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  • La sacristie de l'ancienne chapelle du château comtal dans la Cité médiévale

    Au mois de février 1975, l'entreprise Gleize procédait à la destruction des anciennes casernes napoléoniennes qui avaient été édifiées dans la cour du château comtal après 1852. Positionnées contre la courtine reliant les tours du Major, du Degré et de la Chapelle, leur démolition allait permettre la mise au jour d'une certain nombre de vestiges jusque-là inconnus. N'oublions pas que la Cité médiévale fut occupée par l'armée jusqu'à la veille de la Grande guerre.

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    © Droits réservés

    La salle des gardes

    La destruction du premier étage permit de récupérer un linteau de pierre présentant sous plusieurs couches de stuc, la date : 1773, entourée des lettres A et B. Il s'agit là à l'évidence d'une pierre en réemploi.

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    Le linteau de 76 x 25 cm

    Au début de la construction le château avait la forme d'un U. Après 1169, on continua les travaux. Dès lors, la démolition de la chapelle était devenue obligatoire pour la construction du front nord. Il est probable que la courtine ait été édifiée fin XIIe siècle et début XIIIe siècle. En 1160, la chapelle est mentionnée  sur un plan ; en 1209, elle n'y figure plus.

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    La chapelle

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    © Droits réservés

    La destruction des bâtiments mit au jour l'entrée de la sacristie de l'ancienne chapelle. A la faveur du ravalement du rempart nord - une fois la caserne rasée - une croix à branches égales de 23 centimètres en relief apparut sur un linteau en arc, au-dessus de la porte. A l'intérieur, se trouve une salle ronde de 2,90 mètres.

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    Intérieur de la sacristie en 1975. A droite, le Sacraire.

    "Si nous avons qualifié de sacristie la salle du basse de la tour du Degré, c'est que le linteau portant la croix sculptée en relief, se trouve à même le rempart et est soutenu par des moellons allant du bas au haut de la porte. Il y a une quinzaine d'années, on a placé un faux linteau pour surbaisser l'entrée et utiliser ce local comme réserve de livres et de papiers concernant le gardiennage. Il faut noter qu'à 1,75 mètres de hauteur, sur le côté droit de la porte, l'on peut voir un graffiti : "Madamoi". (L'indépendant)

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    Entrée de la sacristie dans la tour du Degré

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    © Tous droits réservés / Musique et patrimoine / 2017 

  • Charles Sahuguet (1910-1990), artiste peintre

    Durant tout le mois de février 1983, le Musée des Beaux-arts de Carcassonne ouvrit ses portes à une exposition des oeuvres du peintre Charles Sahuguet. Installé à Montréal d'Aude, l'artiste était né en 1910 à Millau dans l'Aveyron. C'est à l'initiative du Conseil communal de la culture, soutenu par Clément et Patrice Cartier ainsi que Bernard Huchon, que cette exposition vit le jour. M. Viguier, conservateur du musée, devait retracer les étapes de l'évolution de l'oeuvre de Charles Sahuguet, des Beaux-arts à la symbolique, en passant par le Paris du Surréalisme. 

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    © Charlessahuguet.com

    Les débuts artistiques du peintre à l'école des Beaux-arts se font autour de paysages, natures mortes et peintures à l'huile. Après la guerre, l'évolution s'amorce et les thèmes se précisent. Recherches d'autres techniques puis orientation vers le sacré et influence de la danse : Saint-Jean l'Evangéliste et la Danse macabre. Charles Sahuguet découvre l'art de l'icône. Il peint des scènes religieuses sur des murs d'églises puis, contraint d'abandonner la peinture murale, il prend à son compte cette phrase de Malraux : "Le fils de Dieu n'a pas de portrait, il a des symboles." 

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    Paysage près de Montréal d'Aude

    Sahuguet est en quête de symbolique universelle. Il s'agit d'un langage commun à tous les hommes, à toutes les cultures, des Incas aux Hindous en passant par le Judaïsme et l'Egypte. Le peintre sacré ne doit pas tant exprimer une sensibilité qu'une vérité qui le dépasse.

    L'apocalypse de St-Jean

    En 1979, Charles Sahuguet reprend un projet arrivé à maturité. Il s'agit de l'illustration de la l'Apocalypse de Saint-Jean, constitué par 46 gouaches sur papier. Ce travail recevra le soutien de Georges Duby. Cette oeuvre sera présenté à Carcassonne en 1983.

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    © Charlessahuguet.com

    La première trompette - 1979. Ap. VIII, 7 Et le premier Ange sonna… Ce furent alors de la grêle et du feu mêlés de sang qui furent jetés sur la terre : et le tiers de la terre fut consumé, et toute herbe verte fut consumée.

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    Le jugement des nations – 1979. Ap. XX, 1-2, 11-14. Puis je vis un Ange descendre du ciel, tenant à la main la clef de l’Abîme, ainsi qu’une énorme chaîne. Il maîtrisa le Dragon, l’antique serpent – c’est le Diable, Satan - et l’enchaîna pour mille années... Puis je vis un trône blanc, très grand, et Celui qui siège dessus. Le ciel et la terre s’enfuirent de devant sa face sans laisser de traces. Et je vis les morts, grands et petits, debout devant le trône ; on ouvrit des livres, puis un autre livre, celui de la vie ; alors les morts furent jugés d’après le contenu des livres, chacun selon ses œuvres…

    L'Apocalypse est essentiellement une symbolique. La symbolique étant avec le symbolisme un des deux moyens d'expression de la vie imaginative ou mieux "imaginale". La symbolique, qui est image, relève de l'art plastique. Le symbolisme, qui est discours, relève de l'art littéraire.

    "Alors que j'avais déjà terminé mes premières illustrations, je reçus Le livre de feu de Henri Stierlin, préfacé par Georges Duby. Il est étonnant de voir combien cette Apocalypse qui date du IXe siècle eut un retentissement considérable, plus de vingt manuscrits illustrés entre le Xe et le XIIe siècle, alors que Bible et Evangiles sont rares en manuscrits illustrés. Ces illustrations furent pour moi, un illumination. Je m'aperçus que le même esprit liait ces trois manuscrits et mon Apocalypse pour aussi dissemblables qu'ils dans la forme... Xe siècle, XXe siècle, est-ce par hasard ?"

    Un spectacle audiovisuel

    Au mois de février 1983, le Musée des Beaux-arts présenta un spectacle audiovisuel à partir de 44 gouaches. Le texte de la Bible de Jérusalem comporte 22 chapitres auxquels Charles Sahuguet a ajouté en introduction, un texte du prophète Isaïe, récité par deux comédiens : Jean Gastaud et Michel Barbey. L'illustration musicale est due à Philippe Herson-Macarel avec le concours de l'organiste Xavier Guerner et la participation de Tatie-Cinéma et de Benoît Collette. 

    "En écrivant ce que lui montrait l'ange de Yahwé, Jean n'a pas eu l'ambition de prévoir la fin du monde comme un météorologiste le ferait pour le temps. L'Apocalypse est commencée depuis le début de l'histoire de l'humanité. D'autre part, Jean s'adresse à ses contemporains qui étaient confrontés, notamment, aux épreuves de la persécution, et nous, hommes du XXe siècle, nous savons ce que cela veut dire. Mais, c'est surtout, un message, une parole, la Parole dont la vérité dépasse dans sa permanence le cadre historique dans laquelle elle a été exprimée."

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    © Patrice Cartier

    Charles Sahuguet dans son atelier à Montréal d'Aude

    A l'initiative de Patrice Cartier, on peut admirer une trentaine d'oeuvres de Sahuguet (sa série des "Arbres de vie") en exposition permanente à l'abbaye de Caunes-Minervois.

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