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La préfecture de l'Aude donne elle aussi sa liste des 23 sélectionnés...

Après Didier Deschamps la semaine dernière, on apprend hier dans la presse locale que la Préfecture de l'Aude a elle aussi dressé une liste de 23 sélectionnés. Rassurez-vous, il ne s'agit pas là d'un stage préliminaire avant une grande compétition. Tout simplement d'attribuer vingt-trois portraits d'illustres Audois, à la galerie précédent l'entrée vers le bureau du préfet. L'affaire fut tellement sérieuse et secrète qu'il nous est impossible de dire le noms des personnes ayant finalisé la sélection. La chose est maintenant entendue, les plus grands illustres du département siègent à la préfecture. Enfin, d'après ceux qui les ont choisis...

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Dame Carcas

Ermessande de Carcassonne

Ramon de Miraval

Jean-François de la Rocque de Roberval

Françoise de Cézelly

Nicolas Pavillon

Pierre Louis Reich de Pennautier

Marie-Claire de Catellan

Jacques Gamelin

Fabre d'Eglantine

Dominique Ramel-Nogaret

André Chénier

Armand Barbès

Achille Mir

Charles Cros

Marcellin Albert

Ernest Ferroul

Marie Petiet

Paul Sabatier

Albert Sarraut

Joe Bousquet

Charles Trenet

Raymond Courrière

 On va nous dire qu'il était très difficile de dresser une liste avec si peu de noms. Certes... Mais pourquoi s'est-on arrêté à vingt-trois ? Peut-être est-ce le nombre de cantons de l'Aude. Non, ils sont trente-cinq !   D'après le préfet : "Nous l'avons voulu équilibré sur le plan des territoires, des époques. Nous avons souhaité aussi qu'il y ait des femmes."  Malgré cela, il n'y a pas de représentante féminine pour le XXe siècle et on est loin de la parité.

Le parterre d'invités était essentiellement du paysage politique départemental ; il ont dû être comblés. C'est bien là que le bât blesse... Il n'y a que d'anciens militants socialistes dans cette liste politique : Armand Barbès, Albert Sarraut, Ernest Ferroul, Achille Mir, Marcellin Albert et Raymond Courrière. Où est donc l'équilibre que l'on nous vend ? Fallait-il absolument mettre les deux fers de lance de la contestation du midi viticole de 1907, quand un seul aurait suffit à dégager une autre place ? Albert Sarraut, député Radical-Socialiste de l'Aude, ayant voté en 1940 les pleins pouvoirs au maréchal Pétain avait-il sa place, quand aucun Résistant comme Jean Bringer ne figure dans cette liste ? Et Raymond Courrière... On aurait plus apprécié d'y voir le socialiste Francis Vals, député-maire de Narbone et Président du Comité départemental de Libération. Un vrai Résistant, qui plus est, issu d'une famille modeste ! Ou encore, Vitalis Cros, préfet et ancien maire de Villeneuve-Minervois, d'obédience gaulliste. Et pourquoi pas Raymond Chésa, premier député européen de l'Aude ? Pourquoi pas le communiste Félix Roquefort, député de l'Aude et Résistant ?

Pour le côté historique, on aura choisi une héroïne qui n'a jamais existé : Dame Carcas. En revanche, toujours pas de place dans notre histoire pour le jeune Raymond-Roger Trencavel qui lutta contre Simon de Montfort, à l'intérieur de la Cité. Doit-on évoquer l'absence des compositeurs de musique, comme le Narbonnais Joseph Cassanéa de Mondonville ou le Carcassonnais, Paul Lacombe ? Ce dernier, membre de l'Institut de France et co-fondateur de la Société Nationale de Musique en 1871 avec Bizet et Massenet. Quant au milieu sportif... Il brille par son absence.

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Commentaires

  • J'ai justement envoyé ce jour au préfet une lettre dans une démarche contre la présence d'Albert Sarraut parmi les Illustres de l'Aude. je tiens cette lettre à votre disposition, bien sûr,
    car sa présence est un contre-sens historique et est non conforme aux valeurs républicaines.
    (en résumé, il est à l'origine en 1939, sous la 3ème république, comme ministre de l'Intérieur, de la création des Camps de concentration ou des centaines de milliers de réfugiés espagnols, puis de juifs ont été internés dans des conditions désastreuses). Ne pas oublier.

  • Bonjour,
    tout à fait d'accord avec votre commentaire. Dommage, il y avait là une belle occasion d'honorer ces "oubliés".
    Pour quand même jouer au pinailleur de service : il convient d'écrire :"le bât blesse" et non "le bas blesse" !
    L'expression correcte fait référence au bât dont on chargeait autrefois les mulets. Votre orthographe ferait plutôt référence aux jolies gambettes de nos belles qui pourraient être blessées par une lingerie trop serrée...ah fantasmes...
    Bien audoisement à vous

  • Merci pour votre travail de recherche qui bien souvent nous apprend des choses et incite à de véritables découvertes.

    Concernant la liste que vous évoquez ci-dessus, je dois dire que les absences de Ferdinand Alquié, Georges Canguilhem, Joseph Delteil, Pierre Reverdy, Jacques Roubaud… pour ne parler que des seules littérature et philosophie et carrément scandaleuse.
    Je peux citer aussi la grande artiste Fabienne Verdier.
    Le mieux est de ne pas publier ce genre de listes qui ne correspond pas aux critères d’historicité, de pertinence, de scientificité… attendus . Et de toute façon, il est carrément impossible d’être exhaustif.
    Certains oublis comme ceux précédemment cités sont très fâcheux, vraiment. Il y a des oublis impardonnables !

  • Autres oublis à signaler: l'écrivain Anne-Marie Albiach, Jean Lebrau, les artistes Anne Slacik, Serge Saunière... mais en cherchant bien, d'autres noms peuvent être cités.
    Il y a des structures dans l'Aude qui peuvent aider à établir une liste plus pertinente, plus "scientifique", plus large ... à défaut d'être exhaustive.
    Aller au-delà de la seule politique pour signaler les Audois qui ont marqué ou marquent leur temps est du domaine du possible, si ce n'est une nécessité: le patrimoine n'est pas que passé, il est aussi vivant, que diable !

  • Parmi les oubliés, à mon sens,et pour une ville qui tire la majeure parti de ses revenus de son illustre Cité, on aurait aussi pu penser à Jean-Pierre Cros-Mayrevieille.

  • Célébrités audoises ou de préférence… carcassonnaises ?! Et le seul tort de l'illustre vicomtesse Ermengarde serait-il de n'avoir exercé son pouvoir qu'à Narbonne ? Idem, plus près de nous, pour Francis Vals…

    En tous les cas, bravo pour vos chroniques fort instructives pour ne pas dire captivantes et qui, à juste titre, ne se privent pas de fustiger trop de médiocrités officielles !

    François Carbou

    P.S. Curieusement, chaque fois que j'ouvre votre site, un message en rouge me le signale comme… possiblement frauduleux ! Et chaque fois, je dois confirmer mon intention de le lire en dépit de cet avertissement.

  • Raymond Courrière n'a rien à faire dans cette liste ; et à quel titre y serait-il ? Des hommes politiques audois bien plus célèbres, il y en a une kyrielle ! On m'a dit que la Franc-Maçonnerie locale avait eu son mot à dire : ceci expliquerait peut-être cela...
    Parmi les illustres défenseurs de la "lenga mairala", on a oublié le grand romaniste Joseph ANGLADE, mondialement reconnu pour ses savants travaux (on célèbre cette année le 150e anniversaire de sa naissance)...
    Où est Cassanéa de Mondonville, le sublime compositeur du XVIIIe siècle?
    Trop de célébrités passées à la trappe !

    Louise Caussade

  • Sous le préfet Christian Decharrièrre (1998-2000) qui n’a pas laissé un souvenir impérissable, il avait été décidé de baptiser les salles de réunion de la préfecture. La bonne idée avait était de consulter le personnel sans liste pré établie, donc liberté totale. Armand Bazin de Bezons, constructeur du bâtiment de la préfecture et des halles de la ville dont le portrait posait en bonne place dans le salon d’honneur jusqu’à ce qu’un coup d’humeur préfectoral le relègue dans les escaliers où il se trouve toujours car aucun autre préfet de passage n’a eu le courage de le rétablir en ses lieu et place avait été choisi loin devant tous les autres sélectionnés. Hélas, au final il avait été écarté sans aucune explication et la consultation s’était révélée n’être qu’un miroir aux alouettes !

    Sur la liste des 23, Bazin de Bezons avait toute sa place dans la galerie du bureau du préfet à côté de Jean Bringer bien évidemment.
    En ces temps fortement troublés et sans scrupule pour la décence, on a préféré à l’illustre Paul Lacombe le fou chantant, prestigieux pédophile. Quant à Raymond Courrière? Ceux qui l’on connu doivent pouffer de rire.
    Combien il a dû être difficile d’établir pareille liste avec autant de socialistes !
    Cela ne sera pas pour plaire à Jupiter, lui, qui a laminé ce parti, son serviteur atacien risque d’en pâtir.
    Certains diront : Martial Andrieu a encore sévi….. Il y a de quoi !

  • Cette liste est à l'image de ceux qui l'ont dressée.rien à voir avec l'histoire de notre ville. Mais nul n'est prophète en son pays sauf ceux qui ont détricoté notre mémoire pour qu'on ne les oublient pas. Courrière sic !!! No comment.

  • Fallait enlever la Dame Carcas entre autre et mettre René Nelli...

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