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  • Louise Guerreau née Gaya, victime oubliée de la barbarie nazie.

    Lorsqu'on s'intéresse à la Libération de Carcassonne, on découvre avec stupeur que des victimes civiles furent totalement laissées de côté. Ainsi, par exemple, le sort de Louise Guerreau n'a semble t-il intéressé personne depuis 82 ans. Il n'y a qu'à rechercher sa tombe pour s'en apercevoir. Au cimetière Saint-Michel (carré 16, emplacement 41), on ne lit presque plus l'inscription suivante : "Tuée par la barbarie allemande". On s'est désintéressé de ces pères, mères, filles ou fils lâchement assassinés par les nazis au moment de leur départ de Carcassonne. Quant aux nombreux blessés de ces journées sanglantes, inutile d'essayer de les retrouver. Un document orphelin, conservé aux archives de l'Aude au milieu d'une liasse, donne le nom de Madame Dupuy née Bugnard, demeurant 53 rue du 4 septembre. Nous savons désormais, grâce à ce papier, qu'il y a eu des blessés lors du massacre du Quai Riquet, le 20 août 1944. Jusqu'à présent, on ne connaissait que les morts. 

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    Louise Gaya était née à Ondara (Espagne), le 31 juillet 1884. Elle se maria à Perpignan le 10 juillet 1919 avec Stanislas Guerreau, l'héritier des verreries du Nord. Ce valenciennois né en 1883 adopta sa fille Adèle, née le 5 janvier 1912 à Valencia (Espagne). Quand Louise perdit son mari, elle et sa fille vinrent habiter à Carcassonne au 23 rue Fabre d'Eglantine. Adèle fit la connaissance de Jules Mignard (1903-1951) avec lequel elle se maria à Carcassonne le 24 décembre 1937. Le 21 août 1944, Louise Guerreau mourut chez elle de ses blessures. Le dossier conservé aux Archives des victimes civiles à Caen stipule, sans plus de précisions : "Victime civile d'un massacre perpétré par un détachement de l'armée allemande en retraite". Or, il n'y en eut qu'un dans Carcassonne. C'est celui du Quai Riquet. Tout indique que Louise Guerreau est l'une des victimes de ce massacre. Décédée le lendemain, elle n'a pas été portée sur la liste des martyrs. C'est une hypothèse tout à fait crédible. Elle n'a pas la mention Mort pour la France.

    Sources 

    SHD Caen / AC 21P 351799

    Etat-civil - Mairie de Carcassonne

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  • Une nouvelle victime du 20 août 1944

    Lors de la terrible journée du 20 août 1944, une troupe de barbares nazis issus de la 11e panzer, assassina plusieurs personnes dans le quartier de la gare. Le nom des victimes a été inscrit sur une plaque en leur mémoire. Au cours de recherches historiques je viens de m’apercevoir que certains noms n’y figurent pas. Si le nom de Noël Ramon, abattu devant son garage de la route minervoise n’a pas été gravé, une plaque rappelle néanmoins son souvenir devant chez lui. Pour des raisons que l’on ignore, le cas de Jean Louis Gastou fut totalement occulté. Il s’agit pourtant de l’une des victimes civiles de ce massacre, n’ayant obtenu la mention Mort pour la France que le 6 décembre 1961. C’est-à-dire, dix-sept ans après le drame. Il serait sûrement temps de lui rendre hommage qu’il mérite.

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    Les lieux du drame

    Jean Louis Gastou était né à Carcassonne le 22 juillet 1898 et exerçait la profession d’homme de peine. Marié à Juliette Baby (1901-1986) le 29 novembre 1926, il avait une fille de 17 ans prénommée Andrée (Coste), née le 20 novembre 1927. Ce triste jour de l’été 1944, Jean Louis Gastou se trouvait attablé au café, à l’angle de la route minervoise. C’est-à-dire, non loin de son domicile situé 8 rue Tourtel. Les Allemands sur le départ firent alors irruption dans l’établissement dans le but d’arrêter les clients. Jean Louis Gastou chercha à s’enfuir ; il fut rattrapé et immédiatement exécuté par cette troupe de nazis. Quelques mètres plus loin, elle entra chez le garagiste Noël Ramon ; ce dernier fut abattu sur le trottoir devant les yeux de sa fille.

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    Amené à l’hôpital général, rue de l’hospice, Jean Louis Gastou décéda à 18 heures de ses blessures. Nous avons retrouvé sa tombe au cimetière St-Vincent (carré 4, emplacement 80). J’espère que le Souvenir français fera en sorte désormais que son nom soit associé aux victimes du Quai Riquet.

    Sources

    Archives des victimes civiles / SHD - Caen.

    Etat-civil, ville de Carcassonne

    Michel Malabiau

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  • Il ne faut pas avoir raison trop tôt.

    En 2013, j'avais prédit que la destruction programmée de la villa de la gestapo, 67 avenue Roosevelt, plongerait le lieu dans l'oubli. A l'époque, les associations d'anciens combattants n'avaient pas levé le petit doigt pour la défendre. L'élue en charge de l'urbanisme s'était évertuée à indiquer que l'on conserverait le portail d'entrée, afin d'y mettre une plaque historique. Chaque année, une gerbe y serait déposée. Malgré toute mon énergie, la villa fut rasée en 2015. Une fois la résidence HLM bâtie, la première année, les associations d'anciens combattants se réveillèrent. Tambour, trompette, drapeaux et Marseillaise. Discours larmoyants et gerbe patriotique. Ce ronflant tintamarre ne dura qu'une année, après laquelle seule l'ANCVR y déposa un bouquet de fleurs. La pratique se perdit... Ce 21 août 2026, j'ai déposé un bouquet de fleurs à titre personnel sous cette plaque. J'ai largement médiatisé mon action sur les réseaux sociaux, en espérant que l'on n'oublie pas les victimes de la barbarie nazie. Serai-je entendu pour l'an prochain ?

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