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Actualités - Page 69

  • Un diapason d'or pour les Etudes Karnatiques de Jacques Charpentier

    Il est depuis plusieurs années en notre bonne ville, un compositeur dont la valeur est reconnue partout dans le monde sauf bien sûr à Carcassonne. Au delà du manque de curiosité artistique ou plutôt d'une certaine forme d'inculture dont souffre la capitale audoise depuis des lustres, c'est peut-être la discrétion de cet homme qui lui fait défaut. Nous savons bien dans la triste époque culturelle que nous vivons, que seuls les faiseurs et autres aboyeurs ont les hommages d'une presse cherchant à vendre du papier. Il faut ici rendre justice à la majorité des journalistes qui tentent d'élever le niveau des articles, malgré les pressions constantes des grands groupes qui les emploient afin qu'ils fassent du chiffre.

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    Jacques Charpentier fut élève d'Olivier Messiaen avant d'être nommé par André Malraux comme Inspecteur général de la musique au Ministère de la culture. Il est l'auteur de nombreuses pîèces musicales et d'un opéra en langue occitane: Béatrice de Plannisolas. A ce sujet, il convient de rappeler la promesse qui lui a été faite par l'actuel député-maire de Carcassonne en 2011, de donner son opéra au Festival de la cité. Joué à Aix-en-provence, à Nîmes et à Toulouse, mais jamais à Carcassonne alors même que l'action se situe en pays Cathare. Bref...

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    La musique indienne est au centre de l'oeuvre de Charpentier. Ses Etudes karnatiques sont le fruit de 27 années de composition, au coeur d'une recherche approfondie des origines musicales de ce vaste pays. On peut la classer dans l'acheo modernisme que Arnauld Pierre (Professeur d'Art contemporain Paris/ Sorbonne) définit "comme la prise de conscience de la modernité, dès lors que celle-ci se connaît, pourvue d'une histoire longue et nuancée".

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    Chose pas si extraordinaire, il faudra attendre un pianiste allemand, un enregistrement d'un label allemand et une excellente critique d'un magazine musical allemand, pour que le magazine français Diapason fasse enfin un article en décernant à ce disque, un Diapason d'or. "Les allemands ont tout compris de mon oeuvre, l'ont parfaitement analysée dans les moindres détails sans que je leur ai donné la plus petite indication", se plait à me dire Jacques Charpentier. Il ajoute: "Les français, eux, ont écrit un article mondain".

    La critique de Diapason

    Des rythmes suggestifs, des conglomérats de sonorités primitifs, une langue de sons se différenciant à l’infini : voilà les prodiges archaïques que nous présente le pianiste Michael Schäfer sur son douzième CD Un!erhört! chez Genuin. La critique a applaudi à ses découvertes et redécouvertes, grâce auxquelles il a ouvert de nouvelles voies à ses compagnons de métier et aux auditeurs. Il renouvelle l’exploit à présent avec l’intégrale des 72 Études carnatiques de Jacques Charpentier, un élève et ami d’Olivier Messiaen, qui partageait son enthousiasme pour la musique d’Extrême-Orient. Un haut fait pianistique de fixer sur un support sonore cet univers pour 88 touches, cette association de tradition védique de râgas et de musique moderne occidentale : à écouter absolument !

    Vous ne m'en voudrez pas si je vous dit qu'il y a, plus d'un siècle après, une analogie entre ce que vit Jacques Charpentier et ce qu'à vécu Paul Lacombe. Les français se désintéressaient de son oeuvre, quand de l'autre côté du Rhin on encencait sa musique, on la jouait, on la publait. Peut-être est-ce pour cela que Jacques Charpentier a accepté de préfacer ma biographie sur Paul Lacombe...

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  • Le salon du livre d'Arzens

    Programmé dans le cadre des Estivales de la Malepère, le salon du livre d'Arzens réunissait dimanche dernier dans le foyer communal, une quinzaine d'auteurs régionaux. Parmi eux, on retiendra par exemple les noms de Marthe Garric-Plessis, Claude Boudet, Bernard-Roger Mathieu, Henri Laleman, Claude Gironis, Yves Tournié et de votre serviteur. L'accueil qui nous fut réservé par MM. Detrey et Courtial fut des plus chaleureux, faisant honneur au regretté André Gol, fondateur des Estivales, décédé subitement une semaine avant leur commencement.

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    André Gol

    Ancien maire d'Arzens et fondateur des Estivales

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    Après les discours d'usage des élus représentant la commune d'Arzens, la communauté d'agglomération du carcassonnais et le Conseil général, ce sont une centaine de visiteurs qui honnorèrent de leur présence cette journée culturelle. Chaque écrivain réalisa la vente d'un certain nombre de ses ouvrages; leur diversité démontra, si besoin est, la richesse et le talent des auteurs locaux.

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    Il faut saluer l'énorme travail de l'ensemble des bénévoles pour faire de ses journées culturelles, une réussite. Aussi, il serait souhaitable que les journalistes locaux puisse davantage rendre compte de cet évènement littéraire, incontournable aujourd'hui dans le département de l'Aude.

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  • Dans l'Indépendant de ce dimanche...

    Article paru hier dans l'édition dominicale du journal l'Indépendant

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    Voici ci-dessous le texte dans son intégralité, signé Fabien Arnaud.

    Le poil à gratter du patrimoine carcassonnais, expatrié à Limoges où il est chanteur à l'opéra, délaisse les polémiques et publie un ouvrage ludique et érudit, "L'Aude en 200 questions". Et si on jouait avec Martial Andrieu ? Pour une fois, on oublie les polémiques autour des chefs-d'œuvre en péril, les guéguerres politico-culturelles, les ego blessés, et on se plonge dans son quizz sur les richesses du département. Le 15 juin, cet amoureux du patrimoine local publie "L'Aude en 200 questions", un ouvrage ludique et érudit, idéal pour ne pas bronzer idiot pendant l'été. Cette plage de détente tombe à pic pour le ténor de l'opéra de Limoges, après une période assez crispée. Il faut dire que le chanteur, né à Carcassonne il y a 42 ans et expatrié depuis 1996, donne souvent de la voix pour défendre les trésors de sa ville, ce qui ne lui fait pas que des copains. Le 13 mai dernier, il expliquait sur Internet, qu'il mettait fin à son blog "Histoire de Carcassonne" car on lui avait "rendu la vie impossible" à "pourrir" ses pages avec des "commentaires disgracieux".

    Un peu plus tôt, en janvier, Martial Andrieu annonçait, via Facebook, qu'il se faisait radier des listes électorales de Carcassonne pour rejoindre celles de Limoges, lassé qu'il était des "piques" décochées contre lui par les "politiques" de la ville qui "l'ignorent". Cela, quelques semaines après avoir lancé une pétition dénonçant l'état de délabrement de la Cité. Initiative moyennement appréciée par le préfet Eric Freysselinard, qui avait illico répliqué dans un communiqué de presse. Costume et nœud de cravate impeccables, courtoisie à l'avenant, Martial Andrieu n'a pourtant rien, dans l'apparence, du dissident enragé. Au rendez-vous, Chez Félix, il fait plutôt gentleman-contestataire, à toujours développer ses idées d'un ton posé. "Je suis un poil à gratter, pas un opposant", avance-t-il, énumérant, pour se définir, un champ lexical emprunté à la chevalerie : "Honnêteté, droiture, franchise, fidélité, volonté de servir". Ses combats en prennent un air de croisade. "J'ai longtemps milité contre l'assassinat du square Gambetta", rappelle-t-il comme premier fait d'armes. Plus récemment, la protection de la maison de Paul Lacombe, sur ledit square, et la réhabilitation de ce compositeur oublié, c'est lui aussi. On le retrouve encore, sonnant l'olifant lorsqu'une croix médiévale ou une plaque commémorative disparaissent, ici ou là. "Avec la pétition sur l'état de la Cité, d'une certaine manière, j'ai rendu service au pouvoir, estime-t-il. Cela a obligé les services compétents à s'entendre". Dans son action, Martial Andrieu se revendique "insaisissable". "On ne sait pas où m'attendre. Je suis libre, attaché à aucun parti. A Carcassonne, personne ne me nourrit". Ce côté franc-tireur lui vaut, de son propre aveu, de compter peu d'amis proches sur la ville, même s'il se dit "soutenu par le petit peuple".

    Ainsi, hors du circuit politique, à sa manière un peu rugueuse, Martial Andrieu exprime-t-il son sens du service public. D'une façon moins conventionnelle que son père, Louis Andrieu, conseiller municipal sous Raymond Chésa. Disparu en 2007, une rue de Villalbe porte aujourd'hui son nom. Menuisier de profession, c'était aussi un pianiste de jazz. "Je suis issu d'une famille de musiciens. Mes oncles, tantes, cousins, font tous de la musique, en professionnels ou amateurs". Des gênes mélomanes que le ténor lyrique léger, interprète de Mozart, Bach, Puccini, et de nombreux rôles d'opéra-comique sur les scènes de France, a transmis à sa fille Mathilde, 7 ans. D'un côté, les vocalises quotidiennes et la passion de la musique ; de l'autre, l'amour sincère et passionnel pour sa ville natale. C'est sans doute l'an dernier, pour le 14-Juillet, que Martial Andrieu s'était révélé dans sa plus belle synthèse, en chantant au cœur de la Bastide, sur la scène de la place Carnot. Martial Andrieu se bat, entre autres combats, pour la réhabilitation du compositeur local, Paul Lacombe.

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