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  • Élie Sermet (1900-1944), martyr syndicaliste de la Résistance audoise.

    Elie Sermet, né le 1er janvier 1900, à Espéraza (Aude), était le dernier fils d'une famille de cinq enfants. Son père, en tant que Président du Syndicat ouvrier de la chapellerie, avait dirigé la grève de 1910 qui dura dix mois. Son adolescence est marquée par les événements qui se déroulent pendant un conflit d'une telle durée, et aussi par la guerre de 1914-1918 à laquelle ses deux frères prirent part. Appelé au service militaire à la fin de celle-ci, il en revient anti-militariste acharné. Pendant son absence d'Espéraza, l'industrie chapelier avait pris de l'extension. Le machinisme s'était introduit dans les atelier et le patronat avait fait appel à la main-d'oeuvre étrangère. Il n'y avait pas d'organisation syndicale. Revenu après sa libération, il a vécu cette période de 1924 à 1929 pendant laquelle la production chapelière avait atteint le niveau le plus élevé. les industriels réalisent des bénéfices scandaleux ; ils investissent et organisent leurs usines au petit bonheur et entretiennent à grands frais des équipes sportives. Certains salaires paraissent élevés, ce qui fait dire qu' Espéraza est une deuxième Amérique. cCela est faux, et ce n'est qu'au prix d'un nombre considérable d'heures de travail et d'une cadence acharnée dans celui-ci qu'un petit nombre d'ouvriers fait ressortir des salaires à peu près équitables. 

    Malgré quelques timides tentatives, les chapeliers d'Espéraza et des environs ne parvenaient pas à s'organiser. A chaque essai, le noyau syndicaliste était brisé par le patronat. Elie Sermet, toujours à l'avant-garde, ne désespère pas, mais chassé d'une usine, il parvient à se faire embaucher ailleurs. C'est un excellent ouvrier. La crise de l'industrie chapelière, commencée en 1930 et qui se poursuivra jusqu'en 1936, empêche Sermet de réaliser son désir : la constitution d'un syndicat. En même temps, se produit un événement nouveau : l'application de la loi sur les assurances sociales. Sermet voilà là le moyen de grouper les ouvriers et, aidé d'un noyau de camarades de Narbonne, Carcassonne, d'Espéraza, il réussit à grouper suffisamment de travailleurs pour constituer cette caisse primaire "Le travail" dont le siège a été fixé à Narbonne.

    C'est de là qu'est parti le mouvement qui a permis de créer enfin le syndicat de la chapellerie qui prend comme titre : "Groupement Ouvrier de la Chapellerie de la Haute-Vallée de l'Aude". Sermet en est le secrétaire général, et sous son impulsion, après sa journée à l'usine, le syndicat prend de l'importance de jour en jour. Le patronat trouve à qui parler, sans démagogie et sans grèves, il obtient cette convention  collective de 1936, une des premières qui ait été signée en France. Toute action syndicale le fait congédier de la chapellerie et pour alimenter sa famille, il va travailler comme ouvrier agricole à Arquettes-en-Val. Il y reste plus d'un an. En 1933, au Congrès de l'Union départementale des Syndicats ouvriers de l'Aude, tenu à Cuxac d'Aude, il est choisi comme secrétaire général de l'U.D du département. Sous sa direction, aidé par Merlane, Joseph Dufour, Jean Edouard, Echeynne, Azalbert et d'autres, à eux tous, ils firent de l'Union des Syndicats un des premiers bastions du syndicalisme.

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    Vint la guerre 1939-1940, Sermet prend nettement positions contre le pacte germano-soviétique. La grosse majorité de la Commission exécutive de l'U.D le soutient dans cette action, condamnant une alliance monstrueuse avec le plus dangereux des fascismes. Une campagne d'affiches stigmatise ce crime de jeter la classe ouvrière dans les bras d'Hitler, qui permet aux nazis d'envahir la Pologne. Sous Vichy, les syndicats d'industrie furent mis en sommeil, mais il put garder le contact, car il resta à la tête de l'U.D pour l'organisation des ouvriers agricoles dont les syndicats n'avaient pas été dissous, et avaient la liberté de choisir leurs représentants. Cela lui permit la constitution de noyaux de résistance où il était agent de liaison étant en relation avec de nombreux réseaux ; notamment ceux du Centre, de la Haute-Garonne et du Littoral.

    Arrêté une première fois par la Milice, il fut relâché quinze jours plus tard. cela aurait dû l'inciter à plus de prudence et il aurait mieux valu qu'il rejoigne l'Angleterre. Car la Gestapo, à partir de cet instant le prit en surveillance et sur certaines dénonciations qui n'ont pas pu être établies, il fut arrêté une deuxième fois le 8 août 1943, au retour d’un voyage dans le Sud-ouest. Élie Sermet fut arrêté par la Gestapo à son domicile de Narbonne ; ses camarades de résistance, le docteur Achille Lacroix*, maire socialiste de Narbonne, Fabry, secrétaire de la caisse primaire d’Assurances sociales, furent arrêtés quelques jours après ; Denat étant absent de Narbonne ne fut pas pris, mais son fils déporté à sa place. Interné à Montpellier, Sermet fut soumis à la torture puis transféré à Compiègne et enfin déporté à Dora où il mourut.

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