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La fête de Jeanne d'Arc à Carcassonne sous le régime de Vichy.

Peu de temps après sa prise de fonction, le nouveau maire de Carcassonne s'est empressé de renouer avec une fête que l'on n'avait plus vue à Carcassonne depuis la fin du régime de Vichy. Rien d'illégal cependant. Il existe en effet la loi du 10 juillet 1920 – non abrogée – votée par des deux chambres et instituant "la fête du patriotisme" en hommage à la pucelle d'Orléans. Seulement voilà... La fête de Jeanne d'Arc fut un instrument de propagande de l'extreme droite vichyste, héritière des idées de l'Action française. Elle s'est largement illustrée pendant l'Occupation par son autoritarisme nationaliste et antisémitisme. Aussi, nous avons voulu nous pencher sur les cérémonies qui eurent lieu dans notre ville sous le régime collaborationniste du maréchal Pétain.

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Au pied de la statue de Jeanne d'Arc (Bd Barbès), le 11 mai 1941

L'instrumentalisation de Jeanne d'Arc au profit de la propagande de la Révolution nationale est l'un des fer de lance de la politique du régime de Vichy. Il associe les valeurs traditionalistes catholiques de la France et le culte du chef, sauveur de la patrie. La pucelle d'Orléans et son sacrifice ne servent ici qu'à glorifier la personne du Maréchal Pétain, vainqueur de Verdun. A ce sujet, l'homélie du R.P Sclafert, directeur du Caouson de Toulouse, à la cathédrale Saint-Michel de Carcassonne le 11 mai 1943 est des plus signifiant :

"De nos jours, un chef dont le front couronné de lauriers, préside à nos destinées, unissons-nous autour de lui ; il a déjà ramené l'espérance parmi nous, il nous sauvera demain si, par nos sacrifices, nous renoncements, notre foi et notre piété, nous savons mériter l'amour que le Tour-puissant garde fidèlement à la fille aînée de l'église."

La cérémonie avait débuté tôt le matin face au moment aux morts de la place Davilla, en présence des autorités civiles et militaires, des enfants des écoles. Elle se poursuivit devant la statue de Jeanne d'Arc, placée dans un enfeu sur le boulevard Barbès et richement fleurie. Dans l'assistance se trouvaient : Jules Jourdanne (Maire), M. Viguier (chef de cabinet du préfet), M. Lefèvre (Chef de la Milice), Mgr Pays (Evêque), M. Clémens (Inspecteur d'académie), M. Génie (Président de la chambre de commerce), Jean Lebrau (écrivain et chef de la censure), François Pastour (Procureur de la République), M. Blanic (Délégué à la propagande).

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Au théâtre de la Cité, on représenta l'opéra "Jeanne d'Arc au bûcher" d'Arthur Honneger, d'après le livret de Paul Claudel. Il s'agissait d'une tournée organisée par le Commissariat à la lutte contre le chômage, sous les auspices du gouvernement de Vichy. La mise en scène avait été confiée à Pierre Barbier ; la directeur de l'orchestre à Hubert d'Auriol.

Sources

Journal L'éclair (1941-1943)

Archives départementales de l'Aude

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