la Cité médiévale. C'est en 1965 que le lycée Charlemagne prit l'aspect qu'on lui connaît aujourd'hui.

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    © Martial Andrieu

    Sources

    La dépêche du midi / Juillet 1928

    L'express du midi

    Henri Jaulin

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    © Tous droits réservés / Musique et patrimoine / 2016

  • L'école du Bastion de Carcassonne fondée en 1879

    En 1878, la municipalité de Théophile Marcou décide la construction d'une école laïque de garçons au commencement de l'actuel boulevard de Varsovie. Ces travaux sont confiés à l'architecte Marius Esparseil et s'appuieront sur une partie de l'ancien Bastion Saint-Martial. En seulement une année, le nouvel établissement sortira de terre et sera naturellement dénommé "École du Bastion". Les élèves l'appelleront longtemps "école F. Cabrol" du nom de son charismatique directeur.

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    © Martial Andrieu

    L'école du bastion en 1881.

    Le bâtiment n'est pas encore dans la configuration, telle que nous la connaissons aujourd'hui. En 1923, des travaux d'agrandissement seront entrepris. Selon, Henri Alaux, l'orillon ouest de défense datant de la construction de la Bastide par St-Louis, fut démoli cette année-là. N'est-ce pas d'ailleurs, lui, que l'on aperçoit encore à droite sur la photo ci-dessus.

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    La façade au début du XXe siècle

    Dans cette école, on dispensait en complément des cours essentiels, le dessin, la musique, la gymnastique, etc... Les élèves ont été à plusieurs reprises primés au championnat de tir. Il reste de cette époque une série de cartes postales, bien plus explicites que de longs discours. Les clichés furent réalisés par Henri Graille, photographe à Carcassonne.

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    Éducation physique

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    Leçons de musique

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    Cours sciences

    Certificat d'études primaires

    1922-1923

    29 élèves reçus : Saury Julien (Mention TB), Albouy Emile, Audran Paul, Barrico Emile, Barthe Alter, Bonnafous André, Bourgès Jules, Boyer Emilien, Cals André, Carayol Charles, Casagne Edmond, Clabaud Herbert, Cormary Pierre, Durand Julien, Galibert Henri, Guiraud Georges, Jean Edouard, Labeur Georges, Martin Roger, Ourdou Guillaume, Pitié Henri, Planques Louis, Rancoule Marcel, Rouillac Charles, Soum Joseph, Viguier Aimé, Villac Augustin, Voin Henri, Loubeyre Louis.

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    L'école est devenue ensuite un collège. La photographie ci-dessus a été prise dans les années 1980 ; on voit clairement l'élargissement de la façade.

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    © Google maps

    Le collège du bastion en 2016

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    © Tous droits réservés / Musique et patrimoine / 2016 

  • Charles Ingalls, Mlle Beadle et le révérend Alden étaient aussi à Villalbe...

    Laura Ingalls Wilder a écrit en 1932 un roman intitulé "Little house in the big woods". Ce livre a été scénarisé ensuite avec quelques libertés et adapté à la télévision américaine par Michael Landon au début des années 1970. Inutile de vous présenter "La petite maison dans la prairie" - histoire quelque peu puritaine d'un village du Minnesota - qui nous a arraché bien souvent des larmes. Nous avons été touchés par les bons sentiments et la morale de ces villageois rassemblés autour du maire, de l'institutrice et du révérend. 

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    Charles et Caroline Ingalls, les parents de la vraie Laura Ingalls

    Loin de tout sentimentalisme puritain et moraliste, je voudrais vous faire connaître mon enfance dans mon petit village à 5 km de Carcassonne. En fait, il s'agit d'un hameau qui comptait au moment de mon arrivée avec mes parents en 1973, quelques 500 âmes. Des gens simples et sans histoires qui se connaissaient tous, qui s'avaient s'entr'aider et se réunir autour des valeurs essentielles de la famille, de l'école et des associations. Certains allaient à la messe, d'autres n'y allaient jamais. Il y avait un club de football, un comité des fêtes, un club de pétanque, un club des aînés. Toutes les générations se fréquentaient et se respectaient, car on nous avait appris à saluer les personnes âgées. On se disait bonjour et on prenait des nouvelles du voisin. Tout ceci n'avait rien de puritain, c'était la vie de ce village, il y a encore 30 ans.

    Charles Ingalls

    (Louis Andrieu)

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    Faisant office de maire, malgré sa fonction de conseiller municipal, il était la caution d'officier d'état civil dans le hameau. Combien de fois, il a mangé froid et rentré tard le soir pour arranger tel villalbois ou telle famille en difficulté. Faire remettre l'électricité ou l'eau, les dossiers de surendettement, trouver un logement à une famille de marocains mis à la rue, exercer ses pouvoirs de police...etc. Un vrai sacerdoce pendant 12 ans. C'est également grâce à lui que l'école de Villalbe, n'a pas fermé faute d'un quota assez important d'élèves ; qu'on a construit ensuite la maternelle. Son honnêteté et sa droiture étaient appréciées de tous, au-delà des idées politiques. Il n'a jamais touché un centime pour sa fonction et aucun membre de sa famille n'a été embauché comme employé de mairie. 

    Mlle Beadle

    (Andrée Denat)

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    Mon premier souvenir de l'école de Villalbe, c'est la rentrée en Cp ; j'avais cinq ans en 1976. J'étais impressionné car dans la classe, il y a fait des très grands. Madame Denat avait des élèves du Cp au CM2 dans une classe unique, dans laquelle les bureaux en bois portaient encore les encriers en porcelaine avec de l'encre violette. Nous apprenions à former les belles lettres au porte plume ; les pleins et les déliés. Madame Denat écrivait au tableau noir les exercices ; elle le retournait pour que nous puissions voir les corrections. Les parents participaient au conseil d'école, ce qui réglait bien des problèmes sans heurts. Quand la classe s'achevait, elle n'avait pas besoin de montre, il lui suffisait de pencher sa tête vers la fenêtre pour regarder l'horloge de l'église. Vous pouvez y aller, disait-elle, sauf ceux qui restent en étude surveillée jusqu'à six heures. Cette grande dame, fervente défenseur de l'école publique laïque, ne donnait pas de devoir à la maison. Elle jugeait que les enfants devaient consacrer les heures après la classe, à se divertir.

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    Fête de l'école en 1980

    Dans mes souvenirs, notre institutrice nous faisait écouter France culture et les chansons de Jean Ferrat. Pour cela, elle avait un vieux poste radio dont l'antenne était cassée ; pour ne pas que l'écoute soit brouillée, elle posait son doigt sur le trou laissé par l'antenne. Pour les fêtes de fin d'année, la famille Denat (Jean Denat était maître à Maquens) organisait la fête de l'école. Dans le préau, la mairie avait installé une estrade sur laquelle nous jouions une pièce de théâtre : Jofroi de la Maussan (Jean Giono). Au préalable, les rôles ayant été distribués, nous allions dans le logement de fonction de l'institutrice pour répéter avec sa mère Madame Moulin ; elle-même maîtresse en retraite à Lanet. Les décors sur une toile en papier avaient été peints par Jean Denat et ses fils. Le jour de la représentation, tout le hameau était là, même ceux qui n'avaient pas d'enfants scolarisés. A la fin, mon père qui avait récolté des sous auprès des parents, offrait en leur nom un livre sur la peinture à Madame Denat ; elle aimait tellement cela. Quand je vois qu'aujourd'hui - après ce qu'ont fait les époux Denat pour notre éducation - l'école du hameau a été baptisé du nom de Pierre-Paul Riquet, cela me fait mal de tant d'ignorance.

    Révérend Alden

    Abbé Maurice Vidal

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    Voilà un vrai ! Pas de ceux qui vous jouent de la guitare autour d'un feu de camp, mais qui vous ouvrent le coeur et l'âme, peu importe si vous y croyez ou pas à l'éternel. Il enseignait le grec et le latin au lycée Saint-Stanislas ; son frère était général. Sans s'en vanter, il a porté de sa poche des secours en pièce sonnantes et trébuchantes à des familles dans le besoin, même athées. Il a donné l'extrême onction, visité les malades, accompagné les défunts au cimetière. Vous en connaissez aujourd'hui qui font cela ? Maintenant, on a des laïcs pour les enterrements... Si demain je venais à trépasser, je veux un rabbin ou un pasteur s'il n'y a pas de curé ; les bigotes, je les ai assez fréquentées de près. D'abord au cathéchisme dans la maison la plus fortunée du village, ensuite comme enfant de choeur. Je me souviens de Madame Verdier qui jouait l'harmonium de l'église ; on aurait dit qu'elle montait le Tourmalet quand elle poussait sur les pédales. Je ne vous parle même pas du choeur de chant ; il a souvent plu à Villalbe les jours de messe. Tous les dimanches, ma mère nous habillait pour l'office avec interdiction de traîner ensuite. Il fallait de suite enlever les beaux habits... Gare, si nous revenions avec des tâches. À la messe, nous n'y apprenions qu'à aimer notre prochain ; à cette époque, on ne cassait pas les abribus, ni les poubelles, ni les fleurs dans les bacs. Nos parents avaient la main trop leste...

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    Pélerinage occitan à Lourdes en 1981

    L'abbé Vidal organisait des pèlerinages à Lourdes et le bus était plein. Bien sûr, il y avait des réfractaires à la vierge Marie dans le village... Je devais avoir huit ans... le curé au moment du repas dans le restaurant, passe voir ses ouailles aux différentes tables. Là, il me vient une phrase malheureuse qui n'a pas fait rigoler mes parents de suite :

    - Monsieur l'abbé, vous empoisonnez !

    - Mais enfin, mon petit je n'empoisonne personne, répondit-il avec embarras.

    En fait, mon père qui avait toujours le sens de la dérision, m'avait dit un jour :

    - Le curé d'Alzonne quand il pète, il empoisonne.

    Il n'en fallut pas davantage pour faire la relation fort à propos.

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    Repas du foot : MM. Ricard et Tisseyre en 1979

     Voilà donc ma petite maison dans la prairie telle que je l'ai connue à Villalbe. À ce trio de personnalités du village, on peut ajouter : MM. Dominé Michel (Boulanger), Madame Ormières (Journaux), René Tisseyre (Club de foot), M. Ricard (aînés du village), Bernard Tisseyre et Bernard Rougé (Comité des fêtes) et tant d'autres... distingués comme faisant partie de cette communauté de gens simples et bien élevés.

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