Fils d'un instituteur public, Paul Isidore Belloc naît à Maurens près de Revel Haute-Garonne) le 29 juillet 1907. Il fait ses études au petit séminaire de Castelnaudary, puis au grand séminaire de Carcassonne avant d'être ordonné prêtre le 29 juin 1931. Au moment de la déclaration de guerre, Paul Belloc occupe les fonctions de vicaire de l'église Saint-Vincent. Il est mobilisé en septembre 1939 à Narbonne comme lieutenant au 143e régiment d'infanterie. De la Lorraine à la Belgique, l'abbé combat avec la 1ère armée du Nord au mois de mai 1940. Lors de la bataille de Dunkerque, il est fait prisonnier par les Allemands et envoyé dans l'Oflag IV D en Silésie. Dans ce camp, il sera détenu pour toute la durée de la guerre. C'est là qu'il se lie d'amitié avec le sculpteur Eugène Duler. Au bout d'un long périple, il finit par rentrer à Carcassonne en juin 1945.
Pendant l'Occupation, Mgr Jean Pays avait fait la promesse de faire bâtir une église lorsque la paix serait revenue. Il ne put voir son voeu se réaliser, car la mort l'en empêcha. C'est donc son successeur, Mgr Pierre-Marie Puech, qui se mit à l'oeuvre. L'abbé Paul Belloc fut chargé de s'en occuper. On choisit comme emplacement l'ancien terrain de sport du lycée dans le quartier de la Pierre blanche. Avant sa construction par l'architecte Gonzalo Semprun, frère du célèbre écrivain, des baraques servirent provisoirement de lieu de culte. La première fut posée le 30 novembre 1952 ; la consécration de l'église du Sacré-coeur survint deux ans plus tard.

Le nouveau quartier de la Reille grandit d'une manière spectaculaire. Les jeunes étaient nombreux a fréquenter le catéchisme et le patronage créé par Paul Belloc, nommé curé desservant de la nouvelle paroisse le 3 octobre 1947. Les communions touchaient 80 à 90 jeunes du quartier. C'était aussi l'époque où l'abbé faisait marcher son Pathé-Baby pour projeter des films aux enfants du patronage.

"Le jeudi après-midi, il organisait des occupations, sous la forme d'un "patronage", pour les enfant du catéchisme. Les enfants des familles non croyantes étaient tout de même acceptés, Je me souviens que mes copains dont les parents étaient au PC, venaient avec plaisir. Avec les copains, nous fréquentions le cinéma du patronage qui se déroulait dans un baraquement derrière l'église. Pour les plus petits, c’était des diapos, pour les plus grands de véritables films. L'entrée coûtait 50cts. Les garçons d'un coté de la salle, les filles de l'autre. A l'entracte, une personne de la paroisse vendait des confiseries, 20cts la chique, 5 cts le carambar..! C'est dans cette salle qui n'avait rien de luxueux avec ses vieux fauteuils, que j'ai vu mes premiers western ainsi que des films dans lesquels jouait un jeune garçon nommé "Josélito" . . A la fin de chaque bobine, la salle s'allumait quelques minutes, le temps que l'opérateur mette en place la nouvelle bobine . Avec les copains nous n'aurions raté ces séances pour rien au monde."

"La captivité en Allemagne avait permis à l'abbé de réfléchir sur la finalité de sa vocation et sa mission de prêtre. A son retour, il fut le premier du diocèse à instituer dans sa paroisse, les services gratuits des mariages et des sépultures. Rencontrant bien de réticences, il persévéra et fit admettre que l'église n'était pas liée à l'argent, se souvient Tony Cazaux." Sur son vélo-solex, Paul Belloc sillonnait les rues de Carcassonne au secours des malades et des âmes éplorées. C'était également un promoteur des réformes de Vatican II. Préparer de belles cérémonies, annoncer convenablement la parole de Dieu, demande de travailler à restaurer une liturgie accessible à tous. Il fut encore le premier à mettre sur pied une petite équipe avec les abbés Estagerie et Vacherot autour du renouveau de la musique sacrée.
Devenu chanoine, l'évêque le nomma,le 1er septembre 1981, recteur de la Basilique St-Nazaire à la Cité. Sa retraite n'est pas une sinécure ! Touristes de plus en plus nombreux, cars quotidiens de pélerins désirant une messe, lui ôtèrent tout illusion... Toujours disponible, les appels qu'il lança pour être secondé dans l'accueil des visiteurs furent entendus. De jeunes Dominicains de Toulouse lui portèrent assistance durant les étés. L'abbé Paul Belloc est décédé chez lui, 5 rue Mérimée, le 11 janvier 1994. Il laissa dans le coeur de tous ses fidèles, l'image d'un homme d'église dans son universalité, sa tolérance et son humanité.
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