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  • Une affiche inédite de la Distillerie de l'Or-Kina Sabatier

    On croyait sans doute avoir tout vu pour ce qui concerne les affiches de la distillerie Michel Sabatier. Eh ! bien, non. Nous avons trouvé une nouveau petit trésor lors d'une vente aux enchères. Cette fois, il n'y a pas de représentation de la Cité médiévale dans le dessin pour accompagner la légende inventée par Sabatier. La recette de "La micheline" aurait été retrouvée sur un vieux parchemin abandonné dans une des tours de notre château. Dans l'affiche, s'associent les thématiques propres à l'Art-nouveau comme la nature et celles mettant en avant le produit. Là, une déesse antique - peut-être Minerve - fait rayonner la bouteille de liqueur sur une colonne dorique. On remarquera la représentation de Michel Sabatier en petit diablotin, figurant également un masque de la tragédie grecque. Ceci rappelle son goût pour les arts auxquels il apporte tout son soutien à travers le mécénat. 

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    La bouteille de La Micheline

    L'affiche porte la signature de Charles, Henri Beauvais dont nous avons longuement cherché des renseignements. Ce peintre et lithographe est né à Marseille le 2 mai 1862. A l'âge de 20 ans, il débarque en Angleterre et travaille dans une société de lithographie située à Southwark bridge road (Londres). Très rapidement, il fait la connaissance d'Anne Corfield qu'il épouse le 25 mars 1882. Elle lui donnera six enfants, dont quatre garçons et deux filles. 

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    © sportsantiques.com

    Charles, Henri Beauvais par sa fille

    En 1902, Charles Beauvais retourne s'installer à Marseille avec toute sa famille. Il fonde un atelier sur le Cours Lieutaud, mais décède prématurément chez lui - 58 rue Montaux - le 11 mai 1909 à l'âge de 47 ans. Sa veuve et ses enfants retourneront à Londres.

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    L'ancienne distillerie Sabatier aujourd'hui

    Cette affiche ne porte pas de date, toutefois il nous est permis de penser qu'elle a été réalisée entre 1895 et 1909. D'abord, elle a été imprimée à Marseille chez Moullot fils aîné, certainement au moment où Charles Beauvais s'y trouvait. Ensuite, les nénuphars pourraient rappeler les Nymphéas de Claude Monet réalisés à partir de 1895, même si la série de toiles débute vraiment en 1902. Voilà donc une nouvelle découverte à mettre au crédit de ce blog...

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    © Tous droits réservés / Musique et patrimoine / 2019

  • 700 000 Francs et 30 Louis d'or dans un parachute de l'O.S.S

    Sous l’Occupation, le réseau de renseignements AKAK était un groupe de résistance travaillant pour l’O.S.S (Office of Strategic Service) près du Consulat américain à Barcelone. Son chef Camille Fort avait initié et créé ce mouvement en parvenant à l’étendre à la France entière. A Carcassonne, il peut compter sur quelques agents occasionnels parmi lesquels l’abbé Courtessole, Antoine Arnal (Pezens), Madame Larregaine et André Rigail.

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    Insigne de l'O.S.S

    Le 7 juin 1944, AKAK installe un campement près de Villeneuve-Minervois, précisément au hameau de Pujol-de-Bosc, dans lequel les hommes du réseau recherchés par les Allemands pourront se planquer et recevoir des parachutages pour la Montagne noire. Il y en aura cinq au total entre juillet et août 1944.

    Le 22 juin, Camille Fort se fait arrêter par la Gestapo à Toulouse dans l’une des chambres du réseau avec deux valises de documents sur lui. Les agents de la police secrète allemande avaient été avertis à l’avance, puisqu’ils eurent tout à loisir de mettre aussi la main sur les archives. Amené au siège du S.D, Camille Fort est alors interrogé selon les méthodes les plus violentes par l’équipe de choc de la police secrète allemande. En fait, que des français… Il y a là Georges Pujol, Jean-Marie Dedieu, André Carrera, Milher et Ladislas Raux. 

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    © Encyclopédie de l'Ordre nouveau

    Georges Pujol

    La tête du réseau étant décapitée, on prend la décision de tenter de faire libérer Camille Fort. Comment ? Attaquer les armes à la main la prison Saint-Michel de Toulouse serait une pure action suicidaire. Alors, on envoie Casa l’un des membres du réseau, négocier avec l’équipe de choc de la Gestapo. Le contact ayant été établi ; il leur est promis une rançon d’un montant de 700 000 francs plus 30 Louis d’or et leur exfiltration vers l’Espagne. Marché conclu !

    Au début du mois de juillet 1944, un opérateur radio saute en parachute au-dessus de Pujol-de-Bosc avec le montant de la rançon financée par l’O.S.S de Barcelone. Le sous-lieutenant André Blanc porte sur lui près de 100 000 euros d’aujourd’hui sur lui. 

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    Le siège de la Gestapo à Toulouse, 2 rue Maignac

    A Toulouse, informés de la réception du colis, les cinq anciens tortionnaires libèrent Camille Fort la veille de son exécution : « Le 6 août, extrait de ma cellule et menottes aux mains nous prenions tous ensemble la route de l’Espagne… qui bizarrement sur la volonté de Casa bifurquait vers notre maquis. Là, il fallut convenir que nous ne pourrions pas aller par nos propres moyens en Espagne ; un avion qui ne devait jamais venir fut demandé à Alger. Et Gestapo, et mon frère, et Jacqueline, et équipe de renseignements de combat nous vécûmes tous ensemble. » Tous ces alliés de circonstance seront hébergés chez des personnes n’appartenant pas au réseau mais lui rendant service, comme Caze à Villarzel-Cabardès et Azalbert à Pujol-de-Bosc qui les  approvisionne en vivres et veille sur les opérations de parachutages. Il y a également les membres AKAK pour le secteur : Dr Jourtau de Caunes-Minervois et Louis Raynaud (Rollet) de Villeneuve-Minervois.

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    Le hameau de Pujol-de-Bosc

    Les agents de la Gestapo resteront à Pujol-de-Bosc dans l’attente de passer en Espagne, jusqu’au 25 août 1944. Soit une vingtaine de jours avec les résistants du coin. Entre-temps, Miller et Raux qui avait tenté de fausser compagnie avec une part du gâteau seront exécutés par leur ancien copain Dedieu, d’une balle dans la tête. Ce dernier n’oublie pas prendre les 150 000 francs que Raux avait sur lui. A la Libération, les trois anciens gestapistes restant seront arrêtés puis traduits devant une Cour martiale et condamnés à mort le 8 septembre 1944. Le 13 septembre 1944, ils tomberont sous les balles d’un peloton d’exécution à la caserne Cafarelli.

    L’histoire ne dit pas ce que sont devenus les 700 000 francs et les 30 Louis d’or… Gageons qu’ils ont dû être restitués aux Américains. Quant à un réseau travaillant pour les Yankees avec d’anciens gestapistes à côté d’un maquis communiste comme celui de Trassanel, au moment où ce dernier sera décimé le 8 août 1944 par une attaque Allemande. Cela fait désordre... Et Louis Raynaud qui appartenait aux deux formations, mais qui n’était pas à Trassanel le 8 août 1944.

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    René Bach, interprète du S.D à Carcassonne

    Pourquoi donc avoir gardé ces traitres à cet endroit jusqu’à la Libération ? L’abbé Courtessole raconte qu’on avait proposé de l’argent à Bach et la vie sauve s’il faisait libérer Jean Bringer, mais lorsqu’il apprit ce qu’on avait fait à l’équipe de la Gestapo toulousaine, il dit : « Il me feront le même coup. » Comment Bach a-t-il pu apprendre l’arrestation de ses collègues puisqu’elle est postérieure au massacre du Baudrigues le 19 août 1944 ?

    Après son départ de Carcassonne le 18 août 1944, Bach a été arrêté par la Gendarmerie dans le Vaucluse. Pourquoi donc est-ce Louis Raynaud qui est allé le chercher pour le ramener dans l’Aude ? Pourquoi donc l’a t-on amené directement à la mairie de Villeneuve-Minervois pour l’interroger et pas à Carcassonne où siégeait le Tribunal militaire ?

    Toutes ces questions restent encore en suspens…

    Sources

    Archives militaires / Vincennes

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