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La légende de l'âne de Notre-Dame-de-la-Santé près du Pont vieux.

Il était une fois, un pauvre âne, abandonné par ses maîtres au pied de la Cité. Exactement en une pauvre maison de la ruelle de la Petite côte, faisant face aux remparts. Pas de foin pour la bête. Pas le moindre picotin d’avoine. pas la moindre poignée de paille pour servir de litière à cette pauvre créature aux longues oreilles. Martin était le nom de cet âne délaissé par ses maîtres, à lui tour, démunis, pauvres à ne pouvoir le dire, envisageaient de quitter Carcasso, soit pour aller vers les rivages de la mer, tendre des filets, ou accomplir de maigres besognes aux alentours de Saint-Nazaire et aussi mendier leur pain dans une ruelle du Plô, où de riches marchands de draps, avaient leurs opulentes résidences.

L’âne Martin, n’avait plus sa place en son écurie de la Petite côte de la Cité. Il le comprit très vite. Un jour, en cette veille de Noël, Martin, dont la minceur des flancs était éloquente, ne voulut plus être à la charge de ses maîtres. Il rompit sa légère attache de corde usée, traversa le quartier de la Barbacane et franchit le Pont vieux aux arches si jolies. Il arriva ainsi aux alentours de Notre-Dame-de-la Santé. Où allait-il ? Il ne savait. Mais, dans on petit cerveau d’âne, tout lui était préférable à la misérable existence qu’il avait chez ses maîtres, qui l’aimaient bien, cependant, mais qui ne pouvaient plus assurer sa subsistance. 

Donc, ses vieux sabots usés portèrent ses pas à hauteur du Pont vieux, face à la chapelle.

Légende

Notre-Dame de la Santé

Il faisait presque nuit. Cependant une lumière étrange guida l’âne Martin. La Fée Esclarmonde, qui, comme chacun le sait, est la protectrice de Carcasso, le prit par la bride, cela avec des gestes très doux. Elle pria Martin de pénétrer dans le sanctuaire. Il le fit avec réticence. Un âne pénétrer dans le lieu saint, pensez-vous !

L’âne après maintes hésitations, entra dans l’oratoire à peine éclairé par des maigres lumignons cireux. Et, ô miracle divin ! L’âne se mit à parler ! Il exprima sa tristesse, sa honte d’être à la charge de ses maîtres, son incapacité; à cause de sa vieillesse, de ne pouvoir travailler la maigre terre dont jadis il s’occupait en trainant le soc. Un âne, à vingt-cinq ans, n’est plus bon à rien. Il valait mieux mourir. Et Martin avait songé à cela, préférant s’étendre au pâle soleil de décembre, au bord de la rivière Atax, en attendant la mort, que de donner d’autres soucis à ses anciens maîtres. Et c’est pour cela qu’il les avait quittés.

Mais Esclarmonde veillait. 

Elle enleva  le manteau d’or, de pourpre et d’azur, qui couvrait ses épaules et en couvrit l’âne Martin. Elle déposa un baiser sur ses narines humides et passa ses longues mains douces tout au long de ses flancs.

La pauvre bête retrouva des forces et ses yeux se remplirent de larmes. Des larmes d’âne, combien cela peut être émouvant !

Esclarmonde parla avec tout son cœur et Martin l’écoutait avec grande émotion. 

« Martin, dit-elle, désormais c’et toi qui fera le bonheur des jeunes mariés de Carcasso, en notre Cité. Tu vas avoir l’honneur, pendant les siècles à venir, de porter sur ta croupe, la jeune épousée de l’année, lors de la fête de Saint-Gimer. Le jeune époux, grâce à toi, sera très fier de tes services et les habitants du Carcassés te feront cortège, une fois l’an et seront heureux de te recevoir chez eux avec force picotins d’avoine et nombreux épis de maïs. »

Ainsi, grâce à Esclarmonde, la fée de Carcasso, fut institué le « Tour de l’âne », vieille tradition, qui, après plus de mille ans, se perpétuait en notre Cité de Carcassonne jusqu’en 2010. Cela à la grande surprise des touristes « gens du nord » qui ignorent nos traditions.

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© La dépêche

Le dernier Tour de l'âne à la Cité en 2010

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Commentaires

  • Quelle belle et touchante légende, autour ,de cette chapelle ! Hélas aucun guide pour la narrer aux touristes de passage...

  • Quelle jolie légende!!! Etant de Carcassonne bien sûr que je connais le tour de l’âne, mais je n’en connaissais pas du tout sa légende. Encore un grand merci à Martial qui nous fait découvrir la grande et les petites histoire de notre belle ville.

  • Je ne connaissais pas cette légende qui serait à l'origine de la tradition du "Tour de l'Âne".
    À perpétuer d'urgence !

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