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Ramón Martí (1902-1989), le plus Carcassonnais des Catalans

Ramón Martí était né à Manresa près de Barcelone en 1902. Le coup d'état du général Primo de Rivera en Espagne et l'instauration de la dictature, l'avaient amené à fuir son pays en 1923. Ce gouvernement militaire persécutait les Catalans ; l'enseignement de cette langue à l'école était proscrite. Il était interdit de l'écrire et même de la parler. Les opposants devaient s'exiler ou craindre l'emprisonnement, la torture et les exécutions. La répression contre l'indépendance de cette terre annexée par l'Espagne au Moyen-âge fut terrible et sans pitié. On ne peut pas bien comprendre l'actuel séparatisme Catalan sans connaître ce que le gouvernement espagnol de l'époque Rivériste et Franquiste a fait subir à ce peuple ; ce pays qui s'étendait avec sa langue et sa culture de la Sardaigne aux Baléares.

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 Ramón Martí s'installa donc successivement comme décorateur à Perpignan, Toulouse, Paris et Bruxelles. Deux ans après, il s'installe à Carcassonne. En 1936, il part combattre les troupes de Franco lors de la guerre civile espagnole. Il est blessé lors du débarquement d'Ibiza, retourne en France où il obtient sa naturalisation.

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© Patrice Cartier

Patrice Cartier et Ramón Martí en 1979

Pendant la Seconde guerre mondiale, l'ancien émigré défend la France contre l'occupant Allemand et s'engage dans l'Organisation de la Résistance Armée (ORA) en Haute-Vienne. De retour à la vie civile, il occupe plusieurs fonctions avec talent dans le domaine des arts : Décorateur, peintre, caricaturiste, journaliste et cinéaste. En 1949, il collabore à la chronique de l'Indépendant : "Les Catalans chez eux et ailleurs".

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Ramón Martí dans "Le Sourcier" de G. Savi

Entraîné par son ami Carcassonnais Georges Savi, il figure dans de nombreux films muets amateurs. Les deux éternels gamins gagneront plusieurs prix nationaux. En 1955, il part à Cannes défendre "Le sourcier" réalisé à Carcassonne par Georges Savi  et remporte le Premier prix du film amateur ; ce même film est primé au Festival de Katowice (Pologne) en 1959. Deux après, "Le voleur chausse du 42" obtient le Grand prix du Festival de Cannes et prix du Président de la République. En 1961, "Un départ à toute pompe" est réalisé en 35 mm (format professionnel).

L'oeuvre de R. Martí c'est aussi ses nombreuses chroniques dans "Le Midi-Libre" pendant vingt-quatre ans. Il prend sa retraite en 1981, mais poursuit sont talent d'écriture dans "Le courrier de la Cité". Inutile d'ajouter que ce personnage aujourd'hui oublié côtoya les plus grands de nos poètes et écrivains : Joë Bousquet, Jean Lebeau, René Nelli, Michel Maurette, etc... Il est décédé le 7 juin 1989 à l'âge de 87 ans à Carcassonne. Sa tombe se trouve au cimetière d'Alzonne. Au cours de sa vie, l'émigré Catalan n'a jamais cessé de militer pour les libertés individuelles et l'émancipation de l'homme.

Ci-dessous, le film "Le sourcier"

https://www.youtube.com/watch?v=u1gI9VXW21s

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Commentaires

  • je crois que les grands parents de mon mari l'ont hébergé lorsqu'il est revenu d'espagne j'ai un dessin de lui et une carte postale ....
    ramon marty farréres....

  • Je me souviens d'avoir participé au tournage du film le voleur chausse du 42 .J'étais élève à JEAN JAURES ET RAMON MARTI était venu tourner une scène du film dans cette école .Peut on revoir ce film quelque part?

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