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Orchestres de bal - Page 5

  • Le tour de table

    Peu à peu les traditions fuient le temps où elles étaient encore pratiquées. Ainsi en est-il du "Tour de table" ! Macarel, qu'es aco ? Pendant les fêtes de quartier ou maintenant de villages, il était de coutume pour le comité des fêtes de faire gonfler ses finances. A la fin de la messe dominicale, les musiciens de l'orchestre prévus pour animer le bal du jour en compagnie de membres du comité passaient de maison en maisons. Le propriétaire sortait et demandait aux musiciens de leur jouer l'air de son choix, après quoi il remettait aux organisateurs une petite ou une grosse somme. Le tour de table souvent se finissait tard jusqu'au début de l'après-midi, pendant qu'un apéritif était offert aux habitants à la salle des fêtes. Souvent l'ensemble des musiciens revenaient en titubant de ce tour de table, où chaque maison leur proposait un verre de muscat ou d'anis alcoolisé.

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    Voici la ligne de démarcation entre Trivaliens et Barbacaniens !

    Lors des fêtes de St-Gimer (Barbacane), il était formellement défendu au comité des fêtes de ce quartier de s'aventurer au-delà de ce porche pendant le "Tour de table". La frontière s'établissant à cet endroit, quiconque la franchissait faisait craindre un incident diplomatique, voire des représailles. Voyez que le "Tour de table" était une affaire très sérieuse...

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    © Tous droits réservés/ Musique et patrimoine/ 2013

  • L'orchestre José Marson

    Si l'on jouait au jeu des sept familles de musiciens, on pourrait demander: "Dans la famille Marson, je voudrais le frère". On répondrait aussitôt: "Oui, mais lequel: José, Angel, Denis ou Jean? " Chez les Marson, ils étaient huit frères et soeur dont quatre figurèrent dans les plus importants orchestres de bal de l'Aude. Dans celui de René Cadrès: Jean Marson. Dans celui de Jeanoely: Denis et Angel. Il fallut qu'il y ait un indépendant au caractère bien trempé pour créer sa propre formation, c'est José. Aujourd'hui âgé de 92 ans, il se plaît encore à raconter que son orchestre était le plus important de la région... bien avant René Coll. C'est vrai que dans les années 1950-1960, il était demandé et réputé l'orchestre José Marson ! Le tube du patron c'était "Arivederci Roma", une chanson de 1955 écrite par Renato Rascel, qu'il chantait de sa voix à la Tino Rossi. José Marson c'était le crooner de ses dames, au physique avantageux, dont la famille avait fui l'Italie du Duce pour s'installer à Carcassonne en 1935. Tous les villages du département s'en souviennent sûrement encore... Et puis, vint René Coll pour faire de l'ombre à Marson. Autre mœurs, l'époque yéyé allait-elle faire passer le grand José pour un "has been"*? Si le rital à la voix de velours refusait toujours la comparaison avec son ennemi juré, l'Orchestre de René Coll; il allait toutefois chercher à s'adapter à la nouvelle donne. C'est ainsi que dans les années 70, Marson est toujours là avec certes, des musiciens et chanteuses bien plus jeunes que lui, mais il tient tête... à ce sacré René Coll qui accompagne la tournée de Michel Sardou. Je vous livre une anecdote: Un jour au début des années 1990 (il avait donc 69 ans), il vint me proposer de chanter dans son orchestre. Il fallait que j'apprenne "The final countdown" du groupe de heavy metal suédois "Europe". J'ai décliné la proposition car j'avoue, j'avais pas la voix pour ce style. Qui a dit que José Marson était dépassé? Non, encore il vous dira que son orchestre est meilleur que celui de... Devenez qui... Mais René Coll, bien sûr!

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    De gauche à droite: Marius Laffargue, Henri Daniel, Louis Rivière, Lucien Anicet, J-C Merlane et José Marson
     
    * "Has been": anglicisme signifiant "a été"
     
    Crédit photo:
    Marius Laffargue
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  • L'orchestre Jeanoely

    L'orchestre Jeanoly a fait ses premières armes au "Café Calmet" à la libération. Cet établissement aujourd'hui disparu se trouvait sur l'actuel parking de la place Gaston Jourdanne (en face des impôts). Les mois qui suivirent la libération de la France, tout le monde dansait dans les rues le soir et il fallait bien des formations pour assurer la partie musicale. Par la suite, l'orchestre a animé les fêtes de St-Gimer et de la Trivalle selon le programme établi au café Roldan, dont nous parlerons prochainement. Les meneurs de la fête s'appelaient: Labazuy, Gimenez, Bajouet, Rajol, Chésa, Franc...

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    1er rang de droite à gauche: Yves Daniel, Angel Marson, Edouard Montanuy, Raymond Dellong
    2e rang: Duchan, Denis Marson, Jean-Elie Gagliozzo (dit Jeanoely)
     
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