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  • 21 août 1944 : Le gendarme Daubercies est fusillé par les nazis à Villegly

    André Daubercies était né à Trélon (Nord) le 10 octobre 1901. Marié à Thérèse Bruniaux et père de deux garçons — Pierre, né le 14 mars 1925 et Jean, né le 12 octobre 1926 – il avait été affecté à la brigade de gendarmerie de Carcassonne en septembre 1942. Bien que l’Etat-major allemand a quitté la ville le 19 août 1944 vers midi, il subsiste encore des unités dispersées le lendemain. Par tous les moyens de locomotion, elles cherchent à fuir. Le lendemain, vers 11 heures… A la caserne de gendarmerie provisoire, située à l’angle des rue de Belfort et d’Alsace, une altercation éclate. Ecoutons témoignage du gendarme André Raynal :

    « J’étais en service en même temps que le gendarme Daubercies, à l’immeuble servant de gendarmerie provisoire, situé rue d’Alsace à Carcassonne. Un gendarme motocycliste se trouvait devant la porte. Tout à coup, deux soldats allemands, faisant partie d’une unité stationnant à l’entrée de la ville, surgirent de la rue d’Alsace et voulurent s’emparer de la motocyclette. Après m’être opposé, l’un d’eux me menaça de son fusil et me porta plusieurs coups dans le côtes et diverses parties du corps. Je me suis alors élancé sur lui et l’ai ceinturé pour l’empêcher de faire usage de son arme. Au même moment, le deuxième soldat allemand venait sur moi, révolver au poing. Je sentis le canon de son arme dans ma nuque. L’adjudant de gendarmerie Promé et le gendarme Maurent réussirent à la désarmer et à la maîtriser. Quant à moi, je restais toujours aux prises avec le premier allemand. La lutte se poursuivit jusque dans la rue d’Alsace ; l’allemand en perdit son fusil. C’est alors que le gendarme Daubercies est venu à mon secours, ramassant au passage cette arme et lui en asséna deux coups de crosse sur la tête, pour que je puisse me dégager. Ces deux Allemands, allaient être enfermés dans une cave. L’un d’eux réussit à ouvrir la porte donnant dans la cour et vit d’autres soldats Allemands dans la rue d’Alsace. Ils échangèrent deux ou trois paroles. Un moment après, un détachement allemand faisait irruption, fouillant l’immeuble, saccageant les bureaux, mitraillant les voitures qu’ils ne pouvaient emmener, emportant tout ce qui pouvait leur être utile. Arrêtant et emmenant sur un véhicule le commandant chef Sanac, le chef Boucher, le gendarme Daubercies, le gendarme Séguier, le gendarme Louis. »

    Dans un courrier du 24 août 1944, une proche de la famille Daubercies donne une version différente : « Sur le moment tout s’était bien calmé et le commandant avait renvoyé Daubercies à sa maison afin que ce soit tranquille. Mais vers une heure et demie une auto s’arrête devant notre porte et le capitaine de gendarmerie ainsi que six boches armés de grenades, révolvers, mitraillettes et mousquetons sont venus le chercher, l’ont emmené et depuis nous sommes sans nouvelles. On croit qu’il est prisonnier d’une colonne qui est passée dans le Minervois et se dirige vers Saint Pons. Tout le monde dans la maison est atterré. »

    Le gendarme Daubercies serait donc rentré chez lui, au n°132 de la rue Trivalle, la conscience tranquille. Certain de n’avoir fait que son devoir de militaire. D’après cette lettre, le commandant de gendarmerie a conduit les allemands au domicile du gendarme. La suite des évènements est d’autant plus tragique que Daubercies avait sauvé ses collègues lors de l’altercation. Amené dans le camion de la colonne allemande, il fut fusillé dans un chemin près du lieu-dit « La lande » à Villegly. On ne retrouva sa corps affreusement mutilé que le 27 août 1944. Il ne sera identifié que le 6 septembre 1944. Les obsèques d’André Daubercies eurent lieu à l’église Saint-Gimer de Carcassonne trois jours plus tard. Inhumé provisoirement au cimetière Saint-Michel, son corps fut ensuite transféré à celui de la Cité.

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    La stèle en hommage au gendarme Daubercies sur le lieu du drame. Elle se trouve avant d'arriver à Villegly dans un champ à droite, trente mètres après La tuilerie. André Daubercies est Mort pour la France ; il a obtenu la Croix de guerre avec palme à titre posthume.

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  • Henri Sanchez, maraîcher à Puichéric, disparu en déportation.

    Henri Sanchez était né à Puichéric le 29 mars 1906 et père de trois enfants : André (12 ans), Louis (8 ans) et Marie-Thérèse (7 ans). Ce maraîcher sans histoires avait été requis de force par la préfecture de l’Aude à la demande des Allemands, comme garde-voie. Afin de prévenir les attentats contre les voies ferrées, les autorités d’occupation exigeaient que des français soient mobilisés pour les garder la nuit. Si pour une raison quelconque, un acte de sabotage devait survenir, les requis en seraient tenus pour responsables et désignés immédiatement comme otage. Dans la nuit du 20 au 21 février 1944, les guérilleros font sauter la voie de chemin de fer au niveau du pont de Cabriac situé entre Douzens et Moux. Désignés comme responsables, les requis Henri Sanchez et Constantin Denat, tous les deux de Puichéric, sont arrêtés par la Feldgendarmerie et conduits à Carcassonne. 

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    Interrogé dans les locaux de ce service du contre-espionnage allemand, Henri Sanchez est mis en détention pendant plusieurs jours avant d’être transféré à Marseille. Son camarade est à priori relâché ; il ne sera pas déporté. Quelques semaines plus tard, le maraîcher de Puichéric se retrouve au camp de Compiègne. Il part en déportation le 4 juin 1944 dans un convoi de 2064 hommes en direction de Hambourg. La chaleur est accablante dans le wagon à bestiaux. Les déportés voyageront sans eau avant leur arrivée trois jours plus tard au camp de Neuengamme. Il est avéré qu’Henri Sanchez fut envoyé dans un kommando de travail forcé pour l’industrie de guerre nazie. La dernière fois que l’un de ses camarades le vit, c’était le 25 janvier 1945.

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    Depuis cette date, on ne sait pas ce qu’il est devenu. Toutes les recherches de sa femme ont été vaines. Henri Sanchez est probablement décédé d’épuisement lors de l’une des marches de la mort avant la libération du camp. Son nom figure sur le monument au morts de Puichéric. Officiellement, Mort pour la France, il est déclaré comme disparu.

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  • Baudrigue : "Je n'irai pas".

    Je n'irai pas cette année aux commémorations du massacre de Baudrigue, le 19 août prochain près de Roullens. Les valeurs que défendaient les victimes sont incompatibles, selon moi, avec la présence officielle de certains élus de la ville de Carcassonne, auprès desquels je ne souhaite pas me montrer. Il y avait notamment des syndicalistes parmi les victimes ; elles travaillaient à la mine de Salsigne. Elles avaient été capturées le 8 août 1944 à Trassanel par les nazis. Elles luttaient pour la liberté syndicale, interdite par le gouvernement de Pétain depuis le 16 août 1940. Je ne représente rien, à part deux livres publiés sur Baudrigue et Jean Bringer. Personne n'en a s'en émouvoir ; c'est une démarche morale personnelle. Cela ne m'empêchera pas de me recueillir à Baudrigue, seul et sans tra la la, à un autre moment.